10/07/2018

Pour Branko, il n’y a aucune comparaison possible entre la Catalogne et les Balkans !

03E9D676-EC54-4BE1-BA0A-1751317DD6F8.jpeg*L’autre soir, un camarade croate vivant à Barcelone et luttant tout comme nous contre le nationalisme m’appelle :

« Je suis originaire de Croatie et j'entends souvent les séparatistes essayer de comparer le cas de la Croatie à celui de la Catalogne. Je ne pense pas que ces deux cas soient comparables. D'abord, les circonstances historiques, sociales et politiques étaient complètement différentes. La Yougoslavie a été formée au 20ème siècle et était un système socialiste fédéral avec seulement un parti, donc ce n'était pas une démocratie. Par contre, la Catalogne fait partie d'un pays avec une démocratie consolidée qui jouit d'un niveau d'autonomie plus élevé que certaines régions de pays fédéraux, comme l'Allemagne par exemple. Dans le cas de la Yougoslavie, le droit à l'autodétermination était prévu par la Constitution, l'invocation d'un référendum était donc totalement légale, ce qui n'est pas le cas en Catalogne. Et si je devais comparer la Catalogne avec d'autres régions, je la comparerais à la Bavière en Allemagne ou à la Ligue du Nord en F5C68C8F-5A49-46F3-9AF1-4BDC590A807A.jpegItalie du Nord. Cela dit, il y a une partie très similaire dans les évènements qui se sont déroulés, c'est la partie liée aux mouvements nationalistes et j'ai remarqué certaines similitudes avec ce qui se passe ici: émotions exaltées, recherche d'un ennemi extérieur, accent sur les choses qui divisent, ce qui dans le cas de la Yougoslavie n'était pas tant la langue que la religion et l'origine ethnique. On parlait aussi de mythes et de légendes qui renforçaient le sentiment national et quiconque était tenté de remettre en cause cette politique populiste était accusé d'être un traître. Il y avait beaucoup de souffrances et de confrontations au niveau familial dans les familles mixtes et dans les villes et les petites villes, les gens étaient divisés en fonction de l'origine ethnique, et la propagande de tous côtés ne faisait qu’alimenter la haine et la suspicion parmi les communautés. Ensuite, nous savons que tout a malheureusement pris fin, menant à une guerre, à une confrontation fraternelle qui s’auto alimentait et personne n'a été capable d'arrêter cette folie. Les conséquences de ce conflit demeurent aujourd'hui. Pouvez-vous apprendre quelque chose de ce qui est arrivé? Eh bien, les nationalismes accompagnés de populisme n'apportent rien d'autre que la confrontation et la souffrance de toutes les parties impliquées et les conséquences peuvent être dévastatrices et durables. Au lieu de mettre en évidence les différences, nous devrions rechercher les choses qui nous unissent et apprendre que le projet de l'Europe d'aujourd'hui est une identité partagée et non exclusive. Le dialogue dans un cadre légal et la capacité de donner et de rechercher les points communs sont le seul moyen, dans la démocratie, aussi difficile soit-il, de préserver la coexistence dans des sociétés de plus en plus diverses et complexes. »

*Publié sur « Les Libéraux »

Les commentaires sont fermés.