28/07/2013

Dans l’industrie financière, les salaires doivent baisser !

Article publié dans l'agefi, vendredi 26 juillet 2013.

François Meylan, Conseiller financier

Céline Bernath, Consultante politique

Céline.jpgRécemment, l'avocat Carlo Lombardini, docteur et référence en droit bancaire, expliquait dans le quotidien régional « La Côte » qu’il était urgent que les salaires de l'industrie financière baissent de manièrephoto.JPG significative en Suisse. Comment ne pas lui donner raison ? On parle d’une industrie qui a effectivement très bien gagné sa vie ces quinze dernières années, mais dont la réelle création de valeur n’a pas toujours été au rendez-vous. Et Carlo Lombardini de déplorer que les négociations entreprises dans le cadre de l’échange d’informations se soient faites de manière unilatérales et sans contrepartie. Son idée est alors de corriger le tir en exportant nos services financiers vers ces mêmes pays qui pressent notre secret bancaire. Pour ce faire, le coût de nos prestations doit baisser sensiblement afin de s’adapter au niveau de ces dits pays. Déjà, en terme de responsabilité effective, il est évident que cette industrie a distribué des rémunérations bien supérieures à la pratique, en comparaison à des professions à hautes responsabilités telles que pilote d’avion de ligne ou chirurgien, par exemple. Cela explique d’ailleurs pourquoi, cette dernière décennie, quantité d’universitaires et d’ingénieurs se sont rués vers les métiers de la finance, les jobs proposés étant immédiatement très rémunérateurs. Nous devons, toutefois, nuancer. Tous les employés de notre place financière n’ont pas des salaires de ministre… ou plutôt de « banquiers ». Le but n’est donc pas de fustiger l’ensemble des personnes travaillant dans le monde de la finance, mais de relever ses dérives. Je rejoins alors Maître Lombardini sur la nécessaire baisse des salaires de ce secteur, mais en ajoutant que l’exemple doit d’abord venir du haut. Prenons l’exemple de nos deux grandes banques et de deux compagnies d’assurance du pays. Selon la Finanz und Wirtschaft – source renommée, l’UBS a distribué pour l’exercice 2011 quelques septante-neuf millions de francs de rémunérations à son conseil d’administration et à sa direction. Soit un total de vingt-trois cadres et une moyenne de 3,4 millions de francs chacun. Au Crédit Suisse Group, c’est plus de huitante-trois millions qui ont été répartis entre vingt-sept cadres. Soit un montant de trois millions et nonante milles francs chacun. Dans le cas de Swiss Re, on arrive à une rétribution moyenne de 2,21 millions et c’est quasiment la même chose pour la Zurich Insurance Group.

 

Loin de vouloir verser dans le populisme, il est utile de rappeler que la rémunération des « top managers » en Suisse est de trente pour cent supérieure à ce qui se pratique en Europe. A n’en pas douter, c’est par ce bout que l’on serait bien avisé de baisser les salaires. Rendre notre industrie financière plus avantageuse et plus « exportatrice» commencerait par là.

 

Nous ne manquerons pas d’ajouter que vingt ménages disposant d’un revenu de cent-cinquante mille francs stimulent d’avantage la croissance et le produit intérieur brut (PIB) qu’un seul ménage bénéficiant d’un revenu de trois millions comme c’est le cas au sein des deux grandes banques. La raison étant simple. Chacun des ménages étant consommateur d’un à deux véhicules, d’une quantité de biens de première nécessité, de prestations et d’objets de fonctionnement. Il s’agit d’une consommation avec laquelle un revenu de trois millions ne pourrait pas rivaliser… En effet, une partie importante de son argent retourne au capital, dans la spéculation et les marchés financiers et non dans l’économie réelle. A méditer !

 

Commentaires

Monsieur Meylan que voulez vous le monde n'a jamais été propre en ordre! Ah si on savait tout au sujet de ces sousous qui galopent dans tous les sens
Un peu comme des Conseillers Communaux voire Généraux qui dépensent l'argent des contribuable en allant régulièrement à Strasbourg et qui font dire par certains ,on est pas assez payé
On est d'accord, déjà qu'en organisant des temples de plaintes à domicile c'est couteux si en plus Strasbourg leur sert de lieu de complaintes intellectuelles et transcendentales ,vaut mieux être riche et bien portant/rire
tout bon dimanche pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 28/07/2013

Les commentaires sont fermés.