21/02/2019

Carmen, catalane, espagnole et femme d’exception !

F9C66A90-6331-4C88-8C9C-900797FEED52.jpegFM : Carmen Sierra Grande, vous êtes née à Ávila et vous vivez dans l’autonomie catalane depuis soixante ans. Vous avez quatre grands enfants - dont trois sont nés à Barcelone et une à Grenade. Ce qui vous donne la joie d’avoir sept petits enfants. Pourtant, comme vous n’êtes pas née vous-même en Catalogne et malgré le fait que vous y habitiez depuis votre jeune âge, un certain Carles Puigdemont, aujourd’hui fugitif  en Belgique, vous différencierait des Catalans nés dans l’autonomie. C’est ce qu’il a fait au lendemain des attentats du 17 août 2017, à la Rambla, en nommant les victimes décédées.
 
Carmen Sierra Grande : Malheureusement, c’est le suprémacisme ambiant qui traverse aujourd’hui notre population catalane qui compte sept millions et demie d’habitants dans lesquels on évalue le poids du courant indépendantiste à deux millions d’âmes. Je dirai même moins. Comme c’est de là que vient toute l’agitation, on a l’impression que les indépendantistes sont majoritaires puisque les autres on ne les entend pas. 
 
984CC19C-2685-4B8E-8162-B1ED12A4317E.jpegFM : Vous êtes responsable du Grupo Barcelona de l’associa Catalunya peuple d’Espagne qui a son siège en Suisse. A quoi cela consiste ? 
 
Carmen Sierra Grande : L’association Catalunya peuple d’Espagne (CPDE) qui est basée à Lausanne a pour objectif de prévenir la montée du nationalisme et du suprémacisme dans l’autonomie catalane et en Europe. Elle porte également la voix des très nombreux Catalans qui se sentent aussi bien espagnols et que nos médias traditionnels peinent à entendre. Elle s’articule autour de zones géographiques en Espagne et en Europe et de groupes thématiques qui concernent les investigations dédiées à des autorités nationales  comme supranacionales tels que l’UNESCO, l’UEFA, INTERPOL ou encore le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève. Pour ma part, comme responsable du Groupe Barcelone (Grupo Barcelona) je recrute dans la cité de Gaudi - nous sommes tous des volontaires, même si nous travaillons d’arrache pied - et je supervise les actions, opérations et autres rendez-vous de mes camarades de CDPE à Barcelone. Par exemple, quand l’un de nos membres vient faire des interviews, photos et vidéos, il m’en informe. 
 
8749D752-938E-46BB-AA1C-A3DBDBC506A6.jpegFM : En dehors de vos responsabilités avec Catalunya peuple d’Espagne, vous participez activement aux activités d’une brigade de volontaires de nettoyage (limpieza de los lazos). Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
 
Carmen Sierra Grande : Depuis octobre 2017, toutes les semaines, par n’importe quel temps, je sors deux nuits, en brigade, pour nettoyer la voie publique de tout élément de marquage politique. Il est question de rubans adhésifs jaunes, de banderoles, de drapeaux indépendantistes (l’Estelada, celui qui n’est pas légal), etc En ville de Barcelone comme sur toute la Costa Brava. Celles et ceux qui les mettent le font généralement de jour, avec la complicité voire la bienveillance d’autorités locales. Nous on sort de nuit et le visage dissimulé pour ne pas être ni harcelés, agressés ni battus. J’ai moi-même fait l’objet d’une agression physique. Nous avons déposé plainte pénale et nous sommes sur le point de gagner. L’appareil séparatiste catalan ne respecte rien. Ce sont des dizaines de tonnes de plastiques jaunes qui ont déjà été versées sur la Catalogne. Avec un risque écologique important que nous avons du reste dénoncé à l’UNESCO. C’est une manière illégale pour les indépendantistes de s’approprier le domaine public. Comme ils le font également avec les stades de foot. C’est un non respect total du vivre ensemble. Ce qui est révoltant est la passivité des autorités qui ne font pas respecter les sentences municipales. Partout dans le monde, l’usage de la voie publique est réglementé. Est-ce que la Catalogne serait-elle devenue le tiers-monde ? 
 
535BFE00-9D81-4A3A-BD73-0E4667757F3B.jpegFM : Carmen Sierra Grande, quel est votre message pour les jeunes ? 
 
Carmen Sierra Grande : Apprenez à penser par vous-même. Cessez de vous laisser endoctriner par des criminels qui vous utilisent sans aucun scrupule et qui n’ont aucun projet d’avenir à vous proposer. Leur unique préoccupation étant d’échapper à la justice par la voie de la sédition. 
 
FM : Carmen, et la sortie de crise ? Comment la voyez-vous ? 
 
Carmen Sierra Grande : Je la vois difficile mais pas impossible. Il est urgent de rétablir
l’État de droit en Catalogne et de reprendre en main l’éducation. C’est sur les bancs d’école qu’on a durant des générations inculqué la victimisation, le mensonge, la haine de l’autre, la discrimination. Ceux qui ont fait ça sont criminels. Il n’y a pas de mot assez forts pour les qualifier. Ce sont nos jeunes qu’ils ont contaminés. Hors une société qui condamne ses jeunes à la désolation n’a aucun avenir ! 

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