30/06/2018

Le séparatisme catalan a déjà perdu !

5C492EEF-600A-40BB-98A8-FC8B2F65BB36.jpeg*Le séparatisme catalan ne saurait encore faire peur longtemps. Il a déjà perdu ! Il ne propose aucun projet de société. Il n’offre aucune perspective. Surtout, il n’est pas animé par l’essentiel : l’intelligence du coeur. Sans cette énergie bienveillante et créatrice à profusion on n’est limité dans l’espace comme dans le temps. Toute forme d’intelligence n’est utile que si elle est habitée par le coeur. On a pas encore vu un indépendantiste nous dire : « Viens. Accompagne-moi. J’ai un monde meilleur à te proposer. Plus juste et emprunt de valeurs humanistes. On va améliorer voire même changer des choses au profit du plus grand nombre et des générations suivantes. » Rien de tout cela ne sort de la bouche du séparatisme. Sa posture est résolument immature. Elle frise même la pathologie. Ses républiques se résument à : « L’Espagne nous vole » - « Nous sommes incompris » - «Nous sommes des victimes » - « C’est la faute des autres » - « Nous sommes différents» - « Nous subissons l’oppression depuis 300 ans » - « Vous êtes méchants avec nous » etc et etc. Que d’infantilisme. Pourtant, la remise en question et le courage de reconnaître ses propres erreurs constituent non seulement une force mais aussi une expression de maturité. Alors quand on lui demande quel est son projet de société ? La réponse est nada. On lui demande de quelle oppression se plaint-il ? La réponse est que ses ancêtres en auraient vécue une... Ah, certes... comme tellement d’autres peuples avant lui et dans tellement de lieux sur cette terre. Mais à présent ? Laquelle ? Là aussi, il lui est impossible de répondre. Et au sujet de l’Espagne qui le vole ? Là aussi, il est à cours d’argument. Parce que les villes riches de Barcelone et de Tarragone où le vote Indépendantiste est minoritaire peuvent ressentir la même chose vis-à-vis du reste de région plus pauvre : « La Catalogne nous vole ! » Ailleurs, on parle de solidarité, de fonds de cohésion pour ce qui est de l’Union européenne (UE) ou même de péréquation financière en Suisse. Mais lui ne veut pas être solidaire. Au lieu de cela, il élabore des mythes de nature raciale. Avec les conséquences que l’on connaît. Il se livre à l’intimidation et aux actes illégaux. Comment, à ce prix, lui faire confiance ? Comment adhérer à ses thèses suprémacistes quand l’ADN contemporain européen porte encore les stigmates du nazisme ? Certes, il sait manipuler, il sait mentir, il sait falsifier, il sait endoctriner. Il faut être intelligent pour savoir faire ça. C’est indéniable. Mais ce n’est pas la bonne intelligence. Elle n’est que mécaniste. Elle n’est que calcul et stratégie. Elle n’est pas synonyme d’avenir. Elle finit par se consumer d’elle-même. Les médecins SS qui s’occupaient de la sélection à l’entrée des camps de la mort étaient eux-aussi intelligents. Mais n’étaient pas dotés de la bonne intelligence celle du coeur. On connaît la suite. Alors oui le séparatisme catalan a déjà perdu. Tout comme le nationalisme et le racisme, il fera des dégâts. Il en fait déjà mais il n’a pas de futur.

Barcelone, le 29 juin 2018

*Publié dans « Les Libéraux », page Facebook 

27/06/2018

Catalogne, quand le fantasme remplace l’information de qualité !

Intervention de mon invitée Rosa García :

34C90554-FB86-4110-BD1E-837FF13BAF10.jpegAprès une période d’accalmie coïncidant avec la durée de la mise sous tutelle de l’autonomie catalane par l’Etat espagnol suite à la déclaration unilatérale d’indépendance proclamée par le parlement catalan le 27 octobre 2017, les articles de propagande concernant l’Espagne, son soi- disant déficit de démocratie, le soit-disant manque d’indépendance de son pouvoir judiciaire, la supposée omniprésence de l’esprit franquiste dans ses institutions, sont de retour dans nos médias romands. Par exemple, le journal 24 heures a publié le 21.06.2018 Le chemin vers la sagesse s’ouvrira-t-il en Espagne? de Joan Costa, psychologue et le 22.06.2018 S’il était resté au pouvoir, Pétain s’appellerait Franco de Xavier Alonso, rédacteur en chef adjoint Tamedia. Ces deux articles de pure propagande anti-espagnole, visant à créer un état d’opinion favorable aux postulats indépendantistes catalans, ont été repris dans le compte Twitter de l’assotiation ANC Suisse.
Assemblea Nacional Catalana (ANC) est une association fondée en 2012 dont le premier objectif est “de promouvoir la création des conditions politiques et sociales nécessaires à la construction et la constitution de l’Etat Catalan propre, indépendant, de droit, social et démocratique “ (Article 2 a) des statuts de ANC). Pour se rendre compte de la puissance et de l’agressivité de cette organisation, il suffit de rappeler les faits qui se sont produits à Barcelone les 20 et 21 septembre 2017 devant le bâtiment de la Consejería de Economía de la Generalitat de Cataluña. Une foule d’environ 2000 personnes a bloqué les accès au bâtiment qui se trouvait être l’objet d’une perquisition judiciaire ordonnée par le Tribunal numéro 13 de Barcelone, et ce pendant environ 19 heures. Le siège avait contraint la Comision judiciaire, agents et fonctionnaires juridiques, à fuir par le toit. M. Sànchez est accusé, en tant que président de l’ANC, d’avoir dirigé cette attaque contre les représentants des forces démocratiques, raison pour laquelle il se trouve aujourd’hui en prison préventive.
La constitution espagnole protège l’unité nationale, tout comme le fait celle des autres pays européens. Il en va de même de celle de la Suisse. Quel pays de notre entourage accepterait-il une scission de son territoire suite à une déclaration unilatérale d’indépendance d’une de ses régions? Nos lois, émanant de parlements démocratiquement élus, ne permettent pas de telles pratiques. Quelles sont alors ces conditions politiques et sociales, dont parle ANC, nécessaires à la construction et constitution de l’Etat catalan? Le professeur N. Levrat, Global Studies Institute- UNIGE, dans son document Le droit légitime de la Catalogne à décider. Chemins vers l’auto- determination nous éclaire à ce sujet: “...le cadre national sera inévitablement inadapté car les processus démocratiques existants n’ont pas réussi à permettre à une solution ou un processus d’émerger. Un changement d’échelle semble alors nécessaire...”. Prof. N. Levrat, Prof. S. Antunes, Prof. G. Tusseau, Prof. P. Williams. Il faudra donc convaincre l’opinion publique internationale de la pertinence des thèses indépendantistes catalanes, puisque les processus démocratiques existants ne permettent pas une solution satisfaisante à l’échelle nationale. La presse romande a largement contribué à faire connaître le conflit catalan en Suisse par le biais de nombreux articles durant l’automne dernier, ce qui est légitime; ce qui ne l’est pas, c’est d’avoir cherché à créer un état d’opinion en Suisse romande favorable aux thèses indépendantistes, en contribuant à créer ces conditions sociales recherchés par ANC.
Les deux articles mentionnés dans le premier paragraphe ne devraient pas avoir leur place dans la presse d’un pays comme la Suisse, ni dans un journal comme le 24 heures qui se déclare sans orientation politique marquée. En effet, il n’est pas légitime que la presse d’un pays démocratique, neutre et, qui plus est, n’appartenant pas à l’EU comme la Suisse, soit utilisée comme vecteur de propagande par des associations visant à la séparation territoriale d’un pays membre de l’EU, pays pleinement reconnu par toutes les démocraties de son entourage, et ce même si cette presse traverse des difficultés économiques graves. Ceci n’est favorable à long terme ni à la Suisse, ni à ses relations déjà si difficiles avec l’EU, ni à l’avenir de la presse romande. En effet, c’est l’absolu manque de respect au code de Munich de certains journalistes qui choque le plus les esprits et qui finit de discréditer de manière définitive ce qui reste de notre presse.

A9D17493-7E0B-4AC7-9A34-310DC6CB9089.jpegLa santé démocratique de l’Etat espagnol n’est remise en question par aucune institution indépendante. Au contraire, les études Freedom in the Word de l’ONG Freedom House, The Democracy Index de The Economist, le Freedom Human Index élaboré par Cato Institute (EEUU), Fraser Institute (Canada) et Liberales Institut (Allemagne) et The Legatum Properity Index élaboré par le Legatum Institut (Royaume Uni) contredisent de manière objective les idées que véhiculent Messieurs Costa et Alonso à travers leurs articles. L’Espagne obtient des excellentes qualifications et se place parmi les pays les plus démocratiques et respectueux des libertés dans le monde.
L’indépendance des pourvoirs en Espagne n’est pas à démontrer, elle non plus. En effet, les propos de M. Costa et de la presse romande en général, cherchant à faire croire au lecteur que le pouvoir judiciaire serait soumis à l’exécutif, sont contredits de manière éclatante par la sentence prononcée par l’Audiencia Nacional, le même Tribunal qui poursuit M. Puigdemont et ses conseillers, le 25 mai 2018 suite à l’affaire Gürtel, où le parti du M. Rajoy a été condamné pour avoir tiré bénéfice d’un système de corruption institutionnalisé, et où 29 personnes, parmi lesquelles plusieurs dirigeants du parti populaire, ont été condamnées à des peines très élevées, 33 ans pour M. Bárcenas, trésorier du parti. Suite à ces condamnations, M. Rajoy a été renversé par M. Sánchez. Si M. Rajoy avait eu une réelle influence sur le pouvoir judiciaire, une telle sentence aurait-elle été prononcée?
Quant à M. Costa, il ne manque en rien au respect du code de Munich; il est psychologue.

*Publié sur les pages Facebook :

Catalunya peuple d’Espagne

Tabarnia les amis suisses 

Tabarnia amici sella Svizzera italiana 

Les Libéraux 

 

 

21/06/2018

Crise catalane : Tabarnia, fiction ou réalité ?

FAC08A2F-F4DD-4102-829C-1EDF39A5582E.jpeg*L’affaire a fait grand bruit, entre décembre et janvier derniers, tant dans la presse espagnole qu’internationale, avec l’annonce d’un premier gouvernement pour Tabarnia. Ce qui paraissait n’être qu’une plaisanterie prend une toute autre tournure. Encore à l’état de projet, il s’agirait de constituer une nouvelle région espagnole comprenant les agglomérations de Barcelone (Haute Tabarnia) et de Tarragone (Basse Tabarnia), les circonscriptions côtières où le vote unioniste – opposé au nationalisme indépendantiste – et très majoritaire.

La semaine dernière, sous la présidence de Jesús Mariñas, un premier rapport économique et fiscal a été publié par la Direction corporative «2018 Informe datos económicos» Ce document public est accessible sur www.somostabarnia.org. Il détaille le PIB comme la balance fiscale ainsi que toutes les données financières utiles pour se rendre compte du poids économique de la nouvelle région. Et ce week-end, nous apprenions que l’ouverture de représentations à l’étranger les Diplotab – par opposition aux Diplocat des indépendantistes – est à l’étude. Par exemple, une implémentation est prévue à Lausanne.

52F2AB0A-B0C6-4CEC-A96B-3DC3797DB8C3.jpegSi les indépendantistes s’évertuent à vouloir diviser,
ils seront divisés à leur tour.
Mais d’où vient Tabarnia dont la montée en puissance, du moins sur les réseaux sociaux, est indéniable? Premièrement, l’aventure qui pourrait, au rythme où évolue l’antagonisme catalan, aboutir à une réalisation bien concrète a vu le jour le 24 septembre 2012. Son idéologie naît du principe que si les indépendantistes s’évertuent à vouloir diviser, ils seront divisés à leur tour. Effet miroir oblige, au slogan séparatiste «Catalonia is not Spain» il est répondu «Barcelona is not Catalonia».

Il faut savoir que le système électoral catalan surpondère les régions rurales et les localités de modeste importance telle que Gíjon au détriment des habitants des deux grandes agglomérations. Le facteur allant jusqu’à quatre. On comprend alors mieux coude à coude des deux camps. La Catalogne, si elle devenait indépendante, ne compterait plus qu’à peine un million et demi d’habitants pour une superficie de 26’477 km2, sans Tabarnia. Alors que celle-ci pèse plus de six millions d’âmes réparties sur 5423 km2. Soit une ère de services et industrielle incontournable tant pour la démocratie espagnole que pour l’Union européenne (UE). Notons également que si l’inspiration vient du droit canadien, l’article 143 de la Constitution espagnole permet, sous certaines conditions, aux territoires de se constituer en communautés autonomes.

Peut-être, est-elle là finalement la sortie de crise qui oppose Catalans à d’autres Catalans. Soit la sédition catalane se fait avec l’Espagne et Tabarnia voit concrètement le jour. Soit le projet Tabarnia aura, pour le moins, réussi à dissuader quelques velléités indépendantistes. À suivre.

  • *Publié dans « Allnews » le 21 juin 2018