26/05/2015

Un jalon supplémentaire vient d’être posé contre l’agrobusiness et Monsanto.

IMG_4521.JPG*Samedi 23 mai 2015, journée attribuée par quelques ONG à une marche mondiale contre Monsanto aura, sans aucun doute, été un jalon de plus posé sur l’autel de la liberté. La liberté contre une concentration de l’agrobusiness destructeur. Illustré par la firme américaine du Missouri Monsanto. Cette méga-manifestation annoncée dans trente-huit pays et quatre-cent vingt-huit villes a surtout servi aux lanceurs d’alertes – Greenpeace, Uniterre, Attac, Stop OGM, PANSWISS, les Verts, et autres citoyens – d’attirer la lumière sur un modèle de production industriel, intensif, réducteur qui ne demeure productif qu’à un coût énergétique, environnemental et social important. A Morges (VD) – ville de 15'000 habitants - où la multinationale a son quartier général pour l’Europe, l’Afrique et pour le Moyen-Orient, la manifestation a réuni 1500 manifestants. IMG_4738.JPG

Fait très rare voire sans précédent pour la cité qu’on appelle La Coquette.

Un autre débat soulevé par l’implémentation morgienne est celui de l’exonération fiscale durant dix ans. Accordée à la multinationale, il est vrai dans le cadre d’une systématique à tout va  par l’Etat de Vaud, lors de sa promotion économique de la décennie précédente.

 

IMG_4733.JPGDans cette constellation plus locale, le mouvement politique centriste, libéral et humaniste « Morges Libre » a interpelé le législatif morgien, en date du 26 novembre 2014. L’interpellation portait alors sur les questions suivantes :

 

1) Quelle est l’importance du siège morgien pour la firme américaine et quelles sont ses fonctions organiques ?

 

2) Une analyse du risque d’image et de publicité non souhaitée liées aux activités souvent très controversées de la firme a-t-elle été faite par le politique ou par une quelconque administration? Le cas échéant, pour quelles conclusions ?

 

3) Quelles sont les contributions en termes d’impôts et de créations d’emplois pour Morges et sa région de Monsanto International Sàrl ?

 

Ce n’est que le 18 février 2015, suite aux insistances répétées du président de Morges Libre, que l’autorité politique sollicitée répondit par une fin de non recevoir. Episode cocasse, c’est un élu du groupe Les Verts qui l’a signée.

 

IMG_4737.JPGSi Monsanto – leader de la production de semences génétiquement modifiées (OGM) et de produits chimiques hautement toxiques – cristallise l’irrespect pour le vivant, les scandales de santé publique, les politiques sous influences, le mépris pour le dur labeur de l’agriculteur, le dédain apparent de la santé des consommateurs, le suisse Syngenta – leader mondial des pesticides, les allemands Bayer et BASF – ex-producteurs des gaz d’extermination utilisés dans les camps de concentrations nazis, et les américains Dow et Dupont ne sont pas en restes non plus. A danger global et acteurs industriels globalisés, la réponse doit être dynamique et globale également. Dans notre pays, le Canton de Fribourg vient d’interdire sur son sol les OGM. Il est suivi par le Canton du Jura et les cantons de Vaud et de Genève discutent dans ce sens. Notons que notre pays est protégé par un moratoire sur les OGM jusqu’en 2017. Soit, seulement jusqu’à… demain. Nous pouvons être reconnaissants aux lanceurs d’alerte de samedi dernier. Poursuivons la mobilisation, celle des champs, celle de la terre et celle de la rue. Cette lutte de fond et de longue haleine l’emportera. Ces multinationales à la source ou répondant à la mal bouffe usent et abusent de la peur. A force de propagandes, d’avocats et de politiques sous influences, elles s’appliquent, avec virulence, à nous faire avaler – c’est le cas de la dire – que l’on peut consommer, sans risque, des poulets au chlore, de la viande aux hormones, des aliments OGM ou encore du saumon au bœuf. Elles ont le sens de l’histoire désormais contre elles. Les réseaux sociaux se mobilisent. La multiplication des canaux d’informations a ouvert le chemin. Le combat est gigantesque. L’Union européenne vient d’autoriser l’importation de 19 organismes génétiquement modifiés dont 11 sont brevetés par Monsanto.

 

A l’heure où sont récoltées les signatures en faveur de l’initiative populaire fédérale « Pour la souveraineté alimentaire, L’agriculture nous concerne toutes et tous », les questions agricoles – longtemps, reléguées au second plan des préoccupations citoyennes - tout comme Monsanto deviennent des dossiers chauds et incontournables.

*François Meylan

Président de Morges Libre

 

12/12/2014

Kobané, le dernier rempart face à la déshumanisation !

photo 4.PNGCette ville syrienne d’une quarantaine de milliers d’habitants – pour la grande majorité, des Kurdes – se défend héroïquement face aux attaques des troupes lourdement armées du pseudo Etat Islamique (EI).

Principalement, ce sont les femmes qui ont pris les armes. Elles ont ce mérite. Elles ont décidé de prendre en mains leurs destins et celui de leurs familles. Parce qu’elles connaissent le sort qui leur est réservé si Kobané tombe en mains des barbares. Le viol, l’exécution extrajudiciaire, l’esclavagisme ou celui d’être vendue pour une poignée de dollars.

Déjà, les photos de femmes décapitées pullulent sur la toile et sur les réseaux sociaux. Ce qui photo 2.PNGinterpelle aussi dans le courage de ces combattantes de fortune est qu’elles mènent un combat d’une symbolique toute libérale. Elles ne se battent pas seulement pour la liberté mais aussi pour la dignité humaine. Elles sont l’incarnation même – sur l’autel du sacrifice ultime – du combat libéral. Entre d’une part le collectivisme à œillères que le voisin turc, situé géographiquement dans leur dos, pratique pour des questions de dogme.

Le gouvernement d’Ankara ayant fermé ses frontières devant l’insoutenable, empêchant ainsi tout refuge. Il a ses raisons. Elles sont surtout politiques et bien entendu historiques. La question du peuple kurde – une quarantaine de millions d’individus – ayant le plus souvent été balayée d’un simple revers de main.

De l’autre côté, ce sont des mercenaires, des assassins et des « djihadistes » qui incarnent une froideur et une sauvagerie toute capitalistique. Il est évident qu’aucune religion n’a d’implication dans ces comportements criminels. L’islam politique ne saurait être, une fois de plus ou de trop, que prétexte. Dans le camp des hordes de l’EI qui encerclent la petite ville syrienne – de l’Est à l’Ouest en comprenant le Sud – on y trouve aussi des jeunes Occidentaux… Bien de chez nous !

Kobané.jpgCes « égarés » de notre société occidentale consumériste et décadente – à la recherche d’un sens, d’un trip ou que sais-je – sont allés battre le fer avec ces mamans et ces jeunes filles. Nos fils nantis sont partis participer à cette sauvagerie déshumanisée… honte à nous !

Le tout est financé par des individus arrogants. Ils couvrent des intérêts financiers particuliers. On en côtoie les mandants dans les quartiers résidentiels de Karachi, dans l’agglomération de Londres, en Espagne – en train d’acheter  un club de foot - ou encore… à la rue du Rhône, lors des fêtes de Genève. Eh oui c’est chez nous !

photo 3.PNGOn note, dans cette manière de financer et de mener ces guerres d’un nouveau type, des similitudes avec les méfaits du capitalisme sauvage de prédation. Celui qui est exercé, à la barbe des gouvernements et des collectivités, par des multinationales et des « capitaines » d’industrie – mercenaires – sur le socle de la déshumanisation. On cannibalise le marché du travail. Le capital remplace le facteur humain. D’un côté, on consomme de l’humain sous toutes ses formes. De l’autre on coupe des têtes. On se basant sur les mêmes études en communication. Le marketing est une arme. Si l’avarice est la fille aînée du mal, l’intelligence sans amour est le mal. Et à coup sûr le mal tente de s’emparer de Kobané. Ses combattantes sont autant de maillons forts. Elles vivent. Elles se révoltent. Elles sont libres… elles sont dignes !

Montrons nous aussi que nous sommes encore vivants et libres. Soutenons les femmes de Kobané. photo 1.JPG

Le philosophe Sénèque les applaudirait en ces termes :

« Le courage mène aux étoiles… la peur à la mort. »

 

13/11/2014

Procès Raoul Weil : l'arrogance blanchie !

La montagne qui accouche d'une souris !

photo 2 (45).JPGRaoul Weil.jpgLe procès était devenu superflu. Entre l'inculpation et la fuite en 2009 de Raoul Weil et son arrestation à Bologne - Italie, en octobre 2013 et son acquittement il y a une semaine, il s'est passé cinq ans.

Laps de temps durant lequel les autorités américaines - l'Administration fiscale (IRS) comme le Département de justice (DoJ) - ont eu tout loisir d'obtenir des dizaines de milliers de noms de clients américains qui n'avaient pas déclaré leurs fortunes. Elles ont également obtenu les coordonnées de collaborateurs de banques suisses par centaines, les paiements d'indemnités et d'amendes par centaines de millions - plus de 2 milliards de dollars pour la seule UBS pour démarchage illicite, blanchiment aggravé de fraude fiscale, pour le subprimes et pour gestion déloyale.

photo 1 (55).JPGElles ont aussi asséné un coup irréversible à notre place financière qui chemine d'un pas assuré, à présent, vers l'échange automatique d'informations et ont su imposer la FATCA - loi fiscale US extraterritoriale et très pernicieuse.

Quant à Monsieur Weil, il avait toutes les garanties de s'en sortir. Il a lui-même insisté à aller jusqu'au procès, refusant tout arrangement. Ses soutiens étant puissants. N'ont-ils pas réunis la coquette garantie de 10 millions de dollars en quelques heures pour assurer la caution de leur "ami"?

Mais le No 3 de l'UBS et grand ponte de la gestion de fortune de la banque aux trois clés pouvait-il ignorer les agissements délictueux et systématiques de ses troupes sur sol américain ? Au sens du code pénal, on parle déjà de crime organisé puisque opérant par bande.

Il a été acquitté après seulement une heure et demie de délibération de la part d'un jury populaire très bien trié sur le volet par les deux avocats virtuoses assurant sa défense et clôturant trois semaines de procès.

C'est notoire, on ne met pas en le no 3 d'une banque comme UBS en prison. Pour la petite histoire, son alter égo chez Goldman Sachs termine sa carrière comme conseiller à la Maison Blanche ou encore mieux comme président de la Réserve fédérale à New York.

Innocenté, on peut se demander comment ne s'est-il jamais demandé d'où venait sa rémunération colossale. Plutôt, comment était-elle générée. Parce qu'aujourd'hui nous nous apercevons que agissements incriminés à la grande banque n'ont pas seulement eu lieu aux Etats-Unis mais aussi en Italie, en France, en Allemagne et au Canada pour ne citer que ces zones de marché.

A la lumière des ces faits, on est on droit de se demander est-ce que la rémunération de M. Weil, à la louche, en dizaines de millions de francs suisses était bien en adéquation avec ses responsabilités réelles.

Il y a plus de dix ans, la banque créait l'unité W9 pour s'occuper des clients américains qui déclaraient leurs avoirs - eh oui il y en a aussi. Par opposition à tous les autres qui "cachaient" sous faux noms, sociétés écrans, etc. et etc. Raoul Weil était-il vraiment pas informé ? Liberté est donnée au lecteur de se forger son opinion.

Quant-est-il des subalternes et autres collaborateurs qui ne se sont pas sortis d'affaires aussi facilement que leur boss ? Doit-on conclure que ce sont toujours les "petits" qui trinquent au profit des "gros" ? Dans tous les cas, nous devons nous inquiéter parce que les fondements de notre démocratie tout comme de notre système libéral sont la confiance et la loyauté. Celles-ci paraissent aujourd'hui être durablement affectées, en partie, par les comportements d'une poignée de dirigeants mercenaires qui n'ont plus rien à voir avec le définition d'un patron, ni même de celle d'un libéral mais qui sont plutôt animés par un état d'esprit voyou.

A suivre...

Mes chaleureux remerciements vont à Jean-Jacques Antonietti pour son remarquable travail documentaire.