05/04/2017

Le chômage chez les jeunes... une réalité vaudoise !

IMG_6218.PNGLe chômage chez les jeune est une réalité bien vaudoise !*

A un mois du premier tour des élections cantonales – tactique électoraliste oblige, le bilan financier du canton a été publié et commenté. Le « miracle vaudois » continue d’opérer. Comme le commentait la presse du chef-lieu. Le canton continue de bénéficier d’une démographie vigoureuse. Laquelle reflète une croissance économique supérieure à la moyenne nationale. Certes, de quoi se réjouir. Néanmoins, il y a un mais ! Ce Pays de Vaud si riche, si bien loti et si bien administré traine un taux de chômage de plus de 5% chez ses jeunes. Hors, c’est à l’observation de l’échelon le plus faible que l’on mesure avec justesse la santé d’une nation et non à son « élite. » Un canton aussi prospère que le nôtre ne devrait laisser personne sur le carreau. Le prix pour la société est très élevé pour récupérer un jeune en décrochage professionnel. Voire en rupture. Pourtant, les collectivités tout comme les grandes entreprises ne manquent pas. On pourrait aisément intégrer nos jeunes… tous nos jeunes, de la sortie de leur scolarité obligatoire ou de leurs études. Le coût d’un apprenti ne représente souvent qu’une fraction de la rémunération d’un top-manager. Sur ce dossier de l’intégration pour toutes et pour tous dans le monde du travail – on n’apprend plus un seul métier pour la vie, autant s’y mettre tôt – le politique serait bien avisé de trouver des solutions sur trois axes. Le premier étant l’accompagnement des 18 – 25 ans pour se loger, se soigner qui sont des préalables à la recherche efficace d’un emploi. Une sorte de « garantie jeunes » à la vaudoise. Un tel dispositif est fortement encouragé au sein de l’Union européenne. Il fonctionne sur la base d’allocations de recherche. Une incitation concrète au décrochement d’une place d’apprentissage ou d’un emploi. Le second étant une coordination cantonale reposant à la fois sur les collectivités et sur les entreprises. Pour absorber les jeunes demandeurs d’emploi. Quitte à les encadrer. La responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de son environnement passe également par là. On ne le répétera jamais assez. Il n’y pas de réussite individuelle durable. L’essence même du libéralisme telle que décrite par Aristote, Socrate, Adam Smith ou encore Montesquieu perdure par le biais de l’humanisme et de la responsabilité sociale. A mon point de vue, on aurait pu demander un effort important aux entreprises arrivées dans le canton dans le cadre de l’arrêté fédéral urgent Bonny. C’est le passé. Le troisième axe de travail demeure et demeurera l’école. La transformer pour aider les enfants à prendre le pouvoir sur leur vie. Comme l’énonce, avec talent, l’auteur et entrepreneur Jacques Attali : l’école ne prépare pas à devenir soi. Elle conditionne pour dupliquer un système existant. Hors, dans un monde en perpétuelles mutations cela ne peut pas marcher. Aussi, l’accompagnement de notre jeunesse, l’implication forte de nos collectivités comme du monde de l’entreprise et la refonte des schémas solaires de l’apprentissage intellectuel comme émotionnel devraient permettre d’atteindre cet objectif. Il est concret et mesurable. Arriver à zéro chômage chez les jeunes Vaudois.

*Les Indépendants Vaudois, Liste 7, arrondissement de Lausanne 

02/04/2017

Le courage n'existe pas, on s'éduque au courage.

IMG_7675.JPGRENCONTRE INSOLITE AVEC L'HOMME À LA FOIS LE PLUS PUISSANT ET LE PLUS MENACÉ DE SICILE...

Après un téléphone, de multiples SMS de coordination avec la porte-parole du Président de la Région Sicile, plus de cinq millions d’habitants, ainsi que plusieurs changements d’horaire, j’obtiens une audience dudit président.

Elle se déroule au Palazzo D’Orleans (Palais d’Orleans), au nord de Palerme. Le Président Rosario Crocetta, élu à la plus haute fonction en 2011, est bien connu dans le paysage sicilien pour être un pragmatique et un travailleur infatigable. Son enjeu: moderniser la Sicile mais aussi l’extirper du dogme mafieux. Autrefois maire de la ville côtière de Gela, au sud de l’île, il y mena une lutte sans merci contre le crime organisé. Ce ne sont pas moins de six-cents malfaiteurs qu’il envoya devant les tribunaux. Rien d’étonnant donc à ce que la mafia l’ait condamné en 2009.

À ma question de savoir où il puise sa force et son courage, il répond : « Le courage n’existe pas. On s’éduque au courage. Quand j’ai appris qu’il y avait un contrat sur moi, j’ai commencé par mal dormir. Voire pas dormir du tout. J’avais peur et j’étais angoissé. Pourtant, le lendemain, je ne pouvais m’empêcher de poursuivre mon rôle de magistrat et de systématiquement dénoncer les activités criminelles portées à ma connaissance. Alors j’ai compris que ma liberté était celle de l’esprit et du cœur. Même si je ne suis plus libre de mes mouvements et que je ne pourrai plus jamais mener une vie ordinaire. »

Rosario Crocetta, qui fut également eurodéputé et vice-président de commission, a, entre autres mesures anti-mafia, promulgué une loi qui permet aux personnes qui ont dénoncé des activités mafieuses de trouver un emploi de fonctionnaire au sein de la Région Sicile. Depuis son entrée en fonction, quelques soixante administrés ont bénéficié de ces dispositions. Précisons qu’en Sicile le délateur n’a plus aucun avenir professionnel. Personne ne l’engage. Et Crocetta de rappeler qu’il n’y a rien de tel que les moyens légaux et les textes législatifs pour faire évoluer de manière efficace le cadre de la lutte contre le crime organisé. Encore faut-il que cela soit suivi d’effet. Sinon, ce n’est que de l’agitation pour Crocetta.

À ce titre, il souligne le pas très important franchi pour l’institution judiciaire avec la loi Pio La Torre, un politique et dirigeant du Parti communiste italien, assassiné le 30 avril 1982. Cette première loi Antimafia a introduit un nouveau type de crime dans le système judiciaire italien. Celui de la conspiration mafieuse avec la possibilité pour les tribunaux de saisir et de confisquer le patrimoine des individus appartenant à un réseau mafieux.

Le Président Rosario Crocetta déplore que la communauté européenne ne s’en inspire pas d’avantage. En effet, c’est une chose de poursuivre les criminels une fois leurs méfaits réalisés mais c’en est une autre d’inculper à temps et ainsi de prévenir la production du crime. Comme pour ce mafiosi condamné à huit ans de prison pour conspiration mafieuse: après s’être réfugié en Grande Bretagne, il refuse son extradition en raison de la non-équivalence britannique de la loi La Torre.

Depuis les tristement célèbres assassinats des super-magistrats Giovanni Falcone, Paolo Borsellino ou encore Alberto Carlo Dalla Chiesa, de grands progrès on été effectués dans le combat contre la pieuvre. Mais celle-ci s’est adaptée et surfe également sur la mondialisation.

Le Président Rosario Crocetta, âgé de 66 ans, plaisante en faisant remarquer qu’il a déjà gagné huit années de sa vie depuis sa condamnation à mort par Cosa Nostra. Le fait qu’il ne soit ni marié ni père lui facilite grandement la tâche de servir son maître le Droit, avec « D » majuscule.

*Texte initialement publié dans la Méduse, le 31.03.2017 

25/03/2017

Violences politiques : le douloureux rappel de Londres.

IMG_8709.PNG*Au lendemain du nouvel attentat de Londres, je parcours le livre du candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon.

Un ouvrage écrit à la hâte, sans tête de chapitre ni même une table des matières. Néanmoins, dans son livre intitulé «Pour la génération qui vient», éditions Equateurs, un peu plus d’une centaine de pages écrites en grands caractères, quelques points me permettent de lier la réflexion aux assassinats perpétrés la veille à Westminster par le ressortissant britannique Khalid Masood.

Celui-ci, au volant de son véhicule, fauchant, des passants sur le pont de Westminster, puis poignardant à mort un officier de police. Avant d’être, à son tour, tué. Il était connu de la justice. Notamment pour avoir été condamné à plusieurs reprises pour agressions et possession d’armes. D’autre part, son attaque a été revendiquée par l’organisation criminelle Daech. Toutefois, selon «The Gardian», Khalid Masood ne figurait pas sur la liste des trois mille personnes les plus suspectées de passer à l’acte. Répertoriée par le service de renseignement intérieur britannique (MI5).

Alors, je relis quelques pages de Benoît Hamon. Il rappelle que lors d’une enquête nationale effectuée en 2014, ses concitoyens ont estimé que les musulmans représentaient un tiers de la population française. Alors qu’en réalité ils sont à peine huit pour cent. Il souligne également l’importance des actions de la police de proximité. Celle-ci connaît sa population, comme son environnement. Il appuie le postulat de la prévention sur la nécessité d’investir d’avantage au niveau de l’école. «La lutte contre les inégalités et les discriminations commence sur les bancs de l’instruction publique: c’est là que naissent l’espoir et l’envie de vivre ensemble».

Vu ce qui précède, je suis de plus en plus convaincu que ce que nous nommons terrorisme est avant tout un dérivé de banditisme et de crime organisé. Cas échéant, la police de proximité et les ilotiers chers à Benoît Hamon sont certainement plus efficaces dans la lutte contre l’assassinat que les bombardements ordonnés de l’autre côté de la Méditerranée par le président sortant François Hollande. Les terrorismes – les violences politiques, je préfère – trouvent toujours un dogme, une idéologie, des arguments pour construire la cause. Pour établir la justification du crime. Mais qu’il soit l’œuvre de l’IRA irlandaise, des séparatistes basques de l’ETA, des activistes arméniens ou encore du PKK kurde, le terrorisme emploie les même réseaux financiers et logistiques que le grand banditisme.

En outre, il permet l’instauration d’un climat infra guerrier qui «autorise» le vol, l’extorsion, le racket, l’impôt révolutionnaire et toutes autres activités crapuleuses. Des individus s’enrichissent par le biais des violences politiques. Et tout porte à croire qu’en invoquant la «guerre» de religion ou encore l’instauration d’un pseudo «califat» on se trompe dramatiquement de cible. Les violences politiques sont à appréhender comme le crime de droit commun.

*Article écrit pour "la méduse", journal online indépendant suisse