29/01/2018

« Attaque à l’ambulance piégée à Kaboul. »

98D9AE81-DC65-4842-BD33-8567791AAAD1.jpeg*Samedi 27 janvier 2018, une ambulance piégée a fait plus de cent morts et plus de 230 blessés. L’attentat a été revendiqué par les talibans. Ces derniers visaient les bureaux du Ministère de l’intérieur et du chef de la police ainsi que de nombreuses institutions et représentations étrangères.
Deux éléments sont à reprendre, avec cette nouvelle tuerie de masse.
Premièrement, le modus operandi ressemble au pire cauchemar que nous craignons et que nous attendons en Europe. Soit l’utilisation d’un véhicule des secours pour perpétrer un attentat. En particulier, dans les minutes et les heures qui suivraient une première attaque. L’emploi de l’ambulance piégée servirait alors à faire un maximum de victimes parmi les personnels de sécurité et de secours.
Deuxièmement, on ne rappèlera jamais assez qui sont les talibans, d’où ils viennent et qui a créé le monstre. C’est dans la première partie de la décennie 1990 que l’administration démocrate de Bill Clinton décida de mettre sur pied et de financer, avec le concours de l'Arabie Saoudite et du Pakistan, un mouvement dénommé les talibans, avec deux finalité. La priorité est d'éradiquer les mouvements islamistes présents en Afghanistan en instaurant un régime politique implacable et stable. L’Arabie Saoudite étant le modèle. Ensuite, le financement des talibans s'explique également par un intérêt pétrolier. À l’époque, les hydrocarbures de la mer Caspienne et des Etats riverains suscitent les convoitises du consortium américain Unocal. Or cette région d'Asie centrale est enclavée. L'idée sera alors de construire un gazoduc, doublé d'un oléoduc partant du Turkménistan. Il devrait déboucher sur l'océan Indien en passant à travers l'Afghanistan.
Le Pakistan - particulièrement, ses services secrets l’ISI, un état dans l’état - mène double jeux et se moque de l’Oncle Sam. Le très lucratif trafic d’opium attise les convoitises. D’autre part, le Pakistan ne considère pas son voisin afghan comme souverain mais seulement comme son arrière cours qui lui sert de profondeur de champs. Pour conduire sa guerre au Cachemire et pour abriter ses opérations de déstabilisation comme entretenir ses trafics illicites. Pour cela, tout ce qui peut constituer un affranchissement ou un embryon d’institution, d’ADN à un État de droit, voire le ciment d’une nation et d’une culture une et indivisible doit être détruit, selon l’idéologie talibane-pakistanaise.

*Texte initialement publié sur la page Facebook « Les Libéraux. »

18/01/2018

Guérir de la profanation par la réhumanisation de nos mémoires

7DEB21CA-D979-4B75-B487-63539C4FB59B.jpegL’Église Réformée de Zweisimmen (BE), chef-lieu du Haut-Simmental, tout en bois qu’elle est, son bâtiment actuel date du 15ème siècle et a été dédié à la Vierge Marie. Il s’agit de l’agrandissement d’une église plus ancienne des environs de 1200. Celle-ci étant mentionnée, pour la première fois, dans les registres paroissiaux de l’Évêché de Lausanne en 1228, sous la forme de « Duessimenes. »
L’ayant visitée, à plusieurs reprises, elle m’inspire par sa chaleur, ses fresques et sa gaité. Cette-fois-ci, je m’y suis rendu avec « Le journal d’Anne Frank », adolescente hollandaise déportée et décédée à 13 ans, en préparation de ma prochaine visite des camps de la mort d’Auschwitz et de Birkenau. Et j’y comprends deux éléments majeurs à la naissance du Mal.
Le premier est divinement écrit par Éric-Emmanuel Schmitt, dans sa préface inédite du livre mentionné plus avant :

E4637F01-0A68-46E4-85E6-9B677F63EF5C.jpeg« Le racisme doit être combattu sur tous les terrains où il se met. Premièrement, il est faux scientifiquement. Deuxièmement, il est intolérable moralement. Troisièmement, il est néfaste politiquement. À chaque page, Le Journal d’Anne Frank le prouve en évoluant sur ces trois plans, élément essentiel pour bâtir un humanisme contemporain. L’inhumanité ne fut que provisoirement battue en 1945, elle subsiste, renaît, prend de nouvelles formes, le nazisme n’ayant représenté qu’un de ses avatars. Aujourd’hui, il y a encore des Anne Frank empêchées de parler, de rire, d’aimer, de se balader dans les rues ; d’autres dictatures, d’autres fanatismes, d’autres intégrismes limitent la liberté, emprisonnent des individus, des sexes ou des populations, puis les abattent. »

3D16ABCB-0B34-4EE5-BC2E-B36182193AA9.jpegLa réflexion qui me vient est alors la suivante : Chaque peuple comme chaque être humain devraient accepter d’avoir été victime de l’autre dans son existence et pouvoir avancer plus fort et dignement, puisque finalement encore en vie et vainqueur. La posture de la victimisation n’est en rien constructive. Elle ne permet pas de sortir du cercle vicieux de la violence. Pourtant, depuis des décennies, des leaders politiques et des individus l’alimentent pour justifier l’injustifiable. Avec les drames que cela génère. Pour ne mentionner que deux exemples, parmi beaucoup d’autres : quelques activistes catalans ou encore les colons sionistes. Sans aucun doute, la blessure qui rejaillit à chaque fois est celle de la profanation. Un acte dit sacrilège. L’atteinte à la dignité et à l’honneur. L’humiliation et le manque de respect du sacré. Le crime à l’encontre de ses proches, la chaire de notre chaire, et le mépris de l’amour filial sont de cet ordre. Comment sortir de la prison de la mémoire de nos traumatismes et de nos peurs ? Là est la question. Peut-être que l’une des pistes réside dans « Si c’est un homme » de Primo Levi, Turinois également déporté, qui décrit les humiliations perpétrées par les monstres nazis sur les internés des camps. Il écrit qu’ils sont totalement déshumanisés... tant le tortionnaire que sa victime. Et si la solution était alors de réhumaniser nos mémoires collectives et individuelles ?
À suivre...

08/01/2018

Mes réponses sur la crise catalane...

1A9369D0-7CC3-4772-BD5D-970770478097.jpegCette nouvelle année sera géopolitique ou elle ne sera pas. 2018 vient de débuter, que des questions cruciales en lien avec l’Iran, la Corée du Nord, Israël ou encore la Catalogne sont déjà au centre de l’actualité. C’est sur cette perle culturelle et géographique qu’est l’autonomie catalane qu’il me tient à cœur de revenir et d’apporter quelques vérités. Ce sont mes vérités et chacun on fera ce qu’il voudra. Premièrement, il est faux et archi faux de réduire la situation à un face à face « Barcelone - Madrid. » Cela se passe certes avec le foot mais très rarement en politique espagnole. Il n’y a que dans nos pénates confortables et bien chauffées que l’on peut s’adonner à pareil fantasme. Les suffrages exprimés à Barcelone le 21 décembre dernier l’ont confirmé, une fois de plus. La cité de Gaudi n’est pas indépendantiste. Tout comme la seconde ville de la région qui est Tarragone. Et Madrid représente les intérêts des 17 communautés autonomes espagnoles - y compris ceux de la Catalogne - et non pas seulement ceux de Madrid. À la question que fait l’Union européenne face à cette grave crise, je réponds, sans hésiter, elle fait juste. C’est un problème « Catalans vs Catalans » et elle soutient, à l’unanimité, l’Espagne qui doit le résoudre non au détriment de la Catalogne et encore moins de Barcelone mais contre des séparatistes qui ont violé allègrement leur Constitution en organisant unilatéralement et illégalement un référendum d’autodétermination. En proclamant avec les mêmes méthodes l’indépendance de la communauté autonome de Catalogne. Précisons, qu’aucun des 28 membres de l’Union européenne ne prévoit ni ne tolèrerait que les dirigeants de l’une de ses régions se comportent ainsi. C’est de la déloyauté et c’est faire acte de sédition. Sans compter le détournement des fonds publics à mauvais dessein. Revenons au « théâtre de rue » du 1er octobre 2017 qu’on a voulu nous vendre pour un référendum. On y a vu des urnes apportées sur site déjà remplies et des journalistes s’y sont filmés à pouvoir voter plusieurs fois. Qu’en est-il de la stratégie séparatiste ? C’est clairement, depuis plus de trente ans, de réveiller les blessures du passé et de se jouer à outrance de la victimisation. Pour reprendre les propos du philosophe français Alain Finkielkraut : « Chacun est responsable du devoir de mémoire mais nul ne peut se victimiser ni s’identifier à des souffrances qu’il n’a lui-même pas endurées. » Quel est le programme politique des séparatistes ? Le bas blesse. Personne n’arrive à nous l’expliquer. Le camps séparatiste ou indépendantiste - il est délicat de parler de revendication d’indépendance pour une région qui a autant de prérogatives qu’un canton suisse - comprend principalement trois partis politiques allant de la bourgeoisie pro européenne, soucieuse de conserver ses privilèges autant que de soutenir le clientélisme - typiquement le cas de Puigdemont - à la gauche de la gauche anti-système qui entend rejeter, par le truchement de 259BA111-EC19-4D11-A2B3-B1B664362BFA.jpegl’indépendance, le capitalisme, la mondialisation comme toutes les institutions supranationales. Quel avenir offrirait une telle alliance contre nature entre l’eau et le feu ? C’est à craindre. Quant est-il des élections légales du 21 décembre 2017 ? Les partis séparatistes ont obtenus, avec un système électoral régional favorisant l’arrière pays, une faible majorité en terme de sièges avec 47,53 % des suffrages exprimés alors que 52,47 % des électrices et électeurs ont plébiscité des partis politiques opposés à l’indépendance. À relever que c’est le jeune parti Ciudadanos, crée en 2006, que l’on retrouve aussi ailleurs en Espagne qui est sorti en tête. Il est clairement anti-indépendantiste. Quant-est-il de l’oppression en Catalogne ? Il faut être sacrément allumé pour évoquer une quelconque oppression aujourd’hui dans l’un des pays les plus libertaires de l’Union européenne. Plus grave, cela en devient odieux pour la mémoire de celles et de ceux qui ont vraiment vécu les geôles, la torture et les autres exactions du régime de la dictature franquiste. C’est révoltant et c’est piétiner les véritables souffrances passées que des individus aux soucis de gosses de riches osent parler d’oppression aujourd’hui en Catalogne. Qu’en-est-il du bilan des anciens leaders indépendantistes ? Ils ont fait fuir les principales grandes entreprises de la région. Ils ont fragilisé le tourisme. Ils ont attisé la haine. Ils ont encouragé le racisme et la stigmatisation à l’encontre de tous ceux qui ne pensent pas comme eux
: « Si tu n’es pas indépendantiste, tu es fasciste ! » Ils ont eu pour seule politique l’antagonisme avec le reste de l’Espagne : « L’Espagne nous vole ! » Ils ont, entre autres agissements, fait démissionner, en juillet 2017, Albert Batlle, chef de la police de Catalogne - Mossos d’Esquadra, parce qu’il désapprouvait leurs violations répétées de l’ordre institutionnel. Au point que les principaux syndicats de police catalans ont exprimé leurs inquiétudes et ont rappelé que la police devait être la police de tous les Catalans et non seulement des séparatistes. Bref, on pourrait en écrire encore des pages et des pages à charge de quelques leaders séparatistes / indépendantistes - à ce stade, c’est du pareil au même. Toutefois, ce qui a de quoi inquiéter c’est quand sous nos propres latitudes certains se mettent à rêver d’une Catalogne indépendante comme par caprice ou par ennui. On est trop confortable. Il faut croire qu’il ne se passe pas suffisamment d’agitations et de troubles en Europe. Et pour d’autres encore, de citer Denis de Rougemont ou encore de comparer avec la création du Canton du Jura. Alors devrions-nous nous rappeler qu’en Catalogne il y a aujourd’hui une population qui devient viscéralement divisée. Plus de sept millions de gens qui se livreront peut-être demain une guerre civile avec toutes ses horreurs. Et qu’à aucun moment le philosophe, professeur et grand penseur du fédéralisme européen Denis de Rougemont n’a encouragé l’antagonisme violent. Le citer sur la crise catalane actuelle c’est dévoyer son héritage. Quand le premier coup de feu aura été tiré entre deux membres d’une même famille, il sera trop tard. Les théories sur l’homme nouveau de Jean-Jacques Rousseau ont été ainsi utilisées à mauvais escient lors du régime de la terreur de Robespierre ou encore sous le joug nazi. Bon dieu, cela fait quarante ans que la dictature est morte en Espagne. Il faut redescendre sur terre. Pour ce qui est de la comparaison avec la création du Canton du Jura, il est utile de rappeler que les frontières de la Suisse n’étaient pas remises en cause. C’est donc incomparable. Ensuite, que la population du Canton de Berne a été appelée aux urnes avant que l’autodétermination jurassienne ne soit rendue possible. Eh oui des règles censées assurer la cohésion et le bien commun existent et tout le monde est gagnant à ce qu’elles soient respectées. Que cela plaise ou non à quelques apprentis sorciers, la patrie de Joan Miró n’est pas indépendantiste et elle demeure aujourd’hui encore attachée à la richesse de la double culture. Elle aspire à demeurer en paix. Elle partage nos mêmes préoccupations : avoir un job et vivre ! En aucun cas, elle ne souhaite devenir un laboratoire de la division !