29/08/2017

Gabon, des crimes rituels et cannibales dans l'impunité la plus totale !

IMG_1303.JPG*Ce mercredi 12 juillet 2017, quand José Mene Berre, ancien haut fonctionnaire au Ministère de la Coopération à Paris, vient à Lausanne m’exposer son projet de fédéralisme au Gabon (Fédéralitude) j’ignore que l’on puisse encore commettre un crime rituel.

Alors que nous sommes installés sur la populaire et sympathique terrasse du Café du Simplon, à observer des enfants jouer dans la rue, José Louis Mene Berre me lance: « Au Gabon, on ose difficilement laisser des enfants dehors sans surveillance. » Et d’ajouter : « Nous sommes probablement le seul pays au monde à connaître des assassinats avec prélèvements d’organes. » Surpris par cette forme d’expression du Mal qui ne peut, selon moi, qu’émaner d’un studio hollywoodien, je m’engage à informer sur ces meurtres que dénonce aussi l’Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR). Chaque année en moyenne une quarantaine de personnes sont retrouvées mutilées et assassinées. Pour le journaliste gabonais Jonas Moulenda, en exil en France, les crimes augmentent à l’approche des élections. Si dans les années 1980, les victimes étaient principalement des enfants, aujourd’hui tout le monde est visé. À ce jour, personne n’a eu à rendre de comptes devant la justice.

Le problème semble remonter aux premières heures de l’indépendance du Gabon, en 1960. Une élite autochtone occidentalisée s’est retrouvée au pouvoir et a installé son emprise face à une population traditionnellement rurale en cultivant des rites maçonniques conjugués au mysticisme animiste. Selon des anthropologues gabonais, certains organes humains procurent du pouvoir à celui qui les détient ou qui les consomme. Ainsi, un coeur permet d’assembler les foules. La langue de s’exprimer facilement. Quant aux organes génitaux, ils apportent de la vitalité.

Pour les féticheurs et prêtres responsables du culte animiste, les prélèvements doivent se faire sur une victime encore vivante et bien consciente. Il est préconisé que la souffrance doit être maximale pour donner tout son effet de puissance à l’organe prélevé. Ces assassinats macabres maculés de cannibalisme servent aussi, d’après José Louis Mene Berre, à recruter. On fait ainsi subir un rite d’initiation garantissant compromission, soumission et fidélité aux notables, aux politiques et autres responsables rejoignant la classe dirigeante et autocratique du pays.

État approximativement grand comme l’Autriche mais comptant seulement 1,8 million d’habitants contre sept de plus pour la République alpine, le Gabon dont huitante pour cent de la surface est recouverte de forêts se place au 73ème rang mondial du PIB par habitant, avec près de USD 16000 l’an. Ex-colonie française, ce pays situé sur la côte ouest de l’Afrique centrale, traversé par l’équateur, est très riche en matières premières. Membre de l’OPEP, il exporte, en plus du pétrole, de l’uranium, du fer et du manganèse. Ses voisins sont la République du Congo, la Guinée équatoriale et le Cameroun. Le pouvoir au sommet de cette république forestière qui a pour capitale Libreville est quasiment concentré au sein d’une même famille. Après la réélection du président Ali Bongo, à l’été 2016, le Parlement européen a adopté une résolution déclarant que les résultats de la présidentielle « manquent de transparence » et sont « extrêmement douteux ».

Economiquement parlant, c’est dans le marché du bois et de ses métiers que les rapports entre la Suisse et le Gabon sont les plus étroits. Insuffisant pour exercer un quelconque effet de levier sur les autorités de Libreville. C’est sur le plan médiatique et des droits humains que la lutte contre ce cannibalisme d’un autre temps doit être menée.


José Louis Mene Berre et François Meylan, Lausanne 12 juillet 2017. Photo DR

*Publié dans "La Méduse" le 28 août 2017

Commentaires

« Nous sommes probablement le seul pays au monde à connaître des assassinats avec prélèvements d’organes. »
Je ne sais si on peut considérer la tête comme un organe mais il est fréquent que des Ivoiriens fassent des expéditions au Burkina, repèrent un paysan isolé et prélève sa tête pour qu'elle aille accompagner un chef local quelconque dans le Royaume des morts. Quand ils apprennent la mort du propriétaire de la plantation où ils travaillent (toujours en C.I), les ouvriers burkinabés, travailleurs taillables et corvéables à merci pour les Ivoiriens, se dépêchent de se casser le plus loin possible. Malheur à celui qui aurait trop bu et traînerait le soir dans la rue...
On connaît un président français qui a assisté aux obsèques d'un président ivoirien, à côté d'une chaise vide avec juste une rose, dans sa cathédrale mégalomaniaque. Ce que la presse n'a pas dit, c'est que la cérémonie s'est poursuivie dans l'intimité de la famille et dans des rites évidemment différents.
On estime à une centaine de têtes le nombre d'"accompagnants" de ce président...
Mais existerait-il un seul pays en Afrique qui ne connaîtrait plus de rites traditionnels avec ce que cela implique en termes de rapports entre le vie et la mort qui n'ont rien à voir avec les nôtres ? Quoi qu'en disent les adeptes du "vivre-ensemble" et du"multi-culturalisme"...

Écrit par : Géo | 29/08/2017

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