04/11/2018

L’identité catalane kidnappée par l’appareil séparatiste, explications de Sonia !

2B74506E-455C-46EE-8367-EFF34B281E33.jpegFM : Sonia, nous nous sommes entretenus le mois dernier sur l’endoctrinement à l’école. Vous venez de publier un texte puissant sur l’identité catalane sur la plateforme « Catalunya peuple d’Espagne. » Pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

Sonia : Si on met les choses à leur place, peut-être pourrons-nous récupérer ce que les séparatistes nous ont volé: notre identité.

Qu’est-ce que la Catalogne ? : une région d’Espagne.

Qu’est-ce que la langue catalane ? : une langue officielle, tout comme l’espagnol, d’une région d’Espagne.

Qu’est-ce qu’un catalan ? Un espagnol de la région de Catalogne.

C’est comme ça depuis des siècles et la majorité des catalans sommes fières que ce soit ainsi.

Au vu de tout ceci, il n’y a aucun besoin de complément indicatif quand on parle d’un catalan. Il n’est pas nécessaire d’ajouter « constitutionnaliste », « unioniste » ou pire « espagnoliste », un catalan est espagnol et s’il faut nuancer, c’est quand un catalan prétend être autre chose.

Nous ne devons pas permettre qu’on nous identifie d’une autre manière, nous sommes les Catalans et les autres sont des séparatistes, indépendantiste ou se qu’ils veulent bien être.

FM: À vous lire, cela paraît limpide. D’autant plus que l’appareil séparatiste est entaché de grosses affaires de corruption et de clientélisme. Pourtant, dans les faits, la majorité non indépendantiste semble avoir de la difficulté à sortir d’une certaine léthargie...

Sonia : J’ai remarqué que les catalans ne savent pas bien comment réagir face au séparatisme et je pense que les indépendantistes se sont simplement appropriés toute l’identité catalane comme propre à eux seuls. Comment une personne peut avoir le cœur à lutter contre l’image de sa culture, de sa langue et de ses coutumes... ? Il faut remédier à ça, car nous n’allons pas renoncer à ce que nous sommes et encore moins lutter contre. Nous allons nous battre pour récupérer notre identité qui est celle de 5’500’000 de catalans (n’hésitons pas à brandir les chiffres que l’on nous a fourni).

FM : On vous le souhaite mais force est de reconnaître que de puissants lobbys financés avec vos impôts tels que l’Assemblée nationale catalane (ANC) et Òmnium Cultural vous ont mis sous le tapis si j’ose dire. Qu’en pensez-vous?

Sonia : De quel droit les indépendantistes catalans se sont appropriés de toute notre culture, nos coutumes et notre langue pour les utiliser comme bouclier et les ridiculiser sur le plan international en offrant une image de la Catalogne victimiste, vaincue et faible ? Ceci n’est pas la Catalogne. Notre région est solide, prospère depuis des siècles et fière d’être un important maillon économique de notre pays qui peut soutenir les régions plus défavorisées. La Catalogne est solidaire et charismatique. Suite aux événements delictueux du 1er octobre 2017 et contre toutes attentes (les séparatistes nous ayant convaincus que toute l’Espagne nous haïssait), toute l’Espagne s’est levée comme un seul homme et a fait preuve d’un grand soutient et d’une solidarité envers les Catalans. Eux l’ont vu et ont su le valoriser. Ne les décevons pas maintenant en abandonnant une partie de la culture espagnole à des individus  qui se montrent radicaux, xénophobes et suprémacistes.

Cette culture est aussi bien la nôtre qu’aux indépendantistes catalans qui l’accaparent et nous ne devons pas permettre qu’elle soit utilisée avec de mauvaises intentions. Notre langue ne s’impose pas, notre langue est une richesse. Nous devons en être reconnaissants et en assurer la préservation. Ce ne doit pas être un objet de différence, mais un objet enviable et d’intérêt commun.

FM : Prions pour que le message soit entendu Sonia. Que comptez-vous faire à présent ? 

Sonia : Je pense qu’il est temps de se lever, avec la tête bien haute, non pas pour lutter contre nous-même, mais pour protéger et récupérer ce qui est à nous : notre culture et notre langue.

29/10/2018

Brillant article du quotidien andalou « La Voz de Almeria » - Traduction française.

12C69062-84D2-47BE-BF21-0DC390508056.jpegIl y a quelques jours, ‘Anonymus Catalonia’ publia une liste noire contenant les noms d’ ennemis supposés de la patrie catalane. En totalité, 80 personnes «ultras, fachas, nazis, unionistes, juges et personnes d’extrême droite qui ont limité la liberté d’expression ou ont agressé verbalement ou physiquement des catalanes indépendantistes», selon leurs dires. Dans cette liste apparait un politicien et chef d’entreprise suisse aux origines d’Alméria: François Meylan.

Meylan naquit dans la petite ville suisse de Dornach en 1970, fils d’émigrés de la province espagnole d’Alméria : de Turre et de Cuevas del Almanzora, concrètement. De ce fait, de profondes attaches le lient à la côte d’Alméria, qu’il visite dès que l’occasion se présente. Il est assesseur financier, politicien et écrivain, bien qu’il fût par le passé policier, militaire et journaliste.

6A9195A1-CE87-4F3C-9FBD-4F5F2B8C08D4.jpegAmoureux de l’Espagne par ses origines et bon connaisseur de la Catalogne dont la mère de ses enfants est originaire, Meylan s’est converti en l’un des représentants majeurs de l’unionisme en terres helvétiques. « Mon objectif est de lutter contre la propagande de l’indépendantisme catalan et que les gens en Suisse connaissent ce qui arrive vraiment en Catalogne, parce qu’ils sont très mal informés, les médias faisant très mal leur travail », nous explique-t-il. « En Suisse, de nombreux médias sont manipulés et il est impossible d’écrire contre le séparatisme sans être boycotté », lamente-t-il. Malgré cela, il écrit habituellement des articles en Espagne et « dans certains médias suisses indépendants qui peuvent encore dire la vérité ».

C’est pour ces raisons que François Meylan n’est pas passé inaperçu chez les indépendantistes les plus radicaux qui l’ont inclus dans une « liste noire » dans laquelle figurent d’autres personnalités comme Alberto Ruiz-Gallardon, Jaime Mayor Oreja, l’ex ministre Rafael Arias Salgado, le député européen de Ciudadanos Javier Nart ou Agustin Vigo Morancho, président de la salle 14 de l’Audience provinciale de Barcelone, entre autres.

Il reconnaît que « ce fut une surprise désagréable de me voir dans cette liste ». « Quelques amis et camarades de la Résistance m’avertirent et rapidement je compris que c’était à nouveau une opportunité pour démontrer ce que je savais depuis toujours : l’indépendantisme catalan n’a jamais été vraiment pacifique ».

LUTTE DEPUIS LA SUISSE 

97812F35-5BA8-4772-B7DD-D570B35F5281.jpegAprès le référendum du 1er octobre 2017, Meylan décida de voyager jusqu’à Barcelone afin de connaître personnellement la situation. « Les médias suisses ne nous racontaient pas la vérité », dit-il. Ainsi, sa première préoccupation fut de relayer la réalité aux Suisses et de combattre « la propagande de Omnium Cultural et de l’ANC ».

En janvier, il sollicita par courrier au Gouvernement suisse une plus grande vigilance de certaines activités de propagande indépendantiste sur territoire helvétique, comme la publication de vidéos comparant la situation entre la Catalogne et l’Espagne avec celle vécue entre l’Ukraine et la Russie.

Peu de temps après, en mars, il décida de créer la page Facebook « Catalunya peuple d’Espagne » pour « informer la population suisse des mensonges séparatistes ». Plus tard, ce mouvement se convertit en Comité intégré par des personnes venant de Suisse, de Barcelone, de Bruxelles, de Gérone et de Valence ; celui-ci réalise et diffuse des recherches, des articles de presse, des entretiens et des manifestations afin d’informer la population.

Meylan organisa une concentration à la Place des Nations de Genève, en Suisse, en même temps que la célébration de la grande manifestation de Barcelone du 9 septembre en faveur de l’unité de l’Espagne. A cette occasion, il informa les assistants du « double cout d’Etat en Espagne, donné aux Institutions catalanes et à l’éducation, vu que le peuple catalan est otage d’un projet séparatiste et que l’enfance est manipulée », explique-t-il.

3C8DC706-B44B-46C8-8B93-B5B1A7DE42C8.jpegSa dernière action fut de demander l’ouverture d’une investigation pénale au Ministère Public de la Confédération (MPC) à l’encontre de Quim Torra pour apologie de la violence le 1er octobre 2018 et contre ses appuis en Suisse. « Nous pensons que l’ANC ne fonctionne pas comme association culturelle mais comme instrument politique au bénéfice d’intérêts particuliers. Elle ne représente en aucun cas la Catalogne. De plus, l’ANC soutient des délinquants et fait la promotion de vidéos de propagande trompeuse réalisés, entre autres, par Omnium Cultural.

LES RUBANS JAUNES 

Pendant les derniers mois, l’entrepreneur voyagea à de nombreuses reprises en Catalogne. La dernière date du 12 octobre pour célébrer le Jour de l’Hispanité et se réunir avec d’autres représentants anti-indépendantistes. En effet, « Catalunya peuple d’Espagne » est un Comité apolitique et transversal qui travaille avec de nombreuses associations comme « Somos Tabarnia », « Foro de España » ou la « Sociedad Civil Catalana (SCC)».

8B7E7883-176A-45F8-BD74-1308454CB503.pngPendant la nuit du 28 au 29 août, Meylan voyagea à la Costa Brava pour s’unir à un groupe d’activistes et retirer des rues des centaines de rubans jaunes placés par les indépendantistes. Certains médias nationaux comme « OKDiario» parlèrent de cette action, ce qui contribua sûrement à alimenter la haine que lui portent les radicaux, qui le signalent maintenant comme l’un des « ennemis de la patrie ».

« JE VEUX ÉVITER LA GUERRE »

Meylan est pessimiste par rapport à la situation catalane. « Les politiciens ont trop attendu et la Catalogne est désormais un laboratoire de déstabilisation étrangère, vu qu’elle agit non seulement contre l’Espagne, mais contre l’Union Européenne », lamente-t-il. « On ne peut laisser la Generalitat dans les mains de délinquants. La Catalogne est l’autonomie espagnole qui détient le plus grand nombre de cas de corruption et le système séparatiste se finance avec les corrompus et la participation d’organisations criminelles ». Pour ces raisons, le chef d’entreprise et politicien suisse voit dans cette dérive une similitude avec celles qui provoquèrent la 1ère et la 2ème guerre mondiale, ce qui augurerait un conflit européen si l’on ne trouve aucune solution.

Il considère nécessaire que le Gouvernement central récupère les compétences dans les domaines de l’Education et de la Sécurité. «La chance est que la « majorité silencieuse » non indépendantiste s’est réveillée et combat maintenant avec beaucoup de courage».

Même les listes noires ne vont pas intimider ce Suisse d’origine andalouse qui se bat pour l’unité de l’Espagne. «C’est mon destin – admet-il, mon objectif est d’éviter une guerre et que la Suisse soit complice de délinquants comme Marta Rovira ou le lobby de l’ANC ».

*Víctor Visiedo, journaliste à «La Voz de Almeria. »

 

20/10/2018

Quel rôle joue Perpignan dans l’entreprise séparatiste catalane ?

 
B963DD3B-837E-4E40-AC15-40FA6DC59D94.jpegEXCLUSIF ! Entretien avec Nicolas Klein, professeur, auteur et spécialiste de l’Espagne.
 
François Meylan : L’Occitane française est considérée par les séparatistes catalans espagnols comme la « Catalogne Nord ». Qu’en est-il ?

Nicolas Klein : Il existe plusieurs courants à ce sujet parmi les séparatistes catalans. La plupart revendiquent l’intégration à d’hypothétiques « pays catalans »(invention récente qui repose sur une base historique plus que douteuse) de la Communauté de Valence, des îles Baléares, de quelques zones du Nord de la Région de Murcie, de la « Frange du Ponant » (Est de l’Aragon) et des Pyrénées-Orientales. C’est l’opinion la plus répandue et celle qui est officiellement défendue par les responsables indépendantistes.

Les plus radicaux des indépendantistes vont jusqu’à réclamer l’annexion des régions bien plus larges dans une sorte de confédération occitane qui irait d’Elche (dans le Sud de la Communauté de Valence) à Limoges et de Bordeaux à Marseille. Les défenseurs d’un tel projet sont minoritaires au sein de la mouvance sécessionniste mais n’en sont pas résiduels pour autant.

En réalité, sans même parler du fait que toutes ces thèses politiques sont fumeuses (pour ne pas dire délirantes), elles révèlent que les séparatistes catalans, qui accusent l’Espagne d’avoir fait preuve d’impérialisme à l’égard de leur région en l’« annexant » au début du xviiie siècle, ont recours à cet impérialisme qu’ils dénoncent. Mais la cohérence n’a jamais été leur fort…

FM :Pour autant, on ne relève pas une volonté de sécession d’avec la République française de ce côté de la frontière. Alors pourquoi les séparatistes y trouvent-ils un sanctuaire comme jadis l’ETA au Pays basque français ?

Nicolas Klein : Il existe quelques groupes sécessionnistes minoritaires dans les Pyrénées-Orientales mais la France a une tradition centraliste qui l’a préservée de tendances centrifuges trop marquées jusqu’à présent.

Les évolutions les plus récentes dans notre pays, toutefois, laissent entrevoir un essor de tels mouvements et il existe, de la part de certains citoyens et certains élus, une connivence réelle avec les sécessionnistes de la « Catalogne espagnole ». Les populations locales sont susceptibles d’être séduites par la propagande venue de Barcelone, par les slogans censés émouvoir et révolter (mais jamais susciter la réflexion réelle ou s’adresser à la raison), etc.

Même si un tel courant d’opinion est loin d’être majoritaire dans le département, on a vu des maires des Pyrénées-Orientales afficher des banderoles sur le fronton de leur mairie afin de soutenir les prétendus « prisonniers politiques » catalans, par exemple. Je crois que la France devrait observer de près ce qui se passe dans ce département historiquement pauvre et excentré. Barcelone y arrose les associations et fondations séparatistes depuis des années maintenant et les choses pourraient évoluer plus vite qu’on ne le pense.

FM : Qu’en est-il de la position du gouvernement d’Emmanuel Macron sur la question ?

493B1BD5-A924-434A-8F8F-96B6E858A2A3.jpegNicolas Klein : Officiellement, Emmanuel Macron et son gouvernement (tout comme les autorités européennes et les dirigeants d’autres pays du continent) sont favorables à un règlement de la question catalane par Madrid et dans le cadre de la légalité espagnole. C’est d’ailleurs le grand échec (et le grand mensonge) des responsables séparatistes : avoir affirmé (et continuer de le faire, dans certains cas) qu’une partie des capitales européennes et mondiales se positionnerait en faveur d’une sécession de la Catalogne, de l’organisation d’un référendum régional ou, à défaut, d’une médiation extérieure.

FM : Peut-on supputer que d’autres liens qu’idéologiques (tels qu’économiques) voire des affinités et des intérêts particuliers lient les Catalans radicaux des deux côtés des Pyrénées ?

Nicolas Klein : En effet, c’est ce que je commençais à développer plus haut. Il existe de toute façon toute une constellation européenne qui a soutenu et continue de soutenir les séparatistes catalans, au moins d’un point de vue moral.

L’on retrouve dans cette nébuleuse d’autres partis sécessionnistes en Europe (ce qui est somme toute logique) : les indépendantistes écossais, corses, flamands, etc.

Notons aussi que Carles Puigdemont, Quim Torra et les leurs aiment aussi s’afficher avec des soutiens d’extrême droite de plusieurs pays (ou ne protestent pas quand ils reçoivent des appuis de leur part) : Vlaams Belang, certains éléments très réactionnaires de la Ligue italienne, Parti libéral-démocrate de Russie, etc. Rien de très étonnant à tout cela au vu des déclarations xénophobes de nombreux responsables catalans, depuis Quim Torra jusqu’à Artur Mas en passant par Jordi Pujol, Oriol Junqueras et même certains éléments de la Candidature d’Unité populaire (CUP).