14/01/2020

Séparatisme catalan : le point de la situation avec Nicolas Klein.

B10F01D7-78ED-4BB7-8370-6976D52E4142.jpegSéparatisme catalan : situation janvier 2019
 
Entretien exclusif avec Nicolas Klein, professeur, auteur et spécialiste de l’Espagne.  

FM : Monsieur Klein, alors que l’autonomie catalane pouvait débuter la nouvelle année en tournant la page de la tentative de coup d’État 2017
, on a l’impression que la situation générale s’est au contraire détériorée. Qu’en pensez-vous ?

Nicolas Klein : Je crois surtout que l’on a affaire à un pourrissement de la situation, avec une permanence au pouvoir, en Catalogne, de ceux qui ont soutenu et continuent de soutenir cette tentative de coup d’État et ne respectent pas les droits des « unionistes » de la communauté autonome. Par ailleurs, l’on a vu, au début du mois de janvier 2020, la confirmation à Madrid d’un exécutif socialiste prêt à transiger avec la Constitution espagnole de 1978 et avec la loi afin de se maintenir au palais de La Moncloa, ce qui ne peut pas contribuer à améliorer les choses.

Le refus du président de la Généralité, Joaquim Torra, de se démettre après la sentence du Tribunal supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) et de l’Assemblée électorale centrale de la communauté autonome (JEC) montre que le respect de la loi et des décisions des tribunaux reste optionnel dans cette autonomie, ce qui est pour le moins inquiétant.

FM :  Concernant Carles Puigdemont, comment peut-il siéger comme eurodéputé et au titre des sièges dont dispose l’Espagne au Parlement européen pour la représenter,lui qui a tenté de rompre son unité ?

Nicolas Klein : Aucune loi espagnole ou européenne ne l’empêchait de se présenter aux élections européennes de mai 2019 et il a donc profité de sa fuite en Belgique et de ce vide juridique pour se faire élire. C’est évidemment un paradoxe fâcheux mais c’est ainsi et, contrairement aux dirigeants catalans, les responsables espagnols respectent la légalité.

Carles Puigdemont et son compère au Parlement européen, Antoni Comín, doivent cependant être prudents car le mandat d’arrêt européen qui les concerne n’a pas été désactivé par le juge Pablo Llarena et les instances européennes pourraient très bien les destituer de leur immunité dans les prochaines semaines ou les prochains mois…

FM : Est-ce qu’il sera, un jour, jugé pour ses méfaits dans l’autonomie catalane ?

Nicolas Klein : On peut l’espérer mais le chemin risque encore d’être long jusqu’à ce moment, surtout en raison du manque de coopération des autorités judiciaires belges. S’il retourne en Espagne, en tout cas, rien ne dit que son immunité parlementaire le protègera.

FM : Le 14 octobre 2019 débutait l’opération dite Tsunami Demòcratic, finalisée à Genève le dernier week-endd’août selon les sources du quotidien suisse Le Temps. Est-elle vraiment pacifique ? Et son but n’est-il pas de saper le peu de résistance constitutionnaliste qu’il reste dans l’autonomie catalane ?

Nicolas Klein : Le pacifisme est une vieille antienne des séparatistes catalans mais la réalité correspond rarement à ce vœu pieux.

Les actions de Tsunami Demòcratic, de l’Assemblée nationale catalane (ANC), des Comités de Défense de la République (CDR) et de bien d’autres organisations sécessionnistes se font souvent à la limite de la légalité, voire en marge de cette dernière, et leurs manifestations « coup de poing » se déroulent assez fréquemment contre les « unionistes » de Catalogne (dégradation de logements et de commerces, agressions physiques, insultes, propos xénophobes, etc.)

Commentaires

En España confiamos en que pronto se impondrá la ley y que estos señores huidos, Puigdemont y Comin, serán extraditados a España y juzgados.
María Salinas

Écrit par : María Salinas | 14/01/2020

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