18/09/2015

NOS BANQUES S’ADAPTENT, MAIS A QUEL PRIX HUMAIN ?

rba-image-1112575.jpgIl y a encore peu, paraissait un article intitulé « Cinq ans de crise, toujours autant de banquiers », signé par Sébastien Dubas, journaliste chez "Le Temps".

Il nous paraît important, en complément des éléments purement factuels, d’évoquer ce que le tremblement de terre que vit le secteur financier suisse signifie pour les collaborateurs au quotidien. Ceci dans le contexte de l'étape pénible de l'abandon du secret bancaire passée.

Tout d’abord, comme le souligne l’article, si la photo aujourd’hui donne une image deFullSizeRender (4).jpg stabilité des effectifs, cela ne signifie pas que la situation ne pourrait pas se dégrader, bien au contraire. La guerre est loin d’être finie, et les batailles s’enchaînent, laissant craindre des conséquences fort négatives sur l’emploi, différées dans le temps.

Les employés du secteur le savent et la plupart d’entre eux ressentent la peur du lendemain.

Au quotidien, la vie a drastiquement changé : une pluie de directives, la plupart d’entre elles lourdes et compliquées, ne cesse de s’abattre sur eux, avec une force hallucinante.

Une part de plus en plus importante du temps de travail est consacrée à des tâches de « reporting » et de contrôle. Tout doit être justifié, documenté et avalisé par les échelons hiérarchiques, eux-mêmes contrôlés par les services internes de surveillance : compliance, legal, audit, risk-control etc… L’atmosphère est résolument à la suspicion et à la méfiance.

Sans compter que certaines directives, uniquement destinées à justifier la mise en place de mesures voulues par le régulateur, frisent parfois le ridicule, décrédibilisant ainsi l’ensemble.

FullSizeRender (5).jpgLes conseillers à la clientèle doivent en outre passer des batteries de tests et de certifications, certaines étant d’une lourdeur et d’une complexité telle qu’à peine l’examen passé, il leur est difficile de les interpréter et appliquer sur le terrain, sans compter que l’échec à certains tests peut avoir des conséquences irrémédiables, y-compris pour des conseillers actifs depuis plusieurs décennies dans le secteur.

Comme l’évoque également l’article, un échange entre les métiers a lieu et les emplois dans les services juridiques et compliance prennent le relai.

Quand bien même ces fonctions sont destinées à l’origine à aider les conseiller à ne pas commettre de faux pas, cette évolution est significative de l’époque et dénote très clairement un glissement  vers des structures de type Etat-policier, ce qui n’est jamais bon pour l’ambiance générale et le moral du commun des mortels.

Surveillance et contrôles renforcés allant naturellement de pair avec répression et punition, les directives contiennent quasi systématiquement les menaces qui planent en cas de non- respect. Quand on sait la complexité du métier et la multitude d’actes entrepris par un conseiller ou un cadre au quotidien, les risques mathématiques de trébucher sont élevés, renforçant ainsi la peur qui règne.

Notons que le risque encouru consiste non seulement à perdre son emploi, ce qui est déjà sérieux, mais il est également possible de se voir traduire en justice, qui plus est pour des faits remontant à plusieurs années en arrière.

Et, pour corser le tout, afin de compenser l’augmentation drastique des coûts de fonctionnement dérivés de l’évolution décrite, les exigences de performance n’ont cessé d’augmenter, plaçant les collaborateurs et leurs chefs dans un piège redoutable.

Tout ceci pour dire que si notre industrie financière s’efforce, avec beaucoup de mérite, de prendre les virages, parfois à 180 degrés, qui lui sont imposés, ce n’est pas sans conséquences pour les êtres humains.

Il semble que la profession figurant à la première place du classement des pourvoyeurs de cas pour les psys soit celle de banquiers. Burn-out et autres maladies dérivées du mal-être viennent alourdir les coûts de la santé, et le monde financier y apporte une contribution non négligeable.

Il serait tentant de relever que les employés de banques sont des enfants gâtés, bénéficiant de salaires bien au-dessus de la moyenne.

S’il est vrai que cette industrie a clairement exagéré et qu’une remise à niveau fera du bien, il est important de ne pas perdre de vue que tous les employés n’ont pas bénéficiés de rémunérations se comptant en centaines de milliers de francs, voire en millions, loin s’en faut.

Il n’est en outre dans l’intérêt de personne, ni des collectivités publiques, ni de l’économie en général, que l’une des principales composante de notre prospérité se trouve mal en point.

Il est vrai que bon nombre de ses représentants ont gravement fauté, et ils le paient très cher aujourd’hui, mais l’acharnement n’apportera rien de bon.

Un état de déprime permanent des collaborateurs d’un secteur si important constitue non seulement des coûts pour la santé, supportés par tous, mais nuira finalement à la compétitivité des entreprises concernées.

Il est vital que les acteurs politiques et les instances de régulation du secteur s’en soucient.

Pour une Suisse forte, on ne saurait ne pas soutenir notre place financière en lui permettant de faire jouer se qualités propres : sécurité, efficacité, compétences multiples.

Commentaires

Il faut admettre que, malgré tout, il est des humains de la banque qui l'on bien chercher !

LA COMPLAINTE D'UN "FRANGIN" DE MADOFF.

Lorsque sur le vieux banc, je m’assois
Vis-à-vis de ma banque, à Saint-François
Ne suis plus qu’un homme sur son banc
Qui se souvient de sa vie de vieux forban.

Alors, j’égrène les miettes de ma gloire,
Tout autour de moi, sans aucun espoir.
Des miettes que les pigeons picorent,
Ils en redemandent. Encore! encore!

Ils ne me lâchent pas, ils se vengent
Et ma gloire en miette, ils la mangent.
Également pigeons étaient mes clients.
Et longtemps,j'ai vécu en les spoliant.

Écrit par : La paille et la poutre | 19/09/2015

" ... qui l'ont bien cherché"... serait vraiment plus correct.

Mais cette incorrection grammaticale n'est de loin pas de même niveau que les incorrections éthiques de toute une série de banquiers et assimilés!
Des gens qui, hier encore, ne recevaient que louanges, et qui, aujourd'hui, ne reçoivent que coups dans les tibias... Frappés assez durement pour que l'"Ospel"!

Écrit par : La paille et la poutre | 20/09/2015

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