09/12/2014

Demain, ce sera mieux !

formation.pngLe monde est devenu incontrôlable. Un monde qui va trop vite. Le manque de leadership se fait ressentir, avec une absence de direction claire. Nous constatons également une absence de détermination politique. Bref, nous vivons un monde effrayant d’instabilité. La mondialisation nous invite dans un jeu à somme nulle de redistribution des richesses. Les gagnants ancrent leur prospérité sur la récession des perdants. Le plus grand lésé dans l’histoire est encore le climat ou l’environnement… simplement notre capital nature. En l’absence de vision globale, nous avançons avec deux cadences distinctes. Nous marchons dans le brouillard géopolitique, à petits pas. Nous progressons vers la croissance démentielle, à grand pas. Comme si nos ressources étaient inépuisables. L’ex ministre socialiste français Michel Rocard illustrait la croissance comme un individu à vélo… S’il arrête de pédaler, il tombe. Et malheur au politique qui oserait aborder la décroissance. Il ne serait pas réélu. Pour autant, le cycliste est-il obligé de s’emballer ? De pédaler toujours plus vite ? Ainsi, nous  trouvons aspirés dans une fuite vertigineuse. En admettant que le seul garant du bien commun reste encore l’Etat, celui-ci s’est dramatiquement affaibli sous la pression des flux des capitaux et des flux migratoires. Des premiers, il tente de capter un maximum de substances ne serait-ce que pour financer les bouleversements occasionnés par les seconds. Comme évoqué plus haut, pénalisé par un déficit de leadership flagrant, l’Etat ne fait que réagir aux crises successives tant financières que sociales. Il semble impuissant face à l’inégale et criante répartition des richesses. Il est devenu stérile devant l’amoralité du système. A force d’épuiser la principale classe contributive qui est la classe moyenne – la colonne vertébrale, il court le risque de mettre à terre et pour longtemps des économies nationales entières. Ce fut le cas en Argentine, en 2002. La Grèce, entre autres, le vit depuis 2010. Pire encore, nous peinons à regarder ce qui est. Nous préférons ne pas voir. Les solutions et les voies d’amélioration se trouvent à plusieurs niveaux. Sur le plan éducatif, c’est certain. Sur le plan politique aussi, c’est évident. Entre une droite qui suit aveuglément « le capital prédateur » et une gauche qui pour exister multiplie les initiatives extrêmes, le citoyen se désintéresse de l’hémicycle. La droite a des œillères. La gauche est animée par une hargne d’impuissance et stigmatise « le riche. » L’une comme l’autre se rejoignent dans leurs extrêmes. Elles nous amènent à ce que décrit l’essayiste Jacques Attali : « Il y a des gens qui sont résignés à accepter leur aliénation, qui pensent n’avoir aucune chance de trouver les moyens de se développer eux-mêmes et qui se contentent de réclamer le maximum de l’Etat, de la collectivité, des entreprises, etc. C’est l’attitude masquée dans l’idéologie de la consommation et dans celle de l’assistance. »

 

Force est de constater que tant la droite politique que la gauche ne sont pas étrangères à ce résultat angoissant. La première croit assurer son électorat et sa pérennité, en augmentant le nombre de fonctionnaires – autant d’électeurs acquis. En suscitant les besoins d’assistanat. Quant à la droite elle est devenue le sbire d’un système qui réussit à protéger à la fois des intérêts particuliers et des situations de position dominante. Dans le but d’asservir toujours plus le « citoyen – consommateur. » De cannibaliser le monde du travail. De monter les uns contre les autres.

 

Le constat semble sans appel. Nos concepts politiques actuels sont obsolètes. Ils ne répondent plus aux problèmes éducatifs et globaux d’aujourd’hui.

 

A l’écart du collectivisme comme de l’individualisme, il est temps d’explorer des pistes plus sensées, plus durables… simplement plus humaines.

 

05/12/2014

Luttons contre les cartels !

 

imagesHX05JFFE.jpg« L’obstacle majeur à la croissance économique du pays est le manque d’entrepreneuriat »

 

S’exprimait il y a peu le célèbre financier suisse Marc Faber au sujet du Japon.

 

C’est malheureusement le cas également en Suisse. Il n’y a pas que les contraintes administratives qui sont responsables aux difficultés que surmontent aujourd’hui tant bien que mal les repreneurs d’entreprises et entrepreneurs en herbe.. Mais également les situations d’entente illicite, le travail de sape de quelques lobbys et certainement un manque de courage évident de part et d’autre. Des cartels on en a aussi dans notre pays. Quelques exemples : nos deux grandes banques qui sont aujourd’hui protégées institutionnellement de la faillite – modification à l’automne 2011 de la Loi fédérale sur les banques et les caisses d’épargne, avec la clause « too big to faill ». Mais aussi la société Bilag, dans le domaine de la redevance, exerce un monopole. Dans celui des transports publics, on sait que la régie fédérale des CFF et ses appuis politiques qui lui permettent d’augmenter sans cesse les tarifs ne voyaient pas d’un bon œil l’émergence du projet Swiss Métro. Un peu plus proche de nous, nous nous rappelons encore de la débâcle Swissair, en 2001… que même le ministre socialiste des transports d’alors n’a pas pu éviter en mettant freins et entraves à l’endroit de son jeune, nouveau et dynamique concurrent de l’époque easyJet. Parce qu’on le sait. Les positions de monopole laissent, à terme, tout le monde sur le carreau. Non sans avoir, entre temps, été préjudiciable à la compétitivité d’une économie. Dans certains cas, on parlera même de « discrimination en fonction du pouvoir d’achat », comme l’a maintes fois dénoncé Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Pour illustrer la thématique, mentionnons des cas de prix surfaits, en rapport, avec la France voisine. Nous payons, en moyenne, nos cosmétiques 24% plus cher. Pour les vêtements, c’est 25% de plus et 57% pour les magazines ! La différence évidente des niveaux de salaires n’expliquent pas tout… Les ententes illicites sont actives et au détriment de notre portemonnaie. A l’étranger, des entreprises proposent leurs produits aux revendeurs helvétiques à des prix plus élevés au motif que la destination finale est la Suisse.

 

C’est pour contrer ces anomalies à un commerce transparent avec des ajustements de prix en fonction de l’offre et de la demande – bon vieux principe économique mais souvent bafoué à l’aire de la mondialisation et des intérêts particuliers de quelques multinationales, entre autres, que la révision de la Loi fédérale sur les cartels (LCart) est nécessaire. Pourtant, à la stupéfaction des associations de consommateurs, elle fut refusée par le Conseil National (CN), en date du 6 mars dernier. Si pour le journaliste Pierre Bessard du quotidien l’agefi, ce rejet est bienvenu parce que, selon lui, nous baignons à tort dans le « mythe » de la nécessité d’une nouvelle révision de la sur les cartels pour faire baisser le niveau des prix en Suisse, pour le Centre Patronal vaudois, c’est le spectre d’un durcissement des sanctions avec même la possibilité d’ouverture de « class action » - actions civiles à l’américaine – qu’il fallait absolument éviter.

 

De son côté, le Conseil des Etats qui avait également refusé, plus avant, la révision a préféré continuer de miser sur une professionnalisation de la Commission de la concurrence (Comco). Paradoxalement, en réduisant son effectif de douze à cinq membres !

 

Décidément, quand on laisse des intérêts particuliers primer sur l’ensemble même des théories économiques fondamentales qui prônent pour une transparence et une juste efficience des mécanismes de marchés, l’esprit libéral en devient sclérosé et finalement toute l’économie d’un pays se fragilise durablement. On trouve difficilement plus anti libéral que l’entente illicite. Pas plus tard qu’en octobre dernier, à Bruxelles, la Commission européenne a sanctionné, par la voie de l’amende financière, UBS, Crédit Suisse l’américaine JP Morgan pour une entente illicite.

 

A bon entendeur…

 

13/11/2014

Procès Raoul Weil : l'arrogance blanchie !

La montagne qui accouche d'une souris !

photo 2 (45).JPGRaoul Weil.jpgLe procès était devenu superflu. Entre l'inculpation et la fuite en 2009 de Raoul Weil et son arrestation à Bologne - Italie, en octobre 2013 et son acquittement il y a une semaine, il s'est passé cinq ans.

Laps de temps durant lequel les autorités américaines - l'Administration fiscale (IRS) comme le Département de justice (DoJ) - ont eu tout loisir d'obtenir des dizaines de milliers de noms de clients américains qui n'avaient pas déclaré leurs fortunes. Elles ont également obtenu les coordonnées de collaborateurs de banques suisses par centaines, les paiements d'indemnités et d'amendes par centaines de millions - plus de 2 milliards de dollars pour la seule UBS pour démarchage illicite, blanchiment aggravé de fraude fiscale, pour le subprimes et pour gestion déloyale.

photo 1 (55).JPGElles ont aussi asséné un coup irréversible à notre place financière qui chemine d'un pas assuré, à présent, vers l'échange automatique d'informations et ont su imposer la FATCA - loi fiscale US extraterritoriale et très pernicieuse.

Quant à Monsieur Weil, il avait toutes les garanties de s'en sortir. Il a lui-même insisté à aller jusqu'au procès, refusant tout arrangement. Ses soutiens étant puissants. N'ont-ils pas réunis la coquette garantie de 10 millions de dollars en quelques heures pour assurer la caution de leur "ami"?

Mais le No 3 de l'UBS et grand ponte de la gestion de fortune de la banque aux trois clés pouvait-il ignorer les agissements délictueux et systématiques de ses troupes sur sol américain ? Au sens du code pénal, on parle déjà de crime organisé puisque opérant par bande.

Il a été acquitté après seulement une heure et demie de délibération de la part d'un jury populaire très bien trié sur le volet par les deux avocats virtuoses assurant sa défense et clôturant trois semaines de procès.

C'est notoire, on ne met pas en le no 3 d'une banque comme UBS en prison. Pour la petite histoire, son alter égo chez Goldman Sachs termine sa carrière comme conseiller à la Maison Blanche ou encore mieux comme président de la Réserve fédérale à New York.

Innocenté, on peut se demander comment ne s'est-il jamais demandé d'où venait sa rémunération colossale. Plutôt, comment était-elle générée. Parce qu'aujourd'hui nous nous apercevons que agissements incriminés à la grande banque n'ont pas seulement eu lieu aux Etats-Unis mais aussi en Italie, en France, en Allemagne et au Canada pour ne citer que ces zones de marché.

A la lumière des ces faits, on est on droit de se demander est-ce que la rémunération de M. Weil, à la louche, en dizaines de millions de francs suisses était bien en adéquation avec ses responsabilités réelles.

Il y a plus de dix ans, la banque créait l'unité W9 pour s'occuper des clients américains qui déclaraient leurs avoirs - eh oui il y en a aussi. Par opposition à tous les autres qui "cachaient" sous faux noms, sociétés écrans, etc. et etc. Raoul Weil était-il vraiment pas informé ? Liberté est donnée au lecteur de se forger son opinion.

Quant-est-il des subalternes et autres collaborateurs qui ne se sont pas sortis d'affaires aussi facilement que leur boss ? Doit-on conclure que ce sont toujours les "petits" qui trinquent au profit des "gros" ? Dans tous les cas, nous devons nous inquiéter parce que les fondements de notre démocratie tout comme de notre système libéral sont la confiance et la loyauté. Celles-ci paraissent aujourd'hui être durablement affectées, en partie, par les comportements d'une poignée de dirigeants mercenaires qui n'ont plus rien à voir avec le définition d'un patron, ni même de celle d'un libéral mais qui sont plutôt animés par un état d'esprit voyou.

A suivre...

Mes chaleureux remerciements vont à Jean-Jacques Antonietti pour son remarquable travail documentaire.