07/10/2014

L'industrie du lait... c'est beaucoup de calcium pour les lobbys !

Dans les pays à tradition laitière, les lobbys du lait sont intouchables.

(Article co-écrit avec Maëlle Kane et publié dans le quotidien Le Temps, le 3 octobre 2014.)

photo 1 (53).JPGUn nombre croissant de personnes dont de plus en plus d’enfants présentent une intolérance aux produits laitiers. Les grands responsables de cette intolérance seraient le lactose qui est le sucre du lait et la caséine, la protéine du lait.

Tout d’abord, il faut différencier l’allergie de l’intolérance. L’allergie est une réaction immédiate et visible avec production d’IgE* tandis que l’intolérance est une réaction retardée sans production d’IgE mais dans les deux cas, le système immunitaire est sollicité.

Les symptômes d’une intolérance aux produits laitiers peuvent être variables. Ils peuvent survenir plusieurs jours après ingestion de l’aliment incriminé :

Maux de tête, gargouillements d’estomacs, diarrhée, flatulence, coliques abdominale, chez les nourrissons prise irrégulière de poids, problème ORL, fatigue chronique, difficulté de concentration, etc…

La grande difficulté pour ces personnes qui présentent une intolérance ou une allergie et de pouvoir se nourrir sans pour autant nuire à leur santé.

Malheureusement, pour cette tranche de la population, le lait est partout ou presque…jambon, saucisson, médication, homéopathie, certaines boissons et même notre bon chocolat noir qui est censé ne pas contenir de lait est concerné.

Les produits laitiers il faut en consommer pour le calcium nous martèlent les médias. Au risque photo 2 (44).JPGde voir surgir une fragilité osseuse et dentaire ou d'autres problèmes liés à la carence en calcium. Allant jusqu’à culpabiliser les parents que nous sommes. Or, comment dès lors ne pas se questionner sur cette récente étude Nord -Américaine qui montre que l’incidence des fractures de l’avant-bras a augmenté de 32% chez les garçons et de 56% chez les filles au cours des 30 dernières années.

Les sources de calcium autres que les produits laitiers sont pourtant nombreuses. Des alternatives existent. Et le calcium est même mieux assimilé sans pour autant acidifier l’organisme.

Le lait est intimement lié à l’affectif. Il a en effet été introduit, dans les écoles auprès des enfants, en 1954 sous forme de verre de lait et de sucre par Mendès-France pour lutter contre la malnutrition et l’alcoolisme précoce qui faisaient des ravages dans la France de l’après-guerre.

Coutume qui perdure avec la mise en place récente de la “journée du lait à la pause” dans les établissements scolaires romands où les enfants qui présentent une intolérance au lactose sont priés de ne pas consommer les boissons lactées offertes par certaines associations paysannes.

Il est par ailleurs surprenant d’apprendre que dans le canton de Vaud, la journée nationale du lait est fixée au 4 novembre alors que dans le canton de Genève cette dernière avait lieu le 26 avril.

Dès lors, sachant que de plus en plus de petits Suisses souffrent d’intolérances aux produits laitiers n’y aurait-il pas d’alternatives au verre de lait aromatisé et sucré pour les enfants présentant une intolérance aux produits laitiers autre que d’origine animale ? 

Pour Thierry Souccar, auteur scientifique du Collège américain de nutrition : « La consommation généralisée de lait est une anomalie dans l'histoire alimentaire de l'humanité.» Pas de problème pour les baies, fruits et légumes. Notre organisme a même appris à tolérer la viande, apparue plus tardivement dans notre alimentation. Néanmoins, l'homme a commencé à consommer du lait il y a seulement 10’000 ans. Aujourd'hui encore, 75% de l'humanité ne le tolère pas. Le lobby laitier et ses relais politiques (Conseillers nationaux et accrédités) ont imposé leurs produits. La montée en puissance du marketing est constante. Elle s’étend de nos gares CFF à nos postes TV.  L’industrie du lait est une vraie poule aux œufs d’or. En 2013, 3'428'611 tonnes de lait ont été produites rien que dans notre pays. Avec une marge allant de 100 à 200% entre le prix payé au producteur – le paysan, très souvent exploité - et celui demandé par le détaillant/grossiste, une quantité d’intervenants vivent de cette industrie qui au demeurant est subventionnée par la collectivité. L’autre incohérence est la diminution régulière du nombre d’exploitations dans notre pays pour une production de lait identique. C’est-à-dire, une sur production par bête. L’apparition de la vache à haute performance. Des races spéciales sont sélectionnées et nourries avec des compléments énergétiques. Sans lesquels l'organisme de ces bovidés ne pourrait produire autant de lait. A titre de comparaison, une vache qui ne fait qu'allaiter son veau produit environ 7 à 9 litres par jour. Une vache de haute performance produit plus de 40 litres par jour. On payant le juste prix au producteur, on pourrait à la fois limiter le nombre d’intermédiaires et les subsides. Privilégions la qualité à la quantité. Avec l’esprit libéral et dans une optique de durabilité, il est temps de promouvoir un réel choix. Celui d’adopter ou non une alimentation à base de lait.

 

*Les immunoglobulines E (IgE) correspondent à une classe d'anticorps uniquement retrouvés chez les mammifères.

 

28/11/2013

Le Conseil fédéral propose le rejet de l'initiative "Sauvez l'or de la Suisse"

lingot_d_or.jpgL'UDC a déposé une initiative populaire pour préserver l'or de la Banque nationale suisse (BNS). En substance, cette dernière - elle s'intitule "Sauvez l'or de la Suisse" - demande à la BNS de stopper ses ventes d'or. De ramener au pays l'entier de ses stocks. Notamment la quantité stockée au Canada et en Australie. De constituer des réserves d'or pour au moins 20% de ses actifs.

Pour le Conseil fédéral, cela fait longtemps que le métal précieux n'a plus d'incidence directe sur la stabilité des monnaies.

L'UDC quant à elle estime que la préservation du stock actuel de 1040 tonnes est nécessaire pour garantir la stabilité du franc suisse.

Et le Conseil fédéral de proposer au Parlement de rejeter le texte sans contre-projet. 

Les arguments principaux :

- Une part élevée d'or - actif peu liquide - entraverait la politique et la liberté de manœuvre de la BNS.

- Par exemple, une mesure comme l'instauration d'un cours plancher par rapport à l'euro ne pourrait plus être prise avec la même liberté.

- Le stock actuel d'or reste important en comparaison internationale.

- L'interdiction des ventes d'or ne permettrait plus de réaliser des plus-values substantielles et réduirait le bénéfice que l'institut redistribue chaque année aux cantons.  

Néanmoins, il est regrettable de ne pas proposer un contre-projet qui permettrait une certaine latitude pour vendre et racheter une part du métal jaune avec gains quand cela est possible. Du moins, entrer en discussion avec les initiateurs.

Parce que les autres points de l'initiative ne sont pas sans intérêt et il est temps que notre population et nos élus soient d'avantage intéressés par les rouages de la BNS.

Il en est de même pour sa politique et sa vision actuelles.

A suivre...

13/09/2013

Refusons la modification de la loi sur le travail !

 

psantschi-petit.jpgDans le cadre des votations du 22 septembre 2013, nous avons à nous prononcer sur la modification de la Loi fédérale sur le travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce (Loi sur le travail, LTr). C’est l’article 27, al. 1quater qui sera, cas échéant, modifié comme suit : « Les magasins des stations-service qui sont situés sur les aires des autoroutes ou le long d’axes de circulation importants fortement fréquentés par les voyageurs et dont les marchandises et les prestations répondent principalement aux besoins des voyageurs peuvent occuper des travailleurs le dimanche et la nuit ».


 

Pierre Santschi, Ing.-physicien EPFL, SIA, ancien député au Grand Conseil vaudois

&

François Meylan, Conseiller financier

Que l’on ne s’y trompe pas. Plusieurs motions parlementaires, concernant d'autres libéralisations,1070097_10151717727958276_712367506_n.jpg sont actuellement pendantes. Leur sort sera fixé en fonction du résultat de cette votation. C’est principalement pour cela que les opposants à la modification ont opté pour un non de conviction et de précaution.

 

 

Mais cette votation pose un problème philosophique plus important. Souhaite-t-onenfants_tv.jpg continuer à transformer l'humain en un simple moyen de production ? Ou, de surcroît, en un pur consommateur avec les résultats que l'on connaît sur la santé mentale et affective de la population ? Force est de constater que le l'incitation à consommer  nous  entraîne dans une traversée en eau trouble dont nous ne voyons ni le fond ni les rivages. Le 22 septembre, nous aurons le choix entre dire non à une minorité de consommateurs « égoïstes » qui sont prêts à acheter ce que nous avons pour habitude de faire en journée à trois ou quatre « plombes du mat ».  Nous pouvons aussi considérer  l’individu – notre prochain – au cœur du système au lieu du dieu Fric et opter pour le bon sens, la modération et la sérénité pour toutes et pour tous.

Les partisans du oui argumentent la plus part du temps sur la base des principes d’une économie  dite libérale, voire plutôt néolibéraux.

Dans cette constellation, rappelons-nous les bases de la conception libérale réelle. Celle-ci est si souvent dévoyée dans notre pays. Exemple : on protège – la Confédération et nos parlementaires ont validé avec la loi too big to fail - l’UBS et le CS Group de la faillite et de toute concurrence sérieuse et dans le même temps on envoie nos concitoyennes et concitoyens à bas revenus ou se trouvant dans des conditions précaires travailler la nuit et le dimanche. Que d’hypocrisie, que d’arrogance et de mépris pour son prochain sous prétexte de libéralisme.  

Pourtant le libéralisme ce n’est pas ça. Pour ses concepteurs Adam Smith (la main invisible) et le français Montesquieu, la pensée libérale n'encourage pas la satisfaction de tous les "caprices" d'une poignée de consommateurs ni du marché qui sans encadrement devient sauvage. Sinon on trouverait des consommateurs qui seraient prêts à payer pour assister à des mises à mort. Le libéralisme - liberté d'entreprendre et liberté de contracter avec une pleine acceptation des risques - est encadré par la responsabilité sociale, le bien commun, le bon sens et la priorité à l'innocent. C'est pourquoi Messieurs Smith et Montesquieu accordent dans la promotion de l'esprit libéral une place importante à l'Etat comme arbitre et gardien du temple.

Cette modification de loi ouvre une brèche camouflée qui part des shops des stations-sevice et qui atteindra rapidement, par voie d’ordonnances, l’ensemble du commerce de détail.

Votons non le 22 septembre. Interrogeons-nous sur le modèle de société que nous souhaitons pour demain et pour nos enfants. A ce titre, il est surprenant de constater que les partis politiques qui brandissent la thématique de la famille dans leurs campagnes électorales ne semblent avoir que faire des effets néfastes du travail de nuit pour la famille et la santé.