30/07/2014

L'éducation est garante de notre système libéral !

education,libéralisme,esprit libéral,compétitivité,françois meylanUne bonne instruction est garante de notre compétitivité.

C’est la base. Surtout pour une économie qui ne peut s’appuyer sur des gisements de matières premières.

Les études montrent que les coûts résultant d’une formation insuffisante en termes de perte de croissance sont énormes. Les mêmes études démontrent que l’argent et les ressources ne manquent pas dans notre pays et dans le domaine. Encore faut-il commencer tôt et optimiser l’allocation. Le rendement des investissements dans l’éducation a tendance à diminuer avec l’âge. Aussi, le retour le plus élevé des deniers publics se trouve dans la petite enfance. Pour cela, des experts préconisent un transfert des dépenses publiques de la phase tardive à la phase précoce du cycle éducatif. L’emploi des moyens seraient ainsi plus efficace et plus juste.

 

Pour le Prix Nobel d’économie James J. Heckman, ce qui se passe avant la scolarité est décisif pour réussir sa vie d’adulte. Dans le magazine « Bulletin » 4/2013 du Crédit Suisse, il se base sur le nombre de mots constituant l’environnement de l’enfant âgé de moins de trois ans. Le nombre est de 500 en moyenne dans les familles bénéficiant d’aides sociales, 700 pour les familles d’ouvriers et de 1100 dans celles d’actifs qualifiés. Pour le Prix Nobel, ce sont des différences qui seront très difficiles à combler plus tard.

 

L’environnement observé étant celui des Etats-Unis, une classe inférieure se développe car les premières années des enfants sont négligées.

 

Mais ne négligeons pas non plus qu’il est également démontré que la formation continue après l’âge de cinquante ans est devenue un passage obligé qui profite à la fois aux collaborateurs qu’aux employeurs.

 

Et, James J. Heckman d’ajouter : « Pour devenir un adulte autonome, on doit être capable d’exprimer ses opinions et de remettre l’autorité en question. »

 

On arrive ainsi à l’esprit même du libéralisme. Ce n’est que dans la remise en question de ce que nous croyons savoir que nous bâtissons et créons à nouveau. Ce qui a marché hier ne marchera pas forcément aujourd’hui et encore moins demain.

 

D’autre part, quand les « mangers mercenaires » de la mondialisation ne retiennent de leurs091_001.jpg passages en Business School que le désarmement douanier, les délocalisations et les emplacements des zones franches - le tout une perspective néolibérale à court terme - un contre pouvoir devient indispensable. L’esprit libéral ne peut être que bien éduqué. Face aux dévoiements d'un capitalisme de prédation et aux compromissions du couple « économie – pouvoir », instruisons et éduquons nos enfants dès leur plus jeune âge. Encourageons la curiosité, l'esprit critique et la contestation. Notre économie et notre compétitivité seront gagnantes.

 

02/07/2014

La "droite" de notre pays devrait redevenir courageusement libérale.

1157643_507358836025129_1196692475_n.jpgRégulièrement, les économistes se penchent sur une thématique récurrente de la réflexion libérale : Quelles sont les limites de l’Etat ?

 

Voir l’ouvrage de Hans Adam II : « l’Etat au troisième millénaire ». Un consensus semble se dessiner à travers l’Europe – y compris la Suisse – comme quoi les secteurs publics sont surdimensionnés. Il y est décrié la non remise en question des dépenses en augmentation dans le système de formation ou encore le subventionnement du secteur inefficient de l’énergie renouvelable. Pour l’économiste Michael von Prollius, les dépenses légitimes de l’Etat devraient se limiter aux fonctions de sécurité. Des domaines tels que le social, la culture, les transports, les infrastructures devraient être du ressort de la société civile et du marché.

 

Il est toutefois regrettable qu'aucun de ces « courageux » apôtres de la pensée libérale ne protestent contre entorses faites allègrement à la pensée libérale.

 

Relevons trois atteintes graves à l'essence du libéralisme : 

 

1)    Les dispositions « too big to faill » d’automne 2011 ancrées dans la Loi fédérale sur les banques et les caisses d’épargne qui, en substance, prévoient que la Confédération – c’est-à-dire nous la collectivité – vienne au secours de nos deux grandes banques UBS et CS Group. Force est de reconnaître qu’il n’y a rien de libéral dans cette vision de la gestion du risque. On invite ces acteurs financiers majeurs à mutualiser les pertes sur notre dos quand cela va mal voire très mal alors qu’en période de beau temps les profits sont privatisés. Contrairement à la pureté de la pensée libérale, les risques liés à la liberté d’entreprendre ne sont pas assumés. De plus, la "too big to faill" contrevient clairement à la LCD (Loi fédérale contre la concurrence déloyale).

 

2)    La « livraison » - trahison – des coordonnées de nos employés de banque, le plus souvent à leur insu, au profit d'administrations étrangères va à l’encontre même des notions de loyauté et de la liberté de commerce qui constituent le socle même du système libéral. Sans même s’attarder sur des considérations éthiques… parce que là le qualificatif « dégueulasse » serait de rigueur.

 

3)    La déduction fiscale des amendes des banques est une autre hérésie « helvético – libérale ». Il est demandé à la collectivité d’absorber des baisses de rentrées d’impôts significatives pour soulager les quelques banques qui ont fauté dans leurs activités transfrontalières. Le terme « fauter » est bien complaisant puisque dans une multitude de cas nous nous trouvons confrontés à des affaires pénales.

 

Défendre l’esprit libéral, la liberté d’entreprendre et la liberté de contracter c’est aussi et même surtout s’insurger contre ces dévoiements de la responsabilité individuelle innée à l’esprit libéral.

 

12/03/2014

Gottlieb Duttweiler un vrai libéral

Gottlieb.jpgA l'heure où la notion de libéralisme est trop souvent galvaudée par une poignée de "managers mercenaires" qui pensent avant toute chose à leurs bonus et autres doctrinaires, il est de bon ton de se rappeler qui était le fondateur de l'une des plus grandes et prospères entreprises du pays... la Migros.

Le libéral suisse Gottlieb Duttweiler - un vrai constructeur de ponts - vit le jour à Zurich, le 15 août 1888. Il fonda la Migros, avec cinq camions de vente Ford T, le 25 août 1925. Ses véhicules transportaient dans les quartiers les produits de base tels que le café, le riz, le sucre, les pâtes, la graisse de coco et le savon. Pionnier et visionnaire, Gottlieb "Dutti" Duttweiler avait décidé de révolutionner le commerce des denrées alimentaires. Témoin de la faillite de son père, en mal avec les banques, Dutti avait décidé de se passer de ces dernières et reçu l'appui financier des Femmes radicales de Zurich. Il ne cessa de développer son entreprise Migros et si au départ il fut la bête noire des partis politiques, des industriels et des syndicalistes, il pu rapidement s'appuyer sur les ménagères qui intuitivement ont reconnu la Migros comme leur alliée. Cette entreprise accessible qui proposait simplement des produits de bonne qualité à bon marché.

"Dans le monde moderne, le succès appartiendra à ceux qui sauront construire un univers d'idées autour de leur entreprise"

L'homme entrepreneur, libéral et humaniste est régulièrement honoré pour son génie commercial, sa persévérance, sa combativité, son audace et son sens aigu de la responsabilité sociale. C'est ainsi qu'en 1940, Duttweiler fait cadeau de l'oeuvre de sa vie au peuple suisse en faisant de la Migros une coopérative.

Sur le plan politique, Dutti crée le journal Die Tat, met sur pied le parti Alliance des Indépendants et est élu au Conseil national (1935). Homme de conviction ne souffrant pas le compromis, il s'en retire en 1940 en réaction à un discours du Conseiller fédéral Marcel Pilet-Golaz qui souhaitait se rapprocher de l'Allemagne nazie. Mais, Dutti sera réélu en 1943.

Le 8 juin 1962, Gottlieb Duttweiler décède. Ses funérailles, qui ont lieu à l'église Fraumünster à Zurich, sont retransmises dans trois autres églises.

On lui attribue également la création de l'hebdomadaire "Brückenbauer" - aujourd'hui Migros Magazine - le premier magasin libre-service de Suisse, le pourcentage culturel de la Migros, en 1957, une première mondiale, le refus de la vente d'alcool et de tabac et la formation pour tous.

MERCI Dutti !