09/01/2013

L’initiative Minder, un signal fort à l’intention de nos politiques !

L’initiative contre les rémunérations abusives, soumise au vote le 3 mars 2013, constitue une occasion inespérée d’adresser un message fort à nos politiques.

385248_388739384553742_487344056_n.jpgDe quoi il s’agit. C’est l’inscription dans la Constitution fédérale du 18 avril 1999 de dispositions redonnant le contrôle des entreprises suisses listées en Suisse et à l’étranger à leurs véritables propriétaires les actionnaires. Notons que nous sommes toutes et tous actionnaires par le biais de notre caisse de pension ou par le biais du fonds AVS.

L’article 95, al.3 (nouveau) fixe, en substance, une gouvernance d’entreprise responsable et durable en prohibant les parachutes dorés (indemnités de sortie) et les primes d’entrée. Il prohibe également les commissions prélevées par les managers lors de l’achat ou de la vente d’entreprises ou de partie d’entreprises. Rappelons que ces derniers sont déjà, globalement très bien rémunérés. Alors qu’aucune étude n’a, à ce jour, prouvé le bienfait des bonus d’entrée ni des parachutes dorés le texte constitutionnel devrait emporter l’aval de l’ensemble de notre population qui est fatiguée des nombreux abus qui ont ponctué notre économie nationale depuis une quinzaine d’années.

Important également, c’est l’obligation qui sera faite aux caisses de pension d’exercer nos votes auxminder-affiche-cupidon-abus.jpg assemblées générales et dans le strict intérêt des assurés. C’est-à-dire nous les cotisants et les pensionnaires. Quand on sait comment cela fonctionne actuellement on ne peut que s’exprimer heureux qu’enfin, à l’instar des pays anglo-saxons, nos retraites soient mieux défendues. N’en déplaise à Dominique Biedermann de la fondation Ethos à Genève qui craint, peut-être, pour son pré carré.

Ajoutons à l’article 197, ch. 8 (nouveau) les dispositions pénales. Ce point fait mal à une poignée de top managers qui étaient intouchables jusqu’à présent et qui pour certains seraient déjà emprisonnés sous d’autres cieux tels que Singapour ou New York.

Il est utile de rappeler que les dispositions de l’initiative dite Minder contre les rémunérations abusives (les profiteurs au détriment du bien commun) ne visent que 231 entreprises sur les plus de 100'000 que notre pays compte. Une grande majorité de celles-ci sont déjà convenablement gérées. Il est étonnant de constater les moyens mis en œuvre pour la combattre par Economiesuisse. Pourtant cette initiative que le peuple attend depuis l’hiver 2008 n’a de quoi inquiéter qu’une poignée de «managers» et seulement les malhonnêtes. Ceux qui à peine arrivés en fonction ont déjà négocié les millions qu’ils toucheront à la sortie. Que l’entreprise se porte bien ou pas.  Très paradoxal, c’est le sort que l’on réserve à la base des employés quand cela tourne mal. Et encore plus indécent quant ces sociétés coulent par la faute même de ces individus qui quittent le navire les poches bien pleines quoi qu’il arrive.

Très inquiétant, c’est la compromission de nombre de politiques qui baignent dans des conseils d’administration et qui sont à la botte de ces mêmes managers.

D’où le constat émis récemment par l’ancien procureur public de Lugano Paolo Bernasconi, lors du lancement du Comité romand de soutien, à Lausanne : « Nous vivons une crise financière, une crise du droit, une crise des valeurs et une crise de crédibilité. » Cette dernière concerne en premier chef nos politiques.

28/10/2012

Le marché et la fameuse "main invisible" !

La métaphore d’Adam Smith

L'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a déclaré, en substance, lundi 4 avril 2011, à Washington, que la récente crise financière plaidait pour plus d’intervention de l’Etat et moins de laisser-faire.

« Alors que la mondialisation des échanges est associée à la baisse des inégalités, la mondialisation financières les a accrues. (…) Il y a une sorte de mélange de chômage et d’inégalités sociales, qui peut entraîner des troubles sociaux. (…) J’aime dire que la main invisible ne doit pas devenir le poing invisible.»

Le concept de la « main invisible » repose sur les théories de l’économiste Adam Smith. Pour ce dernier, les actions des individus seraient rendues complémentaires par le marché et c’est ce qu’il appelle la « main invisible.»

adam-smith-1723-1790-le-marche-n-a-besoin-de-personne-pour-fonctionner_paysage619.jpgSelon Smith, les « lois » du marché, associées au caractère égoïste des agents économiques, conduiraient à l’harmonie sociale. La confrontation des intérêts individuels mène naturellement à la concurrence, et celle-ci amène les individus à produire ce dont la société a besoin. Une forte demande provoque l’envolée des prix. Elle amène les producteurs avides de profits à produire le bien recherché. L’égoïsme d’un individu seul est nuisible, mais la confrontation des égoïsmes conduit à l’intérêt général. Si un producteur tente d’abuser de sa position et fait monter les prix, des concurrents aussi avides de profit s’attaqueront au marché en vendant moins cher. La main invisible oriente donc le travail vers l’usage le plus utile à la société car c’est aussi celui qui est le plus rentable. Elle règle avec justesse les prix, les revenus et les quantités produites. L’économiste avancerait donc l’idée d’un marché « autorégulateur ». Toutefois, lorsque nous l’étudions dans le texte, nous rencontrons l’exigence d’une instance de régulation morale. Parce que le marché, par essence, n’est pas moral. Le fort écrase le petit et le rapide tue le lent. N’en déplaise à certains banquiers et néolibéraux, Adam Smith n’est finalement pas l’apôtre d’un capitalisme sauvage. Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Aussi, il dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi à leur seul profit. Ce n’est donc pas l’État qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les "profiteurs amoraux". Il revient à l’autorité souveraine de s’assurer du respect des règles du marché.

09/10/2012

Chômage dans le canton de Vaud supérieur à la moyenne !

Malgré une légère diminution en septembre, le taux de chômage vaudois est supérieur à la moyenne nationale.

Il culmine à 4.5% contre 2,8% pour la moyenne suisse. Certes, nous sommes loin du taux allemand 6,8% ou du taux européen avec ses 11,40%.

Penguins.jpgMais nous devons quand-même nous poser la question. Comment se fait-il qu’un canton qui a usé et même abusé du régime spécial des exonérations fiscales en se « couchant » plus qu’à son tour devant les multinationales tous azimuts ait un tel taux de chômage comparé à ses pairs ? 

Alors que le plus difficile reste à venir. Des vagues de licenciements sont en préparation au sein de la place financière genevoise. Elles vont également affecter l’autre côté de la Versoix.

Notons que le gouvernement vaudois est - au même titre que Bâle, Jura et Genève - mis à l’index par le Bureau fédéral du contrôle des finances.

La question demeure ouverte…