09/10/2021

OVHcloud, le leader européen du cloud entre en bourse

IMG_5089.jpgSauf contre temps, le leader technologique français OVHcloud entrera en bourse le 15 octobre prochain. La fourchette de prix d’introduction en bourse est comprise entre 18.50 et 20 euros l’action. Ce qui valoriserait la société à hauteur de 4 milliards d’euros. Le marché du cloud suit un développement exponentiel. En Europe, il sera plus important que celui des télécoms avant 2026. OVHcloud, fondée à Roubaix en 1999, est très dynamique et, très important, est rentable. L’industrie du cloud s’occupe du stockage des données et des sauvegardes ; de la gestion et des transactions de ces mêmes données. Il est réjouissant de voir éclore un leader technologique de plus sur le vieux continent. On parle d’un marché qui croît de 20 % par an. On retrouve à la tête de cette société familiale (famille Octave Klaba), le PDG Michel Paulin qui a jadis dirigé les entreprises françaises Bull, SFR et Neuf Cegetel. Il est certain que le leader européen du cloud va peser aux côtés des géants du logiciel que sont  SAP et Dassault Systèmes. Il y a tout de même un bémol. Il est de taille. Les grandes firmes américaines et dans une certaine mesure les chinoises raflent 85 % du marché. On retrouve de grands noms tels que aws ; Amazon ; Google Cloud et Microsoft Azure. Quant au processus de l’entrée en bourse communément appelé « Initial Public Offering » IPO, on retrouve le prix de l’action sur le marché, pour une bonne majorité des IPO, en-dessous du prix d’introduction dans les mois qui suivent l’entrée en bourse. En quelques mots : il ne faut pas se précipiter. Quelques IPO récentes : ADC Therapeutics (ADCT) (suisse et secteur de l’oncologie) ; Palantir (PLTR) (US et secteur de l’analyse prédictive) et la Française des jeux (FDJ) sont pour l’instant des succès. Alors que pour Hydrogène De France (HDF) et l’équipementier sportif suisse On Holding (ONON)  les actions cotent aujourd’hui en-dessous du prix d’introduction. A suivre…

04/08/2021

5G, un effet rebond impossible à appréhender !

A5689E8D-48FC-48AD-B396-4DAFECF298CF.jpegLa crise pandémique qui s’éternise nous éloigne non seulement d’une vie dite «normale» mais également de débats de société cruciaux. Celui de la 5G en est un. C’est la cinquième génération des standards pour téléphonie mobile. Elle a comme finalité l’augmentation et la rapidité de transmissions des données. Si dans certaines régions du monde la 5G est déjà bien implémentée (Chine, Inde), en Suisse, entre moratoires imposés par les villes ou les cantons et les lourdeurs administratives, la situation évolue officiellement lentement. Sur le terrain, la réalité est autre.
L’opérateur téléphonique historique Swisscom fait des pieds et des mains pour ne pas perdre de temps, mais la seule vraie résistance vient des associations de consommateurs, voire des voisins. Pour le parlementaire Peter Stuckmann, en charge du dossier à la Commission européenne, la 5G est un élément essentiel à la reprise économique post-Covid19 en Europe. Alors que pour Caroline Zorn, déléguée à la ville numérique, à Strasbourg, on ne devrait pas parler de progrès mais d’évolution technologique, qui doit être encadrée tant par le politique que par la population. Encore faudra-t-il consulter cette dernière. Toujours selon Caroline Zorn, la 5G ne devrait pas pouvoir s’appuyer sur les nombreuses carences du territoire en matière de haut débit et de couverture. Interrogée dernièrement, la spécialiste évoque la nécessité d’une profonde réflexion sur quelle société souhaitons-nous: celle où le réfrigérateur communiquera directement avec le service de ventes à domicile ou celle où la voiture n’aura plus besoin de son utilisateur? Quant au plan écologique, elle rappelle que le data-center d’Amazon fonctionne encore au charbon dans les montages des Appalaches.
Les plus fortes oppositions s’inscrivent dans le domaine des risques pour la santé. Depuis 2011, les champs de fréquences électromagnétiques sont classés dans la catégorie des phénomènes pouvant être cancérigènes (OMS). C’est dans ce sens que va le «5G Appeal», un mémorandum signé par près de 200 scientifiques prédisant une exposition massive des ondes imposée et nuisible à la santé. Cependant, tant du côté des pro-5G que des anti-5G, le ‘cherry picking’
est omniprésent, soit de ne considérer que des études scientifiques et autres sources qui s’avèrent en adéquation avec notre prise de position.
Il nous reste alors l’argument climat. Les pro-5G anticipent une baisse drastique de l’empreinte carbone. En octobre 2020, l’Université de Zürich et l’Empa ont publié un rapport intitulé «Next generation mobile networks: Problem or opportunity for climate protection?». Cette étude, financée par Swisscom, se montre plutôt positive en terme d’émissions de gaz à effet de serre (GES), à l’horizon 2030, de par le biais de la construction et de l’exploitation du réseau 5G en Suisse. À volume égal de données transmises, la 5G semble plus performante sur le plan énergétique que ses prédécesseurs. Ce qui est nuancé par la climatologue de renom Corinne Le Quéré: «À l’heure actuelle, nous ne disposons pas d’évaluations adéquates qui permettraient d’affirmer que la 5G peut jouer un rôle bénéfique pour le climat. Le déploiement de la cinquième génération doit être compatible avec les engagements nationaux en termes de neutralité carbone. Et il est démontré que la 5G est capable d’augmenter, en France comme à l’étranger, les émissions importées à travers la fabrication des équipements.»
Le 19 décembre 2020, le Haut conseil pour le climat français a remis, après en avoir été saisi par le Sénat, un rapport de prospective consacrée à l’impact carbone de la 5G, qui s’est révélé moins tendre avec la nouvelle génération de téléphonie mobile. Il appréhende, en cas d’utilisation de la 5G, une empreinte carbone équivalente en 2030, voire supérieure. Pourquoi cette différence de posture? La principale différence vient du fait que l’étude financée par l’opérateur helvétique ne considère que la question du point de vue de l’opérateur et de son périmètre d’équipements permettant la construction de son réseau, alors que l’investigation française tient compte des terminaux mobiles, dont la fabrication serait responsable d’environ 64% de l’impact carbone total calculé pour la 5G. Madame Le Quéré rappelle que les usages finaux des nouvelles technologies ne sont jamais entièrement anticipés, alors que les possibilités techniques finissent toujours par être utilisées à leur maximum. L’effet rebond annulerait ainsi toute espérance de gain pour le climat.

28/07/2021

En Chine, l’Etat a toujours raison : séisme sur les EdTech !

2015-08-19T104234Z_1007120002_LYNXNPEB7I0FX_RTROPTP_3_OFRBS-CHINE-BOURSE_original.jpgCe début d’été, un retour à la réalité s’est imposé sur les marchés boursiers : le 100ème anniversaire du Parti communiste chinois et la raison d’Etat. Dans l’empire du milieu, l’état (le parti unique) a toujours raison. Le capitalisme doit servir la collectivité et non le contraire. La « dictature » chinoise sanctionne régulièrement les tricheurs et autres profiteurs. Ces dernières semaines, ce sont les EdTech qui en ont fait les frais. L’année pandémique 2020 qui fut à la fois tragique pour beaucoup et une véritable aubaine financière pour  d’autres doit paraître bien lointaine pour les entreprises chinoises actives dans l’instruction privée et les services de tutorat parascolaire. Un secteur, pesant plus de 120 milliards de dollars. Par exemple, le numéro deux du secteur TAL Education – voir graphique – a vu son cours dégringoler depuis son plus haut de 90 dollars à 4,03 dollars ! Ces concurrents  sinophones traversent la même galère.

Que s’est-il passé ?

Le régulateur chinois vient d’amender quinze sociétés du tutorat privé. Pour l’instant, ce n’est pas le cumul des amendes qui se limite à quelques millions de dollars qui fait souci mais plutôt les perspectives du secteur.

Parmi elles : Yuanfudao (soutenue par Tencent), Zuoyebang (soutenue par Alibaba), et New Oriental Education, TAL Education Group, OneSmart Education, Beststudy Education et Scholar Education.

Ces entreprises sont accusées d’avoir falsifié les diplômes des enseignants, la qualification et l’expérience du corps enseignant… surtout de débaucher les meilleurs professeurs de l’école publique. Avec le risque de créer un système à deux vitesses en Chine. Et cela est inacceptable pour la doctrine de l’unique parti politique du pays.

On reproche également aux « bannis » des cas de publicité mensongère et, une fois de plus, d’avoir eu la main lourde sur la facturation. Profitant des confinements et de la nécessité de maintenir à distance  son niveau d’enseignement.

Des banques comme Crédit Suisse et Morgan Stanley, après avoir  recommandé ce secteur, encouragent à présent de s’en éloigner.  Le pire est peut-être à venir. Pékin s’apprête à dévoiler d’autres mesures. Elles risquent d’être plus dures que prévu.

Dans une note, Goldman Sachs a indiqué qu'il réduirait de près de 80 %  en moyenne les objectifs de cours de ces sociétés. La banque américaine estime que l'impact de la nouvelle réglementation sur les résultats de ces entreprises s'explique principalement par l'interdiction du soutien scolaire le week-end et pendant les vacances. Une activité qui pèse jusqu'à 80% de leur chiffre d'affaires. Le président Xi Jinping souhaite un modèle qui privilégie la prospérité commune à une croissance désordonnée.  Intéressant et à suivre…