22/01/2020

Aide financière étatique à la presse vaudoise... qu’en penser ?

960BEA77-5CA7-40C8-843B-718488F3E858.jpegCette initiative du Conseil d’État vaudois, bien que louable, heurte non seulement les principes élémentaires d’une économie libérale tels que la libre concurrence, un marché équilibré entre l’offre et la demande mais également le principe de réalité. Nos ministres entendent dépenser 6,2 millions de francs - nos impôts - pour soutenir une presse régionale dite de qualité. Par le biais d’annonces payantes de la part de l’État dans les journaux locaux; en créant un poste de journaliste à l’Agence télégraphique suisse (ATS) et en soutenant la formation. Si la dernière mesure s’entend - tant le niveau académique de nos journalistes ne répond pas au standard de pays voisin comme la France ou encore l’Espagne, pays dans lequel trois années de faculté universitaire au minimum sont requises pour embrasser le métier de journaliste - pour les autres mesures cela revient à dilapider l’argent du contribuable. Parce que le principe de réalité nous enseigne tous les jours que nous sommes de moins en moins nombreux à lire des nouvelles sur du papier et que le marché de la publicité a migré lui aussi vers d’autres supports. Soutenir la presse papier, aujourd’hui, c’est comme vouloir revenir à la machine à vapeur. Une idée serait plutôt d’encourager les « petits » médias digitaux et les Blogs de bonne qualité qui apportent une réelle variété d’informations comme d’opinions. Par exemple, en Espagne ils sont devenus le contre point à la pensée unique. Sauf quand ils sont financé par la Generalitat séparatiste de l’autonomie catalane. Dans ce cas ils deviennent organes d’un régime totalitaire. Une fois de plus, État et presse ne font pas bon ménage. À n’en pas douter la demande pour des digitaux indépendants et de qualité existe aussi en Suisse. Elle demeure inexploitée. Dans ce domaine, le financement ne peut se faire que par le biais du privé. Crédibilité oblige. Quant au nouveau poste de l’ATS, c’est nous servir encore un peu plus de « copier / coller. » C’est renforcer ce qui est devenu la pâle copie de l’Agence France Presse (AFP). Pourquoi ne pas oser le postulat - comme cela se fait pour toute industrie en crise : de la remise en question ? Quelle est la vraie valeur de notre journalisme pour notre démocratie ? Qui fait encore du travail d’investigation en Suisse romande - à part quand c’est pour fouiller les poubelles d’un élu ? D’autres prônent le journalisme d’opinions... Pardon, un journaliste n’est pas formé pour devenir une star ni pour devenir présomptueux. Son job est la recherche de la vérité. Dixit la Charte de déontologie du journaliste, Münich 1971. Tout ceci pour dire que primo un changement de paradigme dans notre manière de consommer l’information a bel et bien eu lieu. Il n’y aura pas de retournement. La presse papier est bel est bien condamnée. Les 6.2 millions de francs que notre Conseil d’État consent à une branche d’activité qui n’est plus s’apparente déjà à du gaspillage. Segundo, notre démocratie mérite une information fouillée et de qualité. Mais tel n’est pas le cas, sous nos latitudes et depuis trop longtemps. Le meilleur chemin pour arriver n’est de loin pas l’arrosage étatique mais l’éthique de faire bien son métier. Une autre piste serait d’en finir avec le corporatisme qui plombe nos salles de rédaction et d’encourager la concurrence telle que celles, entre autres, des médias digitaux... mais sans l’arrosage étatique.

15/01/2020

Ma visite à Hermann Tertsch et ma lutte contre le suprémacisme...

BB5E3571-19E1-4994-BA02-D15EB890A288.jpegEn premier lieu, je remercie le député européen et espagnol Hermann Tertsch pour m’avoir reçu au Parlement européen de Strasbourg, ce lundi 13 janvier 2020. Il fait partie des 10 % d’élus qui ont répondu à l’association suisse et apolitique qui lutte contre le suprémacisme en Europe « Catalunya peuple d’Espagne ». 

Pour autant, cette journée sera marquée d’une pierre noire dans les arcanes de l’histoire de l’Union européenne (UE). Deux individus qui ont jadis profité de leur posture d’élu pour s’en prendre à plusieurs millions de familles catalanes et espagnoles par le biais d’une tentative de coup d’État ont siégé comme eurodéputé. La sécurité du droit a été piétinée. Toute  l’Espagne, autonomie catalane comprise, a été humiliée. On ne le répétera jamais assez : les séparatistes catalans ne disposent ni de la majorité sociale ni les bases légales pour revendiquer une quelconque sédition. 

A3CAAFC1-C61D-4464-8FE4-6C526CC77C37.jpegMon message à Monsieur Hermann Tertsch est que nous sommes - tous les démocrates du continent - dans le même bateau. Nous affrontons une organisation criminelle qui anime tant la manipulation des masses, l’endoctrinement des enfants sur les bancs d’école, une police politique que l’achat d’influences partout où c’est possible. Les intérêts délictueux sont divers mais tous convergent vers la volonté d’établir une république totalitaire. Celle-ci permettrait, pour les uns, d’effacer quelques quarante années de corruptions dans l’autonomie catalane et ailleurs en Espagne, comme dans le monde. Pour d’autres, c’est l’objectif d’importer un système de régime dit communiste d’influence révolution bolivarienne. Et enfin, pour certains ce serait un laboratoire qui permettrait de provoquer de nouveaux marchés économiques dont les bénéfices seraient réservés aux initiés. Ceux-ci s’inspirant des théories du disparu professeur autrichien Karl Popper. Provoquer la rupture au lieu de réparer. Au final, de catalan il ne resterait rien. 

C756210B-ABAF-4D6A-B773-354525DD2C42.jpegNous sommes tous concernés, en Suisse ils ont aussi fait des ravages. Ils ont acheté des professeurs d’université, des médias jusqu’à infiltrer le gouvernement central. Dans le pays des banques, du chocolat et des montres, aujourd’hui un média digital peut écrire que les espagnols sentent mauvais, qu’ils sont brutaux, qu’ils sont incultes et amoureux de la dictature. Sans qu’il n’y ait la moindre réaction de la part des autorités. Alors oui nous sommes dans le même bateau. Et ce qui est valable pour la Suisse l’est probablement pour beaucoup d’autres pays. Nous unir nos forces et venir à bout de cette énorme escroquerie intellectuelle. Parce que respecter une constitution, la loi et la démocratie - préalables obligés assurant les libertés des uns comme des autres - ne fait pas de vous un fasciste. Tout le contraire. Ni le fait de vendre aux plus offrants l’avenir des générations futures ne fait de vous un progressiste.

14/01/2020

Séparatisme catalan : le point de la situation avec Nicolas Klein.

B10F01D7-78ED-4BB7-8370-6976D52E4142.jpegSéparatisme catalan : situation janvier 2019
 
Entretien exclusif avec Nicolas Klein, professeur, auteur et spécialiste de l’Espagne.  

FM : Monsieur Klein, alors que l’autonomie catalane pouvait débuter la nouvelle année en tournant la page de la tentative de coup d’État 2017
, on a l’impression que la situation générale s’est au contraire détériorée. Qu’en pensez-vous ?

Nicolas Klein : Je crois surtout que l’on a affaire à un pourrissement de la situation, avec une permanence au pouvoir, en Catalogne, de ceux qui ont soutenu et continuent de soutenir cette tentative de coup d’État et ne respectent pas les droits des « unionistes » de la communauté autonome. Par ailleurs, l’on a vu, au début du mois de janvier 2020, la confirmation à Madrid d’un exécutif socialiste prêt à transiger avec la Constitution espagnole de 1978 et avec la loi afin de se maintenir au palais de La Moncloa, ce qui ne peut pas contribuer à améliorer les choses.

Le refus du président de la Généralité, Joaquim Torra, de se démettre après la sentence du Tribunal supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) et de l’Assemblée électorale centrale de la communauté autonome (JEC) montre que le respect de la loi et des décisions des tribunaux reste optionnel dans cette autonomie, ce qui est pour le moins inquiétant.

FM :  Concernant Carles Puigdemont, comment peut-il siéger comme eurodéputé et au titre des sièges dont dispose l’Espagne au Parlement européen pour la représenter,lui qui a tenté de rompre son unité ?

Nicolas Klein : Aucune loi espagnole ou européenne ne l’empêchait de se présenter aux élections européennes de mai 2019 et il a donc profité de sa fuite en Belgique et de ce vide juridique pour se faire élire. C’est évidemment un paradoxe fâcheux mais c’est ainsi et, contrairement aux dirigeants catalans, les responsables espagnols respectent la légalité.

Carles Puigdemont et son compère au Parlement européen, Antoni Comín, doivent cependant être prudents car le mandat d’arrêt européen qui les concerne n’a pas été désactivé par le juge Pablo Llarena et les instances européennes pourraient très bien les destituer de leur immunité dans les prochaines semaines ou les prochains mois…

FM : Est-ce qu’il sera, un jour, jugé pour ses méfaits dans l’autonomie catalane ?

Nicolas Klein : On peut l’espérer mais le chemin risque encore d’être long jusqu’à ce moment, surtout en raison du manque de coopération des autorités judiciaires belges. S’il retourne en Espagne, en tout cas, rien ne dit que son immunité parlementaire le protègera.

FM : Le 14 octobre 2019 débutait l’opération dite Tsunami Demòcratic, finalisée à Genève le dernier week-endd’août selon les sources du quotidien suisse Le Temps. Est-elle vraiment pacifique ? Et son but n’est-il pas de saper le peu de résistance constitutionnaliste qu’il reste dans l’autonomie catalane ?

Nicolas Klein : Le pacifisme est une vieille antienne des séparatistes catalans mais la réalité correspond rarement à ce vœu pieux.

Les actions de Tsunami Demòcratic, de l’Assemblée nationale catalane (ANC), des Comités de Défense de la République (CDR) et de bien d’autres organisations sécessionnistes se font souvent à la limite de la légalité, voire en marge de cette dernière, et leurs manifestations « coup de poing » se déroulent assez fréquemment contre les « unionistes » de Catalogne (dégradation de logements et de commerces, agressions physiques, insultes, propos xénophobes, etc.)