02/08/2016

Ne pas confondre libéralisme avec néo libéralisme qui est son contraire !

IMG_8430.JPG*Le mieux est souvent l'ennemi du bien. On peut résumer ainsi le corolaire existant entre le libéralisme et le néo libéralisme.
 
Si le terme « néolibéralisme », voire « ultralibéralisme », est un terme plutôt vague, son idéologie illustre une vision de l’économie des plus radicales. Celle qui oppose le capital à l’Etat. Ce qui veut dire que le capital est promut au-dessus de la collectivité. Il prime sur l’Etat nation et sur le bien commun. Pire, l’Etat est à combattre. Il est à affaiblir. Il coûte. Il empêche et il régule. Il est le dernier rempart à toutes sortes de libéralisations et de privatisations. Le plus ennuyeux encore est qu’il transcrit, généralement sous l’impulsion du législateur, la moralité dans le Droit. Le Droit avec un grand « D » qui devrait s’appliquer à tous.
 
Alors que dans la pensée libérale qui prend ses sources déjà dans l’Antiquité avec le philosophe Aristote, l’Etat est important. Il est même indispensable au développement du libéralisme. Parce que l’Etat est souvent arbitre. Pour le moins, il doit garantir la justice et la stabilité du vivre ensemble. Sans ces préalables, le libéralisme ne peut s’épanouir. Puisque humaniste qu’il est le libéral ne peut se développer et s’élever dans un univers de sauvagerie
et de brutalité. Dans lequel un marché sans foi ni loi encouragerait la réalité d’une « économie » Far-West. Dans laquelle le lent est mangé par le rapide et le petit est tué par le gros.
 
Pour nous faire avaler la pilule nauséabonde du néo libéralisme – néo comme nouveau enimage001 (1).png
 
grec – on réduit dans le discours la pensée libérale. Comme à la page 35 de son livre de
 
nature didactique et de bonne qualité « Comprendre l’économie politique », l’économiste suisse Philippe Paoly résume le libéralisme comme suit :
 
« L’individu prime sur la collectivité. L’individu est libre. Le libéralisme est lié à l’économie de marché. »
 
Ce qui est faux. L’épanouissement économique de l’individu est étroitement lié au destin du bien commun et du vivre ensemble. Aussi, l’individu ne supplante pas la collectivité. Une vérité est plutôt que l’interdépendance s’impose naturellement. L’individu est libre certes.
 
Mais sa liberté s’arrête où celle des autres commence. C’est un principe élémentaire de la pensée libérale qui on a trop tendance à l’oublier promeut avant toute chose la responsabilité individuelle.
 
Heureusement, le même auteur privilégie la moralité quand il nous parle d’Adam Smith – philosophe et économiste écossais des Lumières qui reste dans l’histoire comme le père des sciences économiques modernes. Son œuvre majeure « La Richesse des nations », publiée en 1776, demeure l’un des éléments fondateurs du libéralisme économique.
 
Philippe Paoly en résume qu’Adam Smith admet, dans la dernière partie de son ouvrage, qu’il doit y avoir des règles pour des raisons éthiques. Ces règles proviennent de la morale et du droit donc d’un Etat fort.
 
Les néo libéraux qui prétendent revisiter voir réformer le libéralisme occultent intentionnellement ou par ignorance cet d’aspect du philosophe écossais.
 
La survie du libéralisme et de là de notre système économique actuel qui reste le moins mauvais que notre civilisation ait connu passe certainement par l’énoncé du sociologue et philosophe français Edgard Morin, dans son ouvrage « Où vont les valeurs, 2004 ».
 
 « Aujourd’hui, le thème de terre patrie doit inclure les patries singulières et non par les détruire. La relation entre le genre humain et l’individu passe par le développement de la citoyenneté terrestre. Le citoyen est celui qui se sent responsable et solidaire. »
 
 
*Texte écrit pour Orbis Terrae, sous le titre "Le néo libéralisme est l'ennemi du libéralisme".

22/01/2016

Veut-on vraiment arrêter Daech ?

*C'est incontestablement plus un état d'esprit crapuleux et mercantile qui motive les activités deIMG_1346.JPG l’Etat islamique (EI) qu’une quelconque doctrine religieuse. Ce n'est pas seulement les consciences qu'il s'agit de mobiliser pour vaincre ce cancer mais les réseaux et les relais financiers qu'il faut neutraliser. Circonscrire les flux sanguins qui alimentent la tumeur. Comme pour toute organisation criminelle, le terrorisme vit de la terreur et d'un climat de non droit. C’est pareil pour les structures mafieuses. Les crimes de droits communs tels que le racket, l'extorsion, l'enlèvement, la contrebande, le vol ou encore l'assassinat sont justifiés par les bandits. Ils en vivent. Pour cela, ils inventent une cause. Un but imaginaire est nécessaire pour soutenir la mécanique. Une « Cosa nostra » ou encore une lutte de libération. Toutefois, la motivation reste toujours la même… l’appât du gain. L’argent et le pouvoir sont leurs religions.

Les individus qui commandent Daech sont autant des repris de justice, d'anciens officiers déchus de Saddam Hussein que d'autres malfaiteurs rencontrés en prison. Animés par l'appât de l'argent facile et par le pouvoir, on sait leurs jours déjà comptés. Plus l’étau se resserrera sur la ville de Racca – ville syrienne et fief des criminels, plus la terreur qu’ils exporteront en Occident risque d’être d’une brutalité inouïe. Il faut faire vite. Une fois de plus, ce sont les flux financiers qu’il s’agit de surveiller. Les bandits ont déjà prévu un plan « B », voire même un plan « C ». Ils savent qu’ils devront se déloger, pour ne pas être pris ou tués. Aussi, l’argent se doit d’être en lieu sûr. Il y a moins d’un siècle, le célèbre gangster de Chicago aux Etats-Unis Al Capone se fit finalement coincer par l’entremise de son comptable. Pour l’EI, ce sera pareil. Son talon d’Achille est l’argent. Sans le nerf de la guerre, il ne peut rien faire. En attendant, ses commanditaires ont mis sur pied une véritable multinationale du crime. Ils en vivent confortablement. Tout un petit monde en tire aussi profit. D'Ankara à Ryad en passant par Londres et Karachi, des hommes d'affaires prospèrent. Ils occupent de belles villas et sont invités aux évènements mondains. Le pétrole irakien volé par l'EI est revendu entre 12 et 18 dollars le baril contre 48 sur le marché légal à des tribus sunnites locales et directement aux Turcs et aux Jordaniens. Le racket – appelé aussi l’impôt révolutionnaire - représente lui aussi une source de revenus considérable. Les enlèvements contre demande de rançons constituent un pactole. Les personnalités à séquestrer sont sans cesse scrutées, tels que les cadres d'entreprises étrangères, commerçants ou membres de grandes familles. Dans la région occupée par le crime organisé, on taxe également le coton comme les devises. Lors de la prise de la grande ville irakienne Mossoul, c'est pour plus d'un milliard de dollars de véhicules et d'équipements militaires de pointe qui sont tombés dans les mains des bandits. L'État islamique – autoproclamé, dramatiquement et médiatisé à grands regrets par nous Occidentaux - est également un employeur. Ses snipers d'origine tchétchène sont salariés quelques 7000 dollars par mois. Des artificiers comme d'anciens militaires travaillent pour la terreur. Une autre source de financement, révélée récemment par le procureur italien anti-terroriste Franco Roberti n’est autre que le trafic des migrants. Le contrôle des territoires de deux pays de provenance des migrants tels que l’Irak et la Syrie, ainsi que des régions de transit comme en trouve en Libye favorisent indéniablement cet autre business.

FullSizeRender (7).jpgD’autre part, la protection ou plutôt la non agression de la part l'organisation est soudoyée très généreusement par d'influents Saoudiens et Qataris. Ces derniers qui font affaires tout azimuts sous nos latitudes, semblent vouloir se racheter. Ils financent, via la quête, les plus rigoristes et les plus totalitaires de leur religion. Les relations commerciales étroites des émirs et autres princes avec les carnets d’adresses occidentaux ne peuvent se faire qu’en achetant la bienveillance des radicaux de l'EI. Les circuits financiers qui alimentent la pieuvre sont ainsi connus. Les banques qui travaillent avec l'argent du crime le sont aussi. Il est illusoire de vouloir vaincre la criminalité de Deach avec des bombardements de haute technologie. Nous ne faisons que d’enrichir l’industrie de l’armement, autre bénéficiaire du jeu de rôles qui se jouent au Moyen-Orient. On l'a fait depuis les attentats du 11 septembre 2001 en Afghanistan, en Irak, en Libye puis en Syrie et pour quel résultat? Ce sont plus que jamais les transactions financières qu'il s'agit de traquer. La destruction de la tumeur est à ce prix. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Peut-être enfin une esquisse de réelle volonté politique. Reste à voir en pratique. Les enjeux financiers primant sur les idéaux.

*Texte initialement publié dans quotidien "Le Temps" sous le titre

L’Etat islamique cette industrie du crime.

Un second texte remanié encore plus actualisé vient d'être publié dans l'Agefi.

19/01/2016

Politique de bas étage et journaleux !

FullSizeRender (6).jpgLe coup de gueule !

La presse nous gratifie, régulièrement, de pseudos "scandales" politiques.

En premier lieu, appelons un chat un chat. Il est indéniable que la politique politicienne - soit la course au pouvoir et la confrontation des égos - et un petit monde de médiocrité et de putes... Eh oui de putes ! N'ayons pas peur des mots. Une quantité d'individus qui s'écharpent après avoir été les "meilleurs amis" du monde, dans un mouchoir de poche et en voulant prendre les autres à témoin. Alors que tout le monde s'en fout. Le monde tourne très bien sans eux. On a vu beaucoup de choses dans les coulisses de la politique du pouvoir. De cette ancienne élue au conseil municipal genevois qui utilisait jusqu'à cinq profils et faux profils sur Facebook pour s'enquérir de toute once de polémique pour salir les autres à ce secrétaire général d'un parti du centre vaudois qui animait un faux profil d'une jeune fille blondinette, au minois fort engageant, sur Facebook. Il faisait des propositions en-dessous de la ceinture à d'autre utilisatrices du réseau social. Jusqu'à ce secrétaire parlementaire de l'est vaudois qui va jusqu'aux SMS d'intimidation et à la calomnie pour tenter d'écraser ceux qui se dressent devant lui. L'affaire des enregistrements inopinés de l'ex présidente d'un parti situé à droite de la droite ou encore ce président cantonal qui jonglait avec trois maîtresses en même temps, puant au pas possible. Sans oublier le combat de coqs démocrate-chrétien qu'on nous a servi en terres vaudoises, courant printemps 2014. Bref, il ne sert pas à grand chose d'énumérer toutes les polémiques de la cour de récréation des partis. Grands, moyens ou petits ils en ont tous à jeter. Des boucs émissaires aux frustrés en passant par les insipides, les lâches et les comploteurs, notre petit paysage romand de la politique politicienne pourrait remplir un livre d'images d'Epinal.

Les réseaux sociaux constituent à eux-seuls des scènes de déballages épiques. Comme ce vert'libéral genevois démissionné, pervers narcissique, conteur pour femmes esseulées sur Facebook, dépourvu de moralité comme de courage embobine son petit monde de voyeurs.

Pour autant, il y a deux constats qui s'imposent :

 1) Il serait de bon ton que nos élus voire nos candidats à des charges politiques ou à d'autres mandats habitent pleinement la fonction... avec intégrité et responsabilité. Qu'ils montrent simplement l'exemple.

 2) Que certains journalistes de basses besognes apprennent à gagner leur vie en vérifiant et en confrontant leurs sources. En chassant autre chose que du scoop polémique... Sale, vil, pleuril, inintéressant à mourir. Qui met tout lecteur qui se respecte mal à l'aise. Au point de finalement blâmer le journaleux !