07/04/2015

Le Palais Fédéral sous influences

IMG_1429.JPG* Le 18 octobre prochain, nous élirons les Conseillers aux États - les sénateurs - et les Conseillers Nationaux. Les premiers au nombre de deux par canton, un par demi-canton  alors que les seconds sont représentatifs de l'importance des populations respectives.
Les élus qui assumeront cette prochaine législature de quatre ans auront à croiser le fer sur des dossiers multiples et pour bon nombre sensibles. On pense, en particulier, aux thèmes liés à l'économie, à l'immigration mais aussi à la sécurité alimentaire et à la politique énergétique. Autant de sujets, dans un monde qui se complexifie et qui baigne dans une insécurité certaine. Des dossiers qui concernent la bonne marche du pays et l’avenir de tous. Il faut souhaiter que la matière soit connue et éprouvée par nos députés. Pour autant, nos parlementaires ne sont pas seuls à occuper le Parlement. Les lobbies y sont omniprésents. Pour rappel, la Loi du 13 décembre 2002 sur l'Assemblée fédérale (Loi sur le Parlement, LParl) stipule à son article 69/2 que :

 

"Tout député peut faire établir une carte d'accès pour deux personnes qui désirent, pour une durée déterminée, accéder aux parties non publiques de Palais du Parlement. Le nom et les fonctions de ces personnes font l'objet d'une inscription dans un registre accessible au public."

 

En entend pour les parties non publiques… tout ce qui intéresse et qui est utile à nos députés pour mener à bien leur charge.
Sur ce point, il faut aller fouiller sur le Net. Sur
admin.ch ou directement à l’adresse www.parlament.ch pour en savoir plus. On y trouve, entre autres, la liste des accrédités et le registre des intérêts. On s’aperçoit que l’USAM, Crédit Suisse, Novartis et Interpharma - pour ne citer que ceux-là - se font entendre et accompagnent le travail et les votes de nos élus.
Les cigarettiers tout comme l'industrie de l'armement y sont également actifs mais sous le couvert de "communicants privés".
Force est de relever que les intérêts particuliers, voire très particuliers, sont plutôt l'apanage des députés de droite et du centre-droite. Alors que la gauche accrédite plutôt des collectivités publiques et des ONG à caractère écologique et éthique. Par exemples, la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz a accrédité Raphaël Tschanz de l’UBS ou encore le conseiller national PLR Fathi Derder a quant-à-lui accrédité Cristina Gaggini d’economiesuisse. Néanmoins, on peut imaginer que le poids du néolibéralisme est contre balancé avec par les accréditations de gauche. A l’instar de la conseillère nationale PS Ada Marra qui a amené dans ses bagages Andreas Tschöpe du Conseil Suisse des Activités de Jeunesse et Mohamed Handaoui de Syndicom. D’autre part, des personnes, sans fonction particulière, peuvent également aller et venir dans les entrailles de notre gouvernement. Ils seront alors accrédités avec le statut d’invité. C’est le cas, par exemple, du conseiller national PDC Jacques Neirynck qui a accrédité son fils Julien, en plus de Michel Egger d’Alliance Sud. Toutes ces informations sont accessibles au public. Faut-il encore que celui-ci s’y intéresse.
En Suisse, l'opacité sur le financement des appareils de partis est notoirement reconnue. Cette réalité a déjà été relayée à maintes reprises, sur la scène internationale. Les accrédités quant à eux ont leur noms et fonctions consignés dans un registre tenu à la disposition du public. Est-ce suffisant ? On sent le poids de certains lobbys. Un pas vers plus de transparence serait la divulgation automatique des accrédités quand le député prend position  publiquement dans le cadre d'une votation fédérale, par exemple. Le fait de savoir avec quels lobbyistes roulent nos parlementaires auraient peut-être une incidence sur les suffrages récoltés lors des élections suivantes.

Ce n’est pas sûr.

En finalité, les électeurs s'habitueraient à cet effort de transparence sans pour autant se sentir concerné. Toutefois, les motivations de certains votes seraient plus lisibles. Le député ne pourrait plus passer sous silence les intérêts particuliers qui ont motivé son vote. Comme pour toutes activités, une transparence plus accrue par le biais de l’information qui va au citoyen et non du contraire serait un progrès. En attendant la transparence sur le financement de nos partis politiques. Un dossier brulant qui devrait finalement aboutir, le jour ou la gauche et la droite – les deux faux ennemis de toujours – se mettront d’accord.

*Texte publié dans "Le Temps" du 2 avril 2015, sous la rubrique Les invités.


 

Commentaires

Tout d'abord : les élections fédérales tant à la Chambre Haute qu'à la Chambre basse ont été fixées au 18 octobre 2015 et non le 23 : www.admin.ch

Vous répétez toujours la même chose .... !!!

Rien de nouveau ....

Écrit par : Hélène | 07/04/2015

La liste des intérêts de chaque élu nous montre dans quelles sociétés ceux-ci y participent aux Conseils d'Administration et donc en faveur de qui et de quel projet, ils vont voter.

C'est pourquoi, j'affirme que Pascal Couchepin, obéissant à Revaz et au Groupe Mutuel, n'avait pas sa place au Conseil Fédéral.

Les primes d'assurances maladie, c'est Couchepin et Revaz qui les fixait, selon le bon vouloir de Revaz, pour tuer la concurrence.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 08/04/2015

Monsieur Meylan la politique actuelle avec Internet ressemble plus à une course d'obstacles dressée par les partis pour se damner le pion entre eux plutôt qu'à une politique intelligente comme à l'époque de nos anciens ou pratiquement tout le monde se connaissait
Nombre d'élus avaient des cousins ou de la parenté éloignée et qu'on sorte du canon ou ils exerçaient leur mandat on était sûr de tomber sur quelqu'un les ayant connu de près ou de loin
De très nombreux petits patrons de PME,agriculteurs,vignerons étaient politiciens et on se sentait tous concernés
Ils avaient la connaissance et l'expérience et savaient ce que signifie exactement le terme durable
Alors qu'aujourd'hui beaucoup de jeunes à peine assis sur leur siège à Berne veulent de suite tout réformer pour ensuite permettre aux viennent ensuite de réformer à nouveau
C'es ainsi depuis l'arrivée d'Internet et cette politique là intéresse de moins en moins nombre de citoyens même parfois très jeunes car déjà complètement désabusés par ces partis de gauche ou autres qui sont de moins en moins pris au sérieux
La Berne Fédérale ne doit pas être une université pour étudiants en politique de cela beaucoup d'électeurs en sont de plus en plus persuadés
Sans oublier que tous sont payés par le peuple qui réclame davantage d'égards pour le monde y compris et surtout le simple ouvrier
Quand aux lobbys certains sont sans doute un mal nécessaire pour freiner les dérapages de certaines ONG qui n'ont que trop tendance elles aussi à se prendre pour le bon Dieu quitte à faire avaler des couleuvres à certains politiciens n'ayant pas deviné qui se trouvait à leur tète
je pense à Greenpeace dont les motifs ne sont plus du tout en accord avec les principes du fondateur de ce mouvement qui n'avait pas pour but de mettre son nez dans les affaires politiques et sans doute en est-il de même pour de nombreuses autres
Trop parler nuit dit un adage nombre de politiciens devraient en prendre de la graine
Très belle soirée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 08/04/2015

@ lovejoie : ne revenez pas en "arrière" c'est inutile et contreproductif !

Internet et les réseaux sociaux ont changé la donne pas uniquement en politique mais aussi dans le monde de l'entreprise : PME en particulier ainsi que les multinationales et c'est très bien ainsi.

Actuellement, en surfant sur la toile on trouve des informations qu'il y a quelques années étaient très difficiles à rechercher. Les lobbys sont aussi utiles de même que les réseaux pour avancer aussi bien dans la carrière politique que professionnelle.

Écrit par : Hélène | 09/04/2015

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