18/10/2018

Endoctrinement dans les écoles catalanes !

E342396A-1152-4899-974E-B0D7DC6BD7F0.jpegTémoignage de Sonia, mère de famille vivant dans l’autonomie catalane.*

Nous nous sommes installés dans un village au sud de la Catalogne, d’où ma mère est originaire, au début des années 2000. Mon mari, Carlos est né en Suisse de parents espagnols, mon fils Vincent est né en Suisse également et moi-même je suis de père suisse et de mère espagnole. Ayant beaucoup de famille dans cette région, elle nous était très proche.
Mon fils avait trois ans, et très vite, il a fallu faire les démarches nécessaires pour son éducation scolaire. Une anecdote familiale qui m’avait particulièrement choquée, me rendait très réticente à inscrire Vincent à une école publique, car j’avais peur qu’il apprenne mal l’espagnol et ne sache que le catalan. En effet, lors de la visite d’un cousin en Suisse quand j’avais quinze ans, les propos de ce dernier m’avaient profondément heurtés. Pourtant, titulaire d’un professorat en « physique », il affirmait qu’on parlait catalan en Californie de manière tout à fait courante et moi, je me demandais quel type d’enseignement pouvait-on donner dans cette partie du pays avec de telles obsessions linguistiques. J’ai compris, ces dernières années, que mes craintes étaient malheureusement sous-estimées.
Pour finir, mon fils a commencé sa scolarité à l’école publique du village et tout s’est passé normalement durant les années de petite école. Les ennuis ont commencé en primaire.
Le gros problème n’était pas, dans un premier temps, l’enseignement, mais l’obscurantisme encouragé par l’école elle-même. Il n’y avait aucune information venant de l’institution, nous n’étions au courant que quelque chose n’allait pas que quand nous recevions les notes de fin de trimestre. Il n’était pas autorisé de sortir de l’école les travaux écrits ou contrôles. Même le propre élève n’avait le droit de voir son travail corrigé que cinq minutes et le seul moyen pour les parents d’y avoir accès était de prendre rendez-vous avec le professeur qui n’avait qu’une heure à consacrer par semaine. Je ne sais pas si quelqu’un pourrait le croire, mais je n’ai jamais vu un seul contrôle de mon fils de toute sa scolarité. Certains livres ne quittaient pas la classe. Quasiment toutes les fêtes ou spectacles, y compris les célébrations de fin d’année n’étaient pas autorisés aux parents. Il n’y avait aucun dialogue avec l’école et le peu de fois que nous sommes allés pour parler de la situation de notre fils on nous a pris de haut et fait bien comprendre que notre démarche était très mal venue. Rongée par mon scepticisme, j’ai toujours demandé à mon fils de me dire si on lui apprenait quelque chose qui lui semblait étrange. Je savais que, bénéficiant de notre double culture générale et de notre dialogue, il s’en rendrait compte. Un beau jour, il est venu vers nous en nous demandant si c’était vrai qu’on parlait catalan dans un quart de la France et en Californie. Mon sang n’a fait qu’un tour quand il nous a dit qu’on lui apprenait ça à l’école. C’est à ce moment là que nous avons vraiment compris sa profonde détresse et la mise à l’écart dont il souffrait en silence. Furieuse, je voulais aller m’expliquer avec le professeur dès le lendemain et, là, mon fils s’est effondré devant moi à genou, en pleurs, me suppliant de ne pas y aller. Je l’entends encore me dire: « Maman, ne me fais pas ça, je t’en supplie ! Ils me le feront payer ».
A ce moment-là, nous étions bien conscients que la quasi totalité du corps enseignant et de la direction étaient radicalement indépendantiste, critère de sélection, qui d’ailleurs primait sur les compétences. Il ne faisait aucun doute que Vincent payerait le prix de nos remises en question. Nous avons choisit, comme beaucoup, de le protéger et de veiller à sa formation en silence.
En résumé, en fin de scolarité, sa culture géographique s’arrêtait à l’exclusive connaissance de la Catalogne, avec des fantaisies totalement erronées comme le fait que l’Ebre prend sa source dans cette autonomie, par exemple. Il n’a aucune connaissance de l’histoire d’Espagne, mais uniquement de la Catalogne, de plus totalement farfelue, mégalomane et littéralement fausse sur bien des points, sans compter la tendance sans équivoque à présenter l’Espagne comme un ennemi. L’enseignement de la langue espagnole ne prenait que deux heures par semaines et bien souvent les classes étaient données en catalan, car les professeurs disaient ouvertement à leur élèves qu’ils refusaient de parler espagnol.
4F6D9ADF-96F9-40DC-AEDA-5F0AABF578E8.jpegEn secondaire, l’enseignement est passé en mode informatique et nous n’avions plus aucun contrôle sans l’aide de Vincent qui se gardait bien de nous montrer ses cours de peur que nous prenions l’envie d’aller nous plaindre. Nous avons quand-même réussit à savoir certains points totalement scandaleux, comme, par exemple, que Mussolini était présenté comme un bienfaiteur pour son pays socialement parlant.

Enfin, cet enfer était fini pour lui. Toutes ces années à être mis de côté, à être dans le collimateur des professeurs, à se faire traiter de fasciste par ses camarades, car il ne cachait pas vouloir être espagnol, et à vivre dans la terreur qu’un jour notre patience prenne fin et que l’on exprime notre désaccord n’auraient jamais dû atteindre un enfant. On ne pardonnera jamais à l’appare indépendantiste d’avoir fait subir ça à notre fils et à tant d’autres.
Un jour, nous avons fait une escapade à Madrid pour montrer la capitale à Vincent et, ce jour là, en quelques mots, il a résumé l’injustice profonde qu’il ressentait et qu’on ressent tous. Quand il est sorti de la voiture, il a regardé le ciel avec un long soupir de soulagement et a dit : « Mon Dieu, merci ! j’ai enfin le droit d’être espagnol... »

*Identité connue par votre serviteur 

Commentaires

Merci Monsieur Meylan, votre article m’a touché profondément.
Il est révoltant de voir que le sort des catalans est entre les mains
des radicaux sans scrupules.
Malheureusement, cela ne semble toucher l’opinion publique
qui s’obstine à ne pas écouter, non pas L’Espagne, mais cette
partie de la Catalogne qu’on apelle « La Cataluña silenciada » ou
La Catalogne réduite au silence.
Pas plus tard que hier, j’ai assisté à la conférence de Monsieur
Torra qui se tenait à l’uni de Bastions, et j’en suis sortie écœurée.
En effet, la conférence était totalement orientée par le corps
enseignant, les questions des étudiants, programmées.
En aucun moment nous avons entendu une seule nuance
par rapport à l’autre partie de la Catalogne, pourtant majoritaire.
Elle est bien réduite au silence cette petite Catalogne.!
Il est douloureux de voir des personnes dépourvues de
tout droit et sans possibilité de s’exprimer.
Vous, et les personnes comme vous, êtes les seuls gardiens
de ses pauvres gens et je tiens à vous remercier pour
vôtre honorable lutte.
Une madrilène en Suisse.

Écrit par : María José Sevilla | 18/10/2018

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