19/09/2012

Les délits boursiers seront criminalisés !

Les manipulations de cours boursiers seront considérées à présent comme des crimes et non plus comme des simples délits. Le législatif vient de mettre sous toit un durcissement de la loi fédérale sur les bourses. Les coupables risquent des amendes jusqu’à 10 millions et cinq ans de détention.

A l’avenir, tous les délits d’initiés seront sanctionnés.

iStock_000001486480XSmall[1].jpgA la bonne heure, contrairement à ce que m’affirmait un patron de presse économique, il y a quelques années – « le délit d’initié est le seul crime qui ne fait pas de victime », les manipulations de cours et les délits d’initié sont criminels… et ils font beaucoup de victimes. Ces agissements immoraux sapent notre système libéral basé sur la confiance. Ils mettent à mal l’aléa moral. De l’argent facile se fait sur l’épargne des autres. Des caisses de pension et une quantité de petites gens sont sérieusement impactés par les délits boursiers. Et pour une coiffeuse, un ouvrier ou encore un fonctionnaire qui a travaillé dur toute sa vie pour mettre un peu d’argent de côté pour améliorer sa retraire, s'offrir le beau voyage de ses rêves ou encore financer les études des enfants, il est intolérable de perdre le fruit du travail de sa vie en raison de la malhonnêteté de financiers suffisants et dépourvus de considération pour l’autre.

Alors OUI ! Il faut criminaliser ces méfaits. Il est incroyable de voir autant d’indulgence jusqu’à ce jour de la part de certains partis de droite.

Les conséquences directes et indirectes sur la classe moyenne et sur la classe contributive sont assimilables à celles du trafic de drogue.

Encore faudra-t-il attraper ces criminels en col blanc.  

17/09/2012

Redonnons du pouvoir d'achat à ceux qui dépensent

Depuis une bonne décennie, le pouvoir d’achat réel de la classe moyenne et des moins favorisés diminue.

Du moins, il ne suit pas l’augmentation de la richesse acquise par l’amélioration de l’outil de production. Cet écart est confisqué par les classes plus aisées qui thésaurisent ou investissent dans des produits financiers sans création de valeur durable pour l’économie réelle. Il est affligeant de constater avec quelle complaisance d’une partie de la droite, les néo libéraux nous conduisent dans le mur. Crise après crise, c’est toujours plus les travailleurs et les consommateurs qui paient les conséquences. Le lot est l’appauvrissement de la principale classe contributive  et immigration.jpgl’augmentation incessante du chômage. Le calcul est pourtant simple. Un revenu de 3 millions de francs ne profite pas à l’économie réelle comme le font 30 ménages qui bénéficient de 100'000 francs. Dans le second cas, on se trouve avec trente familles qui ont besoin d’un véhicule, de logement, de biens de première nécessité, de vacances, de loisirs etc. Alors que le revenu à 3 millions n’achètera pas une trentaine de voitures et ne consommera en tous cas pas autant que les trente familles réunies. En d’autres termes, son revenu généré sur l’amélioration de l’outil de production ne sera pas réinvesti dans l’économie réelle et ne dopera pas la croissance. C’est principalement la financiarisation et la spéculation qui bénéficient du surplus de revenus. Loin de moi l’intention d’attiser la lutte des classes et de remettre au goût du jour les thèses de Karl Marx. Mais force est de constater que nous sommes confrontés à une dérive dévastatrice. Si dans les années septante, le PDG d’une multinationale américaine gagnait en moyenne plusieurs fois le salaire médian distribué dans son entreprise, aujourd’hui on dépasse les 200 fois dans une quantité incroyable de cas. Il est urgent de  relever tous les salaires de la base. Parce que c’est la base qui produit et qui dépense.

11/08/2012

Le vol de données bancaires et la moralité

Nous vivons une crise morale

Le quotidien « Le Temps » du jeudi 9 août 2012 nous apprend que les autorités du Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont acheté de nouveaux CD contenant des données volées en Suisse de fraudeurs présumés du fisc. Les CD concernent des clients de l’UBS et d’une autre banque suisse.

Le fait de voler à son employeur (la banque) des données soumises au secret des affaires – en l’occurrence le secret bancaire – est incompréhensible et moralement très difficilement justifiable. C’est un délit punit par notre code pénal.

Mais, comment juger ces employés indélicats ? N’est-ce pas déjà une grande banque de notre pays qui a pratiqué de la sorte en février 2009 en livrant des centaines de clients américains à l’Administration fiscale des Etats-Unis (l’IRS) ?

iStock_000001486480XSmall[1].jpgOn nous a raconté alors qu’il s’agissait de « fraudeurs »… Le problème est que de quelques centaines de clients en 2009 on est passé à plus de 10'000 clients l’année suivante. Autant de gens comme vous et moi que notre pays a « balancé » ou forcé à l’auto dénonciation. Le tout avec l’approbation de notre parlement (juin 2010). L’une des motivations sous-jacentes à cette trahison était l’abandon des poursuites intentées aux hauts cadres de la banque en question pour leurs participations actives à l’évasion fiscale sur sol américain. A condition que l’IRS puisse coincer un minimum de « fraudeurs.»  Ce que les médias du monde entier ont appelé « l’accord de la honte. »

L’image de la Suisse est devenue très peu reluisante. Imaginez… les banquiers suisses s’enrichissant durant des années sur le dos de clients étrangers qu’ils n’hésitent pas à "balancer."

Récemment, on apprenait que la britannique HSBC – depuis sa filiale genevoise - et le Crédit Suisse venaient de livrer les coordonnées de leurs employés susceptibles d’être incriminés pour des activités clientèle sur sol américain, directement ou indirectement. Avec le consentement de notre Conseil fédéral.

Il n’y a donc plus de moralité ni de loyauté ? Où sont passées nos valeurs éducatives et notre sens du devoir et de l’engagement envers les autres ?

Comment la banque qui a réduit, au cours des folles années « bonus », l’employé à l'état de moyen de  production peut exiger de celui-ci un minimum de loyauté, celle-ci ne va pas dans les deux sens ?

En plus d’une crise financière et d’une crise économique, nous vivons une crise morale. La situation est inquiétante.

 

Egalement publié sur www.meylan-finance.ch