27/06/2013

Vers une Armée plus "light" mais efficace

photo (1).JPGLe Conseil fédéral a mis en consultation jusqu'au 17 octobre, sa proposition de réformes au sujet de la grande muette. Ainsi l'effectif doit passer de 180'000 à 100'000. Le texte prévoit également de réduire le nombre d'école de recrues de trois à deux par an. Sur ce point, on fait un retour à ce qui s'est longtemps traditionnellement fait soit l'Ecole de recrue (ER) d'hiver et celle d'été.

Une nouveauté très appréciée et appelée des veux de tous depuis longtemps est la réduction des cours de répétition. Ils dureront 13 jours au lieu des 20 actuellement.

Dans ce sens, chaque militaire devra en accomplir six, pour un total de 225 jours, au lieu de 260 aujourd'hui.

C'est une évolution réjouissante dans un pays de la taille du nôtre. On s'est souvent plaint qu'on courrait pour attendre à l'armée.

En réduisant la durée disponible pour accomplir un service de qualité et une satisfaction partagée, on adopte un rythme plus dynamique et on apprend à redéfinir les priorités.

Le concept de sécurité globale ne peut qu'en ressortir plus fort et plus ancré.

20/06/2013

Même sans Lex USA, le mal est fait

Texte publié dans le "24 heures" du 20 juin 2013, sous la rubrique "Réflexion".

24heures.jpgMalgré l’échec de la Lex USA devant le parlement, le mal est fait. De toute évidence, le droit suisse sera violé une fois de plus. Entre les lois de notre petit pays «neutre» et celles de la première puissance économique et militaire mondiale, le choix est simple: nos banques céderont. Le Department of Justice ne brandit rien de moins que la menace de l’inculpation pour conspiration contre les Etats-Unis. Un crime fédéral grave qui se punit par plusieurs années de prison.

Nous ne devons pas inciter d’autres partenaires économiques à emprunter les mêmes moyens désagréables à notre encontre. Sinon, après l’Oncle Sam, ce sera l’Hexagone ou simplement toute l’Union européenne.

Avec le recul, nous constatons que le «déshonneur suisse» de juin 2010, date à laquelle le parlement a validé la dénonciation – avec effet rétroactif et en violation de toutes nos lois – de milliers de familles de clients américains, n’était pas pour solde de tout compte. Au contraire, les administrations du monde entier ont dû être surprises par la facilité avec laquelle nos politiques cédaient à la pression.

En 2010, il s’agissait avant tout d’éviter des poursuites pénales aux Etats-Unis contre les dirigeants dein-pg-parlamentsgebaeude.jpg notre grande banque aux trois clés. Aujourd’hui, avec la Lex USA, le crime aurait profité des deux côtés de l’Atlantique. A travers l’acquisition de données clientèle précieuses par le biais de nos employés de banque, d’une part et, d’autre part, par l’insécurité juridique affectant quelques-unes de nos banques au bénéfice des plus gros acteurs du marché. Il est temps – pour notre fierté et pour qu’on arrête de traîner ponctuellement notre pays dans la boue – de s’interroger sur quelques aspects de cette nouvelle crise.

Premièrement, celle-ci rappelle que les hauts dirigeants de nos banques n’ont jamais été inquiétés dans ce pays. Or l’organisation systématique et par métier de fraudes fiscales est du ressort du Code pénal suisse également. Si on ne veut pas que les autres viennent faire la loi chez nous comme dans une république bananière, il faut se montrer plus courageux à l’encontre de ceux qui violent la nôtre.

Secondement, quelle est la place aujourd’hui de l’être humain dans notre «système fric»? On s’apprête à livrer nos ressortissants – employés de banque – à une administration étrangère parce qu’ils ont obéi aux ordres de leur hiérarchie. Ce sont autant de mères et de pères de famille. Allons-nous vivre un nouveau déshonneur national?

Enfin, de quel droit notre ministre des Finances abat-elle le secret bancaire dans notre pays et pour nos ressortissants comme elle est en train de le faire?

let-r1.jpgRappelons-le: le secret bancaire n’est que le secret des affaires du banquier. Il doit certes être employé à bon escient.

François Meylan, conseiller financier

Secrétaire général du PDC vaudois

15/06/2013

Lex USA... toute la lumière devra être faite !

in-pg-parlamentsgebaeude.jpgNotre ministre des finances – avec son art de compliquer les dossiers et d’invoquer l’urgence pour mettre la pression sur les parlementaires – tente d’imposer à notre souveraineté une loi d’exception d’une durée d’une année qui permettra à nos banques de "violer" la législation topique du u pays pour satisfaire les demandes de renseignements formulées par le Department of Justice américain (Doj)."

Celui-ci cherche en particulier une chose. Mettre la main sur nos employés de banque qui ont vu de près ou de loin les clients ressortissants américains.

L’idée de manœuvre étant de les encourager à la délation. En fin de compte, coincer un client qui est venu déposer son argent en Suisse ces dernières années n’est pas le plus intéressant. Le client connaît rarement les affaires des autres clients. Heureusement, le secret bancaire opérant.

Par contre, avoir le contrôle des collaborateurs des banques soupçonnées – autant de mères et de pères de famille qui n’ont fait que d’obéir à leur hiérarchie – c’est le jackpot !

Elles et ils ne feront pas longtemps à se mettre à table. Tellement peu préparés qu’ils sont.

Eveline Widmer-Schlumpf va encore plus loin puisqu’elle exclut le référendum à sa loi – réponse à l’ultimatum - qui devrait entrer en matière déjà ce 1er juillet.

"Circulez, il n’y a rien à voir et on n’a que faire des droits politiques."

Au final, ce ne sont pas quatorze établissements bancaires mais bien plus qui seront affectés. Par des amendes allant jusqu’à 40% des fonds incriminés sous gestion – contre seulement  7% pour l'amende infligée à l’UBS.

La grande banque fut pourtant l’instigatrice de la méga fraude fiscale durant une décennie sur sol américain. Elle violait alors toutes les conventions entre nos deux pays.

Le tarif beaucoup plus clément dont a bénéficié la grande banque est, entre autres, motivé par le fait que c'est l'un des joueurs mondiaux des "too big to fail". C'est un acteur important à la table du méga casino des "fachistes de la finance."

Autant dire que pour les banques de plus petite taille ce sera intenable.

Ce qu’il faut savoir c’est que le simple fait d’avoir ouvert un compte à Genève, à Zurich ou encore à Lausanne à un ressortissant américain, au cours de ces dix dernières années, vous fera tomber sous la loupe inquisatrice de l’Administration américaine.  

Aujourd’hui, c’est l’Oncle Sam qui nous rançonne. Demain, à n'en pas douter, l'Union européenne empruntera le même chemin.

let-r1.jpgRelevons quelques interrogations :

- Pourquoi les hauts dirigeants de l’UBS n’ont pas été inquiétés ni par la Finma ni par Washington ?

- Quels sont les liens exacts entre notre ministre des finances et son président de parti national Martin Landolt – ex conseiller politique de l’UBS ?

- A qui profitera cette insécurité juridique ?

 

Cette semaine, il a suffit d’évoquer dans la presse (NZZ am Sonntag de dimanche) le nom de la Banque cantonale vaudoise (BCV) pour que son titre chute de 3,2% à la bourse, lundi dernier.

La même chose pour la Banque cantonale de Saint-Gall avec une baisse de 3,6%.

A suivre…