22/01/2017

L’impôt bafoué, l’impôt piétiné !

l-histoire-avait-grand-bruit-et-l-inscription-casse-toi_541162.jpgLa RIE III… une boîte à outils non seulement désuète mais d’un autre temps.

La campagne de votations fédérales sur la troisième réforme fiscale des entreprises – appelée RIE III - sent le soufre. Une fois de plus, nous sommes pris en otages. D’un côté, une droite politique bourgeoise et nantie qui joue sur les peurs du bon peuple. Elle monte, comme elle s’en gargarise si souvent, les emplois contre l’Etat. Elle se livre au chantage. Elle commande des études avec des chiffres plus effrayants les uns que les autres. Par le biais de quelques organisations faîtières qui ont la prétention de représenter toute l’économie du pays elle s’amuse même à déformer et à dévoyer les propos comme les supports de campagne de la partie adverse. Et de l’autre, des arguments gratuits et détestables vociférés par quelques individus de gauche qui profitent pourtant du système qu’ils dénoncent tout au long de l’année plus qu’autre chose. Les mêmes slogans pitoyables reviennent à chaque fois :

« C’est la faute aux riches, aux gros patrons et aux méchants actionnaires !»

Pourtant, actionnaire on l’est tous ! Ne serait-ce que par le biais de la caisse de compensation AVS. C’est déplorable. Nos appareils de parti ont l’art de monter une partie de la population contre l’autre. Dans le cas d’espèce, on monte ceux qui ont moins contre ceux qui ont plus. Sans même se demander qui crée la valeur et qui permet au système de tourner. Le plus inquiétant est que le débat de fond est à nouveau occulté. Posons-nous les bonnes questions. Celles qui fâchent. Mais celles aussi qui permettent de se renforcer et de s’armer face aux multiples changements de paradigmes qui nous attentent. Il est vraiment dommage de mettre sous le tapis le vrai débat de société. Est-ce une tare de payer normalement des impôts ? Nos acteurs de la promotion économique sont-ils « si nuls » pour ne pas avoir d’autres arguments que la quasi gratuité fiscale à offrir aux multinationales étrangères ? Et un manager qui installe son entreprise dans notre pays sur ce seul critère est-il un partenaire fiable et durable ? Quels sont les lobbys qui ont été pareillement efficaces sous notre coupole fédérale pour parvenir à un texte permettant autant d’injustices fiscales que la RIE III ? Encore combien de temps allons-nous – en tant que peuple libre et digne – accepter que des politiciens et des organisations faîtières conditionnent nos votes par la peur et avec la menace ? Comment pouvons-nous accepter que les mêmes qui ont milité, l’an dernier, contre une économie verte et résolument orientée vers le futur se positionnent à présent en faveur d’une RIE III qui permettra à quelques copains de déduire 150 % de leurs frais de recherche sur l’autel d’une hypothétique innovation ? Si payer des impôts est si laid, pourquoi ne pas bannir totalement l’imposition de toutes les entreprises du pays ? Que font encore en Suisse des sociétés étrangères qui n’y exercent aucune activité en propre si ce n’est de tirer profit d’un laxisme juridique et judiciaire notoire et de ne pas payer les impôts qu’elles devraient ? Est-ce bien ça l’image que nous comptons donner à notre économie de demain ? Une économie pour laquelle on se bouche le nez ? Pourquoi les entreprises qui rechignent devant l’impôt n’utiliseraient-elles pas que partiellement nos infrastructures ? Rappelons-le, celles-ci mettent plus de vingt ans à être amorties, nos écoles, nos crèches, notre espace aérien, nos hôpitaux, notre police, notre administration, notre service de voirie, nos espaces verts, etc et etc. Qu’est-ce que c’est finalement laid et si peu patriote de ne pas payer ses impôts ! Et, il n’y a aucune Economie prospère et durable sans un « Etat fort. »

Ce n’est de loin pas le moment de l’affaiblir. S’acquitter normalement de sa contribution est un acte libéral et humaniste. Il n’y a pas de réussite seule qui soit durable. La RIE III tente nous faire oublier une douloureuse réalité. Trop longtemps on a attiré dans notre pays avec la gratuité quelques business peu reluisants. La qualité de vie et les conditions cadres propices à l’activité économique qui sont les nôtres ont un coût. Il est juste que tous les acteurs économiques du pays y contribuent selon leurs moyens réels. Aussi, il faudra se dépêcher de rejeter cette troisième RIE III qui ressemble trop à une boîte à outils non seulement désuète mais d’un autre temps. Pas même entrée en application qu’une RIE IV sera nécessaire. Alors que nous voulons toutes et tous aller vers un monde plus éthique, plus juste et socialement responsable !

Remettons l’ouvrage sur l’établi. Elaborons un véritable projet d’avenir. Un texte solide et soigneusement élaboré. Non du sur mesure dédié à quelques multinationales à « des néolibéraux » pour qui l’Etat et l’humain – réduit comme facteur de production – ne sont que des empêcheurs de tourner en rond. Mais par de vrais libéraux, avec les différents partenaires sociaux et les portes parole de la société civile. Parce que si l’impôt nous concerne tous, force est de constater, qu’aujourd’hui encore, nous ne sommes pas tous égaux devant lui.

Commentaires

«La social-démocratie, s'acheminant vers le socialisme, a tendance à admettre l'idée que l'État a par principe un droit de propriété sur tout ce que possède le citoyen. On parlera par exemple de “cadeau fiscal“ lorsqu'il s'agit de baisser tel ou tel impôt. Derrière le mot “cadeau fiscal“ il y a l'idée que la totalité des revenus du citoyen appartient en réalité à l'État : l'individu est apparemment censé être content que l'État lui laisse généreusement de quoi vivre, alors qu'avec la taxation il s'agit bien d'une réduction autoritaire et arbitraire de sa propriété en faveur de l'État ! L'État, qui est une cleptocratie, s'ingénie à forger des expressions pour brouiller les idées de ses sujets (un non-vol serait un “cadeau“) et ainsi éviter d'être mis en cause.» Wikiberal.

Écrit par : rabbit | 22/01/2017

Hé! Vous blâmez Rousseau dans votre pamphlet ci-après de nier les faits. L'ossature de votre texte nie le fait que nous devons baisser les impôts pour soutenir la concurrence. Nie le fait que toute alternative n'est que folklore aux yeux des décideurs. Vous-même de quoi vous vantez-vous en sortant d'un souk : du produit bon marché ou de l'affaire? Des deux, comme les décideurs, sans émotion.

Écrit par : Jason | 27/01/2017

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