12/12/2014

Kobané, le dernier rempart face à la déshumanisation !

photo 4.PNGCette ville syrienne d’une quarantaine de milliers d’habitants – pour la grande majorité, des Kurdes – se défend héroïquement face aux attaques des troupes lourdement armées du pseudo Etat Islamique (EI).

Principalement, ce sont les femmes qui ont pris les armes. Elles ont ce mérite. Elles ont décidé de prendre en mains leurs destins et celui de leurs familles. Parce qu’elles connaissent le sort qui leur est réservé si Kobané tombe en mains des barbares. Le viol, l’exécution extrajudiciaire, l’esclavagisme ou celui d’être vendue pour une poignée de dollars.

Déjà, les photos de femmes décapitées pullulent sur la toile et sur les réseaux sociaux. Ce qui photo 2.PNGinterpelle aussi dans le courage de ces combattantes de fortune est qu’elles mènent un combat d’une symbolique toute libérale. Elles ne se battent pas seulement pour la liberté mais aussi pour la dignité humaine. Elles sont l’incarnation même – sur l’autel du sacrifice ultime – du combat libéral. Entre d’une part le collectivisme à œillères que le voisin turc, situé géographiquement dans leur dos, pratique pour des questions de dogme.

Le gouvernement d’Ankara ayant fermé ses frontières devant l’insoutenable, empêchant ainsi tout refuge. Il a ses raisons. Elles sont surtout politiques et bien entendu historiques. La question du peuple kurde – une quarantaine de millions d’individus – ayant le plus souvent été balayée d’un simple revers de main.

De l’autre côté, ce sont des mercenaires, des assassins et des « djihadistes » qui incarnent une froideur et une sauvagerie toute capitalistique. Il est évident qu’aucune religion n’a d’implication dans ces comportements criminels. L’islam politique ne saurait être, une fois de plus ou de trop, que prétexte. Dans le camp des hordes de l’EI qui encerclent la petite ville syrienne – de l’Est à l’Ouest en comprenant le Sud – on y trouve aussi des jeunes Occidentaux… Bien de chez nous !

Kobané.jpgCes « égarés » de notre société occidentale consumériste et décadente – à la recherche d’un sens, d’un trip ou que sais-je – sont allés battre le fer avec ces mamans et ces jeunes filles. Nos fils nantis sont partis participer à cette sauvagerie déshumanisée… honte à nous !

Le tout est financé par des individus arrogants. Ils couvrent des intérêts financiers particuliers. On en côtoie les mandants dans les quartiers résidentiels de Karachi, dans l’agglomération de Londres, en Espagne – en train d’acheter  un club de foot - ou encore… à la rue du Rhône, lors des fêtes de Genève. Eh oui c’est chez nous !

photo 3.PNGOn note, dans cette manière de financer et de mener ces guerres d’un nouveau type, des similitudes avec les méfaits du capitalisme sauvage de prédation. Celui qui est exercé, à la barbe des gouvernements et des collectivités, par des multinationales et des « capitaines » d’industrie – mercenaires – sur le socle de la déshumanisation. On cannibalise le marché du travail. Le capital remplace le facteur humain. D’un côté, on consomme de l’humain sous toutes ses formes. De l’autre on coupe des têtes. On se basant sur les mêmes études en communication. Le marketing est une arme. Si l’avarice est la fille aînée du mal, l’intelligence sans amour est le mal. Et à coup sûr le mal tente de s’emparer de Kobané. Ses combattantes sont autant de maillons forts. Elles vivent. Elles se révoltent. Elles sont libres… elles sont dignes !

Montrons nous aussi que nous sommes encore vivants et libres. Soutenons les femmes de Kobané. photo 1.JPG

Le philosophe Sénèque les applaudirait en ces termes :

« Le courage mène aux étoiles… la peur à la mort. »

 

09/12/2014

Demain, ce sera mieux !

formation.pngLe monde est devenu incontrôlable. Un monde qui va trop vite. Le manque de leadership se fait ressentir, avec une absence de direction claire. Nous constatons également une absence de détermination politique. Bref, nous vivons un monde effrayant d’instabilité. La mondialisation nous invite dans un jeu à somme nulle de redistribution des richesses. Les gagnants ancrent leur prospérité sur la récession des perdants. Le plus grand lésé dans l’histoire est encore le climat ou l’environnement… simplement notre capital nature. En l’absence de vision globale, nous avançons avec deux cadences distinctes. Nous marchons dans le brouillard géopolitique, à petits pas. Nous progressons vers la croissance démentielle, à grand pas. Comme si nos ressources étaient inépuisables. L’ex ministre socialiste français Michel Rocard illustrait la croissance comme un individu à vélo… S’il arrête de pédaler, il tombe. Et malheur au politique qui oserait aborder la décroissance. Il ne serait pas réélu. Pour autant, le cycliste est-il obligé de s’emballer ? De pédaler toujours plus vite ? Ainsi, nous  trouvons aspirés dans une fuite vertigineuse. En admettant que le seul garant du bien commun reste encore l’Etat, celui-ci s’est dramatiquement affaibli sous la pression des flux des capitaux et des flux migratoires. Des premiers, il tente de capter un maximum de substances ne serait-ce que pour financer les bouleversements occasionnés par les seconds. Comme évoqué plus haut, pénalisé par un déficit de leadership flagrant, l’Etat ne fait que réagir aux crises successives tant financières que sociales. Il semble impuissant face à l’inégale et criante répartition des richesses. Il est devenu stérile devant l’amoralité du système. A force d’épuiser la principale classe contributive qui est la classe moyenne – la colonne vertébrale, il court le risque de mettre à terre et pour longtemps des économies nationales entières. Ce fut le cas en Argentine, en 2002. La Grèce, entre autres, le vit depuis 2010. Pire encore, nous peinons à regarder ce qui est. Nous préférons ne pas voir. Les solutions et les voies d’amélioration se trouvent à plusieurs niveaux. Sur le plan éducatif, c’est certain. Sur le plan politique aussi, c’est évident. Entre une droite qui suit aveuglément « le capital prédateur » et une gauche qui pour exister multiplie les initiatives extrêmes, le citoyen se désintéresse de l’hémicycle. La droite a des œillères. La gauche est animée par une hargne d’impuissance et stigmatise « le riche. » L’une comme l’autre se rejoignent dans leurs extrêmes. Elles nous amènent à ce que décrit l’essayiste Jacques Attali : « Il y a des gens qui sont résignés à accepter leur aliénation, qui pensent n’avoir aucune chance de trouver les moyens de se développer eux-mêmes et qui se contentent de réclamer le maximum de l’Etat, de la collectivité, des entreprises, etc. C’est l’attitude masquée dans l’idéologie de la consommation et dans celle de l’assistance. »

 

Force est de constater que tant la droite politique que la gauche ne sont pas étrangères à ce résultat angoissant. La première croit assurer son électorat et sa pérennité, en augmentant le nombre de fonctionnaires – autant d’électeurs acquis. En suscitant les besoins d’assistanat. Quant à la droite elle est devenue le sbire d’un système qui réussit à protéger à la fois des intérêts particuliers et des situations de position dominante. Dans le but d’asservir toujours plus le « citoyen – consommateur. » De cannibaliser le monde du travail. De monter les uns contre les autres.

 

Le constat semble sans appel. Nos concepts politiques actuels sont obsolètes. Ils ne répondent plus aux problèmes éducatifs et globaux d’aujourd’hui.

 

A l’écart du collectivisme comme de l’individualisme, il est temps d’explorer des pistes plus sensées, plus durables… simplement plus humaines.

 

26/09/2014

Les assassins d'Hervé Gourdel...

hervé gourdel.jpg*Est-il nécessaire Monsieur le Président de la République française de préciser qu’Hervé Gourdel a été décapité ? N’est-ce pas ajouter du sensationnel à la sauvagerie ? Faire l’apologie du crime. Lors de votre conférence de presse, mercredi dernier, vous auriez pu encore expliquer comment après avoir tailladé la gorge on s’empresse – râle et sanglots de la victime étant insoutenables – de placer la lame entre deux cervicales pour détacher au plus vite la tête du reste du corps…Pour chercher Hervé Gourdel sur Google, il suffit de taper « otage français décapité » ! Est-ce normal ? Où est passée notre humanité ? Est-ce le seul souvenir que l’on entend garder de l’innocent quinquagénaire ?

A-t-on pensé, un seul instant, à ses proches ou encore à sa mère qui l’a enfantée en un seul morceau ?

Et les médias d’en rajouter et d’en rajouter. Un journalisme professionnel et respectueux des victimes ne devrait-il pas se limiter à informer comme suit : « Hervé Gourdel a succombé à la stupidité et à la crapulerie de ses ravisseurs » ou plus simplement « Hervé Gourdel a été assassiné ».

Quant aux assassins, leur acte n’est rien d’autre que crapuleux. On le sait. Ils reçoivent de l’argent pour tuer. Leur démarche n’a rien de révolutionnaire, ni de guerrier et encore moins de djihadiste. Ce sont des criminels de droit commun tels que des trafiquants d’armes, de stupéfiants ou encore des voleurs ou des proxénètes.

Une fois encore, l’Islam n’a rien à voir avec ce meurtre. Religion de paix et édifiée dans la voix de la connaissance et de l’amour, elle est tantôt prise en otage par les politiques locaux mais également par les stratèges occidentaux qui y voient un vecteur commun à une immense zone riche en hydrocarbures. Une bande géographique très large qui s’étend de la Mauritanie à la péninsule arabique et comprenant les républiques musulmanes de l’ex-URSS. Situées au nord de l’Afghanistan.

La responsabilité de l’Occident est d’y avoir encouragé et soutenu, à coups de pétrodollars, l’obédience la plus sectaire et rigoriste qu’est le wahhabisme. Courant sunnite financé en particulier par l’Arabie Saoudite à qui nous devons un litre d’essence consommé sur quatre, le Qatar et l’ISI – les services secrets pakistanais.

Cessons de faire de la publicité gratuite à ces actes crapuleux. Dégonflons le phénomène sinon tousphoto (13).JPG les Occidentaux de la région vont se voir gratifier d’une périlleuse valeur marchande crapuleuse. Revoyons de fond en comble notre politique énergétique. Ne soutenons plus les obscurantistes. Ils ne sont que très minoritaires. Le milliard de Musulmans a comme priorités : de vivre, trouver du travail et faire prospérer sa famille. En rien, il ne saurait être associé au meurtre d’Hervé Gourdel.

Ne faisons plus la promotion de l’innommable.

 

*François Meylan

Auteur de deux essais sur le terrorisme international « USS Quincy » et « Londres, le 7 juillet… Comprendre la menace terroriste », tous deux publié en 2005, chez Le Publieur, Paris.

Auteur de divers articles de géopolitique pour la Revue militaire suisse et de textes de politique sécuritaire, dans les lignes du quotidien économique suisse l’Agefi.

Auteur d’un reportage sur le terrorisme de l’ETA en Espagne en 2001, particulièrement remarqué à Madrid.