11/03/2022

Palantir et la recherche de la rentabilité

E52C5744-541D-4978-8253-10E649D56BCB.jpeg« L’intelligence économique (...) marquera les 25 prochaines années comme le marketing a marqué les 25 dernières. »
Alain Juillet, ex-responsable de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE)

C’est très bien résumé. Jadis, tout le défi du Renseignement sécuritaire résidait en la difficulté d’acquérir l’information. Aujourd’hui, la difficulté est de la traiter. On a jamais eu accès à autant d’informations sur tout et sur rien. Des plateformes comme Google et Facebook en vivent. Elles commercialisent le big data. Nos habitudes de consommation et notre comportement sont scrutés en permanence. Ces données sont analysées et sont vendues à des fins de marketing aux plus offrants. Imaginons que toutes ces données puissent aider des Etats ; les services de sécurité; les ONG et les entreprises privées à lutter contre la criminalité ; à anticiper des actions terroristes ou à prendre les bonnes décisions quant à l’affectation des ressources. C’est dans cette constellation
qu’intervient la firme américaine de Denver Palantir Technologies. Elle commercialise des logiciels d’analyses et d’exploitations du big data. On crédite, entre autres, à Palantir qui fut fondée en 2003 avec le concours de la CIA la traque et la capture d’Oussama Ben Laden. Seulement voilà, la firme qui a comme clients de multiple acteurs de la Défense américaine et Crédit Suisse ; JP Morgan Chase ; Airbus ; Fiat-Chrysler ; Ferrari ; Axel Springer ; Sanofi ou encore la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) peine à être rentable. Pourtant, Palantir ne cesse d'augmenter, année après année, le nombre de ses clients et son chiffre d’affaires. Chaque contrat porte sur une durée minimale de trois ans et pèse plusieurs millions de dollars. La majorité des clients renouvellent. Palantir Technologies a renouvelé au mois de février 2019 avec le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) un partenariat pour cinq ans pour rationaliser l’acheminement de l’assistance alimentaire ou financière lors des opérations de secours et d’urgence. Mais la rentabilité doit encore être trouvée dans un domaine incontournable mais très énergivore en terme de ressources. Le cours de l’action est à 10.96 dollars. Morningstar estime sa juste valeur à 31 dollars. Le consensus des analystes (10) est plus prudent avec un objectif de cours à 17.11 dollars. A suivre...

 

30/11/2021

Renault : la Mégane survivra mais en mode électrique

4AC697E6-C43C-4C6A-A7B9-CD4E1F566C90.jpegL’entreprise Renault a 122 ans. Il s’agit du quatrième constructeur automobile mondial. L’Alliance conclue jadis avec la japonais Nissan ne porte pas ses fruits. Renaultpeine déjà à générer des marges suffisantes et Nissan ne lui apporte que des pertes. Le groupe a été chahuté par deux années de flottement dans sa gouvernance. La Covid-19 n’a fait que d’exacerber des difficultés déjà existantes avant la crise. Depuis 10 mois, le groupe s’est repris en mains. D’une stratégie de masse à très faibles marges et focalisée sur l’Asie, Renault va réduire sa production maismonter en gammes. La classique Mégane va survivre mais en mode électrique. La Renault Alpine reste présente en Formule 1. Avec toute la visibilité que cela comporte d’avoir une écurie. Les sites de productions sont revisités et quelques 15'000 employés vont être requalifiés. Le plus significatif est l’arrivée à la tête de la société de Luca de Meo. Il a déjà contribué à redresser Fiat. On lui doit la remise à jour de la légendaire Fiat 500. Ce fut un succès. Il compte faire de même avec la Renault 5. Vingt-quatre nouveaux modèles vont sortir d’ici 2025. L’objectif est l’électrisation de tout le parc d’ici 2030. Luca de Meo est également adepte de l’économie circulaire et considère que « L’âme des constructeurs automobiles est dans les racines. » Surtout, il a compris que la voiture s’est foncièrement transformée. La connectivité est devenue incontournable. La voiture ne sera plus une carrosserie équipée d’électronique mais une boîte high tech sur des roues… et encore. Pour cela des partenariats sont conclus avec Atel ; Dassault Systèmes et d’autres. Spécialiste. On y ajoute le recrutement, il y à cinq mois, de Luc Juliacomme directeur scientifique. Julia vient de la Silicon Valley, en Californie, où il a créé l’application SIRI et de Samsung.Le redressement ou plutôt la réorientation de la marque au losange est à suivre.

02/11/2021

Forsee Power, les batteries pour bus et trains entrent en bourse…

12826274-9E59-4568-9D62-2AA9B9316829.jpegSpécialiste des solutions de stockage de l’énergie haute puissance destinée à équiper bus, trains, véhicules de chantier ou bateaux, la société française Forsee Power s'introduit en Bourse le 5 novembre. Le prix de souscription est compris entre 7.25 et 9.80 euros. Le canadien Ballard Power Systems, leader mondial des piles à combustibles, prendra à cette occasion jusqu'à 10% du capital.
La tendance lourde de renoncer aux énergies fossiles accélère l'électrification de l'industrie et des transports. La demande de batteries augmente de façon exponentielle. Le cabinet Grand View Research estime ce marché à plus de 100 milliards de dollars précisément, avec une croissance moyenne annuelle de 14% d'ici à 2027. Forsee Power se positionne en expert des solutions de stockage pour l'électromobilité. Sa particularité est de ne pas être présente sur des marchés de
masse, comme celui des véhicules particuliers, ni sur des marchés de niche tels que l'aérospatial ou la défense.
L'entreprise est leader européen sur le marché des bus. Dix constructeurs mondiaux sont déjà ses clients. Elle est également incontournable sur le ferroviaire, avec son partenaire Alstom - pour l'hybridation du TER - et sur le marché des véhicules non routiers et véhicules spéciaux (camions miniers, pelleteuses, engins de construction et agricoles) et sur le segment des véhicules légers, notamment les scooters électriques qui représentent en Asie un marché colossal.
Fondée en 2011, la firme bénéficie de l’expérience de ses dirigeants parmi lesquels on retrouve son fondateur Christophe Gurtner issu de Alcatel- Alsthom. Entre 2015 et 2020, la société a généré une croissance annuelle moyenne de ses revenus de 44%, et anticipe 71 millions d'euros pour l'exercice en cours. L'équilibre au niveau de l'Ebitda est prévu pour 2023. En outre, l’entrée en bourse de OVH Cloud fut un succès mais celles de l’équipementier sportif ON Holding et de Hydrogène De France ont démontré que le mieux était de ne pas se précipiter sur l’IPO (Initial Public Offering). Observer l’évolution de l’entreprise dans un marché boursier secoué par une subite flambée inflationniste qui invite à séparer le bon grain de l’ivraie.