21/03/2021

Les budgets de la défense ont encore de beaux jours

437EDC61-CD61-40D1-9BF3-EB7C9A54FC48.jpeg(1) Retour en force des États. Comme dans toute crise sécuritaire - conflit armé, violence politique, pandémie -, les États voient leur rôle renforcé, y compris dans les démocraties les plus libérales.
À court et moyen terme (1-2 ans), tous les gouvernements, qu’ils soient autoritaires ou non, chercheront à assurer la sécurité de leurs populations, y compris par des mesures susceptibles de remettre en cause certaines libertés individuelles. Comme le succès actuels proposés par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) le montre bien, un accroissement du rôle de l’Etat dans l’économie ne signifie pas la défaite des grands acteurs privés, en premier lieu ceux du numérique qui ont tiré profit du confinement et de la généralisation du télétravail, de la télé médecine ou de la télé éducation. Il est probable que, comme à la suite des attentats du 11 septembre, les populations acceptent dans leur majorité des atteintes significatives à leurs libertés . Et dans l’éventualité d’une résurgence du djihadisme, une sorte « d’état d’urgence permanent » pourrait même s’installer et s’inspirer du cas israélien.

Politique de puissance et risques de dérapage

62426A7D-93D0-4937-A1B4-4611DF72898F.jpegTous les États ont dû faire appel à leurs forces de sécurité et en particulier à leurs forces armées pour faire face à une situation d’urgence. Partout, les militaires ont dû se protéger contre le virus et continuer à s’entraîner pour, le cas échéant, démontrer à n’importe quel adversaire leurs capacités. Au plus fort de la pandémie, cela s’est traduit par une augmentation du nombre d’exercices et de démonstrations de force.
Certains acteurs ont ainsi profité de la concentration de la Communauté internationale sur la pandémie et de la réduction de la capacité d’intervention des grands États pour avancer leurs pions, que ce soit en Méditerranée orientale, en Libye ou encore en mer de Chine méridionale. Fin avril 2020 et en pleine pandémie, les dernières données sur les dépenses militaires mondiales ont été publiées (2).
Leur total s’élevait pour 2019 à 1917 milliards de dollars ! Soit une augmentation annuelle de 3,6% par rapport à l’année précédente. C’est la plus forte augmentation depuis 2010. Cinq États à eux-seuls concentrent 62% des dépenses : les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie et l’Arabie saoudite. Pour la première fois, deux États asiatiques figurent dans le tiercé de tête. Ce qui peut également être significatif d’une certaine vigueur économique. En Europe et contrairement aux idées reçues, les dépenses militaires de l’Allemagne ont augmenté de 10%, pour atteindre plus de 49 milliards de dollars. Notons qu’il est question de la première puissance économique de l’Union européenne (UE).


1) Reproduction partielle et adaptation d’un texte du Service de renseignement militaire (SRM) de l’Armée suisse publié dans la Revue Militaire Suisse (RMS), Numéro 06, 2020

2) SIPRI, Military Expenditure Database : https://www.sipri.org/databases/milex (lien actuel)