11/12/2016

Attentats islamistes… ce n’est qu’une accalmie !

*Le contexte n’a en rien changé. D'ailleurs, la France a prolongé l'état d'urgence ce samedi. La question est de savoir si nous sommes prêts.

Istanbul décembre 2016 II.pngDepuis cet automne, nous avons l’impression de vivre une trêve en matière de terrorisme international. Encore mieux, assistons-nous au début de la fin? Pourtant, rien n’a fondamentalement changé depuis les attentats barbares de novembre 2015, à Paris.

Des grandes démocraties comme la France et les Etats-Unis continuent d’approuver des pratiques contraires à nos valeurs fondamentales, sur l’autel de quelques intérêts politiques et économiques, de la part l’Arabie Saoudite et du Qatar. Pour ne nommer que ceux-là. Faut-il le rappeler, ces monarchies sont au cœur du financement et de la propagation de la violence politique islamiste.

Certes, l’étau se resserre sur l’organisation criminelle que l’on nomme Etat islamique (EI). Néanmoins, rien de concret ni de durable n’a été sincèrement entrepris pour circoncire les réseaux financiers qui irriguent abondamment la tumeur.

Bachar el-Assad, le régime le plus rigoriste

De l’autre côté du Bosphore, nous assistons à l’émergence d’un régime totalitaire au dessein impérialiste quiIstanbul décembre 2016.jpg rencontre un écho de circonstance auprès de salafisme. Soit la forme la plus rigoriste et même moyenâgeuse. Tant pour les Salafistes que pour Ankara, le caillou gêne au fond de la chaussure. Il s’appelle Bachar el-Assad, l’Alaouite, en Syrie, qui fait l’affaire des minorités kurdes, chiites, arméniennes et chrétiennes. Finalement, que de violences pour rien, le dictateur de Damas restera en place.

La frustration gronde avec l’effondrement programmé de Daech qui permet avec ses actions sales et barbares de servir tantôt les intérêts des uns tantôt ceux des autres. Tout en faisant de la géopolitique et contestant la légitimité des Etats. Si en son temps, Al-Qaida a ouvert sa voie pour l’expression violente et la conquête, l’EI a poussé le dessein criminel encore plus loin. Et en l’état actuel des choses rien n’exclut l’émergence, à terme, d’un remplaçant. D’une autre organisation criminelle et elle aussi servant et se servant des intérêts multiples.

Comme l’a énoncé le chroniqueur et auteur français Guy Sorman: «Les buts poursuivis par les terroristes lors des attentats de Paris sont aussi évasifs que leurs cibles.» Alors pourquoi la violence terroriste s’arrêterait? Nombre d’objectifs stratégiques des belligérants n’ayant pas été atteints. A cela, ajoutons la problématique du retour potentiel de nos jeunes déboussolés qui sont allés rejoindre la secte criminelle. On n’en sort pas facilement.

Doute et méfiance sont légitimes

Istanbul décembre 2016 IV.pngLe doute comme la méfiance sont légitimes face aux quelques dizaines de nos concitoyens dont certains sont susceptibles de revenir. Dans l’Hexagone, les apprentis «djihadistes» qui s’en sont allés sont estimés à mille trois cent.

Plus inquiétant, encore, c’est la situation de la jeune République du Kosovo – à une heure et demie d’avion de nos latitudes – qui, avec sa population de moins de deux millions d’âmes a recensé 300 adeptes de l’EI à avoir entrepris le voyage pour Raqqa, la «capitale» syrienne de l’EI. Aurons-nous le temps pour faire face au malheur et à la violence de d’abord comprendre tous les tenants et aboutissants. Comme le suggère le psychiatre renommé Boris Cyrulnik ? Rien n’est moins sûr.

La Suisse demeure impuissante

Istanbul décembre 2016 III.jpgAu même titre que la France, nous venons de renforcer notre arsenal de surveillance. Le souverain vient de voter la nouvelle loi sur le renseignement. Néanmoins, a contrario de nos voisins de l’Hexagone, nous n’avons toujours pas de plan national de mobilisation sécuritaire à l’image du Plan Vigipirate.

Nous demeurons impuissants. Pire encore, nous regardons ailleurs quand l’Arabie Saoudite finance les mosquées sur notre sol avec un état d’esprit des plus dualistes. Nous ne savons toujours pas quelle posture adopter – officiellement – face à la Turquie qui il y a peu faisait encore commerce avec les criminels de l’Etat islamique.

L’héritier de l’Empire ottoman et resquilleur est loin encore d’avoir mis au clair son double voire triple jeu. A son tour, le chroniqueur Jacques Pilet – dans les pages d’un Hebdo de novembre 2015 – de rappeler le philosophe romain et stoïcien Epictète: «Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses mais les représentations qu’ils en fabriquent.» Le monde est devenu plus sécuritaire qu’avant, certes. Mais la violence politique n’a pas été éradiquée pour autant. La religion ayant bon dos, l’islam encore plus. Et les lignes de front ne cessent d’évoluer – mondialisation oblige. C’est la géopolitique des hydrocarbures qui finance aussi le terrorisme dit islamiste. La restauration d’un pseudo-califat tient au fantasme. Regardons de près qui a équipé et financé les criminels. Qui paie commande. Vu ce qui précède, la seule question encore utile est: «sommes-nous prêts à affronter les prochains actes de violence politiques ?»

*Publié par Le Temps, samedi 10 décembre 2016, à 15:52. 

 

 

Commentaires

"La religion ayant bon dos, l’islam encore plus." Ben voyons. Encore un qui veut nous vendre son Padamalgam. La filière est un peu usée, mon bon monsieur.

Écrit par : Géo | 11/12/2016

Le plus étrange, Géo, est encore de chercher une ligne politique crédible dans le méli-melo proposé par Monsieur Meylan sous la rubrique "A propos". Un parcours chaotique.

Écrit par : rabbit | 11/12/2016

«face à la Turquie qui il y a peu faisait encore commerce avec les criminels de l’Etat islamique.»

C'était une façon pour "l'axe anti Assad-Poutine" de remercier la Turquie pour ses "bons offices" vis-à-vis de l'OTAN (missiles nucléaires sur son sol), sans sortir un sou.

Dès lors que le changement de logiciel a échoué à la tête du pays, et que la sortie de la Turquie de l'OTAN est impensable pour les "alliés"... on peut le dire, on est en plein cafouillage...

«A cela, ajoutons la problématique du retour potentiel de nos jeunes déboussolés qui sont allés rejoindre la secte criminelle.»

C'est cela, de pauvres jeunes brebis égarées... Non, Monsieur ! de vrais criminels de guerre pires qu'Assad (dans le dessein), qui ne méritent rien d'autre que des vacances forcées à PERPÉTUITÉ ou au pire la vaporisation sous les bombes des "bouchers" Assad et Poutine. Vaudrait mieux laisser ce "travail" à ceux qui savent, n'est-ce pas ?

Écrit par : petard | 11/12/2016

Que resterait-il de l'islam sans la sharia ?

Écrit par : Corto | 13/12/2016

oderint dum metuant !!

Écrit par : Corto | 14/12/2016

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