07/04/2021

L'impôt qui n'a pas été perçu est perdu à jamais.

Il est indéniable que nous avons mangé notre pain blanc. Les conditions économiques vont considérablement se durcir et ce à tout niveaux. Aussi, il est regrettable de constater la somme d'impôts qui n'a pas été perçue au cours de la décennie d'exemption spéciale autorisée par l'Arrêté Bonny. Notons que notre canton en a usé et abusé. De Vale à St-Prex (VD) à Yahoo à Rolle (VD) en passant par Monsanto à Morges, ce sont des dizaines d'entreprises - multinationales - qui ont bénéficié de la franchise d'impôt. Pourtant, entre payer rien du tout, payer 7% d'impôts comme cette PME lausannoise active dans le négoce des matières premières au Brésil et 22% comme la plupart des commerçants locaux qui triment au quotidien et parce qu´ils sont du cru et qu'ils seront encore là demain, il y a un spectre de possibilités que l'Etat de Vaud ne semble pas avoir exploité. Ces multinationales ont certes créé des emplois. Mais elles ont également engendrés des coûts d'infrastructure considérables. Il est utile de rappeler que ceux-ci prennent, pour le moins, vingt ans à être amortis. Soit bien plus longtemps que la durée moyenne escomptées de ces entreprises dans notre pays. Notre région qui bénéficie de conditions cadre tout azimuts qui sont exceptionnelles au monde ne s'est pas faite en un jour. Et la multinationale qui n'est venue s'installer sur nos terres que pour des considérations fiscales n'aurait pas du être accueillie. La gratuité n'a jamais été synonyme d´évolution économique ni de prospérité. Que l'on arrête de nous bassiner comme le fait encore, récemment, Pierre-Gabriel Bieri du Centre Patronal : "lorsqu´on évoque les sociétés bénéficiant de statuts fiscaux privilégiés, il faut se souvenir du rôle qu'elles jouent en matière de recettes fiscales, de valeur ajoutée et d'emplois."

Des milliers d'entreprises remplissent en Suisse ces fonctions clé. Beaucoup le font depuis plusieurs générations et toutes en s'acquittant convenablement de l'impôt.

 

Gottlieb Duttweiler un vrai libéral

Gottlieb.jpgA l'heure où la notion de libéralisme est trop souvent galvaudée par une poignée de "managers mercenaires" qui pensent avant toute chose à leurs bonus et autres doctrinaires, il est de bon ton de se rappeler qui était le fondateur de l'une des plus grandes et prospères entreprises du pays... la Migros.

Le libéral suisse Gottlieb Duttweiler - un vrai constructeur de ponts - vit le jour à Zurich, le 15 août 1888. Il fonda la Migros, avec cinq camions de vente Ford T, le 25 août 1925. Ses véhicules transportaient dans les quartiers les produits de base tels que le café, le riz, le sucre, les pâtes, la graisse de coco et le savon. Pionnier et visionnaire, Gottlieb "Dutti" Duttweiler avait décidé de révolutionner le commerce des denrées alimentaires. Témoin de la faillite de son père, en mal avec les banques, Dutti avait décidé de se passer de ces dernières et reçu l'appui financier des Femmes radicales de Zurich. Il ne cessa de développer son entreprise Migros et si au départ il fut la bête noire des partis politiques, des industriels et des syndicalistes, il pu rapidement s'appuyer sur les ménagères qui intuitivement ont reconnu la Migros comme leur alliée. Cette entreprise accessible qui proposait simplement des produits de bonne qualité à bon marché.

"Dans le monde moderne, le succès appartiendra à ceux qui sauront construire un univers d'idées autour de leur entreprise"

L'homme entrepreneur, libéral et humaniste est régulièrement honoré pour son génie commercial, sa persévérance, sa combativité, son audace et son sens aigu de la responsabilité sociale. C'est ainsi qu'en 1940, Duttweiler fait cadeau de l'oeuvre de sa vie au peuple suisse en faisant de la Migros une coopérative.

Sur le plan politique, Dutti crée le journal Die Tat, met sur pied le parti Alliance des Indépendants et est élu au Conseil national (1935). Homme de conviction ne souffrant pas le compromis, il s'en retire en 1940 en réaction à un discours du Conseiller fédéral Marcel Pilet-Golaz qui souhaitait se rapprocher de l'Allemagne nazie. Mais, Dutti sera réélu en 1943.

Le 8 juin 1962, Gottlieb Duttweiler décède. Ses funérailles, qui ont lieu à l'église Fraumünster à Zurich, sont retransmises dans trois autres églises.

On lui attribue également la création de l'hebdomadaire "Brückenbauer" - aujourd'hui Migros Magazine - le premier magasin libre-service de Suisse, le pourcentage culturel de la Migros, en 1957, une première mondiale, le refus de la vente d'alcool et de tabac et la formation pour tous.

MERCI Dutti !

Faut-il subventionner la presse ?

8AAFC795-232C-42A2-8141-97FDB367A50D.jpeg*La question est revenue cette semaine, suite aux nouvelles manœuvres de rachats de médias par d’autres. La réponse est bien entendu non. À contrario de l’agriculture - secteur stratégique par excellence - et de l’autonomie de notre pays à nourrir sa population en cas de crise, la presse est un produit de consommation comme un autre. Qui doit entreprendre et vivre ses remises en question et ses restructurations. Comme l’ensemble des activités économiques, par ailleurs. La subventionner avec les deniers publics directement ou indirectement ce serait abuser du contribuable mais aussi assoir certains de nos rédacteurs en chef et journalistes dans un oreiller de paresse. À se scléroser et pour certains à continuer à ne pas vouloir entendre. Ne pas vouloir entendre que comme faiseurs d’opinions ils doivent être à l’écoute et au service du lecteur et non le contraire. Que des journalistes moralistes ou qui s’autorisent à penser ce que la masse devrait penser on en veut pas. Que des placeurs de produit ou des rédacteurs en chef en quête de vedettariat encore moins. De la presse qui noircit du papier sur de la polémique, du scoop, en communiquant des émotions au lieu d’informer... très peu pour nous. Quand aux cris d’alarme du principal syndicat des médias qu’est Syndicom sur l’atteinte à la diversité de la presse qui serait le préalable à une information riche, utile et objective... que ni ni. Dix journaux qui utilisent les mêmes sources, qui font du copier / coller et qui pour rester dans la meute traitent de la même actualité et avec les mêmes angles offrent moins que deux seuls journaux qui font du vrai travail d’investigation et qui ne se sont pas éloignés de la Charte de Munich - pierre angulaire du journalisme - à savoir la recherche de la vérité !

*Publié le 20 avril 2018 dans « Les Libéraux. »