05/12/2014

Luttons contre les cartels !

 

imagesHX05JFFE.jpg« L’obstacle majeur à la croissance économique du pays est le manque d’entrepreneuriat »

 

S’exprimait il y a peu le célèbre financier suisse Marc Faber au sujet du Japon.

 

C’est malheureusement le cas également en Suisse. Il n’y a pas que les contraintes administratives qui sont responsables aux difficultés que surmontent aujourd’hui tant bien que mal les repreneurs d’entreprises et entrepreneurs en herbe.. Mais également les situations d’entente illicite, le travail de sape de quelques lobbys et certainement un manque de courage évident de part et d’autre. Des cartels on en a aussi dans notre pays. Quelques exemples : nos deux grandes banques qui sont aujourd’hui protégées institutionnellement de la faillite – modification à l’automne 2011 de la Loi fédérale sur les banques et les caisses d’épargne, avec la clause « too big to faill ». Mais aussi la société Bilag, dans le domaine de la redevance, exerce un monopole. Dans celui des transports publics, on sait que la régie fédérale des CFF et ses appuis politiques qui lui permettent d’augmenter sans cesse les tarifs ne voyaient pas d’un bon œil l’émergence du projet Swiss Métro. Un peu plus proche de nous, nous nous rappelons encore de la débâcle Swissair, en 2001… que même le ministre socialiste des transports d’alors n’a pas pu éviter en mettant freins et entraves à l’endroit de son jeune, nouveau et dynamique concurrent de l’époque easyJet. Parce qu’on le sait. Les positions de monopole laissent, à terme, tout le monde sur le carreau. Non sans avoir, entre temps, été préjudiciable à la compétitivité d’une économie. Dans certains cas, on parlera même de « discrimination en fonction du pouvoir d’achat », comme l’a maintes fois dénoncé Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Pour illustrer la thématique, mentionnons des cas de prix surfaits, en rapport, avec la France voisine. Nous payons, en moyenne, nos cosmétiques 24% plus cher. Pour les vêtements, c’est 25% de plus et 57% pour les magazines ! La différence évidente des niveaux de salaires n’expliquent pas tout… Les ententes illicites sont actives et au détriment de notre portemonnaie. A l’étranger, des entreprises proposent leurs produits aux revendeurs helvétiques à des prix plus élevés au motif que la destination finale est la Suisse.

 

C’est pour contrer ces anomalies à un commerce transparent avec des ajustements de prix en fonction de l’offre et de la demande – bon vieux principe économique mais souvent bafoué à l’aire de la mondialisation et des intérêts particuliers de quelques multinationales, entre autres, que la révision de la Loi fédérale sur les cartels (LCart) est nécessaire. Pourtant, à la stupéfaction des associations de consommateurs, elle fut refusée par le Conseil National (CN), en date du 6 mars dernier. Si pour le journaliste Pierre Bessard du quotidien l’agefi, ce rejet est bienvenu parce que, selon lui, nous baignons à tort dans le « mythe » de la nécessité d’une nouvelle révision de la sur les cartels pour faire baisser le niveau des prix en Suisse, pour le Centre Patronal vaudois, c’est le spectre d’un durcissement des sanctions avec même la possibilité d’ouverture de « class action » - actions civiles à l’américaine – qu’il fallait absolument éviter.

 

De son côté, le Conseil des Etats qui avait également refusé, plus avant, la révision a préféré continuer de miser sur une professionnalisation de la Commission de la concurrence (Comco). Paradoxalement, en réduisant son effectif de douze à cinq membres !

 

Décidément, quand on laisse des intérêts particuliers primer sur l’ensemble même des théories économiques fondamentales qui prônent pour une transparence et une juste efficience des mécanismes de marchés, l’esprit libéral en devient sclérosé et finalement toute l’économie d’un pays se fragilise durablement. On trouve difficilement plus anti libéral que l’entente illicite. Pas plus tard qu’en octobre dernier, à Bruxelles, la Commission européenne a sanctionné, par la voie de l’amende financière, UBS, Crédit Suisse l’américaine JP Morgan pour une entente illicite.

 

A bon entendeur…

 

Commentaires

Vous répétez toujours les mêmes sujets

Écrit par : Cunégonde | 05/12/2014

Pour lutter contre les cartels et autres monopoles il ne faut pas plus de lois mais plus de liberté économique.

D.J

Écrit par : D.J | 05/12/2014

" On trouve difficilement plus anti libéral que l’entente illicite. "

Pas forcement elle devient anti-libéral quand les ententes des prix sont protégés contre la concurrence.

Maintenant certaines ententes cartellaires peuvent être aussi nécessaire quand il s'agit d'éviter d'appliquer des prix auquel les employés travaillent à pertes pour l'entreprise. Il n'y a rien de scandaleux que des entreprises pensent avant tout à leur survie plutôt qu'à faire plaisir à leurs clients avec des prix beaucoup trop bas.

Punir ce type d'ententes est un abus de la part de l'état.

D.J

Écrit par : D.J | 05/12/2014

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