07/12/2015

L'exploitation actuelle d'UBER relève de la concurrence déloyale.

imagesXUK2FJDI.jpgEn marge de la manifestation de ce mercredi 9 décembre 2015, à la place de la Riponne, des chauffeurs de taxis lausannois, renforcés par leurs collègues genevois, il est utile de rappeler certains principes du libéralisme.
Le système "UBER" qui nourrit ses actionnaires outre atlantique en précarisant notre main-d'oeuvre locale est une expression de plus d'un capitalisme sauvage "ni foi, ni loi."

Il agit comme un parasite. En exploitant ce qui est à son profit exclusif. Ce n'est pas du libéralisme. Ce dernier postule pour l'élévation de l'individu, dans le goût de l'effort, de la remise en question et de la création de valeur.

Tout en restituant à son environnement une part substantielle du fruit de son travail. Parce qu'il n'y a pas de réussite durable en tout seul. On participe toutes et tous à un ensemble. Tout est question d'équilibre.

La stabilité et le niveau qualitatif de l'environnement - régulation gérée par un État fort et ultime garant du bien commun- sont indispensables à la fructueuse expression du libéralisme.

Pour en revenir à "UBER", l'organisation évolue, à armes inégales, sur le marché des taxis. Elle ne paie pas les charges sociales ni les impôts perçus auprès des compagnies de taxis traditionnelles.

Elle n'est pas soumise aux mêmes contraintes réglementaires - obtention du permis taxi, contrôle des heures de repos, collaboration prudentielle avec la police etc et etc.

Elle ne doit pas non plus se procurer une flotte de véhicules puisqu'elle emprunte une infrastructure déjà existence. La traçabilité, le professionnalisme et le collaboratif de ses chauffeurs avec l'autorité ne sont plus au rendez-vous et encore moins mesurables. 

Aussi, l'exploitation en sa forme actuelle d'UBER relève plus de la concurrence déloyale et de la cannibalisation du marché du travail sur l'autel de la maximisation des profits que d'une évolution économique durable.

18/09/2015

NOS BANQUES S’ADAPTENT, MAIS A QUEL PRIX HUMAIN ?

rba-image-1112575.jpgIl y a encore peu, paraissait un article intitulé « Cinq ans de crise, toujours autant de banquiers », signé par Sébastien Dubas, journaliste chez "Le Temps".

Il nous paraît important, en complément des éléments purement factuels, d’évoquer ce que le tremblement de terre que vit le secteur financier suisse signifie pour les collaborateurs au quotidien. Ceci dans le contexte de l'étape pénible de l'abandon du secret bancaire passée.

Tout d’abord, comme le souligne l’article, si la photo aujourd’hui donne une image deFullSizeRender (4).jpg stabilité des effectifs, cela ne signifie pas que la situation ne pourrait pas se dégrader, bien au contraire. La guerre est loin d’être finie, et les batailles s’enchaînent, laissant craindre des conséquences fort négatives sur l’emploi, différées dans le temps.

Les employés du secteur le savent et la plupart d’entre eux ressentent la peur du lendemain.

Au quotidien, la vie a drastiquement changé : une pluie de directives, la plupart d’entre elles lourdes et compliquées, ne cesse de s’abattre sur eux, avec une force hallucinante.

Une part de plus en plus importante du temps de travail est consacrée à des tâches de « reporting » et de contrôle. Tout doit être justifié, documenté et avalisé par les échelons hiérarchiques, eux-mêmes contrôlés par les services internes de surveillance : compliance, legal, audit, risk-control etc… L’atmosphère est résolument à la suspicion et à la méfiance.

Sans compter que certaines directives, uniquement destinées à justifier la mise en place de mesures voulues par le régulateur, frisent parfois le ridicule, décrédibilisant ainsi l’ensemble.

FullSizeRender (5).jpgLes conseillers à la clientèle doivent en outre passer des batteries de tests et de certifications, certaines étant d’une lourdeur et d’une complexité telle qu’à peine l’examen passé, il leur est difficile de les interpréter et appliquer sur le terrain, sans compter que l’échec à certains tests peut avoir des conséquences irrémédiables, y-compris pour des conseillers actifs depuis plusieurs décennies dans le secteur.

Comme l’évoque également l’article, un échange entre les métiers a lieu et les emplois dans les services juridiques et compliance prennent le relai.

Quand bien même ces fonctions sont destinées à l’origine à aider les conseiller à ne pas commettre de faux pas, cette évolution est significative de l’époque et dénote très clairement un glissement  vers des structures de type Etat-policier, ce qui n’est jamais bon pour l’ambiance générale et le moral du commun des mortels.

Surveillance et contrôles renforcés allant naturellement de pair avec répression et punition, les directives contiennent quasi systématiquement les menaces qui planent en cas de non- respect. Quand on sait la complexité du métier et la multitude d’actes entrepris par un conseiller ou un cadre au quotidien, les risques mathématiques de trébucher sont élevés, renforçant ainsi la peur qui règne.

Notons que le risque encouru consiste non seulement à perdre son emploi, ce qui est déjà sérieux, mais il est également possible de se voir traduire en justice, qui plus est pour des faits remontant à plusieurs années en arrière.

Et, pour corser le tout, afin de compenser l’augmentation drastique des coûts de fonctionnement dérivés de l’évolution décrite, les exigences de performance n’ont cessé d’augmenter, plaçant les collaborateurs et leurs chefs dans un piège redoutable.

Tout ceci pour dire que si notre industrie financière s’efforce, avec beaucoup de mérite, de prendre les virages, parfois à 180 degrés, qui lui sont imposés, ce n’est pas sans conséquences pour les êtres humains.

Il semble que la profession figurant à la première place du classement des pourvoyeurs de cas pour les psys soit celle de banquiers. Burn-out et autres maladies dérivées du mal-être viennent alourdir les coûts de la santé, et le monde financier y apporte une contribution non négligeable.

Il serait tentant de relever que les employés de banques sont des enfants gâtés, bénéficiant de salaires bien au-dessus de la moyenne.

S’il est vrai que cette industrie a clairement exagéré et qu’une remise à niveau fera du bien, il est important de ne pas perdre de vue que tous les employés n’ont pas bénéficiés de rémunérations se comptant en centaines de milliers de francs, voire en millions, loin s’en faut.

Il n’est en outre dans l’intérêt de personne, ni des collectivités publiques, ni de l’économie en général, que l’une des principales composante de notre prospérité se trouve mal en point.

Il est vrai que bon nombre de ses représentants ont gravement fauté, et ils le paient très cher aujourd’hui, mais l’acharnement n’apportera rien de bon.

Un état de déprime permanent des collaborateurs d’un secteur si important constitue non seulement des coûts pour la santé, supportés par tous, mais nuira finalement à la compétitivité des entreprises concernées.

Il est vital que les acteurs politiques et les instances de régulation du secteur s’en soucient.

Pour une Suisse forte, on ne saurait ne pas soutenir notre place financière en lui permettant de faire jouer se qualités propres : sécurité, efficacité, compétences multiples.

14/09/2015

Vents contraires pour l'industrie financière

* Le gérant indépendant est obligé d'entreprendre !

Les vents contraires pour la branche sont sans précédent.

retrousser-ses-manches-de-chemise.jpgIl faut être fou pour embrasser la profession actuellement. Tant les vents contraires sont omniprésents et puissants. C'est en tout cas ce que disent nombre de collègues qui partent en retraite. Et pourtant, chaque année, ils sont encore nombreux les gérants et conseillers financiers à opter pour la voie de l'indépendance. Parce qu'il y a encore une place pour ce beau métier qui accompagne au plus près le client dans ses étapes de vie... Tel un médecin de famille. La proximité, la connaissance du client, de sa famille et son environnement ne sont pas l'apanage des grandes banques. Celles-ci agissant de manière segmentée et méthodiques comme des forces de vente, avant toute chose. L'industrialisation de la finance et le fardeau réglementaire en constante augmentation ne vont pas inverser la donne mais bien au contraire. Alors oui il y a et il y aura encore de la place pour le gérant indépendant. Toutefois, celui-ci doit changer de paradigme. De l'état esprit de banquier à l'environnement confortable et à l'argent facile, il devient un véritable entrepreneur. A ce titre, il ne trouvera son salut qu'en priorisant trois axes : 

1) Se réinventer et se réinventer encore pour offrir d'autres services et à une qualité optimum, ne serait-ce que pour protéger ses marges. La sélection des véhicules d'investissement et tourner les portefeuilles n'étant plus considérés comme savoir-faire propre au gérant. La valeur ajoutée doit être générée ailleurs. Dans la qualité et la pertinence du conseil par exemple tel que le conseil successoral, entre autres. 

2) Externaliser tout ce qui peut l'être. C'est en moyenne soixante pour cent du temps que les professionnels de la branche passent à régler de la paperasse. Autant de temps non générateur de revenus et que l'on ne passe pas au contact de la clientèle. C'est à ce niveau que la différence doit se faire sur le plan de la rentabilité. Simplifier et rationaliser à l'extrême les procédures administratives. Aujourd'hui, confort oblige, c'est plutôt le temps passé avec le client qu'on tend à minimiser. Certaines tâches peuvent et doivent s'externaliser. Une sérieuse analyse coût / horaire doit être faite. Les deux lois à venir sur les services et les établissements financiers LSFin et LEFin vont encore alourdir le tout.

3) Aller chercher le client et la visibilité. Certes, le marketing viral - le bouche à oreille - demeure encore pour beaucoup le plus efficace vecteur d'acquisition de nouvelles affaires. Néanmoins, dans un univers toujours plus concurrentiel, à la pression toujours plus forte sur la marge restante au gérant, la visibilité est nécessaire. Savoir se vendre et savoir promouvoir ses services deviennent nécessairement l'apanage d'une branche qui privilégiait jusqu'ici la discrétion. Et pour les nouveaux entrants sur le marché, il faut se rappeler que comme pour les cabinets médicaux, il faut compter, en moyenne, dix bonnes années pour faire son nom et sa place.

Autant de défis et d'adversités à venir qui vont augmenter la barrière à l'entrée mais rendre le métier encore plus passionnant qu'auparavant ! 

 

*Texte écrit et publié dans le supplément mensuel "INDICES" du quotidien économique suisse l'agefi, septembre 2015.