10/10/2018

Barcelone, l’hispanité sera un jalon de cohésion sociale.

F2F70879-597D-4F3E-AAF8-D174D27ADC95.jpegFM : Javier Megino, vous êtes en charge de la communication pour la fête de l’Hispanida - fête nationale espagnole - à Barcelone ce vendredi 12 octobre. On nous annonce un événement national grandiose. Comment est-il financé ?
 
Javier Megino : À la différence des événements organisés par les indépendantistes qui bénéficient d’un large soutien financier avec l’argent public de la part de la Generalitat - le gouvernement régional - nous sommes obligés de nous financer par le biais de particuliers et d’entreprises privées. On peut dire, dans ce cas, que le privé se substitue à l’autorité locale devenue trop politisée.
 
D5F45E84-7094-4FC0-A2DD-F685D8087889.jpegFM : Le climat depuis la tentative de référendum illégal du 1er octobre 2017 s’est dégradé. Qu’est-ce qu’on attend d’un tel événement ? Une incitation touristique ? Une invitation à l’unité ?
 
Javier Megino : C’est certain. L’ambiance n’a pas cessé de se péjorer depuis une année. Il y a eu une montée manifeste de la violence dans nos rues qui sont le faits d’individus qui se prétendent séparatistes et bouleversent l’ordre juridique. Pour autant, cette fête nationale de l’Hispanidad devrait resserrer les liens entre tous les acteurs de la ville et de la région qui sont soucieux du bien vivre ensemble. Si nous n’attendons pas de répercussions positives sur le tourisme qui souffre cette année en raison de l’instabilité que nous connaissons, nous espérons un fort mouvement d’unité nationale. Il ne peut être que propice au milieu des affaires qui lui aussi a été secoué. Nous attendons également beaucoup de visiteurs d’autres régions d’Espagne et d’autres régions du monde notamment de toute l’Amérique latine. Autant de bonnes perspectives pour l’économie locale qui a souffert de beaucoup de départs d’entreprises. 
 
255380EA-6BE9-4B8B-9E53-943C71E2EEE8.jpegFM : Par votre fonction, vous êtes en contact avec le milieu économique de Barcelone. À ce propos, nous recevons des indications contradictoires selon la source d’information qu’elle soit issue de la presse généraliste, spécialisée ou de statistiques. Comment a évolué l’économie à Barcelone au cours de cette année d’instabilité politique et sécuritaire ?
 
Javier Megino : Barcelone est une grande capitale espagnole, européenne et mondiale.  Malheureusement, avec une municipalité trop complaisante avec les mouvements séparatistes dont certains sont mêmes insurrectionnels notre ville a vu son aura être déclassé au niveau régional.  L’échelon politique est totalement irresponsable. La sécurité du droit et la stabilité juridique sont, tout le monde le sait, obligatoires pour l’attrait économique d’une grande ville comme Barcelone. Là aussi c’est l’économie privée et la société civile qui doivent se mobiliser et œuvrer pour corriger les manquements et le clientélisme d’un appareil séparatiste qui a gangrené nos institutions. Plus que jamais, le dialogue continu entre société civile et économie privée est primordial pour sauver ce qui peut l’être. Dans cette constellation, une fête nationale qui est organisée cette année de manière que cela soit la plus belle et la plus réussie depuis longtemps est un jalon significatif et explicite pour les milieux économiques.
 
B42CC547-3C9B-40EC-B95D-3CFAAD7A5900.jpegFM : Vu ce qui précède, quelles sont, selon vous les perspectives de l’autonomie catalane pour les mois venir ? 
 
Javier Megino : Nous sommes condamnés à reprendre les choses en mains. C’est-à-dire, à défendre d’État de droit. L’application d’un nouvel article 155 comme le prévoit notre Constitution qui du reste est largement inspirée de la Constitution suisse de manière plus énergique et plus profonde est souhaitable. L'Espagne est un pays sérieux. Et je comprends la perplexité qui peut naître chez nos voisins et nous partenaires européens. Nous payons le prix aujourd’hui d’un non respect constitutionnel. C’est un cas qui ne manquera pas de rester dans anales en Europe. Quand on devient laxiste dans l’application du droit et que l’émotionnel prime sur le légalisme on va droit dans le mur. Sans un État fort, il est peu probable que nos perspectives économiques s’améliorent ces prochains mois. Plus que jamais, cette fête nationale du 12 octobre 2018, à Barcelone, sera belle et un phare dans la nuit.