14/08/2012

Bourse suisse : vers plus de transparence ?

Les délits boursiers devraient être plus sévèrement sanctionnés. Les manipulations de cours devraient être à l'avenir des crimes et non plus de simples délits. Les amendes pourraient atteindre 10 millions de francs !

Le Conseil des Etats (la Chambre haute des sénateurs suisses) a suivi, en décembre dernier, par 37 voix sans opposition le projet que lui présentait le gouvernement.

Si le Conseil national donne à son tour son feu vert, en 2012, tous les acteurs de la place financière seront susceptibles d'être poursuivis pour des manipulations de cours boursiers. Le délit d'initiés sera étendu à toute personne exploitant des informations d'initiés. C'est de très bon augure pour une place financière dont la transparence n'est pas le fort.

six-swiss-exchange_1_.jpgCes délits seraient à l'avenir qualifiés de crime et considérés dans la loi comme infraction préalable au blanchiment d'argent. La poursuite n'incombera plus aux autorités cantonales mais au Ministère public de la Confédération. Le Tribunal pénal fédéral jugera.

Une violation de l'obligation de déclarer des participations ou de présenter une offre pourra entraîner une amende allant jusqu'à 10 millions de francs. Les peines privatives de liberté en matière de manipulations ou de délits d'initiés pourront atteindre 5 ans si les gains illicites dépassent le million de francs.

Les manipulations prohibées peuvent être des opérations fictives comme des transactions réelles à caractère manipulatoire. Leur interdiction à tous les acteurs du marché élargira les compétences de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers la FINMA.

Elle exercera désormais une surveillance partielle des fonds spéculatifs (hedge funds) ou des investisseurs privés par exemple.

En cas de soupçon fondé, elle pourra suspendre l'exercice du droit de vote et interdire de nouveaux achats à tous les acteurs du marché. Si l'obligation de déclaration des participations est violée, la FINMA pourra confisquer un éventuel gain, même à des organisations non soumises jusqu'ici à sa surveillance.

Les règles du jeu pour les offres publiques d'acquisition (OPA) sont également modifiées. Pour acquérir au moins un tiers des droits de vote d'une société cotée en bourse, un actionnaire devra présenter une OPA portant sur tous les autres.

Georges Theiler (PLR/LU) a cherché en vain à maintenir la possibilité donnée aujourd'hui à un actionnaire principal de négocier des titres à des prix plus favorables.

Pour des questions de transparence et d'égalité de traitement, Luc Recordon (Verts/VD) a mis en garde, au nom de la commission: «adopter à la hussarde une proposition aussi violente serait malvenu dans cette Chambre de la sagesse», a-t-il dit à l'adresse de l'ex- conseiller national. Georges Theiler a vu sa proposition rejetée.

Déjà publié sur www.meylan-finance.ch le 5 janvier 2012

03/08/2012

Les coûts du travail sont trop élevés… ? Regardez aussi du côté du management !

On attend toujours de l’Etat qu’il influence les conditions cadre pour favoriser un maximum la compétitivité des entreprises.

Par le biais d’incitations fiscales ou encore par l'optimisation des procédures administratives. C’est évident, l’institution doit être résolument orientée en direction de l'économie privée et de la création d’emplois.

Quant aux employés, c’est chose connue, ils coûtent toujours trop chers. A ce titre, ils sont régulièrement mis sous pression. Ils font souvent les frais des plans de restructuration ou de délocalisation.

Intéressant.jpgPourtant, le coût horaire du travail dans l’industrie ne présente pas toujours un écart significatif d’une région à l’autre. Par exemple, il est de près de 33 euros en France comme en Allemagne.

Si on revient au rôle de l’Etat, le taux d’imposition des entreprises est également proche... 32 % et respectivement 30 %.

Qu’est-ce qui peut expliquer des performances de l’industrie insatisfaisantes d’un pays par rapport à un autre ?

L’Ecole universitaire de management de Lyon (IAE) met à l’index les coûts cachés. Entre autres, ceux qui sont liés à l’absentéisme, la mauvaise ambiance, les accidents et les maladies professionnels, les défauts de qualité et à la sous-productivité. Ces coûts, toujours selon l’IAE, ont leurs racines dans la qualité ou non du management pour 50 % !

Publié également sur www.meylan-finance.ch

01/07/2012

La méfiance du public à l'égard des banques est à son comble

Il faut renouer avec la confiance

L'efficacité financière des placements ne suffit plus. Le client souhaite savoir comment et dans quelles conditions.

L'indice de confiance publié, aux Etats-Unis, par la réputée société Edelmann montre que moins de la moitié des personnes interrogées font encore confiance aux prestataires de services financiers tous confondus. Beaucoup, même, les considèrent cupides et surpayés. Malgré cela, franc suisse.jpgils sont encore beaucoup les acteurs de l'industrie financière à considérer que le système doit être efficace et que la morale est du ressort des politiques. Comme si un système fait par l'homme pour l'homme pouvait se passer de morale. Le problème est que le système devenant "sauvage" n'est même plus efficace. Sans le secours de la collectivité dans sa globalité, il aurait déjà fait faillite. Peut-être, nous n'avons fait que gagner du temps. Néanmoins, les opportunités sont nombreuses pour réinventer notre industrie financière. Du moins, pour procéder aux ajustements nécessaires. Placer au centre de l'investissement, la culture de la bonne foi et encourager une véritable démarche entrepreneuriale. Savoir où va son épargne et comment elle est utilisée ! A méditer...