04/12/2012

Une initiative contre l'arrogance !

Initiative Minder.JPGLe 3 mars 2013, le peuple est invité à se prononcer sur l’initiative populaire de Thomas Minder. Cet entrepreneur et patron d’une entreprise familiale qui comme la majorité d’entre nous en a marre que des « top » managers reçoivent des bonus de bienvenue et empochent des parachutes dorés. Ceci même quand les entreprises sont laissées en mauvais état.

On garde en mémoire le paquet d’argent encaissé par les fossoyeurs de Swissair. Ou encore les 100 millions d’euros soustraits à la caisse de pension d'ABB, en 2002, au profit de Percy Barnevik alors qu’il abandonnait la multinationale au plus mal. Vous vous rappelez ce soit-disant "super" manager qui laissait quelques minutes aux employés pour justifier leur poste !

Peut-être que c’est encore dans l’industrie financière que les excès sont les plus répétés.  On se souvient de Marcel Ospel, de Marcel Rhöner ou encore Peter Wuffli… trois managers responsables de la débâcle UBS qui sont également partis les03040346-bdb0b1f59e6efaa32470e8a413723bbf.jpg0000950123-06-003570_Y18879Y1887913.jpg poches pleines. Pour ces « mercenaires » le casino est préférentiel. Ils gagnent c’est pour leur bourse… ils perdent c’est pour le dos de la collectivité et des licenciements. Parce qu’il ne faut pas se bercer d’illusion. Quand un manager encaisse des millions c’est automatiquement au détriment de quelqu’un d’autre. Plutôt plusieurs autres !

Plus proche de nous, le cas Oswald Grübel qui fut accueilli à l’UBS – comme sauveur – avec non moins d’un paquet de 30 millions de francs. Certes, bloqués sur deux ans. Mais pour le résultat que l’on connaît. Il s’est fait débarquer en septembre 2011 après que la banque ait perdu plus de deux milliards de dollars à Londres à spéculer contre l’euro.

oswaldusb.jpgLa liste est encore très longue. Des pages et des pages sont nécessaires pour circonscrire des dizaines de cas d’excès en Suisse, en Europe et aux Etats-Unis. Mais encore une fois, l’industrie financière – à côté de la pharma – est championne toutes catégories. Comment l’expliquer ? Premièrement, la volontaire complexification de la branche n’a pas seulement servi à augmenter les marges bénéficiaires mais a également rendu la chose incompréhensible pour le politique. Ensuite, le "marketing" a joué un rôle prédominant. On a souvent usurpé le qualificatif de « talent. » « On doit payer les talents et leurs équipes au prix du marché !» Mais on sait très bien qu’il n’y a pas plus de talents dans la banque, ni dans la pharma que chez son boulanger ou chez sa coiffeuse. Aujourd'hui, les établissements financiers qui ont su se passer de ces pseudo "talents" supayés se portent beaucoup mieux.

Il est temps de remettre l’église au milieu du village. De distinguer le manager qui ne prend aucun risque personnel du réel entrepreneur qui crée de la richesse durablement. Il est aussi bon de rappeler que le père du libéralisme Adam Smith supporterait difficilement tous ces abus. Notre économie libérale est mise en péril par ces comportements amoraux. L’initiative Minder est une démarche contre l’arrogance. Celle d’un cercle restreint qui s’estime valoir plus… même beaucoup plus… que la masse et même que le bien commun.

Et que penser du contre-projet lancé par EconomieSuisse – à coup de 8 millions de francs – pour contrer l’initiative Minder ? Elle ne sanctionne ni les parachutes dorés, ni les bonus indécents de bienvenue et n’invite nullement les gestionnaires de nos fonds de prévoyance à s’intéresser, une bonne fois pour toute, au management des entreprises dans lesquelles ils investissent nos retraites. Le contre-projet reste très pale à côté de l’original. Il ressemble plus à la faute du dernier joueur de foot arrivé trop tard sur le ballon. Il y a plus de dix ans de scandales financiers dans notre pays. Il fallait se remettre en question avant. Faire le ménage. Ne pas fermer les yeux et stoper cette complaisance insuportable. L'initiative Minder permet de taper sur la table ! De dire, enfin, stop ! Et laissons partir les managers qui n'y trouvent pas leurs comptes. A coup sûr, ce ne sont pas les meilleurs.

28/10/2012

Le marché et la fameuse "main invisible" !

La métaphore d’Adam Smith

L'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a déclaré, en substance, lundi 4 avril 2011, à Washington, que la récente crise financière plaidait pour plus d’intervention de l’Etat et moins de laisser-faire.

« Alors que la mondialisation des échanges est associée à la baisse des inégalités, la mondialisation financières les a accrues. (…) Il y a une sorte de mélange de chômage et d’inégalités sociales, qui peut entraîner des troubles sociaux. (…) J’aime dire que la main invisible ne doit pas devenir le poing invisible.»

Le concept de la « main invisible » repose sur les théories de l’économiste Adam Smith. Pour ce dernier, les actions des individus seraient rendues complémentaires par le marché et c’est ce qu’il appelle la « main invisible.»

adam-smith-1723-1790-le-marche-n-a-besoin-de-personne-pour-fonctionner_paysage619.jpgSelon Smith, les « lois » du marché, associées au caractère égoïste des agents économiques, conduiraient à l’harmonie sociale. La confrontation des intérêts individuels mène naturellement à la concurrence, et celle-ci amène les individus à produire ce dont la société a besoin. Une forte demande provoque l’envolée des prix. Elle amène les producteurs avides de profits à produire le bien recherché. L’égoïsme d’un individu seul est nuisible, mais la confrontation des égoïsmes conduit à l’intérêt général. Si un producteur tente d’abuser de sa position et fait monter les prix, des concurrents aussi avides de profit s’attaqueront au marché en vendant moins cher. La main invisible oriente donc le travail vers l’usage le plus utile à la société car c’est aussi celui qui est le plus rentable. Elle règle avec justesse les prix, les revenus et les quantités produites. L’économiste avancerait donc l’idée d’un marché « autorégulateur ». Toutefois, lorsque nous l’étudions dans le texte, nous rencontrons l’exigence d’une instance de régulation morale. Parce que le marché, par essence, n’est pas moral. Le fort écrase le petit et le rapide tue le lent. N’en déplaise à certains banquiers et néolibéraux, Adam Smith n’est finalement pas l’apôtre d’un capitalisme sauvage. Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Aussi, il dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi à leur seul profit. Ce n’est donc pas l’État qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les "profiteurs amoraux". Il revient à l’autorité souveraine de s’assurer du respect des règles du marché.

19/09/2012

Les délits boursiers seront criminalisés !

Les manipulations de cours boursiers seront considérées à présent comme des crimes et non plus comme des simples délits. Le législatif vient de mettre sous toit un durcissement de la loi fédérale sur les bourses. Les coupables risquent des amendes jusqu’à 10 millions et cinq ans de détention.

A l’avenir, tous les délits d’initiés seront sanctionnés.

iStock_000001486480XSmall[1].jpgA la bonne heure, contrairement à ce que m’affirmait un patron de presse économique, il y a quelques années – « le délit d’initié est le seul crime qui ne fait pas de victime », les manipulations de cours et les délits d’initié sont criminels… et ils font beaucoup de victimes. Ces agissements immoraux sapent notre système libéral basé sur la confiance. Ils mettent à mal l’aléa moral. De l’argent facile se fait sur l’épargne des autres. Des caisses de pension et une quantité de petites gens sont sérieusement impactés par les délits boursiers. Et pour une coiffeuse, un ouvrier ou encore un fonctionnaire qui a travaillé dur toute sa vie pour mettre un peu d’argent de côté pour améliorer sa retraire, s'offrir le beau voyage de ses rêves ou encore financer les études des enfants, il est intolérable de perdre le fruit du travail de sa vie en raison de la malhonnêteté de financiers suffisants et dépourvus de considération pour l’autre.

Alors OUI ! Il faut criminaliser ces méfaits. Il est incroyable de voir autant d’indulgence jusqu’à ce jour de la part de certains partis de droite.

Les conséquences directes et indirectes sur la classe moyenne et sur la classe contributive sont assimilables à celles du trafic de drogue.

Encore faudra-t-il attraper ces criminels en col blanc.