14/09/2015

Vents contraires pour l'industrie financière

* Le gérant indépendant est obligé d'entreprendre !

Les vents contraires pour la branche sont sans précédent.

retrousser-ses-manches-de-chemise.jpgIl faut être fou pour embrasser la profession actuellement. Tant les vents contraires sont omniprésents et puissants. C'est en tout cas ce que disent nombre de collègues qui partent en retraite. Et pourtant, chaque année, ils sont encore nombreux les gérants et conseillers financiers à opter pour la voie de l'indépendance. Parce qu'il y a encore une place pour ce beau métier qui accompagne au plus près le client dans ses étapes de vie... Tel un médecin de famille. La proximité, la connaissance du client, de sa famille et son environnement ne sont pas l'apanage des grandes banques. Celles-ci agissant de manière segmentée et méthodiques comme des forces de vente, avant toute chose. L'industrialisation de la finance et le fardeau réglementaire en constante augmentation ne vont pas inverser la donne mais bien au contraire. Alors oui il y a et il y aura encore de la place pour le gérant indépendant. Toutefois, celui-ci doit changer de paradigme. De l'état esprit de banquier à l'environnement confortable et à l'argent facile, il devient un véritable entrepreneur. A ce titre, il ne trouvera son salut qu'en priorisant trois axes : 

1) Se réinventer et se réinventer encore pour offrir d'autres services et à une qualité optimum, ne serait-ce que pour protéger ses marges. La sélection des véhicules d'investissement et tourner les portefeuilles n'étant plus considérés comme savoir-faire propre au gérant. La valeur ajoutée doit être générée ailleurs. Dans la qualité et la pertinence du conseil par exemple tel que le conseil successoral, entre autres. 

2) Externaliser tout ce qui peut l'être. C'est en moyenne soixante pour cent du temps que les professionnels de la branche passent à régler de la paperasse. Autant de temps non générateur de revenus et que l'on ne passe pas au contact de la clientèle. C'est à ce niveau que la différence doit se faire sur le plan de la rentabilité. Simplifier et rationaliser à l'extrême les procédures administratives. Aujourd'hui, confort oblige, c'est plutôt le temps passé avec le client qu'on tend à minimiser. Certaines tâches peuvent et doivent s'externaliser. Une sérieuse analyse coût / horaire doit être faite. Les deux lois à venir sur les services et les établissements financiers LSFin et LEFin vont encore alourdir le tout.

3) Aller chercher le client et la visibilité. Certes, le marketing viral - le bouche à oreille - demeure encore pour beaucoup le plus efficace vecteur d'acquisition de nouvelles affaires. Néanmoins, dans un univers toujours plus concurrentiel, à la pression toujours plus forte sur la marge restante au gérant, la visibilité est nécessaire. Savoir se vendre et savoir promouvoir ses services deviennent nécessairement l'apanage d'une branche qui privilégiait jusqu'ici la discrétion. Et pour les nouveaux entrants sur le marché, il faut se rappeler que comme pour les cabinets médicaux, il faut compter, en moyenne, dix bonnes années pour faire son nom et sa place.

Autant de défis et d'adversités à venir qui vont augmenter la barrière à l'entrée mais rendre le métier encore plus passionnant qu'auparavant ! 

 

*Texte écrit et publié dans le supplément mensuel "INDICES" du quotidien économique suisse l'agefi, septembre 2015.

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