13/11/2014

Procès Raoul Weil : l'arrogance blanchie !

La montagne qui accouche d'une souris !

photo 2 (45).JPGRaoul Weil.jpgLe procès était devenu superflu. Entre l'inculpation et la fuite en 2009 de Raoul Weil et son arrestation à Bologne - Italie, en octobre 2013 et son acquittement il y a une semaine, il s'est passé cinq ans.

Laps de temps durant lequel les autorités américaines - l'Administration fiscale (IRS) comme le Département de justice (DoJ) - ont eu tout loisir d'obtenir des dizaines de milliers de noms de clients américains qui n'avaient pas déclaré leurs fortunes. Elles ont également obtenu les coordonnées de collaborateurs de banques suisses par centaines, les paiements d'indemnités et d'amendes par centaines de millions - plus de 2 milliards de dollars pour la seule UBS pour démarchage illicite, blanchiment aggravé de fraude fiscale, pour le subprimes et pour gestion déloyale.

photo 1 (55).JPGElles ont aussi asséné un coup irréversible à notre place financière qui chemine d'un pas assuré, à présent, vers l'échange automatique d'informations et ont su imposer la FATCA - loi fiscale US extraterritoriale et très pernicieuse.

Quant à Monsieur Weil, il avait toutes les garanties de s'en sortir. Il a lui-même insisté à aller jusqu'au procès, refusant tout arrangement. Ses soutiens étant puissants. N'ont-ils pas réunis la coquette garantie de 10 millions de dollars en quelques heures pour assurer la caution de leur "ami"?

Mais le No 3 de l'UBS et grand ponte de la gestion de fortune de la banque aux trois clés pouvait-il ignorer les agissements délictueux et systématiques de ses troupes sur sol américain ? Au sens du code pénal, on parle déjà de crime organisé puisque opérant par bande.

Il a été acquitté après seulement une heure et demie de délibération de la part d'un jury populaire très bien trié sur le volet par les deux avocats virtuoses assurant sa défense et clôturant trois semaines de procès.

C'est notoire, on ne met pas en le no 3 d'une banque comme UBS en prison. Pour la petite histoire, son alter égo chez Goldman Sachs termine sa carrière comme conseiller à la Maison Blanche ou encore mieux comme président de la Réserve fédérale à New York.

Innocenté, on peut se demander comment ne s'est-il jamais demandé d'où venait sa rémunération colossale. Plutôt, comment était-elle générée. Parce qu'aujourd'hui nous nous apercevons que agissements incriminés à la grande banque n'ont pas seulement eu lieu aux Etats-Unis mais aussi en Italie, en France, en Allemagne et au Canada pour ne citer que ces zones de marché.

A la lumière des ces faits, on est on droit de se demander est-ce que la rémunération de M. Weil, à la louche, en dizaines de millions de francs suisses était bien en adéquation avec ses responsabilités réelles.

Il y a plus de dix ans, la banque créait l'unité W9 pour s'occuper des clients américains qui déclaraient leurs avoirs - eh oui il y en a aussi. Par opposition à tous les autres qui "cachaient" sous faux noms, sociétés écrans, etc. et etc. Raoul Weil était-il vraiment pas informé ? Liberté est donnée au lecteur de se forger son opinion.

Quant-est-il des subalternes et autres collaborateurs qui ne se sont pas sortis d'affaires aussi facilement que leur boss ? Doit-on conclure que ce sont toujours les "petits" qui trinquent au profit des "gros" ? Dans tous les cas, nous devons nous inquiéter parce que les fondements de notre démocratie tout comme de notre système libéral sont la confiance et la loyauté. Celles-ci paraissent aujourd'hui être durablement affectées, en partie, par les comportements d'une poignée de dirigeants mercenaires qui n'ont plus rien à voir avec le définition d'un patron, ni même de celle d'un libéral mais qui sont plutôt animés par un état d'esprit voyou.

A suivre...

Mes chaleureux remerciements vont à Jean-Jacques Antonietti pour son remarquable travail documentaire.

 

07/10/2014

L'industrie du lait... c'est beaucoup de calcium pour les lobbys !

Dans les pays à tradition laitière, les lobbys du lait sont intouchables.

(Article co-écrit avec Maëlle Kane et publié dans le quotidien Le Temps, le 3 octobre 2014.)

photo 1 (53).JPGUn nombre croissant de personnes dont de plus en plus d’enfants présentent une intolérance aux produits laitiers. Les grands responsables de cette intolérance seraient le lactose qui est le sucre du lait et la caséine, la protéine du lait.

Tout d’abord, il faut différencier l’allergie de l’intolérance. L’allergie est une réaction immédiate et visible avec production d’IgE* tandis que l’intolérance est une réaction retardée sans production d’IgE mais dans les deux cas, le système immunitaire est sollicité.

Les symptômes d’une intolérance aux produits laitiers peuvent être variables. Ils peuvent survenir plusieurs jours après ingestion de l’aliment incriminé :

Maux de tête, gargouillements d’estomacs, diarrhée, flatulence, coliques abdominale, chez les nourrissons prise irrégulière de poids, problème ORL, fatigue chronique, difficulté de concentration, etc…

La grande difficulté pour ces personnes qui présentent une intolérance ou une allergie et de pouvoir se nourrir sans pour autant nuire à leur santé.

Malheureusement, pour cette tranche de la population, le lait est partout ou presque…jambon, saucisson, médication, homéopathie, certaines boissons et même notre bon chocolat noir qui est censé ne pas contenir de lait est concerné.

Les produits laitiers il faut en consommer pour le calcium nous martèlent les médias. Au risque photo 2 (44).JPGde voir surgir une fragilité osseuse et dentaire ou d'autres problèmes liés à la carence en calcium. Allant jusqu’à culpabiliser les parents que nous sommes. Or, comment dès lors ne pas se questionner sur cette récente étude Nord -Américaine qui montre que l’incidence des fractures de l’avant-bras a augmenté de 32% chez les garçons et de 56% chez les filles au cours des 30 dernières années.

Les sources de calcium autres que les produits laitiers sont pourtant nombreuses. Des alternatives existent. Et le calcium est même mieux assimilé sans pour autant acidifier l’organisme.

Le lait est intimement lié à l’affectif. Il a en effet été introduit, dans les écoles auprès des enfants, en 1954 sous forme de verre de lait et de sucre par Mendès-France pour lutter contre la malnutrition et l’alcoolisme précoce qui faisaient des ravages dans la France de l’après-guerre.

Coutume qui perdure avec la mise en place récente de la “journée du lait à la pause” dans les établissements scolaires romands où les enfants qui présentent une intolérance au lactose sont priés de ne pas consommer les boissons lactées offertes par certaines associations paysannes.

Il est par ailleurs surprenant d’apprendre que dans le canton de Vaud, la journée nationale du lait est fixée au 4 novembre alors que dans le canton de Genève cette dernière avait lieu le 26 avril.

Dès lors, sachant que de plus en plus de petits Suisses souffrent d’intolérances aux produits laitiers n’y aurait-il pas d’alternatives au verre de lait aromatisé et sucré pour les enfants présentant une intolérance aux produits laitiers autre que d’origine animale ? 

Pour Thierry Souccar, auteur scientifique du Collège américain de nutrition : « La consommation généralisée de lait est une anomalie dans l'histoire alimentaire de l'humanité.» Pas de problème pour les baies, fruits et légumes. Notre organisme a même appris à tolérer la viande, apparue plus tardivement dans notre alimentation. Néanmoins, l'homme a commencé à consommer du lait il y a seulement 10’000 ans. Aujourd'hui encore, 75% de l'humanité ne le tolère pas. Le lobby laitier et ses relais politiques (Conseillers nationaux et accrédités) ont imposé leurs produits. La montée en puissance du marketing est constante. Elle s’étend de nos gares CFF à nos postes TV.  L’industrie du lait est une vraie poule aux œufs d’or. En 2013, 3'428'611 tonnes de lait ont été produites rien que dans notre pays. Avec une marge allant de 100 à 200% entre le prix payé au producteur – le paysan, très souvent exploité - et celui demandé par le détaillant/grossiste, une quantité d’intervenants vivent de cette industrie qui au demeurant est subventionnée par la collectivité. L’autre incohérence est la diminution régulière du nombre d’exploitations dans notre pays pour une production de lait identique. C’est-à-dire, une sur production par bête. L’apparition de la vache à haute performance. Des races spéciales sont sélectionnées et nourries avec des compléments énergétiques. Sans lesquels l'organisme de ces bovidés ne pourrait produire autant de lait. A titre de comparaison, une vache qui ne fait qu'allaiter son veau produit environ 7 à 9 litres par jour. Une vache de haute performance produit plus de 40 litres par jour. On payant le juste prix au producteur, on pourrait à la fois limiter le nombre d’intermédiaires et les subsides. Privilégions la qualité à la quantité. Avec l’esprit libéral et dans une optique de durabilité, il est temps de promouvoir un réel choix. Celui d’adopter ou non une alimentation à base de lait.

 

*Les immunoglobulines E (IgE) correspondent à une classe d'anticorps uniquement retrouvés chez les mammifères.

 

26/09/2014

Les assassins d'Hervé Gourdel...

hervé gourdel.jpg*Est-il nécessaire Monsieur le Président de la République française de préciser qu’Hervé Gourdel a été décapité ? N’est-ce pas ajouter du sensationnel à la sauvagerie ? Faire l’apologie du crime. Lors de votre conférence de presse, mercredi dernier, vous auriez pu encore expliquer comment après avoir tailladé la gorge on s’empresse – râle et sanglots de la victime étant insoutenables – de placer la lame entre deux cervicales pour détacher au plus vite la tête du reste du corps…Pour chercher Hervé Gourdel sur Google, il suffit de taper « otage français décapité » ! Est-ce normal ? Où est passée notre humanité ? Est-ce le seul souvenir que l’on entend garder de l’innocent quinquagénaire ?

A-t-on pensé, un seul instant, à ses proches ou encore à sa mère qui l’a enfantée en un seul morceau ?

Et les médias d’en rajouter et d’en rajouter. Un journalisme professionnel et respectueux des victimes ne devrait-il pas se limiter à informer comme suit : « Hervé Gourdel a succombé à la stupidité et à la crapulerie de ses ravisseurs » ou plus simplement « Hervé Gourdel a été assassiné ».

Quant aux assassins, leur acte n’est rien d’autre que crapuleux. On le sait. Ils reçoivent de l’argent pour tuer. Leur démarche n’a rien de révolutionnaire, ni de guerrier et encore moins de djihadiste. Ce sont des criminels de droit commun tels que des trafiquants d’armes, de stupéfiants ou encore des voleurs ou des proxénètes.

Une fois encore, l’Islam n’a rien à voir avec ce meurtre. Religion de paix et édifiée dans la voix de la connaissance et de l’amour, elle est tantôt prise en otage par les politiques locaux mais également par les stratèges occidentaux qui y voient un vecteur commun à une immense zone riche en hydrocarbures. Une bande géographique très large qui s’étend de la Mauritanie à la péninsule arabique et comprenant les républiques musulmanes de l’ex-URSS. Situées au nord de l’Afghanistan.

La responsabilité de l’Occident est d’y avoir encouragé et soutenu, à coups de pétrodollars, l’obédience la plus sectaire et rigoriste qu’est le wahhabisme. Courant sunnite financé en particulier par l’Arabie Saoudite à qui nous devons un litre d’essence consommé sur quatre, le Qatar et l’ISI – les services secrets pakistanais.

Cessons de faire de la publicité gratuite à ces actes crapuleux. Dégonflons le phénomène sinon tousphoto (13).JPG les Occidentaux de la région vont se voir gratifier d’une périlleuse valeur marchande crapuleuse. Revoyons de fond en comble notre politique énergétique. Ne soutenons plus les obscurantistes. Ils ne sont que très minoritaires. Le milliard de Musulmans a comme priorités : de vivre, trouver du travail et faire prospérer sa famille. En rien, il ne saurait être associé au meurtre d’Hervé Gourdel.

Ne faisons plus la promotion de l’innommable.

 

*François Meylan

Auteur de deux essais sur le terrorisme international « USS Quincy » et « Londres, le 7 juillet… Comprendre la menace terroriste », tous deux publié en 2005, chez Le Publieur, Paris.

Auteur de divers articles de géopolitique pour la Revue militaire suisse et de textes de politique sécuritaire, dans les lignes du quotidien économique suisse l’Agefi.

Auteur d’un reportage sur le terrorisme de l’ETA en Espagne en 2001, particulièrement remarqué à Madrid.