11/09/2015

Des affiches pour nous enfumer !

FullSizeRender (4).jpgPARLONS VRAI !


Une question d'affiches...


L'affiche de la liste 1 des Jeunes UDC arpente depuis peu nos paysages vaudois... Le moindre que l'on puisse dire est qu'ils ont été à la bonne école. On y trouve les mêmes ingrédients, au combien efficaces, que l'on trouvait déjà en Allemagne nazie, en 1933.
Un message primaire, direct, dans une lecture simple exploitant et surFullSizeRender (8).jpg exploitant le sentiment de peur. Peur de quoi ? De l'autre pardi ! De l'étranger, de l'inconnu, bref de tout ce qui n'est pas nous. C'est rassurant de se permettre de penser que tout nos maux viennent d'ailleurs.

C'est confortable de ne pas se remuer les méninges. De ne pas se remette en question. Le responsable, le fautif, le coupable etc... C'est l'autre !


CFullSizeRender (7).jpgertes, nous présenter de telles affiches c'est quand-même nous prendre pour des "cons"!
Mais ça marche.

Autant la polarisation "gauche - droite," les deux faux ennemis de toujours, chacun à la conquête du pouvoir, est une mécanique huilée, autant la cristalisation de toutes les frustrations et de tous les mal-êtres fonctionnent.

On ne sait pas trop quoi ils ont réalisé jusqu'ici. Quelle avancée sociale ouFullSizeRender (5).jpg encore quel progrès économique on leur doit mais on sait que c'est une "valeur sûre." L'UDC à la sauce blochérienne - entre nous soit-dit, il fut un piètre conseiller fédéral et c'est notoire - est toujours présente. A coups de millions provenant des grands groupes de la banque, de la pharma et de la chimie pour accueillir toutes nos contrariétés et angoisses.

En échange d'un vote, les artisans de ces campagnes démagogues nous font du "bien."

Ils tentent de nous faire croire qu'ils nous ont compris. Surtout, qu'ils résoudront tous nos problèmes. On le sait, rien n'est moins vrai.

FullSizeRender (6).jpgDans un billet ultérieur et plus étoffé, je reviendrai sur le comment fonctionne cette logique qui utilise et abuse de notre instinct grégaire. Comment se jouer de notre sentiment d'insécurité qui vient pourtant de nous, la plupart du temps.

Comment, selon des méthodes qui marchent très bien sous d'autres latitudes, pour preuve l'Ordre républicain aux Etats-Unis, l'aile de l'UDC zurichoise est totalement schizophrène.

Comment, elle tape sur l'Etat tout au long de l'année et à la fois elle le sollicite pour défendre ses intérêts particuliers. Par le biais de différents outils tels que les droits de douane ou de nouveaux textes de lois quand il s'agit de sauver l'UBS, par exemple - une banque jadis très blochérienne.

Question étranger, le parti des affiches qui dansent sur nos peurs n'est pas en reste non plus question incohérence.

L'étranger est bon à prendre quand il s'appelle Monsanto, Vale, etc. Il est aussi bon à prendre quand on peut l'exploiter comme main d'œuvre très, très bon marché... et surtout qu'il ferme sa "gueule."

Ce n'est pas Christoph Blocher qui me contrariera. Ni la redoutable Silvia, son épouse et son éminence grise.

A suivre...

02/09/2015

Le courage en politique !

Winston_Churchill_cph_3a49758.jpgQui était Winston Churchill ?

Cet ami de la Suisse, l’indomptable Britannique – comme l’appelait récemment « Le Point », aurait-il sa place aujourd’hui ? Certainement que oui et plus que jamais à une époque où le peuple est en manque de leader.

Alors pour résumer la bête politique qui pour beaucoup restera l’homme politique du siècle dernier, donnons seulement quelques anecdotes.

« Certains changent de principes pour l’amour de leur parti. Moi, je change de parti pour l’amour de mes principes. » Parce que le Premier ministre en a effectué des changements de parti, au minimum quatre. Il a quitté une position confortable pour s’installer dans l’opposition. Confortable, finalement pas tant que cela… un confort apparent mais qui le mettait à mal avec son courage et ses principes. À un moment donné, il a même créé son propre parti.

Il cumula les postes de sous-secrétaire d’Etat aux Colonies à Premier ministre (plusieurs fois), en passant par lord de l’Amirauté (aussi plusieurs fois) à chancelier de l’Echiquier. Comme tout leader et bâtisseur, il avait une composante artistique marquée. Entre autres, il obtint en 1953 le prix Nobel de littérature et s’adonna à la peinture, jusqu’au crépuscule de sa vie. Ce qui ne l’empêcha pas de faire une dépression et de se retourner à la case départ de ses ambitions politiques, lors du passage de la quarantaine.

On doit également à Winston Churchill : « Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre. »

Franc-maçon, Churchill a connu les joies et les déconvenues les plus diverses. Il n’a été épargné ni par les élections, les honneurs ni par le fait d’avoir été non réélu ou même congédié.

Officier militaire, il s’est révélé être, plus d’une fois, un vrai fauve de guerre. Mais il est toujours resté Winston Churchill fidèle à ses valeurs et à ses principes.

En véritable dynamo, le Premier ministre s’exclamait : « J’aime qu’il se passe quelque chose, et s’il ne se passe rien, je fais en sorte qu’il se passe quelque chose. »

Mais quels étaient ses moteurs ? Comme pour beaucoup, on soulignera un sentiment d’injustice très fort. Une fracture irréparable subie par la non reconnaissance de son père… Certains parleront même de non amour. Mais cela ne suffit pas à expliquer ni à comprendre sa bravoure. Une composante extrêmement puissante n’est autre que sa foi inébranlable en lui. Le tout couplé d’un libre arbitre entre le bien et le mal demeuré conquérant. Ce malgré toutes les tentations et les perversions auxquelles on est confrontés ici-bas. Comme d’autres, il a aussi été heurté par la politique politicienne et les calculs électoralistes d’un vrai monde de putes... qu'est celui de la politique.

La guerre ou plutôt les guerres qu’il a conduites et traversées l’ont probablement aidé à se maintenir au-dessus de la mêlée. À rester digne et à se concentrer sur des combats nobles.

Pendant cinq années, dix-huit heures par jour, 365 jours par an, ce chef de guerre va mener sa nation à travers les tourments et les horreurs d’une guerre sur trois continents.

Il aura aussi à lutter contre les indolences, les procrastinations du temps de paix, les intrigues, les menaces et même les trahisons… mais Winston Churchill est toujours resté Winston Churchill.

29/08/2015

Notre agriculture et Nous !

 

Rupture 018.JPGLe point de départ de ce billet est un sondage effectué sur lesIMG_1850.JPG réseaux sociaux, le 19 janvier 2014, « Comment pouvons-nous aider nos paysans de montage ? ». Hors, il s’avère que c’est l’ensemble de notre agriculture qui souffre. Même si les acteurs du secteur ont réussi à maintenir au même niveau l’approvisionnement du pays et ce malgré une réduction notable des surfaces agricoles. On les félicitera pour leur grand professionnalisme. Pompeusement, on s’extasiera devant tant de gains de productivité.

 

De son côté, le Centre patronal vaudois, dans sa publication « Patrons » No 2, l'année dernière, et par le biais de son conseiller politique Jean-Hugues Busslinger (PLR), prônait encore l’intensification de la production. On ne connaît que trop bien ce biais d’une certaine droite du pays qui n’est autre que néolibérale. Qui ne voit comme solution que le mot « exploitation ». L’exploitation de l’humain mais aussi des ressources comme si la nature nous était généreuse à profusion. Busslinger ne précise, pourtant, rien sur le "comment faire"... tant quantitativement que qualitativement. Selon lui, l’avancée des forêts est responsable de 36% des pertes agricoles dans les régions de montagnes. Et il ajoute qu’à l'heure actuelle, l'agriculture suisse couvre les besoins de la population comme suit : 105-110% pour le lait, 70% pour la viande, 45-50% pour les œufs et 40-45% pour les végétaux.

 

En costume et derrière un bureau climatisé, il est aisé de mentionner des chiffres… alors on apprend aussi que les revenus annuels par exploitations (unité familiale, y compris les paiements directs) sont de CHF 53'750,-, en plaine, de CHF 41'600,- pour l’exploitation en régions colline – personnellement, je découvre cette catégorie – et de CHF 30'600,- pour l’agriculture de montagne.

 

IMG_8448.JPGRebondissons sur ces derniers chiffres. Comme le titrait la RTS dans un documentaire « Paysan, une espèce en voie d’extinction», avec de tels revenus, nous nous trouvons à parler de pauvreté dans l’un des pays des plus riches au monde. En Suisse, 1000 exploitations disparaissent tous les ans. Portant atteinte à notre sécurité alimentaire et à l’approvisionnement du pays. Le prix du lait trop bas payé par les centrales d’achats est certes un gros problème mais pas seulement. Une administration et une bureaucratie trop lourdes n’aident pas. Par exemple, comment peut-on expliquer que Bruxelles nous envoie des commissaires inspecter nos registres vétérinaires sans qu’il y ait la réciprocité ? La politique agricole 2014-2017 du Conseil fédéral demeure très frileuse sur plus d’un point. Rappelons que les dépenses publiques en faveur de l’agriculture représentent moins de 3% des budgets réunis de la Confédération, des cantons et des communes, soit le plus faible pourcentage depuis 1990.

 

Mais est-ce au politique et à l’administration de solutionner la fragilité actuelle de notre agriculture ? Lors de mon sondage du 19 janvier 2014, quelques pistes intéressantes ont émergées.

 

  1. Encourager l’achat à la ferme.

  2. Diminuer les intermédiaires.

  3. Acheter plus cher, payer le prix juste.

  4. Consommer local et de saison.

  5. Privilégier la production indigène, tout en évitant le protectionnisme.

  6. Comparer ce qui est comparable en termes de normes et de standards de qualité.

  7. Les collectivités, les cantines, les crèches, les hospices et autres établissements financés avec les deniers publics doivent acheter local.

  8. Consommer moins mais de qualité.

 

Finalement, c’est dans le cadre du concept « Mieux vivre ensemble » que notreIMG_7008.JPG population – producteurs et consommateurs – doit trouver le compromis. Encourager le « Principe de la vente à la ferme » semble judicieux. Pour autant et pour des raisons évidentes d’efficience et de durabilité, il appartient aux agriculteurs de travailler leur organisation de distributions. Il n’est écologiquement et matériellement pas envisageable de déplacer, nos samedis, le contenu des parkings de nos supermarchés dans nos campagnes et alpages. La promotion, la communication et une judicieuse prise de conscience générale sont des passages obligés pour préserver notre sécurité alimentaire et tout un secteur d’activité qui est aussi vital si ce n’est plus que l’industrie financière. Pour ne mentionner que cet exemple.

 

Toutes et tous à la ferme le prochain week-end !