20/11/2016

Élection Trump : nos médias sont-ils de si mauvais joueurs ?

immobilier-aux-usa.jpgLes médias nous ont fabriqué leur réalité et non la réalité. Durant des mois ils nous ont décrit le Mal contre le Bien. D'un côté, un monstre hideux à abattre avec un fusil pour éléphant et de l'autre une blanche colombe incarnant la fiabilité et l'avenir. Pourtant, dans les faits, il n'en est rien. Mauvais joueurs, ces mêmes médias au lieu de tirer les leçons de leur magistrale tromperie continuent leur travail de sape à l'endroit du 45ème président des États-Unis. Se confronter à la réalité, se remettre en question, voir les choses telles qu'elles sont et non comme on voudrait qu'elles soient requièrent un courage certain certes mais avant toute chose une honnêteté intellectuelle. C'est là où le bas blesse. Après avoir incriminé la fausseté de leurs pronostics aux instituts de sondages, c'est le tour des réseaux sociaux de se trouver sur la sellette. Ces mêmes réseaux qui sont pourtant largement utilisés par ces mêmes médias handicapés de toute remise en question. Pire encore, tel un quatrième pourvoir, certains journalistes "bien pensant" fustigent à présent ceux qu'ils appellent des citoyens de deuxième catégorie: NOUS !
Dans son édition du 18 novembre, le très sérieux quotidien "Le Temps", sur de larges colonnes et sur quatre pages, s'évertue à nous expliquer que les réseaux sociaux ont favorisé l'élection de Donald Trump, en donnant libre cours aux mauvaises nouvelles, aux rumeurs et aux fausses informations. À contrario des médias classiques avec leurs informations sourcées, recoupées et vérifiées. Ce que les quatre journalistes Andreà Budry Carhó, Guillaume Chenevière, Sylvain Besson et Catherine Frammery omettent - en taxant la populasse de vision simpliste du monde - est que les réseaux sociaux ont rendu la démocratie plus directe, qu'ils ont raccourci les distances et qu'il n'y a jamais eu autant de débats politiques qu'aujourd'hui. Que si la candidate démocrate a pu pâtir de fausses informations colportées sur son compte, c'est également le cas pour le candidat républicain. Surtout sous nos latitudes où la paresse intellectuelle a entretenu une pensée unique bien pensante écrasante et crasse. Hors si comme principales raisons qui ont poussé l'électeur américain à installer Trump à la Maison Blanche, on trouve le vote sanction anti Hillary Clinton, la souffrance du décrochement économique de la classe moyenne, la fatigue des magouilles et des hypocrisies avec sans doute un goût misogyne pour certains, le problème socio-culturel que soulève cette élection est bien ailleurs. À l'ère de l'hyper communication le poids des mots n'existe plus. Plus aucun leader ne s'engage vraiment sur ce qu'il dit. Les conséquences ne sont plus assumées. Tant que l'intention de faire mal n'a pas pu être établie, tout est pardonné et oublié. Les valeurs morales sont balayées. Les responsabilités sont diluées. Tout le monde surfe en disant tout et son contraire avec une propension à se raviser phénoménale. Les mots n'ont plus de sens réel. Avec les emoticones on se ment et on ment aux autres. On feint de communiquer des émotions. En vérité, il n'y en a pas. On consomme frénétiquement la communication sans jamais lui donner une réelle substance. C'est du vent. C'est du sable mouvant sur lequel on ne construit rien. Comme avec les pervers/perverses narcissiques, le terrain des mots est la scène du crime. La chimère est alimentée par notre mode de communiquer dans le vide. De façon grégaire et pour ne plus rien dire réellement. Sans assumer une seule de nos paroles. Tout est gratuit. Alors oui l'élection de Trump sonne le glas d'une rupture avec la décadence de nos modes de communication. À tort ou à raison, c'est bel et bien une recherche de sens véritable que les urnes ont désespérément exprimées.

07/11/2016

Voyage pour la mémoire…

IMG_0526.JPG*C’est sous une pluie battante que je me suis rendu à Cracovie, en Pologne. Ce qui devait être une visite culturelle se transforma, non sans douleur, en un voyage pour la mémoire. Avec plus de 750'000 habitants, cette ville de lumières - Krakov en polonais - a pourtant de quoi enchanter tout visiteur. Sur le fleuve Vistule, son centre-ville d’exception Podgorze, plus grande zone piétonne d’Europe, est inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO. Cracovie c’est également la cité du défunt pape Jean-Paul II. De son nom de baptême Karol Józef Wojtyła, né à proximité de Cracovie, il en fut l’archevêque. Avant de devenir le pape que l’on sait, lors du conclave d’octobre 1978. Sur place, on comprend mieux d’où vient sa célèbre adjonction « N’ayez pas peur ! » La population polonaise a payé un lourd tribut non seulement à la seconde guerre mondiale mais aussi au communisme. Dans un premier temps, partagée entre Hitler et Staline, les Polonais ont eu à subir les pires exactions. Les trop nombreux drames qui ont alors frappé la région Voïvodie de Petite-Polgne ne se confinèrent malheureusement pas au tristement célèbre ghetto juif de Cracovie., Magistralement revisité par le réalisateur Steven Spielberg dans son film « La liste de Schindler ».

IMG_0527.JPGLe comble de l’horreur se trouve à une heure et demie de bus de là. Ou à deux heures de train, c’estIMG_0528.JPG selon. Les camps de la mort Auschwitz I et deux kilomètres plus loin Auschwitz Birkenau, appelé également Auschwitz II nous attendent pour une communion avec le diable. Une véritable remise en question de la nature humaine. Comme si l’humanité s’était arrêtée là. Pourtant rien ne prédestinait la petite ville d’Oświęcim** à devenir le plus grand cimetière de l'humanité, avec plus d'un million et demie d'âmes sans même la moindre sépulture. Leurs assassins les nazis – il n’y a pas d’autre terme – allait remployer une caserne désaffectée de l’armée polonaise pour y faire les pires expérimentations morbides sur le genre humain. Ils y ont commencé par gazer mortellement des centaines de prisonniers de guerres polonais et soviétiques à l’aide des gaz d’échappement d’un char d’assaut. Avant de trouver une utilité toute industrielle au pesticide Zyklon B. Enrichissant macabrement le consortium allemand « IG Farben », composé des sociétés chimiques - toujours cotées en bourse aujourd’hui - BASF, Bayer et Agfa.

La majorité des historiens s'accordent sur des chiffres effroyables. Entre 1940 et 1945, les nazis ont déporté à Auschwitz plus de 1100 000 Juifs, 150 000 Polonais, 23000 Tziganes, 15000 prisonniers de guerre russes et 25000 ressortissants d'autres nations, pour un total de 28 nationalités différentes.

Tout le site, musée nationale polonais depuis 1947, est inscrit par l’UNESCO au patrimoine universel.

IMG_0530.JPGAssurément, la génération de nos grands-parents qui a vécu ce cataclysme d’inhumanité nous a transmisIMG_0529.JPG l’émotion et la douleur. Nous trainons un lourd héritage dans nos gênes. Ce que l’on fait de nos actes tout comme ce qu’on laisse faire résonnent pour l’éternité. Aussi il est utile de visiter ce lieu de l’Holocauste. Non seulement pour y rendre hommage à toutes ces victimes – des gens comme vous et moi – qui ont été martyrisées sur l’autel d’une bestiale criminalité- et parce que la vie est une loterie.

 

 

* Texte publié initialement dans Orbis Terrae, www.orbisterrae.ch

**Auschwitz est le nom que les populations allemandes, présentes dans la région depuis 1000 ans, ont donné à l'agglomération (comme: Berne/Bern, Genève/Genf). La Silésie, province où se situe Oswiecim, est passée de la souveraineté polonaise à celle du roi (de Bohème et de Hongrie), un Habsbourg, suite au partage du royaume de Pologne, à la fin du XVIIIe siècle. Or la langue officielle de l'empire des Habsbourg était l'allemand. 

31/08/2016

Ne pas payer ses impôts n'est pas seulement anti-libéral mais c'est voyou !

FullSizeRender (10).jpgQu'est-ce qu'il est désagréable d'apprendre qu'une commission d'enquête européenne a du épingler, après trois années d'investigations, la firme Apple ainsi que quelques Politiques non regardant. Pour avoir activement organisé une soustraction fiscale de grande ampleur.

Ce n'est pas moins de 13 milliards d'euros que Bruxelles demande au concepteur de l'iPhone.

Il est vrai qu'avec un taux d'imposition ridicule à moins de 1% tant en 2013 qu'en 2014 on pourrait croire à la farce.

Les élus irlandais qui sont mis en cause ont manifestement confondu libéralisme avec néolibéralisme. Ce dernier ne respecte ni le Droit, ni l'État nation, ni le bien commun et...bien entendu ni le Politique qu'il va tenter de soudoyer.

Et de rappeler "Dante" avec l'inscription sur la porte de l'enfer :

"Vous qui entrez ici, perdez tout espoir."

Parce que tant les dirigeants de l'entreprise à la pomme que les "corruptibles" celtiques y sont en enfer, avec si peu de scrupule. Quand on sait la trésorerie d'Apple dont l'unité de comptabilité est la dizaine de milliards de dollars et les marges exorbitantes voire indécentes que l'entreprise dégage sur ses ventes et elle fait tout pour éviter la saine redistribution des profits.

D'autre part, l'argument de la création d'emplois ne tient pas sur la durée, face à la flambée des loyers, à la hausse des charges liées aux infrastructures et aux services générées par l'implémentation de quelques multinationales.
La concurrence fiscale et l'encouragement aux entreprises sont des concepts acceptables mais il y a le peu et le trop peu qui finissent par être préjudiciables pour le bien commun et pour la collectivité.

Sans parler de la paix sociale. A suivre...