27/08/2012

Protection contre le tabagisme passif : OUI !

La Ligue pulmonaire demande, par le biais de l’initiative « Protection contre le tabagisme passif », une uniformisation sur le plan national de la protection du tabagisme passif.*

Il est regrettable que les opposants à l’initiative – presque tous les partis politiques du pays, hormis le Parti socialiste (PS) – détournent le débat en se réfugiant derrière notre sacro saint fédéralisme. Ils arguent également que nous nous trouvons face à la menace d’une interdiction totale de fumer. Ce qui est naturellement faux !

tabagisme_passif.jpgPremièrement, il n’est que question de veiller à l’application de normes de protection minimum sur tout le territoire national selon le principe élémentaire de la priorité à l’innocent. Ensuite, prétendre qu’il faille laisser cette responsabilité du ressort des cantons c’est négliger le fait que nous avons à faire à un problème de santé publique majeure. Pour ne pas dire une épidémie de cancers des poumons et du larynx. A ce titre, tous les cantons ne sont pas égaux devant la diligence requise. Pour protéger les non fumeurs. Il est temps d’uniformiser. Au même titre que l’est la circulation routière régie par la Loi fédérale sur la circulation routière (LCR). Ou encore l’usage des stupéfiants par la Loi fédérale sur les stupéfiants (LStup).

Pour finir, en matière de connaissance sur les périls du tabac, il serait étonnant que des Politiques et des lobbies en sachent plus que la somme d’expertises accumulée par la corporation médicale !

François Meylan qui votera OUI le 23 septembre 2012

*Ces propos n’engagent que leur auteur.

19/08/2012

Conjuguer valeurs éducatives et activité professionnelle

Conflits d’intérêts entre les objectifs de l’entreprise et ses propres valeurs

Quelle doit être l’attitude lorsqu’on réalise que son entreprise n’observe pas les valeurs que l’on estime importantes ?

« S’il s’agit de ses propres valeurs, la résiliation des rapports de travail est vivement souhaitable. »

Par contre, s’il est question des valeurs prônées par l’entreprise, mieux vaut en discuter avec la direction de celle-ci. On peut ainsi lui rendre un salutaire service.

iStock_000016593641Small - Copie.jpgCertaines formes d’organisation du travail ne sont pas recommandées aux métiers des services (secteur tertiaire). Une organisation basée sur la technostructure* – chaîne de production selon Ford - dans laquelle l’employé est standardisé au maximum et est réduit au stade de « moyen de production » n’est pas l’optimum.

C’est le virage, pourtant, entrepris par nombre de grandes banques, il y a quelques années. Avec des stades de transformation et de recyclage de « la matière première » qu’est l’argent du client. La difficulté est que le « client » devient l’intrus dans l’équation. Son interlocuteur est réduit à un simple exécutant ou plutôt « vendeur » au bénéfice d’une structure pyramidale animée par la recherche du profit, parfois à tous prix. Celle-ci ayant principalement des objectifs à court terme. Alors que la confiance se construit sur la durée. Il en est de même avec la loyauté vis-à-vis de son employeur ou de son collaborateur. Ces deux derniers paramètres sont essentiels pour une croissance durable et une valeur ajoutée substantielle.

Une solution serait de discuter, lors du processus d’engagement, en toute franchise, des valeurs réellement importantes pour chacune des parties.

*Bureaucratie mécaniste selon le Professeur Mintzberg

14/08/2012

Bourse suisse : vers plus de transparence ?

Les délits boursiers devraient être plus sévèrement sanctionnés. Les manipulations de cours devraient être à l'avenir des crimes et non plus de simples délits. Les amendes pourraient atteindre 10 millions de francs !

Le Conseil des Etats (la Chambre haute des sénateurs suisses) a suivi, en décembre dernier, par 37 voix sans opposition le projet que lui présentait le gouvernement.

Si le Conseil national donne à son tour son feu vert, en 2012, tous les acteurs de la place financière seront susceptibles d'être poursuivis pour des manipulations de cours boursiers. Le délit d'initiés sera étendu à toute personne exploitant des informations d'initiés. C'est de très bon augure pour une place financière dont la transparence n'est pas le fort.

six-swiss-exchange_1_.jpgCes délits seraient à l'avenir qualifiés de crime et considérés dans la loi comme infraction préalable au blanchiment d'argent. La poursuite n'incombera plus aux autorités cantonales mais au Ministère public de la Confédération. Le Tribunal pénal fédéral jugera.

Une violation de l'obligation de déclarer des participations ou de présenter une offre pourra entraîner une amende allant jusqu'à 10 millions de francs. Les peines privatives de liberté en matière de manipulations ou de délits d'initiés pourront atteindre 5 ans si les gains illicites dépassent le million de francs.

Les manipulations prohibées peuvent être des opérations fictives comme des transactions réelles à caractère manipulatoire. Leur interdiction à tous les acteurs du marché élargira les compétences de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers la FINMA.

Elle exercera désormais une surveillance partielle des fonds spéculatifs (hedge funds) ou des investisseurs privés par exemple.

En cas de soupçon fondé, elle pourra suspendre l'exercice du droit de vote et interdire de nouveaux achats à tous les acteurs du marché. Si l'obligation de déclaration des participations est violée, la FINMA pourra confisquer un éventuel gain, même à des organisations non soumises jusqu'ici à sa surveillance.

Les règles du jeu pour les offres publiques d'acquisition (OPA) sont également modifiées. Pour acquérir au moins un tiers des droits de vote d'une société cotée en bourse, un actionnaire devra présenter une OPA portant sur tous les autres.

Georges Theiler (PLR/LU) a cherché en vain à maintenir la possibilité donnée aujourd'hui à un actionnaire principal de négocier des titres à des prix plus favorables.

Pour des questions de transparence et d'égalité de traitement, Luc Recordon (Verts/VD) a mis en garde, au nom de la commission: «adopter à la hussarde une proposition aussi violente serait malvenu dans cette Chambre de la sagesse», a-t-il dit à l'adresse de l'ex- conseiller national. Georges Theiler a vu sa proposition rejetée.

Déjà publié sur www.meylan-finance.ch le 5 janvier 2012