04/01/2016

Soyons ambassadeurs de la durabilité !

FullSizeRender (3).jpgLe sommet de la COP21, à Paris, et la sortie en salle de l’excellent film « Demain » de Mélanie Laurent et de Cyril Dion sont des nouvelles piqures de rappel. Le système a atteint ses limites. Nous ne faisons que de gagner du temps. En corollaire des ressources naturelles qui s’amenuisent, pour beaucoup d’entre nous, c’est également la taille des patrimoines à gérer qui se rétrécissent comme peau de chagrin. Les causes sont nombreuses. Nous les connaissons et nous les subissons. L’impossibilité de travailler avec les ressortissants de nombre de clients de la communauté européenne et au-delà. Un flot ininterrompu de paperasse et de mesures réglementaires pour ne pas dire sur réglementaires. La génération des babys boomers qui arrivent dans le cycle de la consommation du capital. Et ils n’ont que trop bien raison. Des marchés financiers de plus en plus difficiles, dans un environnement de taux négatifs, sont à ajouter à toutes nos difficultés. Comme le rappelle, dans son essai « La finance verte », le professeur Beat Bürgenmeier : « L’importance croissante des intermédiaires financiers en tant que gestionnaires, alors que le nombre de propriétaires assurant des risques inhérents à toute activité économique diminue. »

Voici non moins de deux tendances de fond qui présentent autant de risques que d’opportunités pour notre corporation.

Premièrement, nous avons nos atouts à faire valoir dans les domaines liés à la durabilité. Soyons ambassadeurs de la durabilité. Soyons ambassadeurs du changement. L’épargnant devient responsable et actif quand il achète son logement ou lors de la création de son entreprise. Alors que quand il est question de ses relations bancaires, il devient passif et irresponsable. A coup sûr, beaucoup sont exposés, dans leurs portefeuilles, à des titres qu’ils n’auraient eux-mêmes pas choisis tels des entreprises en lien avec les énergies fossiles, avec l’armement ou encore les OGM. Pour ne citer que ces secteurs à hauts risques. En tant que bon libéral. Remettons au goût du jour l’entreprenariat local, le réseau, le consommé local… l’humain. Abordons ces thématiques avec nos clients. Accompagnons-les vers une affectation éthique et environnementale de leurs actifs financiers. Cultivons avec eux le goût d’entreprendre. Nous sommes très bien placés pour ça. Notre proximité avec le client final est une force indéniable que les plus grands acteurs financiers de type mécanistes ont perdu depuis longtemps. L’outil informatique de la segmentation n’a jusqu’à ce jour pas pu remplacer la connaissance du client dont nous bénéficions.

Secondement, plus que jamais, nous devons valoriser le service et l’expertise. Le business modèle qui repose essentiellement sur les commissions est en passe d’être obsolète. Encore faut-il que le client soit disposé à payer ledit service. D’où réside l’ampleur du défi, dans un monde déflationniste sur l’autel d’une pseudo gratuité. Les conseils à haute valeur ajoutée ne manquent pour autant pas. De la gestion des liquidités à l’exécution testamentaire, en passant par la prévoyance et l’analyse du risque, les pistes et besoins sont encore nombreux. Néanmoins, nous avons bel et bien changé de paradigme. Comme pour tant d’autres corps de métier, nous évoluons dans un monde connaissant l’érosion des marges et un ratio revenu / effort qui se complexifie. Nommons les choses telles qu’elles sont. Mais c’est peut-être bien là que réside la beauté et l’attrait de notre profession.

Texte destiné à l'Editorial du No 48 du Wealth Gram, Janvier 2016.

 

07/12/2015

L'exploitation actuelle d'UBER relève de la concurrence déloyale.

imagesXUK2FJDI.jpgEn marge de la manifestation de ce mercredi 9 décembre 2015, à la place de la Riponne, des chauffeurs de taxis lausannois, renforcés par leurs collègues genevois, il est utile de rappeler certains principes du libéralisme.
Le système "UBER" qui nourrit ses actionnaires outre atlantique en précarisant notre main-d'oeuvre locale est une expression de plus d'un capitalisme sauvage "ni foi, ni loi."

Il agit comme un parasite. En exploitant ce qui est à son profit exclusif. Ce n'est pas du libéralisme. Ce dernier postule pour l'élévation de l'individu, dans le goût de l'effort, de la remise en question et de la création de valeur.

Tout en restituant à son environnement une part substantielle du fruit de son travail. Parce qu'il n'y a pas de réussite durable en tout seul. On participe toutes et tous à un ensemble. Tout est question d'équilibre.

La stabilité et le niveau qualitatif de l'environnement - régulation gérée par un État fort et ultime garant du bien commun- sont indispensables à la fructueuse expression du libéralisme.

Pour en revenir à "UBER", l'organisation évolue, à armes inégales, sur le marché des taxis. Elle ne paie pas les charges sociales ni les impôts perçus auprès des compagnies de taxis traditionnelles.

Elle n'est pas soumise aux mêmes contraintes réglementaires - obtention du permis taxi, contrôle des heures de repos, collaboration prudentielle avec la police etc et etc.

Elle ne doit pas non plus se procurer une flotte de véhicules puisqu'elle emprunte une infrastructure déjà existence. La traçabilité, le professionnalisme et le collaboratif de ses chauffeurs avec l'autorité ne sont plus au rendez-vous et encore moins mesurables. 

Aussi, l'exploitation en sa forme actuelle d'UBER relève plus de la concurrence déloyale et de la cannibalisation du marché du travail sur l'autel de la maximisation des profits que d'une évolution économique durable.

25/11/2015

L’EI, ce sont ses réseaux financiers qu’il faut neutraliser !

FullSizeRender (26).jpgOn ne le dira jamais assez. Le terrorisme est, au même titre que le crime organisé, une industrie. En amont des terroristes et autres tueurs, se trouvent des individus qui vivent sur le dos de la terreur. Ils en vivent même très bien. Entretenir une situation infra guerrière ou une lutte pseudo idéologique leurs permet de justifier le racket, le vol, le détournement, le brigandage et tout autre crime. Comme récemment en Espagne, l’ETA, groupe séparatiste basque ayant muté avec le temps en simple organisation criminelle prélevait l’impôt révolutionnaire à tous les commerçants du Pays basque. Malheur à ceux qui ne s’exécutaient pas. L’histoire l’a démontré, on ne règle aucun conflit avec la violence. Par contre, la violence enrichit certains. On ne le répétera jamais assez… terrorisme et crime organisé c’est la même chose. Ce sont, la plus part du temps, les mêmes réseaux et les mêmes complicités. C’est sale, c’est lâche et c’est criminel. Les pseudos « taxes » sur le coton, sur les changes comme sur le pétrole, en passant par le produit des rançons, empruntent les mêmes circuits financiers. Nos gouvernements les utilisent également quand ils marchandent leurs armes et autres contrats. On en profitera pour en rajouter une couche. L’Islam n’a de loin pas la paternité du terrorisme. Il suffit de constater le niveau d’ignorance en matière religieuse des assassins. Inquiétant aussi est le fait que huitante pour cent des tueurs viennent de nos agglomérations. En Syrie comme en Irak, la population fuit la violence. Chez nous, on la cultive sur l’autel d’un capitalisme sauvage qui déshumanise l’individu. Le tout consumérisme et la brutalité de notre voyeurisme d’Occidental décadent poussent même à l’abject des mises à morts les plus choquantes. Sur ce plan, tant les médias que les réseaux sociaux endossent une grande part de responsabilité. Ils sont même complices de l’abominables. En offrant de la place au macabre alors qu’il n’y a plus aucune valeur d’information. La mort est reléguée au second plan, loin derrière la mise en scène. Les auteurs s’évertuent en imagination morbide. L’offre répond à la demande. Nous sommes la demande, consommateurs d’images, de vidéos et de sensationnalisme. Le contenant a pris le dessus sur le contenu. On se trouve dans une véritable logique économique. C’est à nous de censurer la mort déshumanisée. Il nous appartient de forcer nos gouvernements et politiques à geler les courants financiers qui alimentent ces bandits. Ceux-ci sont connus. Les banques qui travaillent avec le sont également. Fermer le réservoir du nerf de la guerre sera, à coup sûr, plus efficace et plus durable qu’un tapissage de bombes technologiques. Nous sommes tous concernés comme nous sommes tous responsables.