16/08/2014

Des politiques sous influence

2.pngDemandons plus de transparence de la part de nos élus. C’est nous qui payons !

 

Comme le révèle Jean-Philippe Buchs, dans le magazine « Bilan » du 25 juin 2014, le Parlement refuse toute transparence. A ce jour, il existe 400 personnes non élues qui bénéficient d’un badge spécial, d’un accès libre au Palais fédéral et à tous les lieux non public. Ils sont plus nombreux que nos élus fédéraux – conseillers nationaux et conseillers aux Etats réunis. La liste des accrédités peut être obtenues sur ce lien www.parlament.ch/f/organe-mitglieder/nationalrat/Pages/default.aspx.

 

Exemples : la conseillère nationale genevoise UDC Céline Amaudruz a accrédité Raphaël Tschanz de l’UBS, Fathi Derder, PLR Les Libéraux- Radicaux/VD a, pour sa part, accédité Cristina Gaggini, directrice romande d’economiesuisse. Toutefois, les intérêts ne sont pas exclusivement économiques. De son côté, le doyen de la Coupole, Jacques Neirynck a accrédité son fils Julien.

 

Néanmoins, quand les électeurs élisent Céline Amaudruz ils doivent savoir qu’ils font rentrer l’UBS au sein de nos plus hautes instances politiques même si ce n’est plus vraiment nécessaire.

 

1459255_380363868764816_1298271255_n.pngFort de ce constat, notons la judicieuse idée du parti politique morgien « Morges Libre » qui a lancé ce printemps une pétition sur le plan fédéral pour demander aux Parlementaires d’afficher publiquement les noms de leur(s) accrédité(s) lors de chaque prise de position lors des campagnes de votations fédérales. Histoire que le grand public sache pour qui roulent nos élus !

 

Ce formulaire de pétition peut être commandé sans engagement via morgeslibre@gmail.com.

 

Certains élus se sont bien battus pour restreindre l’accès au gouvernement mais sans succès. Et, comme l’a démontré encore récemment la Neue Zürcher Zeitung, ces « invités » n’indiquent pas toujours correctement leurs activités professionnelles. Plus surprenant, on trouve encore dans les pas perdus de notre Palais fédéral l’influence d’anciens élus sans savoir pour qui ils roulent à présent.

 

Et au journaliste de Bilan d’ajouter :

 

« Beaucoup de parlementaires sont de véritables lobbyistes. Ils tirent une partie de leurs revenus de imagesCALD3R2K.jpgleur présence dans des conseils d’administration d’entreprises privées ou représentent des associations économiques. Ils n’hésitent pas non plus à monter à la tribune avec des interventions préparées par ceux qu’ils défendent. Ils votent pour faire triompher leurs propres intérêts. Or la Constitution interdit les mandats impératifs en ces termes : Les membres de l’assemblée fédérale doivent voter sans instruction ! »

 

Par ailleurs, on se rappelle encore de l’intervention du sénateur indépendant Thomas Minder qui était intervenu, en avril 2012, excédé qu’il était de dénombrer plus de lobbyistes dans les couloirs du gouvernement que de parlementaires. Il avait lui aussi tenté de restreindre leurs accès. Urs Schwaller, Parti démocrate-chrétien (PDC), avait alors rétorqué que les dossiers sont toujours plus complexes que les interventions régulières des « femmes et des hommes de l’ombre » étaient nécessaires.

 

1.pngAu nombre des « agences » de communication et de conseils stratégiques du pays, on compte l’influente Dynamics Group, www.dynamicsgroup.ch, que le président du PDC Christophe Darbellay compte parmi ses accrédités ou encore Furrer Hugi & Partner, www.furrerhugi.ch. Cette dernière, fondée en 2006, fut très utile à Glencore, géant du trading de matières premières pour redorer son image auprès de nos décideurs. Elle compte des clients tels que Swisscom, Mc Donald’s et Google. Cette firme montante est gentiment en train de s’imposer comme incontournable dans les « public affairs » - soit peser sur les décisions politiques.

 

08/02/2014

Pour qui roulent nos parlementaires ?

1656020_413832402084629_875562349_t.pngEn rendant son rapport, courant novembre 2013, le GRECO – Groupe d’Etats contre la corruption du Conseil de l’Europe – épingle notre pays. Celui-ci se trouve ainsi dans le groupe des pays non conformes. Le GRECO a même lancé une procédure contre le manque de transparence dans le financement des partis, des votations et des élections. Si ce verdict est gênant pour la Suisse et sa tradition de démocratie directe, cela devient dangereux pour le fonctionnement de notre système libéral. Il postule que la libre entreprise soit au bénéfice du même niveau d’informations pour tous. Ce postulat est appuyé par la Loi contre la concurrence déloyale (LCD).

C’est pour cela que nous devons nous mobiliser pour exiger la transparence requise en matière de financement des partis politiques. C’est aussi valable pour ce qui concerne les conflits d’intérêts.

C’est plus pour défendre un libéralisme créateur de richesse dans l’égalité des chances que pour suivre Transparency qui qualifiait la Suisse à ce propos de « pays en voie de développement avec de grandes possibilités d’amélioration. »

Rappelons que la transparence est un préalable à la liberté d’entreprendre et à la liberté de contracter.

La doctrine fondamentale du libéralisme telle qu’établie par l’Irlandais Adam Smith n’est valable et applicable que si toute l’information nécessaire à tous les acteurs du marché est suffisamment accessible.

Pourtant, l’enjeu économique particulier agit, lors des votes populaires ainsi :

-       Premièrement, on déforme une question concrète en un débat de fond ;

-       Deuxièmement, on isole et on dénigre les opposants ;

-       Troisièmement, on maintient l’information au public lacunaire.

Il est de notoriété publique aujourd’hui que des multinationales se sont empressées d’ouvrir leur porte-monnaie à la faveur de quelques partis bourgeois à la veille de la campagne de désinformation – finalement perdue et à grands frais – face à l’initiative contre les rémunérations abusives (initiative du sénateur Thomas Minder).

Pour autant, cela suffit-il pour expliquer que nombre de nos élus, engagés aux côtés de l’organisation faîtière economiesuisse ne maîtrisaient ni le texte de l’initiative et encore moins le contre-projet ?

Qui peut alors influencer nos parlementaires ? Rappelons-le qu’au même titre que les médias et les Directions des partis politiques on parle de faiseurs d’opinions importants.

1545915_568095053284840_1567756323_n.jpgLa réponse est peut-être du côté de la Loi du 13 décembre 2002 sur l’Assemblée fédérale (Loi sur le Parlement, LParl).

Son article 69 intitulé « Droit de disposer des locaux et accès au Palais du Parlement ».

Le texte dit, en substance, que : tout député peut faire établir une carte d’accès pour deux personnes qui désirent, pour une durés déterminée, accéder aux parties non publiques du Palais du Parlement. Le nom et les fonctions de ces personnes font l’objet d’une inscription dans un registre accessible au public.

C’est la bénédiction pour les lobbyistes.

La liste est également accessible au public par le biais du site admin.ch et on effectuant quelques clics. Elle est même mise à jour tous les mois.

Sur celle du 10 décembre 2013, on y apprend, entre autres, que la conseillère nationale genevoise UDC Céline Amaudruz a accrédité Raphaël Tschanz de l’UBS. En quelque sorte, en élisant Céline Amaudruz, on fait entrer la grande banque au sein de notre Assemblée fédérale.

Restons en terre vaudoise où le conseiller national PLR Fathi Derder a accrédité Cristina Gaggini, responsable romande d’economiesuisse. De son côté, l’UDC André Bugnon a accrédité Martin Kuonen du Centre Patronal et Jean-Claude Chabloz, inscrit comme invité. Dans un autre registre, le PDC Jacques Neirynck a accrédité Michel Egger d’Alliance Sud et… son fils Julien Neirynck.

Question lobbyistes, l’UDC Guy Parmelin, avec Thomas Cueni d’Interpharma est pas mal non plus.

Dans les partis de gauche, la tendance est de faire plein usage du droit à deux accréditations par parlementaire. Toutefois, n y trouvera plutôt des ONG telles que Greenpeace, Amnesty International ou encore le WWF Suisse.

Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que ces accrédités doivent être connus du8194_557878644306481_1124780236_n.jpg grand public. En particulier, les gens d’economiesuisse – organisation qui dicte sa politique économique au Conseil fédéral – accréditée près d’une dizaine de fois. La même chose quand des Crédit Suisse, Novartis et consort interviennent directement dans les débats parlementaires.

Avec ce souci de transparence et de rendre l’information plus fluide, le parti indépendant et humaniste « Morges Libre » vient de lancer une pétition sur le plan fédéral qui demande à ce que nos élus fassent apparaître publiquement – dans la presse et les médias - leur(s) accrédité(s) quand ils font campagne lors des votations fédérales.

C’est un pas de plus dans la bonne direction… celle de plus transparence sur le fonctionnement de nos institutions. Pourquoi pas, pour relancer une énième fois la question du financement des partis politiques.

Commandez le formulaire de la pétition : morgeslibre@gmail.com

 

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11/09/2013

Contre le démentèlement de notre souveraineté

1185140_550912751640782_746213916_n.jpgLe printemps passé, nous avons soutenu l’initiative Minder contre la spoliation de nos entreprises par une poignée de managers mercenaires. Cet été, nous avons dû nous mobiliser contre la Lex USA, qui consistait à «balancer» nos employés de banque à quelques procureurs américains. A présent, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) nous soumet son initiative visant à supprimer l’obligation de servir tant à l’armée qu’à la protection civile ou au service civil.

On se rappelle encore l’initiative du GSsA refusée en novembre 1989, qui réclamait la suppression pure et simple de notre armée: l’objectif final de ce groupe n’est autre que la disparition de notre principal outil de défense.

A ce titre, le GSsA joue la même partition que les technocrates au service de la haute finance. Soit affaiblir nos institutions. Porter atteinte à notre souveraineté. Diminuer notre volonté et notre capacité de résistance et d’indignation. Rendre toute chose et toute valeur négociable comme une marchandise.

Or, dans une société consumériste à l’extrême, il serait très imprudent de supprimer le rempart qu’est notre défense nationale. Dans un monde en perpétuelle quête d’argent, il serait inconscient de se montrer pareillement affaibli. De constituer une cible molle.

Avec la Lex USA, l’Oncle Sam a essayé et échoué. Mais il avait déjà réussi, sous la menace, à nous faire bafouer nos propres lois en 2009 et en 2010 avec l’accord de la honte, par lequel on lui livrait quelques milliers de familles de clients américains d’UBS.

Récemment, c’est le gouvernement britannique qui a déployé des éléments de sa flotte au large des côtes espagnoles en guise d’intimidation, dans le cadre de l’expansion du périmètre de Gibraltar. Il n’est pas recommandé aujourd’hui de constituer le maillon faible.

La seule chose qui soit certaine de nos jours est l’incertitude. La mondialisation nous a déjà démontré plus d’une fois que les événements les plus insolites peuvent se produire et évoluer dans le sens du pire très rapidement.

Certes, la chose militaire doit continuellement s’adapter à la menace. Ce que notre armée n’a cessé de faire depuis 1989 avec trois réformes majeures, et elle n’a certainement pas fini de le faire. Mais supprimer cette institution, pourquoi? Pour nous livrer en pâture aux prédateurs du grand capital? Pour nous exposer à ces voisins «amis» en quête d’argent?

Il est donc étonnant de voir des partis gouvernementaux – notamment à la gauche de l’échiquier – soutenir cette initiative de l’utopie. Les pays d’Europe qui ont supprimé la conscription ces dernières années le regrettent aujourd’hui.