09/09/2019

Deux ans après le coup d’État séparatiste en Catalogne, le point avec Nicolas Klein !

83922C57-508D-4A25-8405-B721D14F41B6.jpegFM : Que s’est-il précisément passé dans l’autonomie catalane les 6 et 7 septembre 2017?

Nicolas Klein :Les 6 et 7 septembre 2017, des faits d’une extraordinaire gravité se sont produits en Catalogne puisque le Parlement régional (Parlament) a voté, dans un contexte houleux, la Loi de Transition juridique et constitutive de la République catalane (Ley de Transitoriedad y Fundacional de la República Catalana). Ce texte de loi avait pour objectif d’assurer la soudure entre la légalité espagnole (principalement représentée par la Constitution de 1978) et l’hypothétique nouvelle structure juridique d’une République catalane indépendante. Elle devait en réalité préparer le référendum séparatiste illégal du 1er octobre suivant.

Ce texte et les conditions dans lesquelles il a été approuvé par la chambre régionale catalane posent de nombreux problèmes. En premier lieu, il a été voté en toute illégalité puisqu’il violait de nombreuses lois espagnoles ainsi que la Constitution du pays. Cela a été confirmé par la Cour constitutionnelle, laquelle a été saisie dès le 8 septembre 2017 par le Conseil d’État afin de se prononcer à ce sujet.

Par ailleurs, cette loi a été approuvée uniquement par les formations indépendantistes alors représentées au Parlament(Ensemble pour la Catalogne, Gauche républicaine de Catalogne et Candidature d’Unité populaire), puisque les partis constitutionnalistes (Citoyens, Parti des Socialistes catalans et Parti populaire) ont abandonné l’hémicycle pour protester contre le viol des droits de l’opposition. De son côté,Catalunya Sí que es Pot (« franchise locale » de Podemos) arefusé de l’approuver. Il faut dire qu’à l’époque, le Parlement régional a été fermé arbitrairement par le président de la Généralité, Carles Puigdemont, durant de longues semaines afin d’éviter tout débat et de museler les formations « unionistes ».

Notons également que le vote de cette loi préjugeait du résultat du référendum illégal du 1er octobre, comme si la Généralité de Catalogne avait décidé par avance que le corps électoral se prononcerait dans sa majorité (c’est-à-dire pour plus de 50 % des électeurs inscrits) en faveur de la sécession d’avec le reste de l’Espagne. Il existe un type de régime où les résultats des élections et votations sont connus par avance – et ce n’est pas précisément la démocratie…

Enfin, cette Loi de Transition posait d’énormes problèmes de légitimité démocratique (que faire de la majeure partie de la population catalane, qui n’a jamais voté pour l’indépendance de la communauté autonome ?) et de traitement des opposants, voire des droits fondamentaux des Catalans en général. En effet, elle prévoyait notamment de placer le pouvoir judiciaire directement sous le contrôle du nouveau gouvernement de cette « république indépendante » (et les séparatistes osent ensuite remettre en doute la séparation des pouvoirs en Espagne) ; de retirer la citoyenneté catalane à tous les gardes civils ou militaires catalans qui avaient auparavant servi dans les forces de l’ordre ou l’armée espagnole, etc.

 
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La photo ci-contre illustre comment Carles Puigdemont se ventait de collectionner cinq sentences du Tribunal Constitutionnel lui intimant l’ordre de ne pas organiser le référendum illégal du 1 octobre 2017. 
 
FM: Peut-on parler d’un coup d’État et, si oui, était-il prémédité ?

Nicolas Klein : On peut clairement parler de coup d’État. Avoir recours à l’armée ou à la violence physique n’est pas un prérequis pour perpétrer une semblable forfaiture. Il suffit de subvertir la loi depuis les plus hautes instances du pouvoir afin de renverser les institutions en vigueur et d’agir en toute illégalité pour modifier l’ordonnancement général du pays ou de la région que l’on gouverne. Et c’est précisément ce qui s’est passé il y a deux ans en Catalogne.

Outre le fait que les indépendantistes n’ont jamais hésité à recourir à la violence verbale, symbolique ou même physique contre les « unionistes » (les exemples sont légion à ce sujet), ils ont donc prémédité un véritable coup d’État qui doit être considéré comme tel.

 

FM : En Suisse, le Code pénal punit par une peine privative de liberté toute tentative de détachement par la violence d’une partie du territoire suisse d’avec la Confédération (article 265, crimes contre l’État et haute trahison). Peut-on établir, aujourd’hui, qu’il y a eu violence en 2017 dans l’autonomie catalane ?

Nicolas Klein : Oui, il y a eu violence en Catalogne en 2017. Cette violence est d’abord institutionnelle et elle a été exercée par les plus hautes autorités de la communauté autonome, comme je viens de l’expliquer. Elle a également été physique, puisque nombre d’unionistes, que ce soit cette année-là ou par la suite, ont été molestés ou agressés par des indépendantistes désireux d’en venir aux mains.

Mais il ne faut en aucun cas sous-estimer la portée et la gravité de la violence politique qui a été perpétrée entre septembre et octobre 2017 par la Généralité de Catalogne elle-même. Elle prétendait aller contre l’avis de la majorité des Catalans et contre la légalité d’une démocratie reconnue comme telle dans le monde entier mais également faire de nombreux Catalans des étrangers dans leur propre pays.

 

FM : Deux ans après et vu de l’extérieur, la justice semble faire son travail – heureusement qu’il y aparation des pouvoirs en Espagne. En revanche, le gouvernement central paraît incapable de saisir la gravité de la situation, comme si la progression du nouveau parti politique de droite, Vox, le préoccupait plus que les 7,5 millions d’habitants de la Catalogne. Qu’en pensez-vous ?

Nicolas Klein : Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), aujourd’hui au pouvoir en Espagne en la personne de Pedro Sánchez, est surtout préoccupé par la conservation du poste de président du gouvernement et serait prêt à bien des compromissions et alliances critiquables pour y parvenir. Par ailleurs, les sociaux-démocrates espagnols ne sont plus au clair depuis une quinzaine d’années concernant ce à quoi devrait ressembler l’Espagne en termes institutionnels et territoriaux. Cette crise idéologique a débuté avec José Luis Rodríguez Zapatero (chef de l’exécutif de 2004 à 2011) et se poursuit avec Pedro Sánchez.

De plus, pour garder le fauteuil de président du gouvernement, ce dernier est contraint de s’attirer les bonnes grâces de certains partis séparatistes, dont l’ERC, ce qui pourrait aboutir à l’annulation de la peine encourue par les prévenus du procès indépendantiste de 2019 – une prérogative que peut exercer seul le président du gouvernement.

07/09/2019

Quand « le pamphlet » critique François Meylan, sur la Catalogne...

A6F8884E-240B-400E-9F2B-305A162A912A.jpegRécemment, j’ai découvert « le pamphlet ». C’est une publication francophone en ligne et gratuite. Elle semble présenter plusieurs qualités telles qu’une écriture agréable, précise, fluide et une capacité de réflexion honnête. Ou du moins, proche de la réalité du terrain. 

Aussi, quand j’ai vu le bon référencement de l’article no 447, en première page sur Google, qui a la forme d’une lettre ouverte qui m’est adressée, je devais faire quelque chose pour appuyer ce contradicteur compatriote aussi très concerné par la crise catalane.

Son auteur, Michel Paschoud, me porte plusieurs griefs. Entre autres, de n’avoir pu commenter l’un de mes écrits sur le blog « 24 heures ». Pour une raison que j’ignore, le temps imparti aux commentaires est limité. Même si je ne partage, de loin pas, son sentiment global ni le contenu du texte qui suit, diffusé en septembre 2018, je le publie entièrement sur mon blog. Souhaitant ainsi que Monsieur Michel Paschoud qui a le fort de vivre dans l’autonomie catalane depuis plus d’une dizaine d'années y vera une invitation à l’échange.

Ayant parcouru d’autres de ses articles sur la question, je vois un interlocuteur réfléchis et orienté solution. 

Bonne lecture 

François Meylan 

http://www.pamphlet.ch/index.php?article_id=1123

Lettre ouverte à Monsieur Francois Meylan, «politique humaniste»

Monsieur,

Vivant depuis plus de onze ans en Catalogne, je suis naturellement l’actualité de mon pays d’adoption. Quelle ne fut pas ma surprise de lire récemment dans la presse qu’un Suisse de Lausanne, d’où je viens moi-même, montait au créneau contre le mouvement indépendantiste catalan, allant jusqu’à participer à des actions de nettoyage de noeuds jaunes symbolisant le rejet de l’incarcération des prisonniers politiques.

Curieux de savoir de qui il s’agissait, je fis une rapide recherche sur internet et tombai sur votre page Facebook. En parcourant vos publications, je fus surpris de la virulence de vos attaques contre un mouvement que vous ne connaissez visiblement pas bien, attaques qui reprennent mot pour mot la propagande du gouvernement de Mariano Rajoy et, aujourd’hui, des partis que sont le Partido Popular et Ciudadadanos, son petit frère.

Dans un esprit de dialogue, je fis quelques commentaires sous vos publications afin de vous faire partager un autre point de vue, celui d’un Suisse qui a vécu de l’intérieur tout le processus qui nous a amenés à cette situation, dont les enfants sont scolarisés dans l’enseignement public et qui cherche jour après jour à faire fonctionner sa petite entreprise dans un contexte difficile. Je vous invitais d’ailleurs à me contacter si vous vouliez en discuter de vive voix.

Le lendemain matin, je m’aperçus que mes commentaires, qui étaient parfaitement respectueux, avaient été éliminés et que je ne pouvais pas en faire d’autres. Je m’explique mieux l’unanimité des soutiens et des félicitations que vous affichez.

Monsieur Meylan, permettez-moi de m’étonner qu’un Suisse, démocrate, puisse prendre fait et cause de façon aussi radicale contre un mouvement pacifiste qui n’a jamais demandé que le droit de voter afin de décider de son avenir. En tant que Suisse, le fait de voter est pour moi une chose tellement normale et évidente que les images de la police matraquant les citoyens le 1er octobre 2017 m’ont laissé pantois.

En lisant vos écrits, on peut noter que votre vision est uniquement nourrie des arguments du camp «constitutionaliste», qui fait passer le juridique avant le politique. Et le fond du problème est là. Si l’on ne conçoit pas que les lois peuvent aller à l’encontre du bien, qu’une constitution votée à la sortie d’une dictature peut être dépassée et nécessiter une révision, on entre dans une logique qui, de mon point de vue, devient perverse. Il faut peut-être juger ce conflit sous l’angle de l’esprit de la loi et non forcément du texte littéral.

Pourquoi un référendum sur l’indépendance est-il illégal? Parce que la Constitution fixe l’indivisibilité du territoire espagnol. Mais pourquoi donc fixer dans la loi fondamentale ce principe d’unité? Ne peut-on pas imaginer que la volonté du législateur a été d’empêcher l’exclusion d’une partie du territoire par le pouvoir, plutôt que l’inverse?

La situation actuelle est l’aboutissement de plusieurs années de tentatives de dialogue de la part du gouvernement catalan, qui n’a reçu que mépris en retour de la part du pouvoir central. Tout commence avec le statut d’autonomie, voté au parlement espagnol, confirmé par référendum en Catalogne et jeté à bas par le Tribunal constitutionnel à la demande du Partido Popular. Le ton était donné. Mariano Rajoy et son orchestre allaient à partir de là mettre tout en œuvre pour empêcher la région la plus dynamique d’Espagne de recevoir ce qui lui revenait. A l’époque, les indépendantistes représentaient un petit quart de la population et une force marginale au Parlement.

Durant les huit dernières années, j’ai suivi les efforts du gouvernement catalan pour ouvrir un dialogue, pour défendre les intérêts de la population qui vit sur son territoire, et je l’ai vu se faire congédier par ceux qui auraient dû négocier. Je connais ici beaucoup de mes concitoyens qui n’étaient pas le moins du monde favorables à l’indépendance de la Catalogne avant l’arrivée du Partido Popular au pouvoir. Mariano Rajoy a plus fait pour la croissance du sentiment indépendantiste que l’ANC et Omnium réunis1.

Mais, Monsieur Meylan, ce qui me dérange vraiment dans votre discours reste le fait que vous accusez les indépendantistes d’être violents. Cela est absolument faux. Le mouvement a toujours été pacifiste, les indépendantistes ont organisé lors de chaque Diada2, depuis des années, des manifestations qui ont réuni des centaines de milliers de personnes sans le moindre incident. Lorsque, le 1er octobre dernier, les citoyens s’en furent voter pour ou contre l’indépendance, ce sont les forces policières envoyées par le gouvernement qui matraquèrent à bras raccourcis les femmes et les vieillards qui protégeaient les urnes les bras levés. J’étais moi-même présent à cinq heures du matin lorsque les organisateurs du référendum donnaient les consignes pour la journée: pas de violence, résistance pacifique si la police vient, former un mur les bras levés en signe de paix… Ce sont les forces d’occupation acclamées par une partie du reste de l’Espagne aux cris de «A por ellos3» qui se sont défoulées sur des citoyens qui n’avaient commis aucun délit si ce n’est celui de vouloir s’exprimer dans les urnes. Dans quel monde vit-on, s’il vous plaît?

Le référendum était illégal me direz-vous. Et alors? Cela justifie-t-il ce qui s’est passé? Le résultat du vote n’avait pas de valeur juridique, c’est un fait acquis. L’Espagne est-elle une république bananière où l’on tabasse des citoyens libres parce qu’ils veulent voter?

Et vous, un Suisse, citoyen du pays dans lequel la démocratie est la plus développée, vous prenez le parti des matons envoyés par le gouvernement du Partido Popular, le parti le plus corrompu d’Europe. Je ne m’explique pas votre croisade. Je vous en prie, expliquez-moi.

Michel Paschoud

 

Organisations indépendantistes.

2 11 septembre, fête nationale catalane correspondant à la chute de Barcelone en 1714 à la suite de la guerre de succession d’Espagne.

3 La traduction de cette locution est difficile. Ce serait un «sus à l’ennemi», sans que le mot ennemi soit explicité.

04/09/2019

Des Suisses... est l’appareil séparatiste catalan !

857028F3-04C9-474F-8579-7F102E3C46D9.jpegEntretien exclusif avec Nicolas Klein

1) Monsieur Klein, l’an dernier, Catalunya peuple d’Espagne, association suisse apolitique et sans aucun financement institutionnel, s’est consacrée à relever les faits produits par un nationalisme radical et suprémaciste dans l’autonomie catalane. Avez-vous eu l’occasion de suivre nos interventions?

Bien entendu, je les ai suivies avec attention et intérêt. Je ne peux que saluer le travail de ses membres et dirigeants, plus que jamais nécessaire dans le contexte actuel. La propagande séparatiste catalane présente à l’heure actuelle des ramifications dans de nombreux pays, surtout en Occident (États-Unis d’Amérique et Europe), d’où le caractère indispensable d’une telle organisation. Elle permet en effet de débusquer, de dénoncer les mensonges et agissements peu recommandables de l’appareil indépendantiste.

F64D4F55-A3F4-41BF-9733-F4A4BAB430DE.jpeg2) Cette année, nous nous sommes centrés sur les activités de l’appareil séparatiste catalan en Suisse. Nous avons été stupéfaits par le nombre de complicités qu’on y trouve. Elles vont de parlementaires à des journalistes en passants par le milieu académique. Êtes-vous surpris ?

Je suis surpris tout en ne l’étant pas. Je m’explique. D’un côté, les autorités politiques suisses se caractérisent depuis des décennies, voire plus, par leur neutralité dans les affaires internationales et l’on aurait donc pu s’attendre à ce qu’elles ne se laissent pas séduire par le chant des sirènes séparatistes.
D’un autre côté, néanmoins, ces élus et journalistes suisses sont loin d’être les seuls à se passionner pour la « lutte du peuple catalan opprimé ». On retrouve un phénomène similaire en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et outre-Atlantique. Dans tous ces cas, il ne s’agit que d’une infime minorité.
Dernièrement, par exemple, 52 députés français (sur les 577 élus de la chambre) ont signé dans la presse une tribune demandant à l’État central espagnol de cesser de « réprimer » les dirigeants sécessionnistes catalans actuellement en attente de la sentence du procès du printemps dernier. Notons que, parmi ces députés, l’on retrouve Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France Insoumise, qui proteste sur Twitter contre les élus indépendantistes corses lorsqu’ils refusent de s’exprimer en français… C’est plutôt cocasse.
Dans chacun de ces pays, cependant, cette minorité est agissante et dispose parfois d’une visibilité bien supérieure à son poids objectif.

3EEC3D04-CF28-4B53-84FA-4CBB636B462B.jpeg3) Comment comprendre cette douce bienveillance des autorités suisses à l’endroit de l’appareil séparatiste catalan alors que la Suisse n’a officiellement jamais reconnu une quelconque République catalane – du reste, aucun des 195 États que compte le monde ne n’a fait ?

Il existe à mon avis deux cas de figure (qui ne s’excluent pas forcément l’un l’autre).
En premier lieu, l’on ne peut ignorer qu’il existe des personnes mal intentionnées dans tous les pays. Elles ont peut-être vu dans la problématique séparatiste catalane un moyen de faire avancer certaines idées peu avouables qu’elles nourrissaient déjà auparavant ou tout simplement un moyen de nuire. Il est même possible que certaines d’entre elles aient été soudoyées pour agir ainsi.
En second lieu, je crois qu’il y a dans nos sociétés occidentales globalement riches une forme d’ennui politique qui trouve un exutoire dans une nouvelle « cause nationale » très proche (elle a l’Europe occidentale pour théâtre). Après tout, le romantisme n’est pas une attitude exclusive au xixe siècle et s’insurger contre une « oppression » réelle ou fantasmée est un dérivatif facile pour purger ses propres passions idéologiques. C’est bien là tout le problème : cette attitude se fonde généralement sur des connaissances très légères, voire une absence totale de connaissance des réalités espagnoles et catalanes. Mais ceux qui en souffrent sont dans un registre totalement émotionnel et ne sont que rarement sensibles aux contre-arguments rationnels.

F5B96B0C-C818-4C7E-8D59-6A0D9907A126.jpeg4) Pensez-vous que d’autres États que la Suisse ont été pareillement infiltrés et sont eux aussi clé dans la stratégie séparatiste ? Si oui, lesquels ?

Comme je le disais plus haut, l’appareil séparatiste catalan cible en priorité des États occidentaux importants par la démographie, l’économie, la diplomatie et/ou l’influence culturelle et militaire. C’est somme toute logique, de leur point de vue : les sommes prélevées sur les deniers publics à des fins illégales (ou à tout le moins contestables) doivent être rentabilisées.
Outre la Suisse, des nations comme la France ou le Royaume-Uni, par exemple, sont donc visées par la Généralité de Catalogne. Il s’agit surtout d’entretenir un réseau diplomatique parallèle à celui du Royaume d’Espagne ; de maintenir le lien avec des activistes ou journalistes proches de la « cause » ; de financer des associations culturelles et/ou politiques qui vont à leur tour organiser des manifestations autour de la question séparatiste (manifestations totalement partiales, bien entendu) ; ou encore de payer les voyages, conférences et rencontres des dirigeants séparatistes catalans à l’étranger.
N’oublions pas non plus que des personnalités qui ont fui la justice – comme Carles Puigdemont, Clara Ponsatí ou Marta Rovira – doivent bien vivre de quelque chose dans leur « nouveau » pays. L’argent de tous les Catalans (et de tous les Espagnols) sert donc également à offrir à ces fugitifs un train de vie souvent confortable…