09/10/2013

Quelques réflexions en faveur de la 1:12

sans-titre3.pngEn premier lieu, la 1:12 dérange parce qu'elle jette le gant au visage de l'ignorance pour ne pas dire l'inculture dans lesquelles nous avons baignés durant ces deux dernières décennies.

Première idée fausse

Il y aurait plus de "talents" dans l'industrie financière ou dans la pharma que chez le cordonnier, le chirurgien au encore le pilote d'avion. En vérité, il n'en est rien. Personne n'est irremplaçable. Comme dans tous les métiers, des collaborateurs travaillent avec un engagement et une efficacité supérieures à la moyenne. Comme dans chaque bon système libéral, on doit les encourager avec une rémunération à la hauteur du mérite mais de là à verser dans les millions... c'est verser dans l'exagération.

Deuxième idée fausse

Il faut faire venir les top managers "stars" chez nous. A ce jour, on a pas encore vu un top manager qui fasse tourner une entreprise à lui tout seul. Dans les multinationales - puisque c'est de celles-ci que l'on parle principalement dans l'initiative 1:12 - ce sont des milliers de mains qui s'appliquent tous les jours à faire progresser la bonne marche de l'entreprise. Il n'y a pas de réelle réussite durable qui ne soit qu'individuelle mais plutôt collective.

Troisième idée fausse

La 1:12 est une idée de gauche et pour la gauche. Il n'y a rien de plus faux. Une quantité d'entrepreneurs et de patrons vont - au bénéfice de la discrétion des urnes - la voter. Premièrement, ils ne sont pas impactés par le ratio de 1:12 et secondement ils ont en marre de n'être par représentés ni par les partis politiques de droite qui suivent comme le Conseil fédéral aveuglément les consignes d'Economiesuisse. Organisation faîtière qui n'est en rien représentative des artisans et des PME du pays.

Quatrième idée fausse

Ce sont les jeunes qui la voteront en masse. C'est faux. Comme pour l'initiative Minder, ce sont les retraités qui vont la plébisciter le plus. Parce qu'un rentier qui n'a pas vu sa rente indexée depuis dix ans il faut arrêter de le prendre pour un "couillon". Puisqu'en Suisse, les caisses de pensions n'ont aucune obligation de considérer l'augmentation du coût de la vie.

Cinquième idée fausse

En sur payant certaines fonctions on ne fait que de récompenser la prise de responsabilité. C'est faux. De quelle responsabilité parle-t-on ? Parce que si on parle de responsabilité effective, qu'en est-il de celle d'un pilote d'easyJet, de celle d'un chauffeur de transport scolaire ou encore celle d'un chirurgien par rapport à un  employé de banque ? Et qu'en est-il de l'égalité homme - femme ?

Sixième idée fausse

Un top manager payé à coups de millions est plus efficace. C'est bien entendu faux. Marcel Ospel, président de l'UBS, fustigeait les médias de populistes en 2006 parce que ceux-ci faisaient écho de son traitement annuel de 30 millions de francs. En 2007, on l'a jamais autant peu vu au bureau, trop occupé à gérer son parc immobilier bâlois, à taper sur le tambour de la Foire de Bâle et de descendre à Valence en Espagne, assister à la Coupe de l'America. On a vu qu'il en est devenu de sa banque en 2008-2009. Régulièrement, des études aux américaines démontrent une asymétrie entre la rentabilité et la progression du salaire d'un manager, ceci pour les raisons illustrées plus avant.

 

Septième idée fausse

On doit s'adapter à la concurrence internationale. C'est faux. En Suisse, les top managers sont payés entre 30 et 40% de plus qu'en Europe, à responsabilité égale (p. ex. on compare Nestlé avec Danone ou Unilever)

Huitième idée fausse

On pénalise le patron créateur d'entreprise. C'est évidemment faux. Le créateur d'entreprise et vrai patron - non le manager qui bénéficie de la chute chaque fin de mois - est rarement le mieux rétribué dans sa boîte et généralement il y investit le fruit de son labeur dans le capital-actions. C'est sur la durée et en cas de succès que la valeur de ses actions s'appréciera substantiellement et qu'il sera récompensé. Ce type d'enrichissement plus que légitime n'est pas concerné par l'initiative 1:12.

Neuvième idée fausse

On fait la chasse aux riches. Bien au contraire, l'initiative 1:12 favorise le fait que tous les collaborateurs de l'entreprise tirent profit de la création de richesse. Personne empêche un manager de gagner annuellement 1,2 million de francs pour autant que le salaire le plus bas dans son entreprise soit de 100'000. On le voit l'initiative 1:12 ne fixe aucun plafond.

 

16/09/2013

Votons NON à l’initiative du GSsA !

topelement.jpgC’est la dernière qui sonne pour refuser l’initiative du Groupe pour une imagesCAJ5YFQ6.jpgSuisse sans Armée (GSsA) – votations fédérales du 22 septembre - qui vise à supprimer toute obligation de servir en Suisse. Soit nous rendre encore d’avantage sur le mode « avoir » - on attend tout de la collectivité et des autres – au lieu de nous encourager à fonctionner sur le mode « être ». On est responsable de ce que l’on vit et on prend notre destinée comme notre défense en mains.

 

home_parsys_71819_Image.gifBeaucoup rêvent d’un monde idéal. Pourtant, les intempéries, les flux migratoires, les incendies deimagesCALGS6IH.jpg forêts, la police du ciel, la tenue de congrès internationaux, l’organisation de manifestations sportives de grande ampleur, le soutien subsidiaire à nos corps de police, les secours en haute montagne, la participation à des opérations de maintien de la paix, la garde pontificale etc et etc c’est encore pour demain ! Notre armée de milice constitue la seule réserve stratégique de nos Autorités.

 

imagesCA3AGXUT.jpgCertes, nous n’avons pas, aujourd’hui, d’ennemis. Nous sommes seulement entourés de convoitises. Nous évoluons dans un monde à l’insécurité certaine. C’est déjà beaucoup ! Dans cette constellation, il n’est pas bon de se retrouver dans la position du « maillon faible. » Il n’y aura pas à attendre longtemps avant que l’on vienne tester notre capacité de résistance.

 

 

imagesCA3WMET8.jpgRappelons que la milice, en tant que forme de service militaire, permet au pays de maintenir lesmilitaire_swiss___zoom945.jpg coûts courants à un niveau bas pour la disponibilité de base. Notre système permet toutefois une réaction rapide et graduée face à des menaces spécifiques. Dans beaucoup de pays, une partie des coûts inhérents à une telle flexibilité dans la montée en puissance – possibilité de mobiliser des effectifs en conséquence et des cas de crises ou de sinistres majeurs bien au-delà de ce que permet une armée de professionnels – est externalisée.

 

Major François Meylan, officier Forces aériennes

 

 

13/09/2013

Refusons la modification de la loi sur le travail !

 

psantschi-petit.jpgDans le cadre des votations du 22 septembre 2013, nous avons à nous prononcer sur la modification de la Loi fédérale sur le travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce (Loi sur le travail, LTr). C’est l’article 27, al. 1quater qui sera, cas échéant, modifié comme suit : « Les magasins des stations-service qui sont situés sur les aires des autoroutes ou le long d’axes de circulation importants fortement fréquentés par les voyageurs et dont les marchandises et les prestations répondent principalement aux besoins des voyageurs peuvent occuper des travailleurs le dimanche et la nuit ».


 

Pierre Santschi, Ing.-physicien EPFL, SIA, ancien député au Grand Conseil vaudois

&

François Meylan, Conseiller financier

Que l’on ne s’y trompe pas. Plusieurs motions parlementaires, concernant d'autres libéralisations,1070097_10151717727958276_712367506_n.jpg sont actuellement pendantes. Leur sort sera fixé en fonction du résultat de cette votation. C’est principalement pour cela que les opposants à la modification ont opté pour un non de conviction et de précaution.

 

 

Mais cette votation pose un problème philosophique plus important. Souhaite-t-onenfants_tv.jpg continuer à transformer l'humain en un simple moyen de production ? Ou, de surcroît, en un pur consommateur avec les résultats que l'on connaît sur la santé mentale et affective de la population ? Force est de constater que le l'incitation à consommer  nous  entraîne dans une traversée en eau trouble dont nous ne voyons ni le fond ni les rivages. Le 22 septembre, nous aurons le choix entre dire non à une minorité de consommateurs « égoïstes » qui sont prêts à acheter ce que nous avons pour habitude de faire en journée à trois ou quatre « plombes du mat ».  Nous pouvons aussi considérer  l’individu – notre prochain – au cœur du système au lieu du dieu Fric et opter pour le bon sens, la modération et la sérénité pour toutes et pour tous.

Les partisans du oui argumentent la plus part du temps sur la base des principes d’une économie  dite libérale, voire plutôt néolibéraux.

Dans cette constellation, rappelons-nous les bases de la conception libérale réelle. Celle-ci est si souvent dévoyée dans notre pays. Exemple : on protège – la Confédération et nos parlementaires ont validé avec la loi too big to fail - l’UBS et le CS Group de la faillite et de toute concurrence sérieuse et dans le même temps on envoie nos concitoyennes et concitoyens à bas revenus ou se trouvant dans des conditions précaires travailler la nuit et le dimanche. Que d’hypocrisie, que d’arrogance et de mépris pour son prochain sous prétexte de libéralisme.  

Pourtant le libéralisme ce n’est pas ça. Pour ses concepteurs Adam Smith (la main invisible) et le français Montesquieu, la pensée libérale n'encourage pas la satisfaction de tous les "caprices" d'une poignée de consommateurs ni du marché qui sans encadrement devient sauvage. Sinon on trouverait des consommateurs qui seraient prêts à payer pour assister à des mises à mort. Le libéralisme - liberté d'entreprendre et liberté de contracter avec une pleine acceptation des risques - est encadré par la responsabilité sociale, le bien commun, le bon sens et la priorité à l'innocent. C'est pourquoi Messieurs Smith et Montesquieu accordent dans la promotion de l'esprit libéral une place importante à l'Etat comme arbitre et gardien du temple.

Cette modification de loi ouvre une brèche camouflée qui part des shops des stations-sevice et qui atteindra rapidement, par voie d’ordonnances, l’ensemble du commerce de détail.

Votons non le 22 septembre. Interrogeons-nous sur le modèle de société que nous souhaitons pour demain et pour nos enfants. A ce titre, il est surprenant de constater que les partis politiques qui brandissent la thématique de la famille dans leurs campagnes électorales ne semblent avoir que faire des effets néfastes du travail de nuit pour la famille et la santé.