23/01/2015

Ne subissons pas la baisse de l'euro !

995299_693632530659129_1672550555_n.jpgLa Banque Centrale Européenne (BCE) rachètera mensuellement 60 milliards d'euros de dettes (en particulier, publiques), à partir de mars prochain et certainement jusqu'en septembre 2016.
En tout, cela fait au moins 1140 milliards d'euros sur 19 mois... plus que les 500 à 700 milliards anticipés pas la communauté financière.
Ce rachat de dettes s'appelle du "quantitative easing" ou "QE".
Cet assouplissement quantitatif, c'est la version moderne de : "faire fonctionner la planche billets".
Les Etats-Unis - tout comme le Japon - en sont coutumiers.
La dette publique va s'échanger avec de nouveaux euros mis en circulation. On va augmenter l'offre de monnaie et celle-ci va baisser tout comme son coût (taux d'intérêts).
 
Effets positifs attendus à terme
 
Cette dévaluation "compétitive" de l'EUR va attirer les flux de capitaux dans sa zone - à l'image de nos ressortissants qui se sont pressés le dernier week-end de passer la frontière pour y faire leurs achats. Tout devient très attractif, dans la zone euro. Des marchandises, des services aux vacances, en passant par l'immobilier... en peut escompter une reprise de la croissance et paradoxalement une appréciation de l'EUR contre le CHF, à plus long terme !
Pour quelques économistes et  analystes, l'EUR devrait déjà s'apprécier contre CHF et USD avant la fin 2015.
 
Valorisons les "poches euros" dans les portefeuilles
 
Les véhicules de placements ne manquent pas pour rentabiliser les postes euros dans nos dossiers, en attendant meilleure fortune. Globalement, les actions européennes sont restées en retrait alors qu'elles distribuent des dividendes attractifs et que les entreprises de la zone vont voir leur carnets de commandes se remplir. Ne bradons surtout pas l'euro !
 
Résistons aux cassandres d'un certain néolibéralisme
 
Cela n'a pas manqué... les dogmatiques habituels - pour ne pas les nommer : economiesuisse, le Centre Patronal ou encore la CVCI par le biais de Claudine Amstein appellent à des baisses d'impôts pour les grandes entreprises, à des heures supplémentaires, à d'avantage de flexibilité et d'abnégation de la part des travailleurs du pays. Si on brandit l'épouvantail d'un avenir très difficile pour l'économie suisse et qu'on sollicite nos sentiments, demandons peut-être aux revenus de plus CHF 500'000,- - à titre d'exemple - un effort patriotique au lieu de presser d'avantage la classe moyenne du pays qui demeure notre colonne vertébrale.
 
Taux d'intérêts négatifs sur CHF
 
Des banques comme CS Group, Pictet ou Lombard Odier ont déjà suivi, cette semaine, les feux de la BNS qui prélève un intérêt négatif. Par exemple, Lombard Odier taxe les comptes courants, à partir de plus de CHF 100'000,- de dépôt et quelque soit l'importance du client. N'acceptez pas cette situation. D'autres solutions existent.
 
Comme consommateur, gardez le pouvoir !
 
Les positions de monopole laissent, à terme, tout le monde sur le carreau. Non sans avoir, entre temps, été préjudiciable à la compétitivité d’une économie. Dans certains cas, on parlera même de « discrimination en fonction du pouvoir d’achat », comme l’a maintes fois dénoncé Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Pour illustrer la thématique, mentionnons des cas de prix surfaits, en rapport, avec la France voisine. Nous payons, en moyenne, nos cosmétiques 24% plus cher. Pour les vêtements, c’est 25% de plus et 57% pour les magazines ! La différence évidente des niveaux de salaires n’expliquent pas tout… Les ententes illicites sont actives et au détriment de notre portemonnaie. A l’étranger, des entreprises proposent leurs produits aux revendeurs helvétiques à des prix plus élevés au motif que la destination finale est la Suisse.
A l'instar de Denner Migros ou Coop, sauf erreur, qui avait boudé l'italien Ferrero Rocher (tout l'assortiment Mon Chéri et Kinder) qui refusait de répercuter la baisse de l'euro au consommateur suisse, agissons de même et ne nous laissons pas spolier.
 
La BNS ne pouvait plus faire autrement !
 
Au lendemain de la décision de la Cour européenne de justice autorisant la BCE à procéder comme elle l'entend, la BNS abandonne brutalement le taux plancher, à la plus grande surprise de tous. N'aurait-elle pas pu comme Singapour, à l'époque, vis-à-vis du dollar US, se dégager de manière graduelle en baissant le taux plancher à 1.15 ou à 1.10 ?
Non, selon Fritz Zurbrügg, membre de la direction générale de la BNS qui ajoute que l'institut d'émission a dû consacrer 100 milliards de francs pour le seul mois de janvier pour soutenir le taux plancher. Voir l'interview dans le quotidien "Blick" d'hier.
La BNS a un problème majeur de bilan.
Néanmoins, rappelons-le ! Sa politique du taux plancher nous a offert un bol d'air, ces trois dernières années.
 
Et maintenant ?
 
Nous allons affronter une volatilité certaine sur l'ensemble des marché financiers avec des réajustements au cours de ces prochaines semaines mais ce n'est en aucun cas ne crise à la hauteur de la sur médiatisation anxiogène actuelle.

08/01/2015

Entreprises : elles ne peuvent survivre sans une vision

Qu’est-ce qui fait la différence entre Kodak et Apple ?*

photo (21).JPGLe champion de la photo argentique, terrassé par la photo numérique, s’est déclaréED presse.jpg en faillite en 2012. Pourtant, c’est Kodak qui a inventé en 1975 déjà le numérique. Son tort a été de ne pas l’exploiter. Pire, l’entreprise américaine a refusé longtemps de regarder les choses telles qu’elles sont et s’est entêtée à poursuivre dans l’erreur. C’est une erreur fréquente  de se concentrer sur le produit que l’on vend au lieu de se focaliser sur le service que l’on veut rendre. L’autre principe, largement enseigné dans les business schools, que Kodak n’a pas observé est celui de la remise en question. Et, c’est quand tout va encore bien qu’il est judicieux de revisiter l’organisation. Pour sa part, le génie de Steve Jobs fut bien de ne pas se focaliser sur le produit mais d’imaginer comment sa firme Apple pouvait changer le quotidien des consommateurs. IBM a méprisé l’ordinateur personnel et a finalement vendu sa division au chinois Lenovo. Longtemps leader des PC pour entreprises et pour les collectivités, Dell Computer, fort de son « Modèle Direct » a finit par négliger l’avènement d’Apple et le changement de goût de l’utilisateur final. Celui-ci ayant tout loisir d’essayer et de personnaliser son ordinateur dans les circuits habituels de la grande distribution. Comme les ailes d’Icare façonnent à la fois sa liberté et sa perte, le succès devient le principal obstacle au changement. Celui-ci étant vital pour la pérennité de l’organisation. Pour illustrer l’ascension et la chute des entreprises, on évoque souvent le « paradoxe d’Icare. » Les ailes de ce héros de la mythologie grecque ont été à la fois sa puissance et la cause de sa perte. Dans leur ouvrage "Shaping the Coming Age of Religious Life", les sociologues religieux Lawrence Cada, Raymond Briggs et Fritz Wenger ont défini des étapes prédictives clé pour déterminer le cycle de vie d’une entreprise. A l’époque, ils étudièrent les organisations monastiques occidentales dans le temps et dans l'espace. De leurs observations, ils ont défini la première étape qui n’est autre que la création par le fondateur, avec pour socle une vision. Dans un second temps, la vision est partagée par la collectivité – collaborateurs comme clients – et c’est l’expansion. L’étape trois c’est la stabilisation. La maturité amène la stabilité financière. L’entreprise est rentable. Le secret du succès est que les valeurs de fondateur se sont transformées en produits et en services. Puis, avec l’étape quatre vient le déclin. Avec son lot, on y vit la crise comme la perte de créativité et si le changement ne vient pas ou même si il n’est pas assez rapide c’est la perte de loyauté tant de la part des acteurs de l’organisation que de celle des clients. Pour rebondir, voire survivre, le sursis passe pas une cinquième étape. C’est la période critique. Le moment de prendre les décisions difficiles – de restructurer au bon moment. C’est le temps qui déterminera la viabilité. Les dirigeants doivent alors être capables de communiquer la nécessité du changement. Voire même de créer un sentiment d’urgence. Ce qui nous amène à la sixième étape, avec la période de réorganisation. Le cycle de vie peut reprendre si la ou les visions de départ sont adaptées à l’époque et à la demande. A ce stade, c’est le géant finlandais du téléphone mobile Nokia qui n’a pas su tirer profit de la période critique.

 

Ceci dit, on s’accorde aujourd’hui à admettre – sur l’autel du débat de la croissance-décroissance – qu’une entreprise doit comme tout sur terre pouvoir mourir et disparaître également. Mais mieux vaut que cela arrive chez le voisin. Alors comment ne pas succomber au paradoxe d’Icare ? La solution réside dans la recherche de technologie de rupture (par opposition aux technologies de continuité), qui permettent de mieux répondre aux problèmes des clients. Une technologie de rupture est une innovation qui finit par remplacer une technologie dominante sur un marché. Souvent, c’est l’usage stratégique de la technologie qui a un effet de rupture. Notons, que technologie peut aisément être remplacé, suivant le cas précis, par offre. Parce qu’en fin de compte, ce qui est primordial c’est la demande. C’est comment, combien et pour quoi le client va solliciter l’entreprise. Pour cela, il n’y a pas de miracle. Il faut savoir être le plus proche possible de celui-ci et ne pas hésiter à revoir l’organisation à 360 degrés.

 

*Article paru dans "Le Temps" du 6 janvier 2015.

Co-signé avec Eric Décosterd, responsable de la formation postgrade - cursus MBA - à la Haute Ecole de gestion de Fribourg.

 

 

 

30/12/2014

VIVRE A UN PRIX !

photo (19).JPGDans notre pays, champion du savoir-faire patrimonial, nous administrons notre existence de la naissance à la mort. Déjà enfant, nous sommes assurés, par nos parents ou par la collectivité pour quasiment tout.

Au point qu'on nous prévoit très précocement des frais dentaires importants. A peine entré dans la vie active, on nous parle déjà de planification de la retraite et d'épargne prévoyance. Nous sommes parés à tout. Le placement en EMS et même la préparation des funérailles sont rapidement servies au menu financier comme second plat. Notre peur première est chaque année la même... Celle de perdre son emploi. Pourtant, le baromètre du Crédit Suisse l'a encore récemment démontré le chômage n'a pas dépassé, en moyenne nationale, la barre des 3% depuis seize ans ! Nous prévoyons tout et nous n'oublions rien.

Sauf peut-être une chose... Celle de VIVRE. Et vivre cela a un prix. Comme pour le nourrisson qui arrive au monde dans la douleur - cris et larmes, être vivant c'est se faire un peu violence. C'est se remuer. Oser l'inconnu et prendre le risque de perdre. Ce n'est en tout cas pas l'inactivité. C'est avoir des rêves. C'est aussi s'exposer à récolter déceptions et frustrations. C'est accepter que nous ne sommes pas parfaits et que les autres ne peuvent pas l'être non plus. C'est entreprendre chaque jour comme si c'était le dernier... Parce que c'est peut-être le dernier. C'est ne pas accepter les situations qui ne sont pas satisfaisantes. Ne pas oublier que le temps est l'élément dont nous disposons le moins. Vivre c'est aussi accepter qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. Vivre c'est aussi faire le mieux possible avec ses moyens et son cœur. C'est accepter l'imprévu et même accueillir le changement. Vivre c'est aussi savoir pardonner nos offenses... Reconnaître que rarement le mal est fait intentionnellement. Vivre c'est ne pas hésiter à reconnaître nos erreurs et à ne pas nier ni à minimiser le mal qu'on a pu faire à l'autre. Ainsi, tout le monde en sortira grandi. Vivre ce n'est pas facile. Il faut oser. Le courage c'est comme la liberté ça coûte... Mais le sentiment d'exister et d'être vivant est à ce prix. Alors avant de planifier la suite, osons VIVRE cette année 2015.