11/01/2013

L’initiative Minder laissera des traces dans les partis politiques dits du centre !

Au départ, on aurait pu imaginer que l’initiative populaire contre les rémunérations abusives, déposée en février 2008, allait séduire les formations du pays qui se prétendent au centre de l’échiquier politique.

1001 raisons de soutenir l'initiative Minder.jpgD’une part la nature du texte constitutionnel proposé. Emprunt de bon sens et protégeant à la fois nos retraités, nos assurés, nos actionnaires et nos emplois. D’autre part, les caractéristiques mêmes de l’initiant. Un entrepreneur, patron d’une entreprise familiale et créateur d’emplois. Un libéral épris d’un besoin de justice légitime et animé par quelque chose qui ne s’achète pas, au grand dam des corrupteurs du pays, la CONVICTION !

Thomas Minder, PLR d’origine et indépendant par la suite – siégeant en tant que tel au sein du  groupe UDC, le seul qui l’a accepté – n’a pas la prétention d’être Dieu.  Seulement, il développe depuis des années une force et un courage plus qu’exemplaires. Il le fait contre l’arrogance, contre les coups bas et contre la médiocrité. Pour préserver le bien commun et l’équilibre du pacte social. Celui-ci conjugue libéralisme économique avec solidarité sociale. Récemment, l’ancien procureur anti-mafia Paolo Bernasconi m’écrivait : « l’initiative contre les rémunérations abusives  est le dernier rempart contre le féodalisme financier. »

Cette poignée minoritaire de pseudo top-managers qui se grattent mutuellement le dos et que l’illustre Cornelio Sommaruga vient de qualifier de parasites. Parce qu’on le sait toutes et tous… l’économie libérale s’appuie sur la liberté d’entreprendre. Et dans liberté on trouve avant toute chose la notion d’assumer ses choix. Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux les fossoyeurs du capitalisme à conduire nos entreprises à la débâcle sur l’autel de l’enrichissement personnel immédiat.  En Suisse, ils n’ont pas à répondre de leurs actes. Arrivés les poches pleines de dollars – nos dollars – ils partent presqu’aussitôt en parachutes faits d’or – notre or.

Face aux nombreux abus qui ont rythmé l’actualité économique de notre pays au cours de ces quinze dernières années, il paraissait logique que les partis politiques « dits » du centre – garants du bien commun, de l’équilibre et représentant la principale classe contributive qu’est la classe moyenne - se retrouvent dans le texte proposé par Minder. Stupéfaction, il n’en est rien. A l’image de cette section du parti démocrate-chrétien de la Cité de Calvin qui réussit à faire venir en son sein un fervent opposant à l’initiative débattre… mais SANS contradicteur ! A l’instar de cette section romande des verts’libéraux qui sous le joug d’une « individualité dominatrice » en fait de même. Est-ce la nouvelle forme de démocratie ? Un Maître tout puissant qui maintient dans la trouille une meute de canidés espérant quelques restes du festin. Le verdict du peuple ne tardera pas à sanctionner les suppôts de la peur et de la magouille. Après cette campagne bouillonnante, on fera les comptes. On verra alors émerger les centristes survivants, humanistes et garants du bien commun. Le bras de fer va se jouer entre la peur et l’indignation. Le débat sera virulent. Une fois le 3 mars 2013 passé, il sera question d’apaiser et de reconstruire un vrai centre politique qui non seulement vivra ses valeurs humanistes mais aussi les respirera.  

 

09/01/2013

L’initiative Minder, un signal fort à l’intention de nos politiques !

L’initiative contre les rémunérations abusives, soumise au vote le 3 mars 2013, constitue une occasion inespérée d’adresser un message fort à nos politiques.

385248_388739384553742_487344056_n.jpgDe quoi il s’agit. C’est l’inscription dans la Constitution fédérale du 18 avril 1999 de dispositions redonnant le contrôle des entreprises suisses listées en Suisse et à l’étranger à leurs véritables propriétaires les actionnaires. Notons que nous sommes toutes et tous actionnaires par le biais de notre caisse de pension ou par le biais du fonds AVS.

L’article 95, al.3 (nouveau) fixe, en substance, une gouvernance d’entreprise responsable et durable en prohibant les parachutes dorés (indemnités de sortie) et les primes d’entrée. Il prohibe également les commissions prélevées par les managers lors de l’achat ou de la vente d’entreprises ou de partie d’entreprises. Rappelons que ces derniers sont déjà, globalement très bien rémunérés. Alors qu’aucune étude n’a, à ce jour, prouvé le bienfait des bonus d’entrée ni des parachutes dorés le texte constitutionnel devrait emporter l’aval de l’ensemble de notre population qui est fatiguée des nombreux abus qui ont ponctué notre économie nationale depuis une quinzaine d’années.

Important également, c’est l’obligation qui sera faite aux caisses de pension d’exercer nos votes auxminder-affiche-cupidon-abus.jpg assemblées générales et dans le strict intérêt des assurés. C’est-à-dire nous les cotisants et les pensionnaires. Quand on sait comment cela fonctionne actuellement on ne peut que s’exprimer heureux qu’enfin, à l’instar des pays anglo-saxons, nos retraites soient mieux défendues. N’en déplaise à Dominique Biedermann de la fondation Ethos à Genève qui craint, peut-être, pour son pré carré.

Ajoutons à l’article 197, ch. 8 (nouveau) les dispositions pénales. Ce point fait mal à une poignée de top managers qui étaient intouchables jusqu’à présent et qui pour certains seraient déjà emprisonnés sous d’autres cieux tels que Singapour ou New York.

Il est utile de rappeler que les dispositions de l’initiative dite Minder contre les rémunérations abusives (les profiteurs au détriment du bien commun) ne visent que 231 entreprises sur les plus de 100'000 que notre pays compte. Une grande majorité de celles-ci sont déjà convenablement gérées. Il est étonnant de constater les moyens mis en œuvre pour la combattre par Economiesuisse. Pourtant cette initiative que le peuple attend depuis l’hiver 2008 n’a de quoi inquiéter qu’une poignée de «managers» et seulement les malhonnêtes. Ceux qui à peine arrivés en fonction ont déjà négocié les millions qu’ils toucheront à la sortie. Que l’entreprise se porte bien ou pas.  Très paradoxal, c’est le sort que l’on réserve à la base des employés quand cela tourne mal. Et encore plus indécent quant ces sociétés coulent par la faute même de ces individus qui quittent le navire les poches bien pleines quoi qu’il arrive.

Très inquiétant, c’est la compromission de nombre de politiques qui baignent dans des conseils d’administration et qui sont à la botte de ces mêmes managers.

D’où le constat émis récemment par l’ancien procureur public de Lugano Paolo Bernasconi, lors du lancement du Comité romand de soutien, à Lausanne : « Nous vivons une crise financière, une crise du droit, une crise des valeurs et une crise de crédibilité. » Cette dernière concerne en premier chef nos politiques.