29/11/2022

Du matelas gonflable à la Bourse, la folle ascension d'Airbnb

IMG_0132.jpg*Du matelas gonflable à la Bourse, la folle ascension d’Airbnb. La plateforme de location de logements Airbnb, qui a bousculé l'industrie du tourisme, a remporté un franc succès à l'occasion d'une première cotation exubérante à Wall Street.

Son action a clôturé à 144,71 dollars sur la place boursière du Nasdaq, en hausse de 113% par rapport à son prix d'introduction en Bourse. À ce niveau, en incluant les titres accordés aux salariés, Airbnb est valorisé à environ 100 milliards de dollars en Bourse selon Bloomberg.

Airbnb avait initialement prévu de mettre sur le marché ses actions à une fourchette de prix allant de 44 dollars à 50 dollars l'unité, un intervalle relevé quelques jours plus tard à 56-60 dollars, avant de grimper à 68 dollars mercredi soir. L'action s'échange sous le symbole «ABNB».

Essor d'un géant

Née il y a 15 ans à San Francisco, l'entreprise a bouleversé l'industrie des voyages professionnels et du tourisme. Brian Chesky et Joe Gebbia cherchaient en 2007 un moyen de payer leur loyer et créent alors un site, baptisé AirBedandBreakfast.com, pour proposer aux participants d'une conférence de les héberger sur des matelas pneumatiques. Les deux amis sont rejoints en 2008 par l'informaticien Nathan Blecharczyk et forment alors officiellement Airbnb. Alors que se propage une grave crise financière dans le monde, l'idée de trouver des logements temporaires moins chers, ou de gagner un peu d'argent en louant une chambre, séduit rapidement le public.

La plateforme de locations a bien rencontré des résistances en chemin, plusieurs municipalités et des hôteliers s'inquiétant de voir des logements privés se transformer de facto en hôtels, privant les particuliers d'habitations, favorisant la spéculation immobilière et créant un manque à gagner pour le secteur hôtelier traditionnel. Mais le groupe a désormais quatre millions d'hôtes à son compteur et plus de 825 millions de clients.

Rebond pendant l'été

La plateforme a été heurtée de plein fouet par les mesures sanitaires imposées dans le monde durant la pandémie.  Son chiffre d'affaires des neuf premiers mois de 2020 a plongé de 32% sur un an. L'entreprise a dû lever en urgence 2 milliards de dollars pour faire face à la crise et licencier environ 25% de ses salariés. Cela lui a permis de relever la tête pendant les vacances de l’été suivant.  

Airbnb a notamment profité de l'appétit pour les longs week-ends et vacances à proximité, ainsi que du souhait des gens de télétravailler depuis un autre lieu que leur domicile.

En achetant des actions du site, les investisseurs misent sur l'essor d'un nouveau géant dans son secteur, remarque Gregori Volokhine, gestionnaire de portefeuille pour Meeschaert Financial Services. «Les gens ont actuellement peur d'aller dans les hôtels, les endroits publics, il y a un réel appétit pour les locations dans les endroits individuels», souligne-t-il auprès de l'AFP. «Et la concurrence, comme (le site) Expedia, est loin derrière.» Le simple fait qu'Airbnb parvienne à dégager des bénéfices trimestriels peut aussi représenter un atout à Wall Street.

*"Airbnb explose de 115% à son entrée en Bourse, à 146 dollars le titre", Figaro avec AFP, 11.12.2020

09/07/2022

Twitter : avenir boursier très incertain…

7702C46A-732E-4DD3-99DF-02D0D06457AD.jpegElon Musk ne rachètera finalement pas Twitter. Le couperet est tombé ce vendredi 8 juillet 2022, après la clôture des marchés. Sans être une surprise, cela augure des temps quelque peu difficiles pour l’oiseau Twitter. Parce qu’en plus d’une censure digne d’un régime totalitaire pour toute information contrariant les intérêts financiers de laboratoire comme Pfizer, cette saga de printemps a mis en exergue ce qui gangrène les plus grands réseaux sociaux : « la pourriture. » C’est-à-dire cette flopée de faux comptes et de troll difficile à estimer. Malheureusement, en terme de réseaux sociaux la réalité est souvent plus crue que les fantasmes du « monde » virtuel. Pour autant, on ne saurait actuellement se passer de l’oiseau de bonne ou plutôt de mauvaise augure. Twitter est devenu un outil de commun incontournable tant pour les annonces officielles que pour les vitrines des politiques et autres faiseurs d’opinion. Quant à la capitalisation boursière de ce géant Wall Street elle appert surfaite. L’action qui côte actuellement aux alentours de 35 dollars pourrait être un achat intéressant, pour le long terme, dans la zone des 25 dollars ! Selon zonebourse (1), la trésorerie nette de la société serait de plus de 3,3 milliards de dollars et l’entreprise est rentable. Le consensus de 36 analystes détermine une recommandation de « CONSERVER » sur le titre avec un objectif à 49.18 dollars. Le ratio cours de l’action / bénéfice (PER) est estimé à 160.22 par Swissquote et à 83.8 par zonebourse. Autant dire que l’action est nettement actuellement surévaluée. Cet écart qui passe quasiment du simple au double entre l’estimation de Swissquote et de zonebourse préfigure de la difficulté à dessiner l’avenir immédiat de Twitter : imbroglio juridique immédiat et couteux? nouvelle manœuvre de prédation de la part d’Elon Musk ou autre ? Nul ne le sait. Mais la visibilité est l’élément fondamental pour l’investisseur. 

20B069EB-2F74-41D1-B987-E3755719A626.jpegPour ne rien louper de la saga … 

SAN FRANCISCO (awp/afp) - Une bataille juridique s'annonce à l'horizon après la rupture de l'accord de rachat de Twitter pour 44 milliards de dollars par Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, qui signe la fin d'un d'un rêve pour les uns, d'un cauchemar pour les autres.

Dans une lettre publiée vendredi par le gendarme boursier américain, ses avocats assurent que Twitter n'a pas respecté ses engagements pris dans l'accord, notamment en ne fournissant pas toutes les informations demandées sur le nombre de comptes inauthentiques et de spams.

"Twitter n'a pas respecté de multiples clauses de l'accord, et semble avoir donné des informations fausses et trompeuses sur lesquelles M. Musk s'est basé pour s'engager dans l'accord d'acquisition", indique la lettre.

Twitter a répété à plusieurs reprises ces dernières semaines que le nombre de faux comptes sur sa plateforme était inférieur à 5%. Le multimilliardaire et son équipe estiment que le réseau ment, et que cela affecte la viabilité et la valeur de la société.

La décision affichée d'Elon Musk ne garantit pas que l'acquisition n'aura pas lieu. "Il a signé un accord qu'il est légalement obligé de respecter", a tweeté Ann Lipton, professeure de droit à l'université de Tulane.

"C'est un scénario désastreux pour Twitter et son CA, car l'entreprise va maintenant devoir affronter Musk dans une longue bataille judiciaire pour sauver la transaction et/ou récupérer au moins un milliard de dollars", a réagi l'analyste Dan Ives.

Dans la lettre, les avocats d'Elon Musk évoquent aussi des licenciements récents d'employés de Twitter et le gel des recrutements.

Ils ont clairement "listé le plus de motifs possibles pour éviter d'avoir à payer" l'amende prévue, a commenté auprès de l'AFP l'analyste Carolina Milanesi.

Mi-avril, après être graduellement -- et discrètement -- monté au capital du groupe, l'homme le plus riche au monde a proposé de racheter Twitter au prix de 54,20 dollars par action, soit 44 milliards de dollars en tout.

"J'ai juste une forte intuition qu'avoir une plateforme publique, largement inclusive, en laquelle on puisse avoir confiance, est extrêmement important pour le futur de la civilisation", avait-il alors déclaré lors de la conférence Ted2022.

Le CA a d'abord tenté de le repousser avant, le 25 avril, de finir par accepter de passer un accord définitif avec l'entrepreneur libertarien.

Depuis, le titre de Twitter a perdu plus d'un quart de sa valeur. L'action de Tesla a aussi dégringolé de près de 25% sur cette période.

Tragicomédie

Jeudi, l'analyste Angelo Zino de CFRA Research évoquait dans une note les probables "remords" d'Elon Musk alors que le prix initialement proposé est selon l'expert devenu "risible".

Le dirigeant d'origine sud-africaine s'était assuré du soutien de plusieurs grandes fortunes et sociétés d'investissement pour parvenir à la somme totale, et réduire la part qu'il devait emprunter aux banques. Ces prêts avaient inquiété le marché, car il s'agissait de crédits adossés à des titres Tesla.

Mais au-delà des considérations financières, les péripéties de ces dernières semaines ont montré le fossé qui sépare l'homme d'affaires, texan d'adoption, et l'entreprise basée à San Francisco.

Elon Musk défend une modération des contenus moins stricte et le retour de personnalités exclues pour avoir enfreint les règles, comme l'ex-président Donald Trump.

Sa vision se heurte à celle de nombreux employés de Twitter, d'associations et d'élus démocrates, qui demandent au contraire aux réseaux sociaux de mieux lutter contre les discours haineux, le harcèlement et la désinformation, dans l'intérêt des utilisateurs et de la démocratie.

Sur Twitter, où il est suivi par 100 millions de personnes, le bouillant entrepreneur a multiplié les critiques et attaques contre le réseau social, allant jusqu'à se moquer publiquement de cadres de l'entreprise et à adresser un émoji en forme de crotte au patron de la plateforme, Parag Agrawal, lors d'échanges au sujet des spams.

"Twitter est en moins bon état que quand tout a commencé", note Carolina Milanesi.

"Des cadres sont partis, rien n'a avancé... Mais le pire serait que Twitter force l'acquisition à avoir lieu", ajoute-t-elle. "Ils se retrouveraient avec un propriétaire qui ne veut pas de l'entreprise, et plein de ressentiment."

(1) https://www.zonebourse.com/cours/action/TWITTER-INC-38965...

06/06/2022

Affaire Twitter: Elon Musk panique-t-il ou l’oiseau bleu c’est vraiment du vent ?

E2C576D7-6795-48D6-BB7B-1F391B6977E1.jpegCette dernière décennie, les réseaux sociaux ont été incontournables. Aussi bien pour communiquer que pour l’investissement. C’est en direction des réseaux sociaux que se portent les annonceurs et le marché de la publicité. Si Facebook relève plus du narcissisme et du voyeurisme ; si Instagram sert d’avantage à partager des images et photos, Twitter sert à communiquer instantanément par le bais de messages limités à 150 signes auxquels on peut attacher une pièce jointe voire une vidéo. Pas un Politique ni un influenceur ne peut ignorer Twitter. Et l’homme le plus riche du monde le PDG de Tesla et de SpaceX a mis son dévolu sur l’oiseau bleu. Il l’a annoncé haut et fort : il veut mettre un terme à la censure implacable que Twitter applique aux messages qui ne coincident pas avec le discours dominant et avec la rémunération exorbitante de ses dirigeants. Il a fait une offre qui a été acceptée à 54.20 dollars l’action soit une emplette à 44 milliards de dollars. Rien que ça !
84C3F335-34DB-4731-841C-3B991B8F6B0E.jpeg
Seulement voilà, c’était en avril dernier et avant les fortes baisses boursières à la fois de Tesla et de Twitter. Engagé contractuellement,
Elon Musk met en exergue le fait qu’il aurait été trompé sur la marchandise. La Direction de Twitter aurait déclaré au gendarme boursier américain - la SEC - que les faux comptes du réseau ne représentaient pas plus que 5% des abonnés (followers). Alors qu’Elon Musk les estime aujourd’hui à au minimum plus de 20%. Ce qui jette un sérieux discrédit sur la valeur marchande réelle de Twitter. Une expertise qu’il a commandée va jusqu’à affirmer que plus de 40% des followers qui suivent les comptes du président Joe Biden sont faux. Il sera difficile, dans ces conditions, de rentabiliser auprès des annonceurs le réseau de l’oiseau bleu.