24/04/2017

Attentats sur les Champs Élysees... À quand les bonnes questions ?

IMG_0044.JPGAttentats sur les Champs Elysées, les bonnes questions à poser !

Le soir-même de la tuerie des Champs Elysées qui a coûté la vie au policier Xavier Jugelé, âgé de 37 ans, et à son agresseur, les avis sont unanimes : l’élection présidentielle va se dérouler sous une menace terroriste de très haute intensité. Une fois la nouvelle tombée et l’émotion absorbée, les questions légitimes demeurent. Qui sont ces terroristes ? Quel est leur objectif stratégique ? A qui profite le crime ? En effet, on nous dit que l’organisation criminelle que l’on nomme Etat Islamique (EI) menace... Mais qui finance ces bandits ? Qui a permis leur déploiement ? Et, dans quel but ? Force est de constater que ces questions on se les posait déjà l’an dernier. Et, il y a deux ans aussi. Il y a trois ans également et ainsi de suite. Rappelons que depuis mars 2012, neuf policiers et militaires français sont déjà tombés dans le même contexte. Dans le cas précis, il est à déplorer que l’assassin avait déjà été arrêté le 23 février, avant d’être relaxé. Puisque ces questions demeurent toujours sans réponse, malgré l’augmentation du nombre des victimes, ne faudrait-il pas examiner le phénomène sous un autre angle ? Les médias endossent une responsabilité bien réelle dans le statu quo de la compréhension actuelle de la violence politique. Depuis le 11 septembre 2001, ils ne cessent de traiter l’information de manière binaire, au premier degré. Ils font le lit de deux fantasmes clé. Le premier étant celui d’une guerre des civilisations. Le second étant celui de l’instauration d’un nouveau califat mondial. De Al-Qaïda à Daech, on ne sort pas de cette croyance stérile. On tourne en rond. On ne sort pas non plus d’une information qui baigne dans le sensationnalisme et le simplisme. Alors que la recherche de la vérité devrait déjà écarter l’hypothèse farfelue de l’instauration d’un califat. L’immense majorité de l’Oumma – la communauté des musulmans – a comme préoccupation : l’emploi, le pouvoir d’achat et répondre aux besoins de sa famille, dans la dignité. Le moindre que l’on puisse dire est que ces attentats éludent à chaque fois et pour quelques temps les vrais problèmes existentiels. L’autre élément à écarter et celui d’imaginer que quelques électrons libres, au lieu de s’adonner à une partie de bowling ou encore d'aller au cinéma, décident spontanément d’aller faire un carnage sur une terrasse de bistrot, dans une salle de spectacle ou encore dans une rame de métro. Ces attaques nécessitent, à chaque fois, des armes, des caches, des planques des véhicules, de la planification et de l’argent… d’où complot. Nous sommes confrontés à de la criminalité organisée. Elle doit être traitée comme telle. Celle-ci a des mandants, des mandataires et elle profite à quelques-uns. Sinon, elle ne se déroulerait pas. Personne n’a envie de perdre du temps, de l’énergie, de l’argent en même la vie pour rien. Et comme le rappelle très bien le philosophe Luc Ferry : aujourd’hui, on ne meurt plus pour la religion. Pour la plupart, elle ne fait plus partie du sacré. Il n’y a qu’à constater le très faible degré voire même l’absence d'une réelle culture religieuse chez les assassins. Par contre, l’instauration d’un climat infra guerrier permet l’enrichissement illégitime comme la prise du pouvoir.
Posons-nous les bonnes questions !

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