25/11/2015

L’EI, ce sont ses réseaux financiers qu’il faut neutraliser !

FullSizeRender (26).jpgOn ne le dira jamais assez. Le terrorisme est, au même titre que le crime organisé, une industrie. En amont des terroristes et autres tueurs, se trouvent des individus qui vivent sur le dos de la terreur. Ils en vivent même très bien. Entretenir une situation infra guerrière ou une lutte pseudo idéologique leurs permet de justifier le racket, le vol, le détournement, le brigandage et tout autre crime. Comme récemment en Espagne, l’ETA, groupe séparatiste basque ayant muté avec le temps en simple organisation criminelle prélevait l’impôt révolutionnaire à tous les commerçants du Pays basque. Malheur à ceux qui ne s’exécutaient pas. L’histoire l’a démontré, on ne règle aucun conflit avec la violence. Par contre, la violence enrichit certains. On ne le répétera jamais assez… terrorisme et crime organisé c’est la même chose. Ce sont, la plus part du temps, les mêmes réseaux et les mêmes complicités. C’est sale, c’est lâche et c’est criminel. Les pseudos « taxes » sur le coton, sur les changes comme sur le pétrole, en passant par le produit des rançons, empruntent les mêmes circuits financiers. Nos gouvernements les utilisent également quand ils marchandent leurs armes et autres contrats. On en profitera pour en rajouter une couche. L’Islam n’a de loin pas la paternité du terrorisme. Il suffit de constater le niveau d’ignorance en matière religieuse des assassins. Inquiétant aussi est le fait que huitante pour cent des tueurs viennent de nos agglomérations. En Syrie comme en Irak, la population fuit la violence. Chez nous, on la cultive sur l’autel d’un capitalisme sauvage qui déshumanise l’individu. Le tout consumérisme et la brutalité de notre voyeurisme d’Occidental décadent poussent même à l’abject des mises à morts les plus choquantes. Sur ce plan, tant les médias que les réseaux sociaux endossent une grande part de responsabilité. Ils sont même complices de l’abominables. En offrant de la place au macabre alors qu’il n’y a plus aucune valeur d’information. La mort est reléguée au second plan, loin derrière la mise en scène. Les auteurs s’évertuent en imagination morbide. L’offre répond à la demande. Nous sommes la demande, consommateurs d’images, de vidéos et de sensationnalisme. Le contenant a pris le dessus sur le contenu. On se trouve dans une véritable logique économique. C’est à nous de censurer la mort déshumanisée. Il nous appartient de forcer nos gouvernements et politiques à geler les courants financiers qui alimentent ces bandits. Ceux-ci sont connus. Les banques qui travaillent avec le sont également. Fermer le réservoir du nerf de la guerre sera, à coup sûr, plus efficace et plus durable qu’un tapissage de bombes technologiques. Nous sommes tous concernés comme nous sommes tous responsables.

26/09/2014

Les assassins d'Hervé Gourdel...

hervé gourdel.jpg*Est-il nécessaire Monsieur le Président de la République française de préciser qu’Hervé Gourdel a été décapité ? N’est-ce pas ajouter du sensationnel à la sauvagerie ? Faire l’apologie du crime. Lors de votre conférence de presse, mercredi dernier, vous auriez pu encore expliquer comment après avoir tailladé la gorge on s’empresse – râle et sanglots de la victime étant insoutenables – de placer la lame entre deux cervicales pour détacher au plus vite la tête du reste du corps…Pour chercher Hervé Gourdel sur Google, il suffit de taper « otage français décapité » ! Est-ce normal ? Où est passée notre humanité ? Est-ce le seul souvenir que l’on entend garder de l’innocent quinquagénaire ?

A-t-on pensé, un seul instant, à ses proches ou encore à sa mère qui l’a enfantée en un seul morceau ?

Et les médias d’en rajouter et d’en rajouter. Un journalisme professionnel et respectueux des victimes ne devrait-il pas se limiter à informer comme suit : « Hervé Gourdel a succombé à la stupidité et à la crapulerie de ses ravisseurs » ou plus simplement « Hervé Gourdel a été assassiné ».

Quant aux assassins, leur acte n’est rien d’autre que crapuleux. On le sait. Ils reçoivent de l’argent pour tuer. Leur démarche n’a rien de révolutionnaire, ni de guerrier et encore moins de djihadiste. Ce sont des criminels de droit commun tels que des trafiquants d’armes, de stupéfiants ou encore des voleurs ou des proxénètes.

Une fois encore, l’Islam n’a rien à voir avec ce meurtre. Religion de paix et édifiée dans la voix de la connaissance et de l’amour, elle est tantôt prise en otage par les politiques locaux mais également par les stratèges occidentaux qui y voient un vecteur commun à une immense zone riche en hydrocarbures. Une bande géographique très large qui s’étend de la Mauritanie à la péninsule arabique et comprenant les républiques musulmanes de l’ex-URSS. Situées au nord de l’Afghanistan.

La responsabilité de l’Occident est d’y avoir encouragé et soutenu, à coups de pétrodollars, l’obédience la plus sectaire et rigoriste qu’est le wahhabisme. Courant sunnite financé en particulier par l’Arabie Saoudite à qui nous devons un litre d’essence consommé sur quatre, le Qatar et l’ISI – les services secrets pakistanais.

Cessons de faire de la publicité gratuite à ces actes crapuleux. Dégonflons le phénomène sinon tousphoto (13).JPG les Occidentaux de la région vont se voir gratifier d’une périlleuse valeur marchande crapuleuse. Revoyons de fond en comble notre politique énergétique. Ne soutenons plus les obscurantistes. Ils ne sont que très minoritaires. Le milliard de Musulmans a comme priorités : de vivre, trouver du travail et faire prospérer sa famille. En rien, il ne saurait être associé au meurtre d’Hervé Gourdel.

Ne faisons plus la promotion de l’innommable.

 

*François Meylan

Auteur de deux essais sur le terrorisme international « USS Quincy » et « Londres, le 7 juillet… Comprendre la menace terroriste », tous deux publié en 2005, chez Le Publieur, Paris.

Auteur de divers articles de géopolitique pour la Revue militaire suisse et de textes de politique sécuritaire, dans les lignes du quotidien économique suisse l’Agefi.

Auteur d’un reportage sur le terrorisme de l’ETA en Espagne en 2001, particulièrement remarqué à Madrid.

 

 

 

 

 

25/08/2014

Les passeurs de la Vallée de Joux…

B.jpgNombreux sont les faits et les évènements de la seconde guerre mondiale qui ont affecté de près ou de loin notre pays la Suisse. Le décor exceptionnel de La Vallée de Joux fut le théâtre d’opérations d’une poignée de femmes et d’hommes qui prirent sur eux et leurs familles pour sauver des gens d’autres nationalités et d’autres confessions (juive en particulier) que tout semblait condamner à l’insoutenable extermination nazie.

Dès juin 1940, l’Armée allemande occupe toute la moitié Nord de la France, la côte atlantique jusqu’à la frontière avec l’Espagne comprise. La France « libre » de Pétin – soit le reste de l’hexagone et particulièrement le sud le restera encore deux ans.

A.pngL’une des principales frontières que nous avons alors avec cette France occupée est le Massif du Jura et tout particulièrement les 300 km qui comprennent les bois du Risoux. Les villages français les plus proches sont Chapelle-des-Bois et Mouthe. Il leur est imposé le stationnement de deux garnisons allemandes dont une unité de la Grenzschutz appuyée de soldats russes. Rappelons-le, à cette époque, les Russes de Staline sont des envahisseurs qui non sans avoir partagé la Pologne avec Hitler attaquent, entre autres, la Finlande.

Le Risoux sera alors et jusqu’en 1944 le théâtre des contrebandiers, des espions mais aussi des passeurs. Si l’emplacement de l’ambassade britannique à Lausanne explique les activités d’espionnages, ce sont des cœurs vaillants et des êtres d’exception – demeurés discrets et modestes – qui motivent les opérations des passeurs. Des Enfants de la Hille – colonie établie au pied des Pyrénées – aux familles juives, en passant par d’autres réfugiés menacés de déportation, les « passeurs » de la Vallée sauvèrent des vies.

Avec pudeur et refusant toute publicité, certains diront plus tard :

« Nous n’avons fait que notre devoir. »

Pourtant, les dénonciations ont été courantes, tant du côté suisse que du côté français. EnC.jpg décembre 1942, Georgette Meylan et un autre compatriote sont arrêtés dans la ferme de Sous-le-Risoux, à Chapelle des Bois (F).

Le 30 juillet 1943, Bernard Bouveret et Achille Griffon qui sont arrêtés par les douaniers lors de leur arrivée de notre côté de la frontière. Les douaniers du pays, à l’instar de nos autorités de l’époque, sont sans complaisance. L’atteinte à la neutralité suisse est un délit. Un contrebandier des Charbonnière sera même abattu.

Le 20 décembre suivant, Achille Griffon est arrêté par les gendarmes français – sévit alors la France de la collaboration. Remis aux Allemands parce qu’il était en possession d’une arme, il est déporté au camp concentration français de Struthof (Alsace).  Il ne reviendra qu'en 1945.

Le 17 janvier 1944, André Bochy, le fiancé de Georgette Meylan, est arrêté à son tour dans son moulin à Champagnole. De nationalité helvétique, il n’a pas été mobilisé; mais il s’est engagé dans la résistance. Déporté, il ne reviendra jamais !

Printemps 1944, c’est au tour de Bernard Bouveret d’être arrêté, à la suite de son père, la Gestapo les ayant confondus. Tous deux sont déportés au camp de Dachau, jusqu'à leur libération en avril 1945.

La guerre terminée, l’Europe libérée, il a fallu attendre la fin des années huitante pour que la contribution héroïque des passeurs soit reconnue. Parmi les anciens passeurs du Risoux, c’est la contribution d’Anne-Marie Im Hof-Piguet qui est reconnue en premier. Grâce surtout au témoignage des enfants Juifs rescapés de la Hille. S’y ajoute le travail de mémoire effectué par Yad Vashem, le mémorial de la Shoah.

« Cette reconnaissance sera, comme ailleurs dans le monde, d’abord internationale puis locale. Dès lors, la porte sera ouverte à la reconnaissance de ses compagnons de l’époque. Simultanément, notre pays reconnaîtra enfin, par la voix de son président Kaspar Villiger en 1995, avoir négligé son devoir d’assistance et d’accueil au profit d’une conception trop étroite de sa neutralité. La réhabilitation définitive des passeurs suisses, de Genève jusqu'à la Thurgovie, sera achevée par une commission parlementaire en 2011. »

http://www.lespasseursdememoire.ch/

les passeurs.pngPeut-être encore, le meilleur moyen de leur rendre hommage est de participer à la cérémonie officielle autour du monument des passeurs, samedi 13 septembre 2014, à 11 :00, sur la rade du Pont (VD). Ou encore prendre part à la prochaine et huitième marche « Rando des Paseurs » qui relie via deux parcours de 17 et respectivement 25 km la Vallée de Joux à Chapelle-des-Bois (F).

 

Ce dernier évènement qui a le mérite d’associer effort, nature et souvenir se déroule chaque année au mois de juin.

 

www.randodespasseurs.com