08/01/2018

Mes réponses sur la crise catalane...

1A9369D0-7CC3-4772-BD5D-970770478097.jpegCette nouvelle année sera géopolitique ou elle ne sera pas. 2018 vient de débuter, que des questions cruciales en lien avec l’Iran, la Corée du Nord, Israël ou encore la Catalogne sont déjà au centre de l’actualité. C’est sur cette perle culturelle et géographique qu’est l’autonomie catalane qu’il me tient à cœur de revenir et d’apporter quelques vérités. Ce sont mes vérités et chacun on fera ce qu’il voudra. Premièrement, il est faux et archi faux de réduire la situation à un face à face « Barcelone - Madrid. » Cela se passe certes avec le foot mais très rarement en politique espagnole. Il n’y a que dans nos pénates confortables et bien chauffées que l’on peut s’adonner à pareil fantasme. Les suffrages exprimés à Barcelone le 21 décembre dernier l’ont confirmé, une fois de plus. La cité de Gaudi n’est pas indépendantiste. Tout comme la seconde ville de la région qui est Tarragone. Et Madrid représente les intérêts des 17 communautés autonomes espagnoles - y compris ceux de la Catalogne - et non pas seulement ceux de Madrid. À la question que fait l’Union européenne face à cette grave crise, je réponds, sans hésiter, elle fait juste. C’est un problème « Catalans vs Catalans » et elle soutient, à l’unanimité, l’Espagne qui doit le résoudre non au détriment de la Catalogne et encore moins de Barcelone mais contre des séparatistes qui ont violé allègrement leur Constitution en organisant unilatéralement et illégalement un référendum d’autodétermination. En proclamant avec les mêmes méthodes l’indépendance de la communauté autonome de Catalogne. Précisons, qu’aucun des 28 membres de l’Union européenne ne prévoit ni ne tolèrerait que les dirigeants de l’une de ses régions se comportent ainsi. C’est de la déloyauté et c’est faire acte de sédition. Sans compter le détournement des fonds publics à mauvais dessein. Revenons au « théâtre de rue » du 1er octobre 2017 qu’on a voulu nous vendre pour un référendum. On y a vu des urnes apportées sur site déjà remplies et des journalistes s’y sont filmés à pouvoir voter plusieurs fois. Qu’en est-il de la stratégie séparatiste ? C’est clairement, depuis plus de trente ans, de réveiller les blessures du passé et de se jouer à outrance de la victimisation. Pour reprendre les propos du philosophe français Alain Finkielkraut : « Chacun est responsable du devoir de mémoire mais nul ne peut se victimiser ni s’identifier à des souffrances qu’il n’a lui-même pas endurées. » Quel est le programme politique des séparatistes ? Le bas blesse. Personne n’arrive à nous l’expliquer. Le camps séparatiste ou indépendantiste - il est délicat de parler de revendication d’indépendance pour une région qui a autant de prérogatives qu’un canton suisse - comprend principalement trois partis politiques allant de la bourgeoisie pro européenne, soucieuse de conserver ses privilèges autant que de soutenir le clientélisme - typiquement le cas de Puigdemont - à la gauche de la gauche anti-système qui entend rejeter, par le truchement de 259BA111-EC19-4D11-A2B3-B1B664362BFA.jpegl’indépendance, le capitalisme, la mondialisation comme toutes les institutions supranationales. Quel avenir offrirait une telle alliance contre nature entre l’eau et le feu ? C’est à craindre. Quant est-il des élections légales du 21 décembre 2017 ? Les partis séparatistes ont obtenus, avec un système électoral régional favorisant l’arrière pays, une faible majorité en terme de sièges avec 47,53 % des suffrages exprimés alors que 52,47 % des électrices et électeurs ont plébiscité des partis politiques opposés à l’indépendance. À relever que c’est le jeune parti Ciudadanos, crée en 2006, que l’on retrouve aussi ailleurs en Espagne qui est sorti en tête. Il est clairement anti-indépendantiste. Quant-est-il de l’oppression en Catalogne ? Il faut être sacrément allumé pour évoquer une quelconque oppression aujourd’hui dans l’un des pays les plus libertaires de l’Union européenne. Plus grave, cela en devient odieux pour la mémoire de celles et de ceux qui ont vraiment vécu les geôles, la torture et les autres exactions du régime de la dictature franquiste. C’est révoltant et c’est piétiner les véritables souffrances passées que des individus aux soucis de gosses de riches osent parler d’oppression aujourd’hui en Catalogne. Qu’en-est-il du bilan des anciens leaders indépendantistes ? Ils ont fait fuir les principales grandes entreprises de la région. Ils ont fragilisé le tourisme. Ils ont attisé la haine. Ils ont encouragé le racisme et la stigmatisation à l’encontre de tous ceux qui ne pensent pas comme eux
: « Si tu n’es pas indépendantiste, tu es fasciste ! » Ils ont eu pour seule politique l’antagonisme avec le reste de l’Espagne : « L’Espagne nous vole ! » Ils ont, entre autres agissements, fait démissionner, en juillet 2017, Albert Batlle, chef de la police de Catalogne - Mossos d’Esquadra, parce qu’il désapprouvait leurs violations répétées de l’ordre institutionnel. Au point que les principaux syndicats de police catalans ont exprimé leurs inquiétudes et ont rappelé que la police devait être la police de tous les Catalans et non seulement des séparatistes. Bref, on pourrait en écrire encore des pages et des pages à charge de quelques leaders séparatistes / indépendantistes - à ce stade, c’est du pareil au même. Toutefois, ce qui a de quoi inquiéter c’est quand sous nos propres latitudes certains se mettent à rêver d’une Catalogne indépendante comme par caprice ou par ennui. On est trop confortable. Il faut croire qu’il ne se passe pas suffisamment d’agitations et de troubles en Europe. Et pour d’autres encore, de citer Denis de Rougemont ou encore de comparer avec la création du Canton du Jura. Alors devrions-nous nous rappeler qu’en Catalogne il y a aujourd’hui une population qui devient viscéralement divisée. Plus de sept millions de gens qui se livreront peut-être demain une guerre civile avec toutes ses horreurs. Et qu’à aucun moment le philosophe, professeur et grand penseur du fédéralisme européen Denis de Rougemont n’a encouragé l’antagonisme violent. Le citer sur la crise catalane actuelle c’est dévoyer son héritage. Quand le premier coup de feu aura été tiré entre deux membres d’une même famille, il sera trop tard. Les théories sur l’homme nouveau de Jean-Jacques Rousseau ont été ainsi utilisées à mauvais escient lors du régime de la terreur de Robespierre ou encore sous le joug nazi. Bon dieu, cela fait quarante ans que la dictature est morte en Espagne. Il faut redescendre sur terre. Pour ce qui est de la comparaison avec la création du Canton du Jura, il est utile de rappeler que les frontières de la Suisse n’étaient pas remises en cause. C’est donc incomparable. Ensuite, que la population du Canton de Berne a été appelée aux urnes avant que l’autodétermination jurassienne ne soit rendue possible. Eh oui des règles censées assurer la cohésion et le bien commun existent et tout le monde est gagnant à ce qu’elles soient respectées. Que cela plaise ou non à quelques apprentis sorciers, la patrie de Joan Miró n’est pas indépendantiste et elle demeure aujourd’hui encore attachée à la richesse de la double culture. Elle aspire à demeurer en paix. Elle partage nos mêmes préoccupations : avoir un job et vivre ! En aucun cas, elle ne souhaite devenir un laboratoire de la division !