01/10/2015

L'impôt qui n'a pas été perçu est perdu à jamais.

Il est indéniable que nous avons mangé notre pain blanc. Les conditions économiques vont considérablement se durcir et ce à tout niveaux. Aussi, il est regrettable de constater la somme d'impôts qui n'a pas été perçue au cours de la décennie d'exemption spéciale autorisée par l'Arrêté Bonny. Notons que notre canton en a usé et abusé. De Vale à St-Prex (VD) à Yahoo à Rolle (VD) en passant par Monsanto à Morges, ce sont des dizaines d'entreprises - multinationales - qui ont bénéficié de la franchise d'impôt. Pourtant, entre payer rien du tout, payer 7% d'impôts comme cette PME lausannoise active dans le négoce des matières premières au Brésil et 22% comme la plupart des commerçants locaux qui triment au quotidien et parce qu´ils sont du cru et qu'ils seront encore là demain, il y a un spectre de possibilités que l'Etat de Vaud ne semble pas avoir exploité. Ces multinationales ont certes créé des emplois. Mais elles ont également engendrés des coûts d'infrastructure considérables. Il est utile de rappeler que ceux-ci prennent, pour le moins, vingt ans à être amortis. Soit bien plus longtemps que la durée moyenne escomptées de ces entreprises dans notre pays. Notre région qui bénéficie de conditions cadre tout azimuts qui sont exceptionnelles au monde ne s'est pas faite en un jour. Et la multinationale qui n'est venue s'installer sur nos terres que pour des considérations fiscales n'aurait pas du être accueillie. La gratuité n'a jamais été synonyme d´évolution économique ni de prospérité. Que l'on arrête de nous bassiner comme le fait encore, récemment, Pierre-Gabriel Bieri du Centre Patronal : "lorsqu´on évoque les sociétés bénéficiant de statuts fiscaux privilégiés, il faut se souvenir du rôle qu'elles jouent en matière de recettes fiscales, de valeur ajoutée et d'emplois."

Des milliers d'entreprises remplissent en Suisse ces fonctions clé. Beaucoup le font depuis plus d'une génération et toutes en s'acquittant convenablement de l'impôt.