13/09/2019

Crise catalane : Lettre ouverte à Yannick Buttet

FF9C0991-6C6F-4FE0-AD9F-557C8BC00A49.jpegPréambule 

Avant de découvrir la lettre ouverte écrite par Angel Carillo, citoyen genevois, rappelons que le conseiller national Yannick Buttet a déposé, en date du 7 juin 2017, une interpellation no 17.3397 à l’intention du Conseil fédéral. Cette intervention qui a été classée sans suite s’est faite sous l’influence du lobbyiste séparatiste catalan Diplocat. Ce qui a de quoi inquiéter. Quand on sait que l’une des principales activités de Diplocat est le trafic d’influences. Cela inquiète aussi parce qu’en plus d’avoir présenté un texte orienté à la faveur d’un mouvement insurrectionnel, délinquant et non démocratique, on voit les failles de notre système qui peut être pénétré et influencé par des éléments étrangers qui ne partagent de loin pas notre conception de la démocratie. Sa vision est totalitaire. Tout ce qui est écrit dans ce blog relève de sources ouvertes au public. Aucun jugement de valeur n’est émis à l’endroit de l’élu valaisan Buttet.

FM

——

Cher Monsieur,

Voici de quoi éclairer votre intellect. 

Genève, le 7.09.2019
BUTTET Yannick www.parlament.ch


Il y a un peu plus de deux ans, vous avez interpellé notre Conseil fédéral pour l’informer que la Présidente du Parlement catalan Carmen Forcadell était poursuivie pénalement pour avoir autorisé la tenue d'un débat parlementaire. On vous avait alors donné tort.


Aujourd’hui, c’est Quim Torra, qui va être jugé pour désobéissance. Le parquet réclame 20 mois d’inéligibilité à son encontre. ( LE SOIR .be) mis en ligne le 12.07.2019. 

Pour éviter que vous fassiez la même erreur qu’en 2017, voici quelques éléments d’information.
Le président indépendantiste de l’autonomie va être jugé pour désobéissance. Pour avoir refusé de retirer des symboles politiques d'édifices publics.
Le tribunal supérieur de justice de Catalogne, la plus haute instance judiciaire de la région du nord-est de l’Espagne, a indiqué avoir ordonné l’ouverture d’un procès contre Quim Torra «pour un délit de désobéissance». La date du procès doit encore être communiquée.
Le parquet réclame 20 mois d’inéligibilité à son encontre. Une telle condamnation l’empêcherait de rester président de l’autonomie catalane.
Dans une interview au média Publico, le président catalan affirme que cette ouverture de procès «est la constatation d’une volonté politique de gagner avec les tribunaux ce que l’Etat ne gagne pas dans les urnes».
«Oui, j’ai désobéi», reconnaît Quim Torra, justifiant cette désobéissance au nom de la «liberté d’expression». «Chaque droit qu’ils nous refusent, nous l’exercerons à nouveau», promet-il.
La liberté d'exprésion doit / peut tout justifier...?

L’affaire remonte à mars dernier. L’autorité électorale espagnole avait alors ordonné à Quim Torra de retirer les symboles indépendantistes des édifices publics de la région afin de garantir la neutralité institutionnelle durant la campagne des élections législatives de la fin avril. Rappelons que celles-ci avaient vu les partis constitutionnalistes emporter 61% des suffrages. Ce qui ébranle quelque peu votre posture de soutien aux leaders séparatistes.
En Suisse personne aurait l'idée d'aller contre la Constitution, pas vrai ?
La Constitution se respecte et si cela ne se fait pas, IL Y A LES TRIBUNAUX tout comme en Espagne...!
Quoi d’étonnant donc que l'Espagne, face au non respect de sa Constitution, fasse appel aux tribunaux ?

Je suis encore surpris de votre démarche passée avec des arguments fallacieux. Vous qui devriez être, réfléchi, prudent et sûr de ce que vous avancez. De quoi vous rappeler les devoirs de précaution et de réciprocité d’un élu représentant nos institutions comme nos valeurs.

UN RÉFÉRENDUM INCONSTITUTIONNEL DONC ILLÉGAL ET MANIPULÉ 

... un fameux premier octobre 2017...


• Des urnes venant de Perpignan étaient déjà remplies bulletins de votes.
• Un accident fortuit mis à jour cette manœuvre indépendantiste et le monde entier
vit aux nouvelles cet état de faits.
• Des témoins affirment avoir voté jusqu'à six fois. D’autres on voté sans aucune vérification.
Pour mémoire il faut rappeler que ledit Référendum était inconstitutionnel, donc illégal.

Type d’élection
référendum
(« oui »/« non »)


Référendum illégal sur l'indépendance de la Catalogne.
1er octobre 2017, les résultats :

Population : 7 522 596

Corps électoral : 5 340 000

Votants : 2 305 936 

Votes exprimés : 2 286 217 (42,38%)

Votes blancs : 44 913

Votes nuls : 19 719

J'espère, Cher Monsieur, vous avoir fourni la matière nécessaire pour une bonne rectification auprès des Chambres fédérales et des médias. Le ferez-vous ?

Cordialement

Angel Carrillo

09/09/2019

Deux ans après le coup d’État séparatiste en Catalogne, le point avec Nicolas Klein !

83922C57-508D-4A25-8405-B721D14F41B6.jpegFM : Que s’est-il précisément passé dans l’autonomie catalane les 6 et 7 septembre 2017?

Nicolas Klein :Les 6 et 7 septembre 2017, des faits d’une extraordinaire gravité se sont produits en Catalogne puisque le Parlement régional (Parlament) a voté, dans un contexte houleux, la Loi de Transition juridique et constitutive de la République catalane (Ley de Transitoriedad y Fundacional de la República Catalana). Ce texte de loi avait pour objectif d’assurer la soudure entre la légalité espagnole (principalement représentée par la Constitution de 1978) et l’hypothétique nouvelle structure juridique d’une République catalane indépendante. Elle devait en réalité préparer le référendum séparatiste illégal du 1er octobre suivant.

Ce texte et les conditions dans lesquelles il a été approuvé par la chambre régionale catalane posent de nombreux problèmes. En premier lieu, il a été voté en toute illégalité puisqu’il violait de nombreuses lois espagnoles ainsi que la Constitution du pays. Cela a été confirmé par la Cour constitutionnelle, laquelle a été saisie dès le 8 septembre 2017 par le Conseil d’État afin de se prononcer à ce sujet.

Par ailleurs, cette loi a été approuvée uniquement par les formations indépendantistes alors représentées au Parlament(Ensemble pour la Catalogne, Gauche républicaine de Catalogne et Candidature d’Unité populaire), puisque les partis constitutionnalistes (Citoyens, Parti des Socialistes catalans et Parti populaire) ont abandonné l’hémicycle pour protester contre le viol des droits de l’opposition. De son côté,Catalunya Sí que es Pot (« franchise locale » de Podemos) arefusé de l’approuver. Il faut dire qu’à l’époque, le Parlement régional a été fermé arbitrairement par le président de la Généralité, Carles Puigdemont, durant de longues semaines afin d’éviter tout débat et de museler les formations « unionistes ».

Notons également que le vote de cette loi préjugeait du résultat du référendum illégal du 1er octobre, comme si la Généralité de Catalogne avait décidé par avance que le corps électoral se prononcerait dans sa majorité (c’est-à-dire pour plus de 50 % des électeurs inscrits) en faveur de la sécession d’avec le reste de l’Espagne. Il existe un type de régime où les résultats des élections et votations sont connus par avance – et ce n’est pas précisément la démocratie…

Enfin, cette Loi de Transition posait d’énormes problèmes de légitimité démocratique (que faire de la majeure partie de la population catalane, qui n’a jamais voté pour l’indépendance de la communauté autonome ?) et de traitement des opposants, voire des droits fondamentaux des Catalans en général. En effet, elle prévoyait notamment de placer le pouvoir judiciaire directement sous le contrôle du nouveau gouvernement de cette « république indépendante » (et les séparatistes osent ensuite remettre en doute la séparation des pouvoirs en Espagne) ; de retirer la citoyenneté catalane à tous les gardes civils ou militaires catalans qui avaient auparavant servi dans les forces de l’ordre ou l’armée espagnole, etc.

 
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La photo ci-contre illustre comment Carles Puigdemont se ventait de collectionner cinq sentences du Tribunal Constitutionnel lui intimant l’ordre de ne pas organiser le référendum illégal du 1 octobre 2017. 
 
FM: Peut-on parler d’un coup d’État et, si oui, était-il prémédité ?

Nicolas Klein : On peut clairement parler de coup d’État. Avoir recours à l’armée ou à la violence physique n’est pas un prérequis pour perpétrer une semblable forfaiture. Il suffit de subvertir la loi depuis les plus hautes instances du pouvoir afin de renverser les institutions en vigueur et d’agir en toute illégalité pour modifier l’ordonnancement général du pays ou de la région que l’on gouverne. Et c’est précisément ce qui s’est passé il y a deux ans en Catalogne.

Outre le fait que les indépendantistes n’ont jamais hésité à recourir à la violence verbale, symbolique ou même physique contre les « unionistes » (les exemples sont légion à ce sujet), ils ont donc prémédité un véritable coup d’État qui doit être considéré comme tel.

 

FM : En Suisse, le Code pénal punit par une peine privative de liberté toute tentative de détachement par la violence d’une partie du territoire suisse d’avec la Confédération (article 265, crimes contre l’État et haute trahison). Peut-on établir, aujourd’hui, qu’il y a eu violence en 2017 dans l’autonomie catalane ?

Nicolas Klein : Oui, il y a eu violence en Catalogne en 2017. Cette violence est d’abord institutionnelle et elle a été exercée par les plus hautes autorités de la communauté autonome, comme je viens de l’expliquer. Elle a également été physique, puisque nombre d’unionistes, que ce soit cette année-là ou par la suite, ont été molestés ou agressés par des indépendantistes désireux d’en venir aux mains.

Mais il ne faut en aucun cas sous-estimer la portée et la gravité de la violence politique qui a été perpétrée entre septembre et octobre 2017 par la Généralité de Catalogne elle-même. Elle prétendait aller contre l’avis de la majorité des Catalans et contre la légalité d’une démocratie reconnue comme telle dans le monde entier mais également faire de nombreux Catalans des étrangers dans leur propre pays.

 

FM : Deux ans après et vu de l’extérieur, la justice semble faire son travail – heureusement qu’il y aparation des pouvoirs en Espagne. En revanche, le gouvernement central paraît incapable de saisir la gravité de la situation, comme si la progression du nouveau parti politique de droite, Vox, le préoccupait plus que les 7,5 millions d’habitants de la Catalogne. Qu’en pensez-vous ?

Nicolas Klein : Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), aujourd’hui au pouvoir en Espagne en la personne de Pedro Sánchez, est surtout préoccupé par la conservation du poste de président du gouvernement et serait prêt à bien des compromissions et alliances critiquables pour y parvenir. Par ailleurs, les sociaux-démocrates espagnols ne sont plus au clair depuis une quinzaine d’années concernant ce à quoi devrait ressembler l’Espagne en termes institutionnels et territoriaux. Cette crise idéologique a débuté avec José Luis Rodríguez Zapatero (chef de l’exécutif de 2004 à 2011) et se poursuit avec Pedro Sánchez.

De plus, pour garder le fauteuil de président du gouvernement, ce dernier est contraint de s’attirer les bonnes grâces de certains partis séparatistes, dont l’ERC, ce qui pourrait aboutir à l’annulation de la peine encourue par les prévenus du procès indépendantiste de 2019 – une prérogative que peut exercer seul le président du gouvernement.