07/04/2017

Le néo-libéralisme et Daech : des similitudes !

IMG_2350.JPG*Tant le courant de pensée néo-libéral que l'organisation criminelle islamiste s'appuient sur l'application totale d'une doctrine. C'est-à-dire, un fascisme.
Pour le premier, le marché est seul roi. Pour le second, c'est une religion purifiée et surtout revisitée. En soit, il y a un effet de nouveauté, recherché dans les deux cas.

Pour les prédicateurs de l'État Islamique (EI), on postule pour un nouveau califat supérieur à tout ce que l'on a connu. Au-dessus du défunt sultanat, au-dessus du clergé saoudien wahhabite et évidemment supérieur au clergé chiite et à toutes autres obédiences. Ce "new" califat irait jusqu'à soumettre Rome et à imposer l'islam au quatre coins du monde. Quant aux néolibéraux, "néo" en grec comme nouveau, ils piétinent à pieds joints toute la pensée libe?rale par la négation ; en plaçant à la tête du système le sacro-saint marché. Au-dessus de l'État, au-dessus de tout et bien entendu au-dessus du politique qui par essence-même a un prix et qui s'achète. Faut-il le rappeler ? Dans la pensée libérale, d'Aristote à Adam Smith en passant par Montesquieu, l'État demeure le seul garant du bien commun et du vivre ensemble. Avec le marché, il doit consister un équilibre et un système chapeauté par le Droit - avec un D majuscule - valable pour toutes et pour tous.

L'EI et le néolibéralisme font siens des zones de non droit. Pour l'organisation criminelle, les zones grises d'Irak, de Syrie et de Libye ont constitué son espace de déploiement et opérationnel. Pour les néolibéraux, exploiter les flous ou les manquements juridiques des États pour ne pas ou très peu payer d'impôts est une activité de prédilection. De même que tenter de privatiser des services jusqu'alors proposés par l'État. On parle, dans les cas d'espèce, des traités transnationaux TISA et TAFTA. Pour eux, le monde est une marchandise.

Bien entendu, tant pour l'EI que pour les néolibéraux - tous deux surfant avec une aisance déconcertante sur les agrégats de la mondialisation, des flux migratoires et de la financiarisation - leur dogme respectif n'est qu'alibi pour leur soif de pouvoir insatiable. L'application fascisante de la "loi" du marché et d'un "islam" littéral et des plus moyenâgeux ne servant en fin de compte qu'à asseoir la domination de quelques uns sur le plus grand nombre.

Autres similitudes: l'art de manier les moyens de communication et un marketing des plus efficaces. Pour ces deux courants, l'un criminel et l'autre sauvage, j'appuie et je persiste, le discours, l'humain est réduit à l'état d'objet, avant que de disparaître en poussière. Nous avons bel et bien affaire à des formes de fascisme, spécifiques à notre ère.
Les deux sont à circonscrire avec la connaissance, la recherche de la vérité et avec le discours. Réveillons-nous !

*Texte publié dans Orbis Terrae, www.orbisterrae.ch

05/04/2017

Le chômage chez les jeunes... une réalité vaudoise !

IMG_6218.PNGLe chômage chez les jeune est une réalité bien vaudoise !*

A un mois du premier tour des élections cantonales – tactique électoraliste oblige, le bilan financier du canton a été publié et commenté. Le « miracle vaudois » continue d’opérer. Comme le commentait la presse du chef-lieu. Le canton continue de bénéficier d’une démographie vigoureuse. Laquelle reflète une croissance économique supérieure à la moyenne nationale. Certes, de quoi se réjouir. Néanmoins, il y a un mais ! Ce Pays de Vaud si riche, si bien loti et si bien administré traine un taux de chômage de plus de 5% chez ses jeunes. Hors, c’est à l’observation de l’échelon le plus faible que l’on mesure avec justesse la santé d’une nation et non à son « élite. » Un canton aussi prospère que le nôtre ne devrait laisser personne sur le carreau. Le prix pour la société est très élevé pour récupérer un jeune en décrochage professionnel. Voire en rupture. Pourtant, les collectivités tout comme les grandes entreprises ne manquent pas. On pourrait aisément intégrer nos jeunes… tous nos jeunes, de la sortie de leur scolarité obligatoire ou de leurs études. Le coût d’un apprenti ne représente souvent qu’une fraction de la rémunération d’un top-manager. Sur ce dossier de l’intégration pour toutes et pour tous dans le monde du travail – on n’apprend plus un seul métier pour la vie, autant s’y mettre tôt – le politique serait bien avisé de trouver des solutions sur trois axes. Le premier étant l’accompagnement des 18 – 25 ans pour se loger, se soigner qui sont des préalables à la recherche efficace d’un emploi. Une sorte de « garantie jeunes » à la vaudoise. Un tel dispositif est fortement encouragé au sein de l’Union européenne. Il fonctionne sur la base d’allocations de recherche. Une incitation concrète au décrochement d’une place d’apprentissage ou d’un emploi. Le second étant une coordination cantonale reposant à la fois sur les collectivités et sur les entreprises. Pour absorber les jeunes demandeurs d’emploi. Quitte à les encadrer. La responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de son environnement passe également par là. On ne le répétera jamais assez. Il n’y pas de réussite individuelle durable. L’essence même du libéralisme telle que décrite par Aristote, Socrate, Adam Smith ou encore Montesquieu perdure par le biais de l’humanisme et de la responsabilité sociale. A mon point de vue, on aurait pu demander un effort important aux entreprises arrivées dans le canton dans le cadre de l’arrêté fédéral urgent Bonny. C’est le passé. Le troisième axe de travail demeure et demeurera l’école. La transformer pour aider les enfants à prendre le pouvoir sur leur vie. Comme l’énonce, avec talent, l’auteur et entrepreneur Jacques Attali : l’école ne prépare pas à devenir soi. Elle conditionne pour dupliquer un système existant. Hors, dans un monde en perpétuelles mutations cela ne peut pas marcher. Aussi, l’accompagnement de notre jeunesse, l’implication forte de nos collectivités comme du monde de l’entreprise et la refonte des schémas solaires de l’apprentissage intellectuel comme émotionnel devraient permettre d’atteindre cet objectif. Il est concret et mesurable. Arriver à zéro chômage chez les jeunes Vaudois.

*Les Indépendants Vaudois, Liste 7, arrondissement de Lausanne 

02/04/2017

Le courage n'existe pas, on s'éduque au courage.

IMG_7675.JPGRENCONTRE INSOLITE AVEC L'HOMME À LA FOIS LE PLUS PUISSANT ET LE PLUS MENACÉ DE SICILE...

Après un téléphone, de multiples SMS de coordination avec la porte-parole du Président de la Région Sicile, plus de cinq millions d’habitants, ainsi que plusieurs changements d’horaire, j’obtiens une audience dudit président.

Elle se déroule au Palazzo D’Orleans (Palais d’Orleans), au nord de Palerme. Le Président Rosario Crocetta, élu à la plus haute fonction en 2011, est bien connu dans le paysage sicilien pour être un pragmatique et un travailleur infatigable. Son enjeu: moderniser la Sicile mais aussi l’extirper du dogme mafieux. Autrefois maire de la ville côtière de Gela, au sud de l’île, il y mena une lutte sans merci contre le crime organisé. Ce ne sont pas moins de six-cents malfaiteurs qu’il envoya devant les tribunaux. Rien d’étonnant donc à ce que la mafia l’ait condamné en 2009.

À ma question de savoir où il puise sa force et son courage, il répond : « Le courage n’existe pas. On s’éduque au courage. Quand j’ai appris qu’il y avait un contrat sur moi, j’ai commencé par mal dormir. Voire pas dormir du tout. J’avais peur et j’étais angoissé. Pourtant, le lendemain, je ne pouvais m’empêcher de poursuivre mon rôle de magistrat et de systématiquement dénoncer les activités criminelles portées à ma connaissance. Alors j’ai compris que ma liberté était celle de l’esprit et du cœur. Même si je ne suis plus libre de mes mouvements et que je ne pourrai plus jamais mener une vie ordinaire. »

Rosario Crocetta, qui fut également eurodéputé et vice-président de commission, a, entre autres mesures anti-mafia, promulgué une loi qui permet aux personnes qui ont dénoncé des activités mafieuses de trouver un emploi de fonctionnaire au sein de la Région Sicile. Depuis son entrée en fonction, quelques soixante administrés ont bénéficié de ces dispositions. Précisons qu’en Sicile le délateur n’a plus aucun avenir professionnel. Personne ne l’engage. Et Crocetta de rappeler qu’il n’y a rien de tel que les moyens légaux et les textes législatifs pour faire évoluer de manière efficace le cadre de la lutte contre le crime organisé. Encore faut-il que cela soit suivi d’effet. Sinon, ce n’est que de l’agitation pour Crocetta.

À ce titre, il souligne le pas très important franchi pour l’institution judiciaire avec la loi Pio La Torre, un politique et dirigeant du Parti communiste italien, assassiné le 30 avril 1982. Cette première loi Antimafia a introduit un nouveau type de crime dans le système judiciaire italien. Celui de la conspiration mafieuse avec la possibilité pour les tribunaux de saisir et de confisquer le patrimoine des individus appartenant à un réseau mafieux.

Le Président Rosario Crocetta déplore que la communauté européenne ne s’en inspire pas d’avantage. En effet, c’est une chose de poursuivre les criminels une fois leurs méfaits réalisés mais c’en est une autre d’inculper à temps et ainsi de prévenir la production du crime. Comme pour ce mafiosi condamné à huit ans de prison pour conspiration mafieuse: après s’être réfugié en Grande Bretagne, il refuse son extradition en raison de la non-équivalence britannique de la loi La Torre.

Depuis les tristement célèbres assassinats des super-magistrats Giovanni Falcone, Paolo Borsellino ou encore Alberto Carlo Dalla Chiesa, de grands progrès on été effectués dans le combat contre la pieuvre. Mais celle-ci s’est adaptée et surfe également sur la mondialisation.

Le Président Rosario Crocetta, âgé de 66 ans, plaisante en faisant remarquer qu’il a déjà gagné huit années de sa vie depuis sa condamnation à mort par Cosa Nostra. Le fait qu’il ne soit ni marié ni père lui facilite grandement la tâche de servir son maître le Droit, avec « D » majuscule.

*Texte initialement publié dans la Méduse, le 31.03.2017