31/07/2018

Endoctrinement à l’école, Elena témoigne !

EC996F02-0A79-4077-8F8D-A5B3F19EC91C.jpegFrançois Meylan : *Elena, vous êtes née à Barcelone et votre vécu avec l’endoctrinement à l’ecole me glace le sang. Comment peut-on politiser ainsi l’éducation publique jusqu’à la confondre avec une secte ?

Elena : Je suis née en 1985 au cœur de Barcelone et au sein d’une famille d’origine castellane, de Léon et d’Andalousie. Aux yeux des nationalistes catalans, ceux qui donnent de l’importance à la génétique, je suis et je serai toujours une fille de « nouvinguts » ou d’immigrants, comme se sont toujours chargés de me le rappeler les professeurs du collège. J’appris en ce temps-là la signification du mot “charnego”.

Ce fut précisément au collège, à l’âge de 8 ans, que j‘étudiais l’histoire de Wilfried le poilu, à qui il faut attribuer l’indépendance des comtés catalans du royaume de France. Evidemment, les professeurs ne perdirent pas l’occasion de nous transmettre la version la plus fantasmagorique et la plus sanguinaire de l’histoire, dans laquelle on attribue aussi à Wilfried l’origine du drapeau catalan des quatre lignes ensanglantées dans un champ doré : la Señera.

Profitant d’être sur la lancée historique, cette même année, nous apprenions les paroles de la chanson l’ « Estaca » de Lluis Llach, que nous chantonnions à toute heure à la maison. Ce qui ne manquait pas d’indigner ma mère qui me trouvait trop jeune pour siffloter des mélodies politiques en permanence, et qui considérait que des chansons comme « Paff el drac màgic» ou « Dins la fosca» étaient plus de mon âge.

A cette époque, ils nous racontaient aussi que Franco avait interdit de parler catalan, donc ils nous demandaient de parler dans cette langue dans la cours de l’école. Les professeurs m’appelaient même pendant la recréation pour me demander de parler en catalan. Mais moi, comme mes camarades de classe de familles hispanophones, nous les ignorions.

J’ai toujours aimé lire. Au collège, chaque semaine j’empruntais des livres à la bibliothèque et à vrai dire, je ne me souviens pas d’avoir lu en Castillan. Probablement pour la simple raison qu’il n’y avait pas de livre dans la langue de Cervantes. J’ai gagné durant des années les « Jeux Floraux » de San Jorge, au collège puis au lycée. En août 2003, lors d’un évènement organisé par la Generalitat de Catalogne, je reçu une distinction lors du concours d’entrée à l’Université, document signé par le Conseiller des Universités, en ce temps-là Andreu Mas Colell.

FM : À vous entendre, l’endoctrinement à l’école était planifié et systématique ?

Elena : Oui, cela fait partie du plan de Jordi Pujol. Par chance il a raté. Aussi grâce à mes parents. Ils se sont toujours préoccupés de mon éducation et m’ont appris les bases élémentaires de respect. Que les êtres humains sont égaux indépendamment de leurs origines ou nationalités. Qu’il n’y a pas de nations ou d’origines meilleures que les autres.

FM : En quelque sorte vous avez été privilégiée. Imaginez les jeunes qui n’ont pas eu cet ancrage à la maison. Et qu’en est-il de la suite de vos études ?

Elena : Lorsque j’ai commencé l’université, mes bonnes notes et mon accent espagnol furent l’objet de blagues les plus cruelles de la part des plus radicaux. En 2003, j’ai arrêté de parler catalan.

L’indépendantisme, de mon point de vue, s’autodétruit. Car il crée des gens égoïstes, arrogants et avec un complexe de supériorité. Tout le travail minutieux des professeurs du collège n’a servi à rien à partir du moment où j’ai reçu le mépris de certains camarades de classe. Je pris conscience de l’existence d’une société suprémaciste et mesquine. Par chance, je dois dire qu’à l’Université, j’ai aussi rencontré mes meilleurs amis. De vrais amis, catalans depuis plusieurs générations, qui valorisent les personnes au-delà de leurs origines et accents.

Tout le temps où j’ai vécu dans l’autonomie catalane, je n’ai jamais parlé de mon idéologie politique par peur du rejet social. En octobre 2008, je suis partie vivre en Allemagne. Jusqu’aux dernières élections de décembre 2017, je n’ai plus revoté.

Beaucoup de complexes provenant de nombreuses années de manipulation. Tout ce qui est arrivé à partir du 1er octobre m’a ouvert définitivement les yeux. Cela m’a donné la force de lutter pour une Catalogne plurielle et métissée. Ma maison est foncièrement démocratique et s’appelle aussi bien Espagne, Catalogne qu’Europe. Monter une population contre une autre ne fait aucun sens. 

* prénom d’emprunt 


**nouvinguts : nouveaux venus
**charnego : singes
**l’Estaca : le Pieu
**Paff el drac màgic : Paff le dragon magique
**Dins la foca : Dans la brume

20/07/2018

L’emprise...

D321464F-3C95-4199-9AE8-2A358EACCDC2.jpegVous avez vécu un jour ou l’autre une situation d’emprise. Comment cela fonctionne ? Un individu que vous pensez bienveillant vous fait exister. Dans votre existence, un peu solitaire, en recherche de sens ou traversant une fatigue passagère vous rencontrez cette personne. Elle s’intéresse à vous. Vous porte de l’attention. Vous avez l’impression de ne plus vous sentir seul. Ses paroles comme par la suite ses messages sont savamment dosés pour créer une dépendance. Mais qu’importe puisque vous exister. C’est ce que vous croyez.

 

 

En réalité vous n’existez plus. Vous êtes passé de sujet à objet. Vous n’êtes plus qu’un instrument. À la merci 8C1445B5-0450-410B-9CB5-08BF9CBF67CC.jpegde cet individu que vous croyez toujours être votre ami vous allez le suivre dans ses actions et même faire des choses contre votre propre intérêt et celui de vos proches. Il n’y a ni générosité ni amour et encore moins de perspectives avec cette personne qui vous a mise sous son emprise. Ce n’est que manipulation intéressée.

 

 

Votre organisme se manifeste, il résiste, une petite voixA66A5282-8BA5-414C-BFF9-A540647FC1BC.jpeg en vous tire l’alarme dès le début de l’entrée en relation. Mais vous ne l’écoutez pas. Parce qu’il y a la nouveauté, le jeu, la curiosité et 7CF3177D-5142-4D02-891D-C231A23A184F.jpegsurtout cette incroyable sensation d’exister. Sans compter le sentiment d’appartenance qui est également fort très fort. Plus l’emprise sera longue plus en sortir sera difficile. Pourtant, il faudra le faire. Ce sera tôt ou tard une question de vie ou de mort. On retrouve le phénomène d’emprise tant dans le couple, sur le lieu professionnel, dans la famille, en politique et ailleurs. Le fonctionnement des sectes est édifiant, dans ce domaine. Force est de constater qu’en Catalogne il est en train de se passer quelque chose de la sorte. C’est inquiétant. De voir autant de gens qui agissent comme dans une secte, totalement sous emprise, guidés par des marionnettistes qui n’ont strictement rien à leur offrir comme projet de société. Si ce n’est que d’alimenter leur jouissance narcissique et de poursuivre le bal des vampires.

12/07/2018

Parce que cela n’arrive pas qu’aux autres, pour une meilleure intégration européenne !

DF18B0A5-B093-4BCA-9F10-36A68F3572AA.jpegEn réponse à la crise catalane qui en a surpris plus d’un, tant par son escalade que par son emplitude, un collectif d’intellectuels, principalement, établi dans la péninsule ibérique, vient d’adresser une lettre ouverte à Bruxelles demandant une réelle mobilisation pour UNE EUROPE MIEUX INTÉGRÉE. Parce que cela n’arrive pas qu’aux autres. Et que la machine supranationale de l’Union européenne risque, si elle n’est pas plus attentive, d’encourager l’émiettement des États qui la composent. Déjà, je remercie notre amie Ángela Herrero, anthropologue à l’Université autonome de Barcelone (UAB), co-coordinatrice de cette salutaire initiative, pour nous mettre à disposition et en exclusivité la version française de la requête. Bonne lecture :


LETTRE OUVERTE AUX PRÉSIDENTS EUROPÉENS MM. JUNCKER, TUSK, ET TAJANI

Messieurs les Présidents,

Dans la lettre « Upholding the rule of law in the European Union » datée du 31 octobre 2017, le gouvernement espagnol se voyait accusé de violer systématiquement l’État de droit en Espagne, mais Josu de Miguel et Francesc de Carreras ont prouvé de façon concluante que ce furent les autorités catalanes, et non le gouvernement central, qui le violèrent. Il semblerait que l’Europe doive encore comprendre le « quoi ? » et le « pourquoi ? » de cette crise, afin d’éviter qu’elle se propage à d’autres régions riches au sein des États membres.
Qu’est-il arrivé ? Les élites catalanes ont converti les institutions régionales en « structures d’État » politiques, sociales, et médiatiques parallèles au service de la sécession, bafouant ainsi la neutralité administrative, un pilier de la démocratie. Elles ont exercé une pression sur des professeurs, des journalistes, et des juges, utilisé la police autonome (Mossos) comme une police politique pour espionner des hommes et femmes politiques, entrepreneurs, et organisations civiles comme la SCC (Prix du Citoyen Européen 2014), créant un climat de harcèlement et de violence symbolique qui s’accompagne déjà d’une violence institutionnelle. Elles prétendent nous imposer leur volonté arbitraire, supplantant la coercition légitime de l’État et l’application de la loi démocratique. Cela, conjointement avec les campagnes récurrentes pour discréditer la démocratie espagnole, la propagation de mensonges officiels, la manipulation de l’Histoire et l’endoctrinement des enfants des écoles, plutôt associés aux régimes totalitaires, porte atteinte à notre Constitution, et bafoue les droits de millions de Catalans.
En outre, elles ont gravement malmené l’économie d’une région prospère. La dette autonomique ne peut à présent être soutenue qu’avec des prêts du FLA (Fonds de liquidité des autonomies), qui atteint déjà 52,5 milliards d’euros, et depuis le coup d’État de septembre/octobre 2017, plus de 4 000 entreprises ont quitté le territoire, alors que l’investissement étranger s’effondrait.
Le sécessionnisme, transformé en un processus oligarchique, classiste, identitaire et émotionnel, a divisé la société catalane en deux, avec de graves conséquences politiques et économiques pour la Catalogne et toute l’Espagne. Un projet européen démocratique et progressiste ne peut être ambigu avec les nationalismes sans trahir le principe de solidarité qui le fonde.
Pourquoi est-ce arrivé ? Cette crise sociale, politique, et économique ne peut résulter du centralisme : l’Espagne est déjà l’un des pays les plus décentralisés au monde. Les régions contrôlent l’éducation, la santé, et les services sociaux, et la Catalogne, la Navarre, ainsi que le Pays basque possèdent même leur police autonome. La Navarre et le Pays basque, deux des autonomies les plus riches, jouissent de privilèges fiscaux qui sont inconstitutionnels, mais tolérés par les gouvernements nationaux pour se maintenir au pouvoir.
De fait, l’autogouvernement est déjà allé trop loin, puisque le niveau élevé d’autonomie fiscale dont bénéficient les régions 1°) les dresse les unes contre les autres, et 2°) sape l’idée même de solidarité. Deux raisons principales expliquent ces transferts de pouvoir et de ressources publiques : (a) la mauvaise définition de l’autonomie dans la Constitution espagnole, et (b) les stratégies de mobilisation des partis socialistes espagnol (PSOE) et catalan (PSC) en particulier, qui ont permis aux élites nationalistes [contre des appuis parlementaires ponctuelles pour accéder au pouvoir] de développer des processus d’ingénierie ethno-linguistique, de « construction nationale », qui ont élargi leur pouvoir et leur base électorale par le clientélisme et la corruption systémique. En témoignent les affaires du Palau de la Música et du clan Pujol. L’encouragement du nationalisme, l’accord avec des séparatistes radicaux en 2012, et la poursuite d’accords fiscaux égoïstes aux dépens des masses, aidèrent les élites à dissimuler partiellement cette corruption.

Toutefois, l’Union européenne porte également une responsabilité dans cette situation, pour six raisons au moins :


B75AA618-3DB9-4067-A517-38DA254C4115.jpeg1. Le Parlement européen a facilité la violation de droits linguistiques en approuvant en 2009 la motion rejetant le rapport de sa propre Commission de Culture sur le droit de choisir la langue d’enseignement. Les nationalistes ont utilisé l’Art. 22 comme prétexte pour continuer à traiter les enfants hispanophones comme des étrangers, supprimant ainsi l’espagnol de l’enseignement en poursuivant une idée (linguistique) passéiste, totalitaire, et unidimensionnelle de l’identité. La négation de la diversité culturelle de la Catalogne est à l’origine de la fracture sociale actuelle.

2. Un budget européen n’intégrant que 1 % du PIB des États membres encourage la sécession dans les régions les plus riches en leur offrant les bénéfices de l’intégration commerciale et monétaire sans leur demander en retour la solidarité au-delà de leurs frontières. Récemment, les citoyens des riches régions de Lombardie et Vénétie ont voté massivement pour plus d’autonomie, et la construction nationale apparaît logiquement comme la prochaine étape. S’ils croient, comme les séparatistes catalans, pouvoir rejoindre rapidement l’Union européenne, comme les séparatistes catalans l’ont cru, ils tenteront même de prendre leur indépendance. Ensuite, dans une Union européenne à la solidarité fiscale si limitée, ils pourraient même rejoindre plusieurs autres États membres, devenir des paradis fiscaux, et nous infliger leur compétence déloyale.

3. Malgré son succès, l’euro élargit aujourd’hui, au lieu de la combler, la brèche économique interrégionale. La critique est bien connue : il n’y a pas de sens à ce que, à cause des intérêts nationaux, probablement exacerbés par la crise, l’euro souffre des mêmes carences d’articulation politique que lors de sa création voici 20 ans.

4. Le FMI et d’autres experts ont démontré que l’austérité retarde la reprise économique. Mais, les pays créanciers (Pays-Bas, Allemagne, etc.) l’ont pourtant de nouveau exigée de leurs débiteurs lors du Sommet européen de décembre 2017. Cette stratégie a déjà puni injustement le Portugal, l’Italie, la Grèce, et l’Espagne (les fameux ‘PIGS’), et n’apporte rien d’autre que « l’irrationalité et le suicide collectifs ».

5. Le « Brexit » illustre l’échec politique de l’UE et les risques que dissimulent les logiques nationalistes, victimistes, et identitaires : l’accroissement du PIB du Royaume-Uni suite à son adhésion à l’UE n’a pu l’empêcher. Les politiques clientélistes et l’intégration commerciale n’ont pas renforcé le sentiment d’appartenance à un espace commun de droits et d’obligations partagés, à un « demos européen ».

6. L’affaire Puigdemont illustre autant les limitations actuelles de l’espace européen – en l’espèce, concernant le Mandat d’arrêt européen - que le défi lancé par le techno-populisme. Par une décision truffée d’erreurs de procédure, les magistrats régionaux ont placé au même niveau une protestation contre une décision managériale des années 1980 et des actes réitérés contre la souveraineté de l’État [Statut d’autonomie catalan, etc.], c’est-à-dire un coup d’État non violent. Saper « les ciments de la reconnaissance mutuelle et de la coopération judiciaire » est le plus sûr moyen de détruire l’Union.
Comme citoyens européens, nous sommes fiers des conquêtes obtenues en commun, de la libre circulation à la monnaie unique en passant par des initiatives de partage véritable comme le programme Erasmus. De même, nous ne pouvons laisser des nationalismes et des populismes nous voler notre rêve d’un avenir partagé plus juste et solidaire, ni laisser libre cours à leur l’égoïsme en encourageant leur suprématisme et la division sociale comme solution à la crise économique. Mais, l’unique manière de contrer le récit excluant des démagogues consiste à offrir aux citoyens européens un meilleur récit.
Nous réclamons, par conséquent, une plus grande intégration politique de toutes les institutions communautaires. La formation de partis politiques transeuropéens, avec des programmes communs de solidarité fiscale, de justice sociale, et de transfert de souveraineté nationale vers l’Europe consoliderait le concept de citoyenneté européenne. Nous comptons sur vous pour donner une nouvelle impulsion à cette initiative, déjà présentée voilà 25 ans par le Parlement européen, conformément à l’héritage politique de Ventotene, Schuman, et Monnet, et aux principes de solidarité et de progrès pour tous qui légitiment le projet européen. En outre, l’UE devrait faciliter l’avancée, parmi les États de la zone euro qui le souhaitent, vers des « États- Unis d’Europe ».
Nous devons nous souvenir que l’intégration économique ne fut jamais la fin, mais le moyen pour construire un espace partagé de souveraineté et de liberté, de paix et de solidarité entre les peuples européens. Ainsi qu’avec le reste du monde.


EC484D69-B2E2-46C7-BC2A-0FF1F154F775.jpegCoordinateurs : 


Luis Méndiz, sociologist and educator (retired), MA European Studies (Reading), PGCE (Reading) Ángela Herrero, antropóloga (Barcelona-UAB)
Mikel Arteta, Doctor en Filosofía Política (Valencia)
Signataires (en nom propre et par ordre alphabétique)

Dolores Agenjo, ex profesora, filóloga (Barcelona)
José María Albert de Paco, periodista y asistente de prensa en el Parlamento Europeo
Francisco D. Alcobendas, junta directiva de Plataforma AHORA.
Martín Alonso, escritor y docente (retirado), Doctor en Ciencias Políticas (UNED)
Santiago Álvarez, profesor y filósofo, Doctor en Filosofía (Sevilla)
Cayetana Álvarez de Toledo, historiadora y periodista
Javier Anso, SM, abogado y politólogo
Rafael Arenas, escritor, Catedrático de Derecho Internacional Privado de la UAB, ex presidente de Sociedad Civil Catalana (SCC)
Aurelio Arteta, Catedrático (jubilado) de Filosofía Moral y Política en la Universidad del País Vasco (UPV-EHU)
Omar Astorga, Profesor de Filosofía en la Universidad Central de Venezuela
Félix de Azúa, escritor, miembro de la Real Academia Española
Natacha Bacolla, Profesora de Ciencias Políticas en la Universidad de Rosario (Argentina), subdirectora de la Revista de Ciencias Sociales de la Universidad del Litoral
Michele Bagella, Professor of Monetary Economics and Dean of the Faculty of Economics, University of Rome-Tor Vergata
Susana Beltrán, Profesora Agregada de Derecho Internacional Público de la UAB, ex vicepresidenta de Sociedad Civil Catalana (SCC), Diputada del Parlamento de Cataluña
Víctor F Bermúdez, High School teacher in the Netherlands
Enrique Bocanegra, gerente cultural, Máster (Centro de Estudios de la Defensa Nacional CESEDEN)
Josep Ramon Bosch, Presidente de la Fundación Joan Boscà
Paolo Buchignani, Professore Associato di Storia Contemporanea presso l'Università per Stranieri Dante Alighieri di Reggio Calabria
Eduardo Butragueño, ex Profesor de Historia de la Filosofía en la Universidad de Barcelona
Gabriel Cabello, Profesor de Historia del Arte en la Universidad de Granada
Adolfo Calatrava, Profesor de Relaciones Internacionales en la Universidad Antonio de Nebrija (Madrid)
Enrique Calvet Chambon, Presidente de Unidos, Libres, Iguales & Solidarios (ULIS), Miembro del Parlamento Europeo (MEP)
José Calvo González, Catedrático de Filosofía del Derecho en la Universidad de Málaga
Miguel Candel, Profesor Emérito de Historia de la Filosofía en la Universidad de Barcelona
Ma del Rosario Cañete, abogada, ex Profesora de Derecho Procesal en la Universidad del País Vasco (UPV-EHU), miembro del Consejo Nacional del Centro Izquierda de España (dCIDE)
Julio Carabaña, Catedrático de Sociología en la Universidad de Madrid-UCM
Francesc de Carreras, Catedrático de Derecho Constitucional en la UAB, miembro de la Real
Academia de Ciencias Morales y Políticas
Francisco Castilla, Profesor Titular de Filosofía en la Universidad de Alcalá de Henares
Ramiro Cibrián, PhD (Yale), ex Embajador de la Comisión Europea
Daniela Coli, Professor of History of Political Philosophy at the Università degli Studi, Firenze
Joaquim Coll, ensayista e historiador, ex Profesor Titular de la Universidad de Barcelona, Premio Ciudad de Barcelona 1998, miembro de Sociedad Civil Catalana (SCC)
Roger Corcho, asistente en el Parlamento Europeo
Emilio J Castilla, NTU Professor of Management
and Professor at the
MIT Sloan School of
Management, Cambridge, Massachusetts, USA
Antonio Cazorla, Professor and Chair (Department of History) at Trent University, Peterborough, Ontario, Canada
Asterios Chatziparadeisis, PhD in Statistics Université Pierre et Marie Curie (UPMC Paris-6), former civil servant European Commission, General Secretariat of Research & Technology, Greece
Juan Antonio Cordero, Professeur à l’École Polytechnique de Paris
Francisco Javier Díaz Revorio, Catedrático de Derecho Constitucional en la Universidad de Castilla-
La Mancha, Toledo
José Luis Díez Ripollés, Catedrático de Derecho Penal y exdirector del Instituto Andaluz de Criminología de la Universidad de Málaga
Rafael Dobado, Catedrático de Historia e Instituciones Económicas en la UCM, Miembro de la Real Academia de la Historia
Pepe Domingo, abogado, ex parlamentario de Ciudadanos, ex vicepresidente de Sociedad Civil Catalana (SCC), Presidente de Impulso Ciudadano
Ascensión Elvira, Catedrática de Derecho Constitucional en la Universidad Carlos III, Madrid
Arcadi Espada, periodista
Luciano Espinosa, Profesor Titular de Filosofía en la Universidad de Salamanca
Lidia Falcón, abogada y escritora, Presidenta del Partido Feminista de España (PFE)
Guillermo Fatás, Profesor Emérito de Historia Antigua en la Universidad de Zaragoza, miembro de la Real Academia de la Historia
Augusto Fenollar, químico, miembro de Sociedad Civil Catalana (SCC), miembro de la Plataforma AHORA
Isabel Fernández Alonso, Profesora Titular de Comunicación en la UAB, Barcelona, miembro del Consejo de Dirección de Sociedad Civil Catalana (SCC)
Pedro Fernández Herrero, economista, ex Director de Alternativa Ciudadana Progresista (ACP)
Carlos Ramón Fernández Liesa, Catedrático de Derecho Internacional Público y Relaciones Internacionales y exsecretario general y Vicerrector de la Universidad Carlos III de Madrid, ex Director del Instituto de Estudios Internacionales y Europeos ‘Francisco de Vitoria’
Ignacio Fernández Sarasola, Profesor Asociado de Derecho Constitucional en la Universidad de Oviedo
Javier Fernández Sebastián, Catedrático de Historia del Pensamiento Político en la Universidad del País Vasco (UPV-EHU)
Natividad Fernández Sola, Catedrática de Derecho Internacional y Europeo y Relaciones Internacionales en la Universidad de Zaragoza
Armando Fernández Steinko, escritor, Profesor de Ciencia Política y Sociología en la Universidad de Madrid-UCM, miembro de Sociedad Civil Catalana (SCC)
Luis Ferruz, escritor y economista, Catedrático de la Universidad de Zaragoza
Sergio Fidalgo, escritor y periodista, director de El Catalán, cofundador de Concordia Cívica
Pier Virgilio Dastoli, Professor of Politics and European Institutions at the University of Rome,
Presidente del Consiglio Italiano del Movimento Europeo
Maxime Forest, Associate Lecturer and Senior Researcher at the Institut d'Etudes Politiques de Paris (Sciences Po)
Avalon Professor of the Humanities and Professor of Philosophy and Law at the
University of Pennsylvania
Samuel Freeman,
Teresa Freixes, Catedrática de Derecho Constitucional en la UAB, Barcelona, Cátedra Jean Monnet
ad Personam, member of the Royal European Academy of Doctors
Paco Frutos, ex Secretario General del Partido Comunista de España (PCE)
Félix de la Fuente, escritor sobre temas de la UE y ex funcionario del Parlamento Europeo
Ma de las Mercedes Fuertes, Catedrática de Derecho Administrativo en la Universidad de León
Manel García, Jefe de Servicios de la Generalitat de Cataluña (Generalitat)
Juan Antonio García Amado, Catedrático de Filosofía del Derecho en la Universidad de León
María Paz García Rubio, Catedrática de Derecho Civil de la Universidad de Santiago de Compostela.
Maria Amata Garito, Rettore dell’Università Telematica Internazionale (UNINETTUNO), Roma Maria Gerolemou, Post Doc researcher, Dept of Classics and Philosophy, University of Cyprus
Philadelphia
Alberto Gil Ibáñez, escritor, cuerpo de Administradores civiles del Estado
Ma Teresa Giménez-Barbat, Miembro del Parlamento Europeo (MEP)
Maurice Goldring, Professor Emeritus of Irish Studies at the University of Paris-8 Saint-Denis
Pedro Gómez, editor
Ma del Carmen González, Catedrática de Ciencia Política y de Administración en la UNED, Madrid
Ma José González Ordovás, Profesora Titular de Filosofía del Derecho en la Universidad de Zaragoza
Nicholas Green, UK Local Government Officer (retired), Bristol
Mauro F Guillén, Anthony L. Davis Director of The Lauder Institute and Dr. Felix Zandman Professor of International Management at The Wharton School, University of Pennsylvania, Philadelphia
Ma Pilar Gutiérrez, Profesora Titular de Derecho Civil en la Universidad de León
Peter Harvey, teacher and translator, MA (Cambridge), PGCE (Wales)
Antonio Hermosa, Profesor Titular de Filosofía en la Universidad de Sevilla, director de Araucaria: Revista Iberoamericana de Filosofía, Política y Humanidades
Jesús Hernández Alonso, Profesor Titular de Matemáticas en la Universidad de Madrid-UAM Rafael Hernández Marín, Catedrático de Filosofía del Derecho en la Universidad de Murcia Alejandro Herrero, ex funcionario, Comisión Europea
Liborio L. Hierro, Catedrático Emérito de Filosofía del Derecho en la Universidad de Madrid-UAM
Axel Honneth, Professor of Philosophy at both the University of Frankfurt and Columbia University
Enrique Iáñez, Profesor Titular de Microbiología en la Universidad de Granada
Miguel Ángel Idígoras, periodista, corresponsal en Londres para Televisión Española (TVE)
Julio Iglesias de Ussel, Catedrático de Sociología en la Universidad de Madrid-UCM, miembro de la
Real Academia de Ciencias Morales y Políticas
Victoria Iturralde, Catedrática de Filosofía del Derecho en la Universidad del País Vasco
Karl Jacobi, President and founder of Comvort Network
José Joaquín Jiménez, Profesor Titular de Filosofía del Derecho en la Universidad de Granada Fernando Jiménez Sánchez, Profesor Titular de Ciencia Política en la Universidad de Murcia Teresa Jiménez Becerril, Miembro del Parlamento Europeo (MEP)
Jukka Kekkonen, Professor of Legal History and Roman Law at the University of Helsinki Holm-Detlev Köhler, Profesor de Sociología en la Universidad de Oviedo
Pepa Labrador, profesora y filóloga (UAB)
Francisco Lapuerta, docente, Doctor en Filosofía
Rafa Latorre, periodista
Carmen Leal, maestra y filóloga
Amable Liñán, Catedrático de Mecánica de Fluidos, Profesor Emérito de la UPM, Associate Professor (Yale), miembro de la Real Academia de Ciencias
Carmen López Alonso, Profesora Titular de Historia del Pensamiento Político en la Universidad de Madrid-UCM
Salvador López Arnal, Profesor de Matemáticas de la UNED, columnista de El Viejo Topo
Ana Losada, Presidenta de la Asamblea por una Escuela Bilingüe de Cataluña (AEB)
Fernando Losada, Academy of Finland Research Fellow at the Law Faculty, University of Helsinki
Barbara Loyer, Professeur, Directrice de l’Institut Français de Géopolitique de l’Université Paris- 8, membre du comité de Rédaction de la revue de Géopolitique Hérodote
director of the Institut für Sozialforschung
Frankfurt
Mattias Kumm, Professor of Global Public Law at the Center for Global Constitutionalism (WZB) Berlin, and Inge Rennert Professor of Law at the NYU School of 
Gorka Maneiro, portavoz de la Plataforma AHORA
Araceli Mangas, Catedrática de Derecho Internacional Público y Relaciones Internacionales en la
UCM, miembro de la Real Academia de Ciencias Morales y Políticas
Carlo Marcaccini, Professore alla Scuola Militare Aeronautica Giulio Douhet
Ramón Marcos, Abogado de la Seguridad Social
Enric Martínez Herrera, Profesor Titular de Ciencias Sociales y Políticas (ANECA), Coordinador general de UNIDOS y SOCIALISTAS + por la Democracia
Carlos Martínez Gorriarán, Profesor Titular de Estética y Filosofía en la Universidad del País Vasco (UPV-EHU), editor de El Asterisco
Pedro Martínez Ruano, Profesor Titular de Derecho Constitucional en la Universidad de Almería
Javier Maurín, ex Portavoz, Junta Municipal Villaverde-Madrid, Plataforma AHORA
Jesús M. de Miguel, MSc (LSE), PhD (Yale), Profesor de la Universidad de Barcelona (jubilado), First ‘Príncipe de Asturias’ Professor at Georgetown University
Josu de Miguel, Catedrático de Derecho Constitucional en la UAB, Barcelona
Luis Míguez, Catedrático de Derecho Administrativo en la Universidad de Santiago de Compostela
Chantal Moll de Alba, Profesora de Derecho Civil en la Universidad de Barcelona, member of the European Society of Construction Law, miembro del grupo de juristas catalanes Llibertats
Santiago Mondéjar, analista político, cofundador de Concordia Cívica
Remedios Morán, Catedrática de Historia del Derecho de la UNED, Madrid
Jerónimo Moreno, CEO y asesor comercial, ETEA (Universidad de Córdoba)
Miriam Moreno, Doctora en Filosofía (UCM), ex productora de Televisión Española
Javier Moscoso, Profesor de Investigación, Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC) Javier Nart, Miembro del Parlamento Europeo (MEP)
Claus Offe, Professor Emeritus of Political Sociology at the Hertie School of Governance, Berlin José Javier Olivas-Osuna, PhD (LSE), Researcher at the Conflict & Civil Society Research Unit of
the LSE, member of the editorial team LSE Eurocrisis blog
José A Olmeda, Catedrático de Ciencias Políticas y ex Decano de la Facultad de Ciencias Políticas
y Sociología de la UNED, Madrid
Antonio F. Ordóñez, abogado y funcionario de la administración local, Vicecoordinador de ASEC / ASIC (Asamblea Social de la Esquerra de Cataluña)
Félix Ovejero, Profesor Titular de Ética, Economía y Ciencias Sociales de la Universidad de Barcelona
Maite Pagazaurtundúa, Miembro del Parlamento Europeo (MEP)
Miguel Peña, Profesor de Bellas Artes de la Universidad de Granada
Fernando Peregrín, escritor, Doctor en Física (UCM)
Xavier Pericay, filólogo y escritor, Diputado del Parlamento Balear
Nuria Plaza, escritora y docente del programa ALBA de Estudios Universitarios en Barcelona
Franco Praussello, Professor of International Economics, Director of the Jean Monnet Centre and the Post-Grad School in Economics & Finance of the EU at the University of Genoa
Evaristo Prieto, Catedrático de Filosofía del Derecho en la Universidad de Madrid-UAM
Josu Puelles, Vicepresidente del Colectivo de Víctimas del Terrorismo en el País Vasco (COVITE)
Ma Jesús Pujalte, Catedrática de Microbiología de la Universidad de Valencia
Hugo Quiroga, Profesor Titular de Teoría Política en las Universidades de Rosario y del Litoral (Argentina), director de la Revista de Ciencias Sociales de la Universidad del Litoral
Álex Ramos, doctor, vicepresidente de Sociedad Civil Catalana (SCC)
Miguel Revenga, Catedrático de Derecho Constitucional y Director del Departamento de Disciplinas Jurídicas Básicas de la Universidad de Cádiz (Jerez)
Antonio Robles, escritor, Profesor de Filosofía, periodista, ex parlamentario de Ciudadanos, portavoz del Centro Izquierda de España (dCIDE)
Elvira Roca, escritora e historiadora
Luis Roca, Profesor, escritor y filósofo, Universidad de Barcelona
Javier Roldán, Catedrático de Derecho Internacional Público y Relaciones Internacionales en la Universidad de Granada
Berta Romera, antropóloga (UAB) y profesora
Juan Ruiz Manero, Catedrático de Filosofía del Derecho en la Universidad de Alicante Alfonso Ruiz Miguel, Catedrático de Filosofía del Derecho en la Universidad de Madrid-UAM
Marcos Sánchez, ingeniero y CEO
Ramón Sánchez Tabarés, ex profesor de Economía de la Universidad de Barcelona
Laura Sancho, Catedrática de Historia Antigua en la Universidad de Zaragoza
Sergio Sanz, arquitecto, Diputado del Parlamento de Cataluña
Julián Sauquillo, Catedrático de Filosofía del Derecho de la Universidad de Madrid (UAM)
Fernando Savater, escritor, Profesor de Filosofía (jubilado)
Samuel Schmidt, Political Scientist, University of Texas, Austin
Vicente Serrano, columnista
Carlos Silva, Profesor de inglés, miembro de Unión, Progreso y Democracia (UPYD), Vicepresidente de Impulso Ciudadano y miembro de la Asamblea de la Escuela Bilingüe en Cataluña (AEB)
Carlota Solé, Profesora Emérita de la UAB, Barcelona
Francisco Sosa Wagner, Catedrático de Derecho Administrativo en la Universidad de León
Mauricio Suárez, Catedrático de Lógica y Filosofía de la Ciencia en la Universidad de Madrid-UCM
Javier Tajadura, Catedrático de Derecho Constitucional en la Universidad del País Vasco (UPV- EHU)
Jaime Terceiro, Catedrático de la Universidad de Madrid-UCM, miembro de la Real Academia de Ciencias Morales y Políticas, Premio Rey Juan Carlos I de Economía (2012)
Raffaele Torino, Professor of Comparative Private Law and European Union Law & Policies at the
University of Roma-Tre
Gabriel Tortella, escritor e investigador, Catedrático Emérito de Historia Económica, Premio Rey
Juan Carlos I de Economía (1994)
Santiago Trancón, escritor y docente, fundador del Centro Izquierda de España (dCIDE)
Andrés Trapiello, escritor, poeta, ensayista
Cyril Trépier, PhD in Geography, Post-Doc researcher at the Institut Français de Géopolitique, University of Paris-8
Enrique Ujaldón, escritor, Profesor de Filosofía Política en la Universidad de Murcia, cofundador de la Plataforma Libres e Iguales
Guillermo del Valle, abogado, portavoz adjunto de la Plataforma AHORA
Mario Vargas Llosa, escritor, Premio Nobel de Literatura (2010)
Rodrigo Vázquez de Prada, periodista, Director de la publicación semanal digital Crónica Popular
Salvatore Veca, Professor Emeritus of Political Philosophy at the Istituto Universitario di Studi Superiori, Pavia
Reyes de la Vega, Profesor Titular de Química en la Universidad Pablo de Olavide (Sevilla) José Luis Vergara, asesor de comunicación
Ignacio Villaverde, Catedrático de Derecho Constitucional de la Universidad de Oviedo
Pasquale Lino Saccà, Jean Monnet Chair ad Personam Erasmus Network “I Mediterranei”
South/East Dialogue
Alfonso Valero, Principal Lecturer at the Nottingham Law School (Nottingham Trent University), Deputy Editor of the Nottingham Law Journal, member of the Society of Legal Scholars
Mercè Vilarrubias, lingüista y escritora
José A Zorrilla, ex embajador de España en Georgia y los Estados del Cáucaso (Tiflis) Michael Zürn,
Professor of International Relations at the Free University of Berlin, Director of the
Global Governance Unit and Head at the Center for Global Constitutionalism (WZB)